RELANCE DU NUCLÉAIRE : LA RENATIONALISATION D’EDF «N’EST PAS EXCLUE», SELON AGNÈS PANNIER-RUNACHER

La décision de renationaliser EDF «sera regardée, elle n’est pas tranchée, mais elle n’est pas exclue», a confirmé la ministre de la Transition énergétique Agnès Pannier-Runacher ce matin au micro d’Europe 1. Déjà évoqué par Bruno Le Maire et surtout par Emmanuel Macron, ce projet doit permettre d’accompagner la relance du parc nucléaire français voulue par le président de la République. Une renationalisation de l’électricien permettrait de financer cette relance alors qu’EDF fait face à des difficultés financières.

Va-t-on vers une renationalisation d’EDF, coté en bourse depuis 2005 mais détenu à 84% par l’État, afin d’accompagner et surtout de financer le renouveau du nucléaire voulu par le gouvernement ? Un tel projet n’est pas encore décidé, mais il «n’est pas exclu», a indiqué mardi la ministre de la Transition énergétique Agnès Pannier-Runacher. «Cette décision, elle sera regardée, elle n’est pas tranchée, mais elle n’est pas exclue», a déclaré la ministre sur l’antenne d’Europe 1.

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En cas de majorité à l’Assemblée nationale, la ministre a évoqué la mise en route d’un «projet d’accélération de la transition énergétique au Parlement dès cet été (…). C’est un projet qui va nous permettre d’accélérer sur les énergies renouvelables, mais qui va aussi nous permettre d’accélérer sur le nucléaire, parce qu’il ne faut pas prendre de retard et donc nous allons également travailler sur la trajectoire actionnariale, qui compose l’actionnariat d’EDF», a déclaré la ministre.

Ce projet doit également déterminer «quels sont les financements que nous devons apporter en tant qu’actionnaire à 84% d’EDF pour permettre ce projet nucléaire qui coûte 60 milliards d’euros et comment nous allons derrière piloter ce groupe qui est essentiel pour la nation et sa souveraineté énergétique», a-t-elle conclu.

Les ambitions d’Emmanuel Macron pour la transition énergétique, que doit conduire la ministre, comporte plusieurs volets, parmi lesquels la sobriété énergétique (baisse de 40% de la consommation d’ici 2050), l’efficacité énergétique et enfin la décarbonation de l’énergie en développant fortement les énergies renouvelables et en construisant 6 à 14 réacteurs nucléaires de nouvelle génération (EPR).

Comment financer la relance du nucléaire

Un programme dont EDF sera «l’acteur stratégique et central», a souligné Agnès Pannier-Runacher. L’énergéticien français, confronté à une série de déboires, en particulier un problème de corrosion qui affecte une partie de son parc nucléaire français et l’a obligé récemment à revoir plusieurs fois à la baisse son objectif de production cette année, est lourdement endetté.

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Sa situation financière s’est également aggravée en raison de la décision du gouvernement de le contraindre à vendre davantage d’électricité bon marché à ses concurrents afin de contenir la facture d’électricité des ménages et des petits professionnels. Pour parvenir à financer ses projets dans le nucléaire et les renouvelables, Emmanuel Macron avait déjà évoqué lors de la campagne présidentielle la possibilité d’une renationalisation d’EDF. «Je pense que sur une partie des activités les plus régaliennes, il faut considérer que l’État doit reprendre du capital, ce qui va d’ailleurs avec une réforme plus large du premier électricien français», avait-il déclaré lors de la présentation de son programme le 17 mars.

Par latribune.fr, publié le 14 Juin 2022 à  11h02

Photo en titre : Crédits : Benjamin Mallet

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