EMMANUEL MACRON VA LANCER UN PROGRAMME NUCLÉAIRE D’AMPLEUR

En déplacement à Belfort jeudi, Emmanuel Macron devrait annoncer la construction de plus que six réacteurs de type EPR. C’est-à-dire aller au-delà du scénario de travail confié à EDF pour renouveler le parc de réacteurs actuel.

Au cours de son quinquennat, Emmanuel Macron n’a eu de cesse de souffler le chaud et le froid sur l’énergie nucléaire, éloignant d’un côté la date butoir pour réduire la part de nucléaire dans le mix électrique français et confirmant, de l’autre, la fermeture de la centrale alsacienne de Fessenheim. Mais dans la dernière ligne droite de son mandat, avant l’élection présidentielle, il engage un changement de braquet.

Attendu à Belfort jeudi 10 mars pour annoncer son projet de relance du nucléaire, le chef de l’État devrait opter pour une relance franche de l’énergie atomique. Des annonces bien entendu suspendues au résultat du scrutin présidentiel.

« Emmanuel Macron confirmera la construction d’EPR et pourrait aller au-delà de six », affirme une source proche du dossier, qui précise que ces mises en chantier doivent être annoncées à la fois pour le court terme et pour le moyen, long terme.

Scénarios ambitieux

Autrement dit, le scénario de travail confié à EDF qui consisterait à construire seuls six réacteurs de type EPR d’ici à 2045, et huit d’ici à 2050, ne serait plus tout à fait d’actualité. « On va faire face à des besoins d’électrification massifs, il faut pousser toutes les sources d’électrification », plaide une autre source.

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Concrètement, le chef de l’État pourrait tracer un futur énergétique semblable aux deux scénarios ambitieux dans la construction de nouveaux réacteurs nucléaire décrits par le gestionnaire de réseau RTE, dans son étude qui détaille les chemins possibles pour atteindre la neutralité carbone en 2050, intitulée « Futurs énergétiques 2050 ».

Deux plans sur la table

Le premier (dit N2) table sur le lancement d’un programme « ambitieux » et « rapide » de construction de nouveaux réacteurs, à raison d’une paire tous les trois ans à partir de 2035 pour atteindre 14 nouveaux réacteurs EPR à l’horizon 2050. Le deuxième (N03) table sur une mise en chantier encore plus volontariste, avec 14 réacteurs EPR et quelques mini-réacteurs de type SMR pour atteindre « un mix de production reposant à parts égales sur les renouvelables et le nucléaire à l’horizon 2050 ». Ce scénario repose toutefois sur l’hypothèse d’une prolongation très large de la durée de vie des réacteurs existants – or à ce stade, la capacité d’EDF à relever ce défi reste encore très incertaine.

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« Ces scénarios permettent d’envisager un développement plus réaliste des énergies renouvelables et sans doute plus acceptable dans un pays comme la France, avec une possibilité de basculer des projets éoliens terrestres vers l’éolien offshore. Ils impliquent aussi des paris technologiques moins ambitieux pour gérer l’intermittence des énergies renouvelables dans les années à venir », explique une autre source.

Accélération dans les énergies renouvelables indispensable

Si ces deux scénarios représentent la perspective d’une relance inédite pour une industrie nucléaire française qui n’a pas mis en service de réacteur depuis la fin des années 1990 et qui peine à finaliser le chantier de l’EPR à Flamanville , elle implique néanmoins une baisse très nette de la part de l’atome dans le mix électrique français. Dans ces scénarios de relance de l’atome, selon les calculs de RTE, elle devrait tomber à un niveau compris entre 40 % du mix, voire 50 % d’ici à 2050, contre près de 70 % aujourd’hui.

Aussi, Emmanuel Macron devrait également mettre l’accent, jeudi, sur la nécessité d’accélérer en parallèle dans les énergies renouvelables et sur les économies d’énergie. Les deux scénarios dépeints par RTE pour accélérer dans le nucléaire impliquent en effet une multiplication par 7 ou 8,5 des capacités de production solaire et par 2,5 voire 2,9 des capacités de production éolienne. « Atteindre la neutralité carbone est impossible sans un développement significatif des énergies renouvelables », avait spécifié le gestionnaire de réseau RTE lors de la publication de son rapport.

Par Sharon Wajsbrot, publié le 8 février 2022 à 13h56, mis à jour le 8 février 2022 à 18h06

Photo en titre : Attendu à Belfort jeudi 10 mars pour annoncer son projet de relance du nucléaire, le chef de l’État devrait s’engager pour accélérer nettement la mise en construction de nouveaux réacteurs. (Sameer Al-DOUMY/AFP)

https://www.lesechos.fr/industrie-services/energie-environnement/emmanuel-macron-va-lancer-un-programme-nucleaire-dampleur-1385397

NDLR: vous êtes prévenus de cs qui nous attend si Macron est réélu.