MOSELLE : LA CENTRALE NUCLÉAIRE DE CATTENOM INQUIÈTE LE LUXEMBOURG

Un des quatre réacteurs de la centrale frontalière est à l’arrêt pour corrosion présumée. Le gouvernement du Grand-Duché demande des explications à la France.

Il n’y a pas qu’en France que les centrales nucléaires françaises suscitent un débat. Celle de Cattenom, construite en 1979 à une dizaine de kilomètres de la frontière luxembourgeoise et à proximité de la ville française de Thionville (Moselle) est sous surveillance… au Luxembourg. Deux ministres du Grand-Duché, Carole Dieschbourg (Environnement) et Claude Turmes (Énergie et Aménagement du territoire), viennent d’écrire à l’Autorité (française) de Sûreté Nucléaire pour exiger les résultats d’analyses d’EDF.

Selon les révélations du site Montel News, spécialisé dans l’énergie, qui cite des sources syndicales, des fissures de corrosion seraient en effet apparues. De fait, la production du réacteur n° 3 de Cattenom a été arrêtée le 26 mars, pour des « contrôles à titre préventif ». Mercredi 20 avril, EDF a confirmé dans un communiqué que des « indications (de corrosion) ont été détectées ». Il s’agit de la « deuxième demande d’explication du gouvernement luxembourgeois en 2022, qui s’était déjà manifesté le 19 janvier auprès de l’ASN », rappelle Roger Spautz, chargé de campagne pour Greenpeace France et Luxembourg. D’autres fissures similaires liées à la corrosion auraient été relevées sur huit autres centrales françaises, dont celle de Chooz (Ardennes), également dans le Grand Est.

« C’est un phénomène nouveau et peu connu sur lequel les explications ne sont pas claires », assure Greenpeace. Les ministres luxembourgeois réclament une réunion rapide de la Commission locale d’information (CLI) de Cattenom. Le parquet de Thionville a parallèlement été saisi d’une plainte de quatre associations de défense de l’environnement qui reprochent à Cattenom des rejets polluants lors d’un « débordement accidentel d’un système de collecte d’hydrocarbures » dans la Moselle. Pour la préfecture, il n’y a eu « ni mortalité piscicole ni conséquence pour l’alimentation en eau potable ».

Par Antoine Pétry, publié le 22 avril 2022 à 10h46

Photo en titre : La production du réacteur n°3 de la centrale de Cattenom a été arrêtée le 26 mars, pour des «contrôles à titre préventif». LP/Jean-Baptiste Quentin

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