FUKUSHIMA : LE CORIUM DU RÉACTEUR 1 VISIBLE

Du 8 au 10 février 2022, Tepco a mené des investigations dans l’enceinte de confinement du réacteur n° 1 de Fukushima Daiichi. En 2017, le précédent essai d’envoyer une caméra avait échoué.

Cette fois-ci, les images capturées par un robot submersible ROV-A montrent des structures brisées, des effondrements, des tuyaux, des débris et des amas de corium, tout cela baignant dans l’eau de refroidissement. On avait déjà vu le corium du réacteur 2 en 2018. Celui du réacteur 1 semble être tombé au fond de l’enceinte, sous le support de la cuve. Une photo montre aussi que le corium emprunte le chemin d’un tuyau rejoignant la piscine torique où il a pu se déverser.

Selon Tepco, il faudra entre 30 et 40 ans pour retirer les 280 tonnes de corium du réacteur n° 1. Mais pour l’instant, l’opérateur n’a réussi qu’à remuer quelques grammes. Une mesure maximum a été donnée par Tepco : 2 sieverts/heure. Le corium est une matière tellement radioactive qu’un homme ne peut l’approcher sans mourir. On peut donc craindre qu’il faille plusieurs siècles avant de pouvoir régler ce problème, d’autant plus qu’il y a environ 900 tonnes de corium pour les trois unités touchées par la catastrophe en 2011. Pour mémoire, le corium de Tchernobyl est toujours à la même place depuis 1986. Avec l’annonce de construction de nouvelles tranches nucléaires en France, c’est une matière qui a de l’avenir !

Le robot envoyé la semaine dernière transportait plusieurs mini-caméras. Il a transmis, via un câble blindé, vidéos et photos de l’intérieur de l’enceinte. Les premières missions consistaient à établir un chemin pour le câble en fixant avec des aimants des anneaux de guidage sur les parois. Il y a deux mètres d’eau hautement radioactive au fond de l’enceinte et la progression du robot dirigé à distance n’est pas facile car il y a des décombres partout. Ces aides de guidage serviront aussi aux prochaines missions, 5 autres robots étant déjà prévus dans les prochains mois dans le but de collecter plus d’informations et des échantillons. Ces robots sont co-développés par Hitachi-GE Nuclear Energy et l’Institut international de recherche sur le déclassement nucléaire (IRID), un consortium qui est dans les faits financé par le gouvernement nippon. L’électricité nucléaire n’est pas chère paraît-il, mais les coûts d’une catastrophe nucléaire sont au final payés par le consommateur qui paie ses impôts.

Pour ne rien perdre de ces informations, j’ai constitué un dossier de photos et de captures d’écran que vous trouverez ci-dessous. Une des deux vidéos diffusées par Tepco est également en ligne sur la chaîne youtube du blog ici ou en bas de page.

Par Pierre Fetet, publié le 14 février 2022

Photo en titre : Où l’on aperçoit le corium dans la vidéo diffusée par Tepco :

De très nombreuses photos sont disponibles sur le site de cet article : Cliquer sur :

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