Nov 22

CENTRALE NUCLÉAIRE DE CATTENOM : LE SIGNAL D’ALARME DU LUXEMBOURG POUR LA FAIRE FERMER

La centrale nucléaire de Cattenom a été mise en service en 1986. EDF compte prolonger sa durée de vie une nouvelle fois. Une décision qui déplaît aux élus Verts du Luxembourg.

Les réacteurs de la centrale nucléaire de Cattenom (Moselle) pourraient voir leur durée de vie prolongée. Le site de production d’électricité, situé à environ 15 km de la frontière luxembourgeoise, a été mis en service en 1986.

EDF, qui exploite la centrale, voudrait prolonger la durée de vie des réacteurs au-delà de 40 ans, comme cela était initialement prévu. Claude Turmes, ministre luxembourgeois de l’Énergie, a rappelé sur France Bleu que « ces réacteurs n’étaient pas conçus pour durer au-delà de 40 ans ».

Lire aussi : Nouvelle panne à la centrale de nucléaire de Cattenom, cinquième incident de sécurité en un mois

Un courrier envoyé à l’ASN française

Ainsi, les ministres luxembourgeois du parti vert dei Gréng, Claude Turmes et Carole Dieschbourg, ont envoyé un courrier cosigné à l’attention de l’Autorité de sûreté du nucléaire (ASN) française.

Dans la lettre relayée par Paperjam, « Il nous semble particulièrement important d’attirer votre attention sur la nature transfrontalière des questions de sécurité dans le cadre des centrales situées à proximité des frontières des pays voisins », est-il écrit.

Les ministres ont fait part de leurs doutes quant aux travaux menés par l’ASN pour assurer la bonne sécurisation du site de Cattenom : « Nous doutons de l’efficacité des moyens mis à votre disposition pour assurer le respect de vos prescriptions ». Ils affirment qu’« il ressort du projet sous rubrique que certaines de vos demandes formulées lors des derniers réexamens de 2007 restent, à ce jour, sans réponse ».

Lire aussi : Pastilles d’iode distribuées aux riverains de la centrale de Cattenom : à quoi servent-elles ?

« Tout faire pour que ce réacteur ne soit pas prolongé »

Le projet d’EDF nécessite une consultation avec le public. Claude Turmes et Carole Dieschbourg ont soulevé quatre problématiques dans leur courrier : la « gestion des déchets nucléaires », les « capacités financières d’EDF », les « ressources aquatiques » et les « évaluations des incidences sur l’environnement ».

Interrogé par France Bleu, Claude Turmes a assuré qu’« au gouvernement luxembourgeois, on va tout faire, juridiquement, pour que ce réacteur ne soit pas prolongé » :

Grâce aux progrès techniques sur le solaire, l’éolien en terre et en mer et la maîtrise de l’électricité, on arrive à une alternative. Il n’y a aucune raison technologique de rester sur un outil de ce type.

Lire aussi : Cattenom : un nouvel incident « significatif » à la centrale nucléaire d’EDF, de niveau 1

Préserver l’emploi des Lorrains

Claude Turmes certifie également que « ceux qui pensent que la fermeture de Cattenom va provoquer un trou dans l’économie lorraine se trompent, les chiffres ne le montrent pas ». Pour le ministre, « les Lorrains, on les aime, ils nous aident à construire notre richesse. Le jour où ce réacteur hors du temps s’arrêtera, notre amitié avec les Lorrains et avec la France sera encore meilleure ».

Ainsi, le Luxembourg a pour projet de requalifier les 1 200 emplois actuellement occupés à Cattenom. « On pourrait créer une production d’énergie solaire autour d’une grande usine à Thionville dans une zone industrielle. Avec ça, on créerait des emplois beaucoup plus vite et on trouverait une alternative niveau énergie ».

Lire aussi : Centrale nucléaire de Cattenom : le périmètre de sécurité élargi à 112 communes de Moselle

Publié le 22 Novembre 2019 à 12h18

Photo en titre : Le gouvernement luxembourgeois veut trouver une alternative à la centrale nucléaire de Cattenom (Moselle). (©Pixabay)

https://actu.fr/grand-est/cattenom_57124/le-plan-luxembourg-faire-fermer-centrale-nucleaire-cattenom_29616149.html