Juin 16

NARBONNE : LE SITE NUCLÉAIRE ORANO MALVÉSI OUVRE SES PORTES

Lundi 11 juin, le site industriel de production de combustible nucléaire Orano Malvési de Narbonne lançait une opération portes ouvertes de trois jours. La dernière avait eu lieu en 2009. Pour cette première journée, dédiée aux officiels et à la presse, Philippe Knoche, directeur général du groupe Orano avait fait le voyage jusqu’à Narbonne. Lors d’un point presse, le responsable a voulu d’emblée inscrire l’opération de communication dans une démarche de « transparence et de dialogue avec le public« , regrettant que les « opposants au site » n’aient pas répondu à l’invitation du groupe, créé fin janvier 2018.

500 millions d’euros

Des opposants qui tentent (voir ci-contre), depuis mars 2018, de faire annuler l’autorisation préfectorale (du 8 novembre 2017) de traitement des nitrates sur le site. Après avoir insisté sur le montant des sommes engagées pour moderniser les installations et les rendre plus sûres (500 millions d’euros plus 300 millions à venir), Philippe Knoche s’est attaché à démontrer « l’importance stratégique mondiale » du site de Malvési au sein de la filière énergétique nucléaire. Le complexe industriel assure 25% de la production mondiale de combustible nucléaire. Puis le dirigeant a fait part de la volonté d’Orano d’accroître son influence en Asie : « À l’horizon 2020 nous espérons faire  30% de notre chiffre d’affaire en Asie, entre autre avec nos partenaires japonais qui possèdent 5% du capital du groupe« . Quant à l’avenir plus lointain, et sur fond de débat sur la PPE (Programmation pluriannuelle de l’énergie), l’industriel se veut confiant et prophétique pour le site de Malvési. « L’avenir sera électrique renouvelable et nucléaire. En 2050, nous aurons besoin de deux fois plus d’électricité et donc toujours notre rôle à jouer, compte tenu des contraintes grandissantes de réduction des émissions de gaz à effet de serre« .

350 000 m3 d’effluents

Comme le publiait Areva Malvési (devenue Orano Malvési en janvier 2018), en novembre 2017, durant 50 ans de production, ce ne sont pas moins de «350 000 m3 d’effluents liquides nitratés» qui se sont accumulés dans les bassins de décantation du site. Issus du procédé de transformation de l’uranium en combustible nucléaire, ces résidus représentent l’équivalant de 90 piscines olympiques. Un volume à jauger à l’aune d’une rupture de digue en 2004 et des inondations de janvier 2006. Le procédé TDN (traitement des nitrates) issu de 25 ans de recherche est sensé «permettre de supprimer à terme les bassins d’évaporations et de supprimer les effluents liquides pour obtenir des déchets solides». C’est la mise en place de ce procédé que des «opposants au site» tentent de bloquer.

Marche forcée

« Nous ne combattons pas une industrie mais un procédé« . C’est la profession de foi de Fabrice Hurtado le président de l’association Tcna (Transparence des canaux de la Narbonnaise), quand il parle du site nucléaire Orano Malvési. Lui et ses 350 adhérents font partie des fameux «opposants au site» dont le directeur général du groupe Orano a regretté l’absence lors des journées portes ouvertes du 11 juin. Tcna, tente de de faire annuler l’autorisation préfectorale de traitement des nitrates de Malvési. Pourquoi ? Parce que, selon Fabrice Hurtado, le procédé TDN (Traitement des nitrates) que veut mettre en place Orano pour traiter ses déchets de production ne serait pas fiable. Arguant du fait que « le même procédé expérimenté aux USA ne marche pas et Orano nous impose une marche forçée. On veut une vraie sécurité pour tous, rien de plus». Malgré une colère qualifiée de citoyenne, Fabrice Hurtado ne ferme pas la porte au dialogue avec Orano et se déclare prêt à venir à Malvési « avec des vraies questions, mais hors portes ouvertes« . À suivre.

http://www.midilibre.fr/2018/06/15/narbonne-le-site-nucleaire-orano-malvesi-ouvre-ses-portes,1687112.php