BELLEVILLE-SUR-LOIRE : LA CENTRALE NUCLÉAIRE ET SES REJETS AU CŒUR D’UNE ENQUÊTE PUBLIQUE

L’enquête publique dure jusqu’au 28 janvier. EDF doit implanter une installation de production de monochloramine sur le site. Cette monochloramine permet de réduire la présence de légionelle et d’amibes dans les circuits d’eau de refroidissement de la centrale.

La centrale de Belleville-sur-Loire (Cher) doit respecter des seuils plus stricts concernant les éléments pathogènes. Ces seuils sont aujourd’hui imposés dans toutes les centrales nucléaires d’où l’utilisation de monochloramine. Mais la conséquence de cette unité de monochloramine, c’est que la centrale va modifier ses rejets dans l’eau et dans l’air, d’où cette enquête publique. L’enquête porte, entre autres, sur les rejets de chlore, d’ammoniac, de cuivre, de zinc mais aussi de tritium, un isotope radioactif de l’hydrogène, généré par la centrale.

Il n’y aura pas plus de tritium rejeté, simplement une évolution de la forme des rejets, assure le directeur de la centrale de Belleville-sur-Loire, José de Carvalho :  » L’impact sur l’environnement du tritium liquide est moindre. On souhaite donc augmenter nos rejets liquides mais réduire les rejets gazeux de tritium. Cette évolution est déjà appliquée dans les autres centrales françaises. Au final, les études démontrent que l’impact radiologique sur l’environnement est de l’ordre du millième de la limite réglementaire annuelle, donc un impact vraiment négligeable. » 

Un impact négligeable, peut-être, mais c’est déjà trop pour Françoise Pouzet, présidente du réseau Sortir du Nucléaire Berry, Puisaye, Giennois : « Le tritium est très présent dans la Loire, et il est présent presque en continu. Il est tellement petit qu’il s’immisce partout. Dans l’eau que nous buvons, dans l’air que nous respirons. Beaucoup de scientifiques le disent : il n’y a pas de seuil pour l’impact de la radioactivité sur le vivant. La radioactivité agit sur le génome du vivant et donc chaque petite dose répétée, aussi infime soit-elle, peut avoir un impact sur le vivant. »

La centrale de Belleville (maquette) et ses deux réacteurs en bord de Loire. © Radio France – Michel Benoit

Évidemment du côté de la centrale, on se veut rassurant concernant l’ensemble des rejets : « Nous respectons la réglementation  » assure José de Carvalho. « Les études démontrent que l’impact de ces rejets est négligeable, voire nul. » Les documents évoquent la production de 12 tonnes de monochloramine par an : « C’est un mélange d’ammoniac et d’eau de javel. Autant vous dire qu’on ne boirait pas ça en apéro ! » alerte Françoise Pouzet. « L’ammoniac nous fait peur, je vous l’assure. »  

La centrale de Belleville vue du Sancerrois. © Radio France – Michel Benoit

Les rejets de zinc et de cuivre, issus de la corrosion du circuit de réfrigération des réacteurs vont aussi évoluer indique José de Carvalho :  » On a demandé une évolution un peu à la hausse sur les pics journaliers que l’on pourrait avoir mais au final un seuil global à la baisse sur l’année.  » La centrale rejette notamment 16 tonnes de cuivre par an : « En fait, la centrale demande l’autorisation à la préfecture, aux populations et l’Autorité de Sûreté Nucléaire d’attendre dix ans de plus pour retuber intégralement ses condenseurs » analyse Françoise Pouzet.

« La pollution due au zinc et au cuivre ne s’arrêtera donc pas avant le prochaine révision décennale.  » En effet, la centrale prévoit une réduction de ses rejets de cuivre et de zinc à l’horizon 2030. Concernant les prélèvements d’eau dans la Loire, ils n’augmenteront pas. Les registres de l’enquête publique sont consultables sur le site de la préfecture du Cher et en dans les mairies de Belleville-sur-Loire, Sury-près-Léré, Beaulieu-sur-Loire et Neuvy-sur-Loire.

Par Michel Benoît, publié le mercredi 29 décembre 2021 à 18h45

Photo en titre : Les deux  » cheminées  » de la centrale nucléaire de Belleville sur Loire © Radio France – Michel Benoit

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