NUCLÉAIRE: LE PARLEMENT IRANIEN VEUT FREINER UN NOUVEL ACCORD, ISRAËL S’INQUIÈTE

Le Parlement iranien vient d’adopter une déclaration politique pour poser six conditions préalables à la signature d’un accord avec les grandes puissances et faire revivre l’accord nucléaire de 2015. Des conditions que les États-Unis ne pourront pas accepter.

Il s’agit sans doute d’une nouvelle pression de Téhéran, alors que les négociations de Vienne semblent s’approcher de la fin, rapporte notre correspondant à Téhéran, Siavosh Ghazi.

Signée par 250 des 290 députés du Parlement, cette déclaration demande au gouvernement du président Raissi d’obtenir plusieurs garanties. Tout d’abord, que les États-Unis et les pays européens ne quitteront pas l’accord nucléaire, et n’imposeront pas de nouvelles sanctions contre Téhéran. Mais aussi que Washington annule toutes les sanctions contre l’Iran depuis 2018, y compris les sanctions contre le programme balistique ou encore pour violation des droits de l’homme.

La déclaration demande aussi que les États-Unis et les pays européens s’engagent à ne pas enclencher le mécanisme de sanctions dit « snap back », qui permettra de réimposer les sanctions onusiennes contre l’Iran. Or, Washington a déjà affirmé qu’il ne pourrait pas donner de telles garanties.

Cela intervient alors que le président Macron a demandé lors d’un entretien téléphonique au président iranien Ebrahim Raissi de saisir l’opportunité de conclure un accord sans perdre de temps. Mais l’Iran n’est pas pressé. En effet, le ministre iranien des Affaires étrangères a affirmé samedi 20 février à Munich que l’Iran avait fait les pas nécessaires et qu’il revenait maintenant aux Occidentaux de faire de geste.

Israël veut « maintenir la sécurité » de sa population

Si l’Iran n’est pas pressé, les responsables gouvernementaux israéliens s’inquiètent d’un nouvel accord sur le nucléaire iranien signé à Vienne dans les prochains jours. Pas question de permettre à l’Iran de se doter d’une arme atomique pour eux, rapporte notre correspondance à Jérusalem, Michel Paul.

Dès l’ouverture du Conseil des ministres hebdomadaire à Jérusalem, le Premier ministre israélien n’a pas caché son inquiétude quant à la signature possible à Vienne d’un nouvel accord sur le nucléaire iranien. Pour Naftali Bennett, « deux choses se sont produites depuis la signature initiale – les Iraniens ont fait de grandes avancées dans leurs capacités d’enrichissement de l’uranium et le temps a passé. […] Le nouvel accord qui se dessine est de portée plus courte et plus faible que le précédent. Dans tous les cas, nous, Israël, nous préparons au jour d’après, dans toutes les dimensions, de manière à pouvoir maintenir la sécurité de notre population par nos propres moyens. »

Il ne fait pas de doute que Téhéran profitera du nouvel arrangement pour financer le terrorisme régional, a encore estimé le Premier ministre israélien.

Même ton adopté par le ministre de la Défense israélien, Benny Gantz, qui s’exprimait lors de la conférence sur la sécurité de Munich. Il a proclamé que son pays ne permettrait jamais que l’Iran devienne un État à seuil nucléaire. En outre, le ministre israélien a affirmé que le programme de missiles balistiques à capacité nucléaire développé par l’Iran devait être arrêté.

Par  RFI, publié le 20/02/2022 à 19h56

Photo en titre : Visite du réacteur nucléaire d’Arak par l’agence de l’énergie atomique iranienne, le 23 décembre 2019 (illustration). HO / Atomic Energy Organization of Iran / AFP

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