Avr 14

PRÉSIDENTIELLE : LA QUESTION DE L’ÉNERGIE IMPORTANTE POUR 72 % DES FRANÇAIS

enquêteDéveloppement des renouvelables, rénovation thermique, maintien ou arrêt du nucléaire… Les Français considèrent que tous les aspects de l’énergie sont importants dans le choix du candidat à l’élection présidentielle pour lequel ils voteront le 23 avril prochain. QuelleEnergie.fr et OpinionWay révèlent quels sont les points qui les intéressent le plus.
Les Français s’intéressent à toutes les thématiques du débat national, y compris l’énergie, qui semble même occuper une part importante dans leur réflexion pré-électorale. Selon le sondage QuelleEnergie.fr réalisé par OpinionWay (*), 72 % d’entre eux prendront en compte la position des candidats sur cette question au moment de glisser leur bulletin dans l’urne. A l’opposé, ils ne sont que 6 % à ne pas retenir du tout cette thématique, qui recouvre différents aspects : rénovation thermique et lutte contre la précarité, mobilité durable, indépendance énergétique…
Les personnes les plus préoccupées par ces enjeux sont généralement plutôt des sympathisants de gauche (81 %) et issus de catégories sociales favorisées (76 %) mais les catégories plus populaires ne s’en désintéressent pas pour autant (69 %). En revanche, les Français se montrent sceptiques sur la crédibilité des candidats : 35 % des répondants estiment qu’aucun des onze prétendants n’est convaincant… Et les femmes se montrent encore plus dubitatives (38 %) que les hommes (31 %). Le premier candidat à trouver grâce aux yeux des Français interrogés est Jean-Luc Mélenchon avec 14 % de taux de confiance. Il devance deux autres candidats de la gauche et du centre, Emmanuel Macron (12 %) et Benoît Hamon (11 %). Les candidats de droite et d’extrême-droite se trouvent plus loin dans ce classement, avec 10 % de crédibilité sur la question énergétique.
Oui aux EnR, non au nucléaire et aux carburants fossiles
Mais que veulent les électeurs ? Tout d’abord, ils sont 68 % à souhaiter que le développement des énergies renouvelables soit une priorité du quinquennat. C’est ensuite la question de l’effort de rénovation thermique des logements qui les préoccupe (48 %). L’indépendance énergétique de la France vient en troisième position avec 40 % de répondants. Une réduction des importations de carburant qui se traduira donc par l’adoption de nouveaux modes de mobilité et par l’encouragement des transports verts (véhicules hybrides et électriques, vélo, transports en commun, biocarburants…), un enjeu pour 40 % des personnes interrogées.
Par contre, ils ne sont que 10 % à soutenir le développement de la filière nucléaire, une proposition qui se retrouve pourtant dans le programme de deux candidats majeurs à cette élection présidentielle (Marine Le Pen et François Fillon). Cette question clivante se retrouve bien dans le profil des répondants : les sympathisants de droite sont 18 % à souhaiter poursuivre l’exploitation de l’atome civil, alors que seuls 7 % des sympathisants de gauche déclarent la même chose. Quant à la question des gaz de schiste et autres pétroles non conventionnels, elle n’est prioritaire que pour 5 % des Français. Reste à savoir si les propositions mises en œuvre par le candidat élu rencontreront bien celles définies par les Français…
(*) Méthodologie : enquête réalisée auprès d’un échantillon représentatif de 1.016 personnes majeures, constitué selon la méthode des quotas (critères de sexe, d’âge, de catégorie socio-professionnelle et de région de résidence). Le questionnaire a été administré en ligne, entre les 29 et 30 mars 2017. Les résultats doivent être lus en tenant compte d’une marge d’incertitude de 1,5 à 3 points.

http://www.batiactu.com/edito/presidentielle-question-energie-importante-72–francais-48758.php

Avr 14

NUCLÉAIRE : LES DIFFICULTÉS ET LES COÛTS DU DÉMANTÈLEMENT SONT CONSIDÉRABLES

démantèlementDans les entrailles du démantèlement nucléaire
Neuf réacteurs sont déjà en déconstruction en France, un chantier démesuré qu’EDF assure maîtriser techniquement et financièrement. Mais les difficultés et les coûts sont considérables.

Faire, défaire. Ainsi va la vie. Ainsi va désormais le nucléaire. Avec la fermeture annoncée de la centrale alsacienne de Fessenheim à la fin de la décennie – si EDF et le futur gouvernement n’en décident pas autrement –, « un vaste chantier industriel de démantèlement va pouvoir démarrer », se félicite la ministre de l’environnement et de l’énergie, Ségolène Royal…

Superphénix, un démantèlement ardu
La nouvelle aventure qui attend l’industrie nucléaire est-elle alors parfaitement sous contrôle ? Ce n’est pas l’avis de la mission parlementaire conduite par Barbara Romagnan, députée (PS) du Doubs, et Julien Aubert, député (Les Républicains) du Vaucluse, qui, dans un rapport rendu public le 1er février, a jugé qu’EDF se montrait « trop optimiste » quant à la « faisabilité technique », selon elle « pas entièrement assurée », du démantèlement du parc atomique. Et a pointé les retards pris par plusieurs chantiers. Car si celui de Chooz A, le plus simple à mener, paraît en bonne voie, l’électricien est aussi engagé dans d’autres opérations, beaucoup plus ardues.

Tel est le cas pour le réacteur à neutrons rapides Superphénix de Creys-Malville, en Isère. Ce prototype de 1 240 MW – une puissance à l’époque inédite –, mis en service en 1986, avait été baptisé du nom de l’oiseau mythique renaissant de ses cendres car il était censé, en mode surgénérateur, convertir de l’uranium naturel en plutonium et produire ainsi davantage de combustible qu’il n’en brûlait ou, en mode inverse, pouvoir consommer une partie du combustible usé d’autres centrales.
Las, il n’a cessé d’accumuler les avaries, avant que Lionel Jospin, alors premier ministre, ne décide, en 1997, de mettre fin à un fiasco industriel dont la Cour des comptes a chiffré en son temps le coût à 60 milliards de francs (environ 12 milliards d’euros d’aujourd’hui).
« Un immense gâchis », estime encore Christian Gonin, ouvrier mécanicien à la retraite qui, depuis son pavillon du hameau de Faverges, voit tous les matins, en ouvrant ses volets, le mastodonte de béton posé devant les premiers contreforts des monts du Bugey. Il n’a rien oublié de cette histoire tumultueuse, encore moins de la grande manifestation antinucléaire européenne du 31 juillet 1977 qui vit la mort d’un jeune enseignant, Vital Michalon, victime de l’explosion d’une grenade offensive tirée par des forces de l’ordre déployées en masse.
« Un gaspillage énorme », dit lui aussi Maurice François, agriculteur retraité, presque nonagénaire, qui, du temps où il menait la fronde écologiste, s’était équipé, par conviction autant que par bravade, d’une chaudière au biogaz alimentée par le lisier d’une porcherie.
Travail de bénédictin
Que reste-t-il aujourd’hui de Superphénix ? Une installation nucléaire hors normes, où tout est démesuré : un bâtiment de moitié plus haut (85 mètres) que celui d’un réacteur standard de 900 MW, une cuve six fois plus large (24 mètres de diamètre), des composants deux fois plus volumineux (43 mètres de hauteur pour les générateurs de vapeur). Ce qui en fait, vante EDF, « le plus grand réacteur en démantèlement au monde ». Mais, plus encore que ce gigantisme, explique Damien Bilbault, responsable du site, c’est l’utilisation de sodium liquide comme fluide de refroidissement qui s’est transformée en casse-tête pour les déconstructeurs.
Ce métal fondu, dont la cuve et les circuits contenaient 5 500 tonnes, s’enflamme spontanément au contact de l’air et explose en présence d’eau. Pour le neutraliser, il a fallu un travail de bénédictin consistant à l’injecter au goutte-à-goutte dans une solution de soude aqueuse afin de le transformer en soude ensuite incorporée, comme eau de gâchage, à 68 000 tonnes de béton. Lequel, très faiblement radioactif, devra rester entreposé sur place pendant une vingtaine d’années avant de pouvoir rejoindre un centre de stockage.
En comparaison, le reste des interventions – retrait de pompes de 125 tonnes, d’échangeurs de 70 tonnes ou d’un sas de manutention du combustible de 775 tonnes – a presque été un jeu d’enfant. Même s’il a fallu concevoir des machines et des robots spéciaux pour éliminer les poches résiduelles de sodium dans les multiples boucles et circuits d’une pile atomique extraordinairement complexe.
Et qu’en novembre 2014, à la suite d’une plainte du réseau Sortir du nucléaire, le tribunal correctionnel de Bourgoin-Jallieu (Isère) a condamné EDF pour n’avoir pas respecté une mise en demeure de l’Autorité de sûreté nucléaire, qui lui enjoignait d’améliorer la gestion des situations d’urgence, telles qu’un incendie.
Reste à finir le travail. Une fois débarrassée de ses dernières traces de sodium par injection de petites doses de gaz carbonique humide, la cuve doit être mise en eau, fin 2017, avant d’être disséquée, d’ici à 2025, par des engins téléopérés.
À l’horizon 2030, Superphénix devrait enfin avoir rendu l’âme. Sans espoir, cette fois, de renaissance ? Pas tout à fait. Demeureront en place le bâtiment du réacteur, ainsi qu’un atelier pour l’entreposage du combustible, où se trouve une piscine contenant non seulement un cœur déjà brûlé – dont 4,8 tonnes de plutonium –, mais également un cœur tout neuf, prêt à servir. Car EDF n’exclut pas d’installer ici, un jour, un nouveau réacteur de quatrième génération, à neutrons rapides lui aussi. Et ce, alors que le modèle de troisième génération, l’EPR en construction à Flamanville (Manche), n’a toujours pas livré ses premiers kilowattheures.
Le réacteur de Brennilis, autre épine dans le pied d’EDF
Autre épine dans le pied d’EDF, le petit (70 MW) réacteur à eau lourde de Brennilis, dans les monts d’Arrée (Finistère). Mis en service en 1967, stoppé en 1985, il attend toujours, dans la lande battue par les vents, un démantèlement qui ne devrait pas s’achever avant 2032. Près d’un demi-siècle se sera donc écoulé entre sa fin d’activité et la fin des travaux. Et plus de trente ans dans le cas de Superphénix, autant dans celui de Chooz A. Peut-on vraiment, dans ces conditions, affirmer que les délais sont tenus ?
Ce dérapage du calendrier a certes pour raison principale un changement de stratégie d’EDF. Alors que l’électricien prévoyait au départ de procéder à un démantèlement différé, pour laisser la radioactivité décroître pendant quelques dizaines d’années et faciliter ainsi l’intervention humaine, il a, au début des années 2000, opté pour un démantèlement immédiat.
Et ce, justifie Gilles Giron, « pour bénéficier de la mémoire de ceux qui ont exploité les centrales, et parce que des techniques de téléopération étaient disponibles ». Les dossiers de démantèlement ont alors été constitués, ce qui a demandé plusieurs années, avant que soient publiés les décrets autorisant la déconstruction des îlots nucléaires. En se référant à la date de ces décrets, EDF considère donc que la durée effective d’une déconstruction est de l’ordre de quinze ans seulement.
On en est pourtant très loin, avec les six réacteurs de la première génération du parc français (Bugey 1, Chinon A1, A2 et A3, Saint-Laurent A1 et A2), eux aussi en cours de démolition. Des monstres d’un autre temps, vingt fois plus gros qu’un réacteur actuel et d’un fonctionnement incroyablement complexe. D’une technologie dite à uranium naturel graphite gaz, ils recèlent au total 17 000 tonnes de graphite, dont l’extraction sera aussi longue que difficile et qui générera des déchets de faible activité mais à vie longue, pour lesquels il n’existe pas encore de centre de stockage.

Quand ces ancêtres ont été mis à la retraite, EDF avait prévu de terminer leur démantèlement vers 2040. Mais, consultées par appel d’offres sur la méthode retenue – un retrait du graphite sous eau –, les entreprises sous-traitantes se sont déclarées incapables de mener à bien cette tâche. En 2016, EDF a fait volte-face et annoncé qu’elle envisageait désormais une extraction sous air, reportant du même coup l’élimination complète de ces réacteurs au début du siècle prochain.
L’électricien sèchement tancé par l’ASN
« Les difficultés techniques évoquées sont réelles, mais repousser l’échéance au début du XXIIe siècle ne nous paraît absolument pas raisonnable, ni très conforme à la doctrine du démantèlement immédiat. Ou alors, la notion d’immédiateté a changé », s’est fâché le président de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN), Pierre-Franck Chevet, auditionné, le 22 février, par la commission du développement durable de l’Assemblée nationale.
Au-delà de ce cas particulier, le gendarme du nucléaire a sèchement tancé l’électricien pour le « manque d’informations » fournies sur la stratégie de démantèlement du parc actuel. « Entre les trois exploitants [EDF, Areva et le CEA], celui sur lequel on a le moins d’éléments techniques pour porter un jugement sur la nature des opérations futures, sur leur faisabilité, sur leur crédibilité, y compris en termes de calendrier, c’est clairement EDF », s’est-il irrité.
Et de brandir le dossier d’EDF, cinq fois moins épais que celui du CEA. D’autant, insiste M. Chevet, que chaque réacteur a une histoire particulière et qu’il est « indispensable d’identifier, site par site, les éventuels problèmes spécifiques qu’il a pu rencontrer », par exemple « les pollutions diverses, à l’intérieur de l’installation ou sur les sols ».
Responsable de la production nucléaire et thermique à EDF, Dominique Minière n’en assure pas moins que « la faisabilité technique du démantèlement des réacteurs à eau pressurisée est d’ores et déjà acquise ». Et que sur les anciennes filières, comme celle à graphite-gaz, elle est « à notre portée », même si aucun réacteur de puissance de ce type n’a encore été totalement déconstruit.
La réalité est pourtant que l’industrie nucléaire n’avait aucunement anticipé la fin de vie de ses réacteurs, pas davantage que la gestion de leurs déchets ultimes. Sûre qu’elle était que, le moment venu, ses ingénieurs sauraient trouver les solutions. Ce n’est que depuis 2006 que la loi exige que, lors de la création d’une installation atomique, soient définis « les principes généraux proposés pour le démantèlement ». « La filière nucléaire a été incapable d’envisager son déclin, juge Yves Marignac, directeur de l’agence d’information sur le nucléaire WISE-Paris. Or, comme en montagne, c’est souvent dans la descente, quand l’attention se relâche, que surviennent les accidents. »

Pour lire l’article complet :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2017/04/13/dans-les-entrailles-du-demantelement-nucleaire_5110505_3244.html

Avr 14

LE NUCLÉAIRE, UN THÈME TOUJOURS PLUS CLIVANT

candidatsLe désengagement nucléaire de la France n’est plus l’apanage des écologistes. La question oppose la droite et la gauche.

Sortir du nucléaire ou y rester ?

La question n’aura jamais été aussi âprement discutée que lors de cette campagne présidentielle. Elle tenait une place bien plus marginale en 2012. À l’époque, Eva Joly, candidate d’Europe Écologie-Les Verts (EELV), avait été la seule avec Philippe Poutou, du Nouveau Parti anticapitaliste (NPA), à prôner un abandon de l’atome. Les choses ont bien changé. En 2017, deux des cinq principaux prétendants à l’Élysée sont sur cette ligne.

D’abord le candidat de La France insoumise, Jean-Luc Mélenchon, qui veut une sortie à l’horizon 2050. Il y a cinq ans, celui qui portait les couleurs du Front de gauche était loin d’être aussi affirmatif.

Confronté aux réticences fortes de son inséparable allié, le Parti communiste français, il avait juste promis d’organiser un référendum.

Fait nouveau, le candidat du Parti socialiste, Benoît Hamon, s’engage lui aussi à en finir avec le nucléaire, et ce « à l’horizon d’une génération, soit vingt-cinq ans ». En 2012, François Hollande s’était contenté de promettre de ramener la part de l’atome dans la production d’électricité de 75 % à 50 % à l’horizon 2025, concédant à EELV la fermeture de Fessenheim avant la fin de son quinquennat…

Deux points auxquels Emmanuel Macron veut se conformer. Mais il n’entend pas forcément poursuivre davantage le désengagement nucléaire. Une énergie « au cœur de la stratégie industrielle, énergétique et climatique qui est la nôtre », avait-il estimé en juin 2016, alors qu’il était encore à Bercy. En fait, le candidat d’En marche prend acte de la loi de transition énergétique du 17 août 2015, qui fixe ce niveau de réduction du poids de l’atome. Et il le fait sans oublier les autres grands objectifs fixés par ce texte pour développer les énergies renouvelables.

A droite, la tonalité est diamétralement différente. « Une nouvelle loi de transition énergétique sera adoptée avec de nouveaux objectifs pour notre mix énergétique », annonce François Fillon dans son projet pour la France. A l’opposé de ses adversaires de gauche, l’ancien Premier ministre est partisan de « moderniser le parc nucléaire pour en prolonger la durée d’exploitation ». Il s’est aussi engagé à maintenir en activité la centrale de Fessenheim s’il est élu.

Deux points sur lesquels le rejoint Marine Le Pen, la candidate du Front national. Elle qui déclarait, il n’y a pas si longtemps, tenir l’énergie nucléaire pour «  dangereuse ».

Article de Joel Cossardeaux
https://www.lesechos.fr/elections/presidentielle-2017/0211967340366-le-nucleaire-un-theme-toujours-plus-clivant-2079807.php

Avr 13

23 AVRIL : PRÉSENTATION DU SCÉNARIO NÉGAWATT À AIX-LES-BAINS (73)

NégawattDimanche 23 avril 2017 à 17h30

L’occasion pour découvrir la méthodologie et le contenu du scénario négaWatt 2017-2050, qui vous seront présentés par Gwennyn Tanguy, ambassadrice de l’Association négaWatt.

Le dimanche 23 avril à 17h30 – à Les 2 sources, relais solidaire au 98 avenue de Marlioz à Aix-les-Bains. (en face de l’entrée des thermes de Marlioz) organisée par les Amis de la Terre en Savoie.

Avr 13

MACRON : « J’ASSUME LA DÉFENSE DU NUCLÉAIRE… »

Macron 2Macron se grille avec le charbon allemand : ««Si je suis élu, je fermerai Fessenheim», a déclaré Emmanuel Macron jeudi dernier. Mais, a poursuivi le candidat d’En Marche!, «j’assume totalement la défense du nucléaire parce que je ne rouvrirai pas des centrales à charbon comme en Allemagne». Qu’ils soient de droite ou de gauche, les partisans de l’atome brandissent régulièrement cet argument. Nos voisins d’outre-Rhin ont-ils réellement compensé la baisse de la production nucléaire par le charbon? La réponse est non. Explication.
En 2011, suite à la catastrophe de Fukushima, Angela Merkel a décidé de fermer toutes les centrales nucléaires au plus tard en 2022. Depuis, huit des seize réacteurs du pays ont été arrêtés. Résultat: en cinq ans, l’électricité produite par le nucléaire est passée de 141 à 92 térawattheures (TWh), soit une baisse de 49 TWh.
Alors avec quoi les Allemands ont-ils compensé cette perte? Pour le savoir, il faut se pencher sur les différentes sources de la production d’électricité allemande depuis 2010, date à laquelle le charbon représentait 41,6%, selon le Working Group on Energy Balances (AGEB), cité par Le Monde. Dans les deux années qui ont suivi la décision de sortir du nucléaire, la production d’électricité des centrales à charbon a effectivement connu un regain de 3,6%, avant de commencer à décliner en 2014.
Mais en 2016, la part du charbon dans le bouquet énergétique allemand n’était plus que de 40,1%. Et ce, grâce aux énergies renouvelables (principalement l’éolien), dans lesquelles Berlin a massivement investi. La part de ces énergies dites «alternatives» dans le mix électrique allemand est passée de 16,1% en 2010 à 29,5% en 2016. Leur forte progression a permis de fermer 34 centrales à charbon entre 2011 et 2015. Onze autres centrales de ce type seront définitivement fermées d’ici à 2019.

Source : Tribune de Genève      (13/4/2017)
http://www.tdg.ch/monde/Macron-se-grille-avec-le-charbon-allemand/story/15986345

Avr 12

PÉKIN EXHORTE PYONGYANG À RENONCER À UN NOUVEAU TEST NUCLÉAIRE

CoréeLe programme nucléaire de Pyongyang atteint «un point de basculement», estime le «Global Times», le quotidien du Parti communiste chinois. Xi Jinping et Donald Trump se sont entretenus ce mercredi au téléphone.

Faut-il y voir une véritable inflexion ou un simple changement sémantique visant à faire bonne figure quelques jours après la visite de Xi Jinping aux États-Unis ? Dans un éditorial, le «Global Times» exhorte la Corée du Nord à renoncer à tout projet de test nucléaire «pour sa propre sécurité». Et de prévenir son encombrant voisin que Pékin réagirait fortement à tout nouveau test : «Si [la Corée du Nord] fait un autre mouvement provocateur ce mois-ci, la société chinoise sera disposée à voir le Conseil de sécurité des Nations Unis adopter des mesures de restrictions sévères qui n’ont jamais été vues auparavant, comme la restriction des importations de pétrole vers le Corée du Nord», poursuit le quotidien du Parti communiste chinois, pour qui le programme nucléaire de Pyongyang atteint «un point de basculement».

Pékin a jusqu’ici toujours œuvré pour limiter l’ampleur des sanctions décidées à l’encontre de la Corée du Nord à l’ONU, et estimé que la démilitarisation du régime nord-coréen ne pouvait se faire que par une reprise du dialogue entre Washington et PyongYang.

Ce mercredi matin, le président chinois s’est entretenu au téléphone avec Donald Trump sur la situation en Corée du Nord. L’occasion pour le numéro un chinois d’insister sur la nécessité de résoudre les tensions dans la péninsule coréenne par des moyens financiers.

Regain de tension

La tension est fortement montée ces derniers jours dans la région. Alors que certains observateurs estiment que le sixième essai nucléaire nord-coréen pourrait coïncider avec les célébrations samedi du 105e anniversaire de la naissance du fondateur du régime, Kim Il-sung, les États-Unis ont dérouté le groupe aéronaval Carl Vinson vers la péninsule coréenne . «Nous envoyons une armada. Très puissante» a déclaré Donald Trump.

La Corée du Nord se tient prête à riposter à toute agression américaine, a réagi mardi le journal officiel du régime, Rodong Sinmun : «Notre puissante armée révolutionnaire surveille chaque mouvement de l’ennemi et notre arsenal nucléaire est tourné vers les bases d’invasion américaines, non seulement en Corée du Sud et dans le théâtre des opérations du Pacifique, mais aussi sur le territoire américain même», écrit le quotidien.

Possible action militaire américaine

«Pyongyang devrait éviter de faire des erreurs en ce moment», estime dans ce contexte le «Global Times», pour qui la péninsule coréenne n’a jamais été aussi proche d’un «conflit militaire». «Si Pyongyang mène son sixième test nucléaire dans un proche avenir, la possibilité d’une action militaire américaine contre elle sera plus élevée que jamais. Non seulement Washington regorge de confiance et d’arrogance suite aux attaques de missiles contre la Syrie, mais Trump est également disposé à être considéré comme un homme qui honore ses promesses», poursuit le quotidien chinois.

Le président américain, qui a demandé la semaine dernière à son homologue chinois, Xi Jinping, de jouer de son influence auprès de Pyongyang afin de réduire le programme nucléaire nord-coréen, a publié un tweet pour dire que la Corée du Nord «cherchait les ennuis» et que les États-Unis allaient «résoudre le problème» avec ou sans l’aide de Pékin.

https://www.lesechos.fr/monde/asie-pacifique/0211966101457-pekin-exhorte-pyongyang-a-renoncer-a-un-nouveau-test-nucleaire-2079292.php#cb2L5sXjmtWPHUOD.99

Avr 12

VIDÉO NUCLÉAIRE (6mn51s): « LE GOUVERNEMENT A FAIT ÉNORMÉMENT DE CONCESSIONS À EDF » SELON YVES MARIGNAC

YvesInvité de Stéphane Dépinoy dans « L’éco » mardi 11 avril sur FranceTVinfo, Yves Marignac, porte-parole de Négawatt, association en faveur d’une transition écologique, revient sur le décret de démantèlement de la centrale de Fessenheim : une vrai-fausse fermeture ?

« Le décret donne encore à EDF un délai pour mettre en œuvre cette décision, les prochaines élections peuvent être l’occasion de remettre en cause cette décision » Yves Marignac, porte-parole de Négawatt, association en faveur d’une transition écologique, réagit à la signature du décret de fermeture de la centrale de Fessenheim, mardi 11 avril sur le canapé gris de « L’éco« .

Il poursuit : « depuis 2012, le gouvernement a fait énormément de concessions à EDF. C’est l’illustration que le fournisseur d’énergie est enfermé dans un modèle industriel du passé, construit dans les années 70, et peu adapté à l’avenir énergétique européen. »

« Le démantèlement coûtera énormément d’argent »

Trop cher le démantèlement de Fessenheim ?

En réponse à la Question qui fâche, Yves Marignac riposte : « en Allemagne et en Grande-Bretagne le coût global du démantèlement double ou triple par rapport aux estimations d’EDF. Cela va coûter énormément d’argent : ce n’est pas pro ou anti de le dire ! La question c’est : quelle politique d’investissement on met en œuvre demain pour une transition énergétique rentable. »

Conscient des dangers du nucléaire, la peur d’une nouvelle catastrophe ne paralyse-t-elle pas les spécialistes ?

C’est l’objet de la Question perso : « je ne fais pas partie des nombreux experts remis en question dans leur conviction par la catastrophe de Fukushima. Je ne suis pas du tout porté par une peur, on vit dans un monde où le nucléaire est un risque parmi d’autres. Donc pas de paralysie au contraire c’est un moteur pour l’action. »

Comme à son habitude, Stéphane Dépinoy termine l’interview par la chanson préférée de l’invité. Yves Marignac a choisi L’humaniste de Damien Saez.

http://www.francetvinfo.fr/economie/industrie/video-nucleaire-le-gouvernement-a-fait-enormement-de-concessions-a-edf-selon-yves-marignac_2140882.html

Avr 12

ILLUSOIRE FERMETURE DE FESSENHEIM : DÉCRET DE DUPES LIÉ À LA MISE EN SERVICE DE L’EPR DE FLAMANVILLE.

CommuniquéCOMMUNIQUÉ DE PRESSE du Collectif Anti-Nucléaire Ouest

À quelques semaines de la fin du quinquennat  de François Hollande,  le gouvernement de Bernard Cazeneuve  a signé le samedi 8 avril le décret d’une illusoire fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim, car elle est conditionnée…

. à la mise en service de l’EPR de Flamanville (pas avant 2018) dont l’autorité de sûreté nucléaire (ASN) a révélé  en 2015 les graves défauts qui  affectent la cuve, élément-clé de sûreté,

. et aussi au dépassement de plafond prévu par la loi de transition énergétique — soit son niveau actuel de 63,2 gigawatts.

Alors qu’auraient dû être décidés de façon indépendante pour des questions de sûreté , et la fermeture  de Fessenheim et l’abandon du chantier EPR de Flamanville ainsi que celui de Paluel, centrale arrêtée  depuis près de  2 ans , ce sont les trois  qui sont maintenus pour des questions de marchandage économico-politique.

De nombreux autres réacteurs, dont ceux de Bugey et Paluel, sont  mal en point, et  leur impossibilité de fonctionner les conduira sans doute de facto à la fermeture.  Dans ce cas, le plafond de puissance ne sera pas dépassé et  Fessenheim continuera sa production, que l’EPR de Flamanville soit mis ou non en service.

42 réacteurs sur les 58 en fonctionnement ont dépassé les 30 ans d’âge, durée initiale prévue. La cuve qui contient les barres de combustible devient en vieillissant, susceptible de rompre à un choc thermique. Elle  ne peut ni être changée ni être réparée. Aussi le  programme de rafistolage (dit « carénage ») des réacteurs de plus de 30 ans, évalué par la Cour des Comptes à plus de 100 milliards d’euros, ne sert-il qu’à aggraver la faillite d’EDF et sera mieux utilisé dans des alternatives au nucléaire (renouvelables, économies d’énergie etc …).

Le Collectif anti-nucléaire Ouest en appelle à la responsabilité de chacun, lucide et conscient des dangers pour exiger l’arrêt du nucléaire avant la catastrophe. 

Contact presse :

Didier Anger 06 80 23 39 45 / Chantal Cuisnier 06 84 14 58 87 / Martial Château 06 45 30 74 66 / Sylvie Sauvage 06 08 71 79 61

Collectif Anti-Nucléaire Ouest (Can-Ouest), 10 Route d’tang-Val, 50340 LES PIEUX, , le site : www.can-ouest.org

http://www.can-ouest.org/communique-du-10-avril-2017/

Avr 11

L’INTERMINABLE DÉMANTÈLEMENT DE LA CENTRALE NUCLÉAIRE DE BRENNILIS

BrennilisSur la lande des monts d’Arrée, entre rivières et tourbières, se dresse une cathédrale de béton. Mise en service en 1967, après cinq ans de travaux, la centrale de Brennilis (Finistère) a été le seul site électronucléaire de Bretagne.

Fonctionnant avec un réacteur à eau lourde, la centrale EL 4 pilotée initialement par le Commissariat à l’énergie atomique (CEA) n’a pourtant pas dépassé le stade du prototype unique. EDF a finalement opté pour des réacteurs à eau pressurisée au début des années 70. Après dix-huit années de fonctionnement et une production équivalente à la consommation annuelle d’électricité à Paris, EL 4, dont la puissance était faible, est finalement arrêtée en 1985. Le groupe promettait, énergétiquement, un chantier exemplaire et « le retour à l’herbe » le plus rapidement possible.

Mais que s’est-il passé en trente-deux ans ? Le démantèlement, mené en totale autonomie par EDF, s’est éternisé. Il est toujours en cours. La centrale se dresse encore à environ soixante kilomètres de Brest. Quinze employés d’EDF et environ soixante salariés d’entreprises sous-traitantes y travaillent. Pourtant, en 2002, EDF annonçait la libération des lieux pour 2018.

Une facture salée

On évoque aujourd’hui 2032… Et plus le chantier dure, plus il coûte cher. Le premier devis de 2001 était de 254 millions d’euros, il est passé à 377 millions en 2007, selon la Cour des comptes. Le coût total du démantèlement est désormais estimé à 482 millions d’euros !

Comment expliquer que le chantier se prolonge ? D’abord, le caractère unique d’EL 4 : « C’est un réacteur à eau lourde : une technologie unique en France, rare est complexe, et dont le démantèlement nécessite des études préalables poussées, ainsi que le développement de différents modes d’intervention », rappelait EDF à Franceinfo en 2016. Et de mettre en avant « des travaux télé-opérés, effectués à distance pour garantir la sécurité totale des intervenants ». S’y ajoutent les rebondissements juridiques et les aléas techniques.

Jusqu’en 1992, il a d’abord été procédé à la mise à l’arrêt des installations avec vidange des circuits et transfert de cent tonnes de combustible vers le site nucléaire de Cadarache (Bouches-du-Rhône). La seconde phase, prévue jusqu’en 2007, porte sur un démantèlement partiel et non nucléaire. Des bâtiments sont démolis, d’autres transformés : la cantine devient un centre d’information pour les visiteurs, le poste de garde abrite désormais une entreprise de signalisation. Le bâtiment des bureaux et de la salle des commandes, le bâtiment du combustible irradié, le bassin d’accumulation n’existent plus.

Rebondissements juridiques

Coup d’arrêt en 2007 : le Conseil d’État annule le décret de démantèlement total signé l’année précédente par le Premier ministre de l’époque, Dominique de Villepin, en raison d’un défaut de communication de l’étude d’impact. En 2012, une nouvelle demande de démantèlement complet est rejetée par l’Autorité de sûreté nucléaire. Cette dernière exige un nouveau dossier : il sera déposé… en 2018. Au final, le bloc réacteur, qui concentre 90 % de la radioactivité, est toujours debout. La question du stockage des déchets nucléaires se posera donc lors de sa déconstruction. L’installation de conditionnement et d’entreposage des déchets de longue et moyenne activité (Iceda) prévue près de la centrale du Bugey (Ain) a vu sa réalisation retardée en raison de recours juridiques. Perturbé et ralenti, le chantier a aussi connu nombre d’incidents. En septembre 2015, par exemple, un incendie s’est déclaré dans l’atelier de conditionnement de déchets situé dans l’enceinte du réacteur.

Alors que les écologistes locaux veillent au grain, l’ASN assure qu’il n’y a eu aucun rejet radioactif. Ces derniers ont évoqué des rejets de tritium lorsque la centrale était en activité. Le très lent démantèlement de la centrale de Brennilis constitue-t-il une exception ? C’est ce que veut croire le secrétaire d’État auprès du ministre de l’Écologie, Alain Vidalies. En réponse à une sénatrice du Finistère, il déclarait en septembre 2015 : « D’autres démantèlements suivent leur cours tout à fait normalement. Par exemple, la centrale Superphénix [en bordure du Rhône, NDLR], ou au réacteur de Chooz A [à la frontière franco-belge, NDLR], similaires aux centrales actuellement en exploitation. »

http://www.lepoint.fr/environnement/l-interminable-demantelement-de-la-centrale-nucleaire-de-brennilis-11-04-2017-2118829_1927.php

Avr 11

BELGIQUE NUCLÉAIRE: TIHANGE POSE QUESTION À SERAING

BelgiqueGazette de Liège : Une motion a été adoptée à l’unanimité pour protéger la population sérésienne.

Le maintien du nucléaire en Belgique jusqu’en 2025 inquiète. Surtout au vu des problèmes récurrents rencontrés par les centrales de Doel et Tihange où des réacteurs sont trop souvent à l’arrêt.

Dès lors, la locale Écolo de Seraing a décidé de s’engouffrer dans la brèche ouverte par les villes d’Aix-la-Chapelle (Allemagne) et Maastricht (Pays-Bas) qui fustigent le maintien ou la remise en activité de ces réacteurs défectueux. Elle ne demande pas l’arrêt pur et dur de la centrale, mais elle s’inquiète des conséquences qu’un incident pourrait avoir sur la population, elle qui est en première ligne puisque située à une vingtaine de kilomètres seulement du site nucléaire.

Une situation géographique qui permet à la Ville, dans le cadre de la nouvelle loi sur les zones de sécurité, d’être intégrée au sein de la zone la plus exposée et qui bénéficiera donc des plans d’urgence nationaux, provinciaux et communaux prévoyant notamment l’évacuation organisée quartier par quartier ainsi que la distribution automatique de pilules d’iode pour l’ensemble des habitants. Mais cela demeure insuffisant.

Renseignements auprès de spécialistes

Raison pour laquelle le conseil communal a adopté, sur proposition des verts, une motion lui permettant « de se réserver le droit d’entamer toute procédure visant à la protection des habitants de la ville de Seraing. »

Afin d’être pleinement renseigné sur la matière, le conseil communal entendra cependant un agent de l’Agence fédérale de contrôle nucléaire, afin d’expliquer la situation actuelle ainsi que les aspects sécuritaires des centrales de Tihange. Des pro et anti-fermeture temporaire ou définitive d’une ou des centrales de Tihange, choisis par consensus par les chefs de groupe, seront aussi appelés à s’exprimer.

http://www.lalibre.be/regions/liege/nucleaire-tihange-pose-question-a-seraing-58ebcf67cd70e80512c51c44

Avr 11

LA CHINE ET LE JAPON DOIVENT PARTICIPER À LA RECOMPOSITION DU NUCLÉAIRE FRANÇAIS

Japon ChineÀ l’heure où le capital d’Areva est en cours de restructuration, Daniel Verwaerde, le patron du Commissariat  à l’énergie atomique (CEA), souligne la nécessité de ne pas tourner en rond entre interlocuteurs franco-français.

Premier actionnaire d’Areva, avec 54 % du capital, le Commissariat à l’énergie atomique (CEA) va voir sa participation très fortement diluée à la faveur de la restructuration en cours de l’ex-fleuron du nucléaire français. Toutefois, l’administrateur général de cet établissement public tient à continuer à jouer un rôle clé dans le groupe.

Le FIGARO. – À deux semaines du premier tour de l’élection présidentielle, quels sont les meilleurs candidats pour le maintien du nucléaire en France?

Daniel VERWAERDE.  Il y a deux catégories de candidats. Les premiers estiment que la filière est un atout pour le pays, qu’elle dynamise son économie et garantit sa souveraineté. Les autres s’y opposent en disant vouloir tirer les conséquences des accidents qui se sont produits à l’étranger. Bien sûr, je suis convaincu que le nucléaire est un énorme avantage pour la France…

http://www.lefigaro.fr/societes/2017/04/10/20005-20170410ARTFIG00266-la-chine-et-le-japon-doivent-participer-a-la-recomposition-du-nucleaire-francais.php

Avr 11

FRAPPES US EN SYRIE: TIR DE SOMMATION OU «GUERRE MONDIALE»?

Syrie 2«Washington cherche à dominer le monde depuis 1990», indique à Sputnik Willy Wimmer, ex-vice-président de l’Assemblée parlementaire de l’OSCE et ex-secrétaire d’État auprès du ministère allemand de la Défense. Une stratégie qui provoque une «escalade à l’échelle internationale», selon lui.

Les récentes frappes américaines en Syrie ont provoqué une vague de craintes: et si nous étions en route vers une troisième guerre mondiale? Compte tenu du « comportement unilatéral et injustifié des États-Unis », il est impossible de ne pas parler d’une escalade à l’échelle internationale, a déclaré dans une interview accordée à Sputnik Willy Wimmer, ancien vice-président de l’Assemblée parlementaire de l’OSCE et ex-secrétaire d’État auprès du ministère allemand de la Défense.

« Nous savons tous que depuis la fin de la guerre froide les États-Unis optent pour une nouvelle stratégie: ils cherchent à dominer le monde. Ils en parlent même ouvertement. Regardez les directives des présidents américains qui permettent à ces gens de mener des guerres […].Cela montre clairement à quoi nous sommes confrontés », rappelle l’homme politique allemand.

Selon lui, « les craintes concernant une éventuelle guerre mondiale sont justifiées ». De nombreux observateurs soulignent le fait que la situation tragique actuelle ressemble beaucoup à la crise des missiles de Cuba, 13 jours aujourd’hui oubliés pendant lesquels le monde est passé à deux doigts de la catastrophe nucléaire.

 « Les pays tels que les États-Unis, la Grande-Bretagne et la France, qui ont commencé la guerre en Syrie il y a six ans, ne reculeront devant rien. Même la Charte des Nations Unies ne suffira pas à les arrêter. Ils mènent la guerre d’une manière connue. Dans des conflits qu’ils ont eux-mêmes créés. Nous le savons au moins depuis la guerre en Yougoslavie », indique à Sputnik M. Wimmer.

Selon le politicien, « plus que jamais désormais on a besoin d’une rencontre entre le Président russe Vladimir Poutine et le Président américain Donald Trump. Les gens sont déprimés, silencieux et inquiets, tout comme on l’était en Allemagne, avant la Seconde Guerre mondiale, selon les descriptions des observateurs internationaux. Partout sur la planète les gens se sentent ainsi parce que le comportement de style Rambo du Président américain, malheureusement, met encore une fois le monde devant le fait accompli… »

« Depuis 1990, il y a eu tant de mensonges. C’est un modèle que nous voyons dans la politique étrangère des États-Unis depuis le port de La Havane, en 1898, et l’explosion de l’USS Maine. Leurs trucs fabriqués par eux-mêmes leur donnent droit d’attaquer les autres. Alors, ou nous arrêtons cela, ou nous nous attendons à des ennuis! Telle est la conclusion inévitable », conclut l’expert.

https://fr.sputniknews.com/international/201704101030826856-syrie-frappes-guerre-mondiale-risques/

Avr 11

20 MAI VERS SAINT-DIZIER : 300 000 PAS CONTRE LA NUCLÉARISATION DU TERRITOIRE

300 000Vous voulez que ça change ? Les « 300 000 pas » sont pour vous !

Après les « 100 000 pas » et les « 200 000 pas » à la découverte de BURE

À Saint-Dizier cette année, au cœur du territoire Bure-Soulaines cancérisé par le nucléaire

À Saint-Dizier, aux métastases dans les domaines militaire, éducatif, énergétique et baigné par la rivière MARNE, cheval de Troie vers Paris pour les contaminants radioactifs de Bure-Soulaines-Gudmont-Joinville…

EODRA – CEDRA – La. Q.V. – ASODEDRA – Les Habitants Vigilants de Gondrecourt – Les Bure Haleurs…

http://Cedra52.fr/300000 (en cours de construction)

www.facebook.com/STOP-BURE-55-738098349641476/

/ 06 44 13 77 91

contacts presse 06 16 27 14 91 – 06 66 95 97 77

http://sortirdunucleaire.org/300-000-pas-a-Saint-Dizier?origine_sujet=MOB201704

Avr 11

CIGÉO STOP : LE 2 MAI SOUTENONS JEAN PIERRE SIMON

Procès JP simonLe 2 mai à Bar-le-Duc, Jean-Pierre Simon, agriculteur à Cirfontaines sera jugé pour avoir soutenu l’occupation du Bois Lejuc en mettant à disposition des occupants son tracteur et sa bétaillère, matériels par ailleurs en saisie judiciaire depuis presque un an.

Face au rouleau compresseur de l’industrie nucléaire, qui tente d’imposer un centre d’enfouissement des déchets radioactifs par tous les moyens, cette occupation était totalement légitime. D’autant que l’ANDRA a par la suite été condamnée pour l’accaparement et le défrichement de cette forêt.

Faisons reconnaître nos droits et notre refus de leur funeste projet, soutenons Jean-Pierre !

RENDEZ-VOUS À BAR-LE-DUC À PARTIR DE 9H00 LE 2 MAI, DEVANT LE TRIBUNAL DE GRANDE INSTANCE (3, Place Saint-Pierre). La mobilisation sera suivie d’un banquet paysan.

Merci de nous tenir informé si vous organisez un co-voiturage pour vous rendre à Bar-le-Duc et qu’il vous reste de la place. Écrivez à

(Organisations soutiens : La Confédération Paysanne, Mirabel LNE, Meuse Nature Environnement, le Réseau « Sortir du nucléaire…)

http://sortirdunucleaire.org/CIGEO-STOP-Le-2-mai-soutenons-Jean-Pierre-Simon?origine_sujet=MOB201704

Avr 10

LES NÉGOCIATIONS SUR LE TRAITÉ D’ABOLITION DES ARMES NUCLÉAIRES PROGRESSENT

ONULe 27/03/2017 les négociations sur un traité d’abolition des armes nucléaires en droit international ont débuté à New York. Cette première session de négociations a montré que plus de 132 pays partagent une vision d’un monde sans armes nucléaires. Et bien que certains désaccords soient prévisibles, il se dégageait un large accord parmi de nombreux pays sur la plupart des éléments du traité proposé.

Le plus remarquable fut l’accent donné au coût humanitaire des armes nucléaires et au caractère inacceptable d’armements conçus pour tuer sans discrimination des civils.

La présidente de l’ICAN, Beatrice Fihn, a déclaré, « Nous avons accompli des progrès formidables dans notre campagne pour combler cette lacune en droit international et abolir les armes nucléaires. Personne ne s’est laissé distraire par l’opposition. Nous disposerons bientôt d’un texte de base. ».

« Les armes nucléaires sont conçues pour tuer des civils par millions. Les peuples civilisés ne croient plus que c’est acceptable. Il est temps de ranger les armes nucléaires aux côtés des armes chimiques et bactériologiques, comme des reliques d’un passé révolu. L’abolition de ces armes en droit international est une première étape logique de leur élimination totale. »

Avec le soutien de plus de 120 pays, l’Assemblée Générale de l’ONU a approuvé les négociations d’un traité d’abolition des armes nucléaires en octobre 2016. Cette première session avait pour but de recueillir des avis des pays participants. Le Président de la Conférence rédigera un texte de base dans les prochaines semaines et les négociations finales sur le texte auront lieu de la mi-juin au 7 juillet.

« Tout pays a un intérêt dans la question des armes nucléaires, et pas seulement les pays qui en sont armés. L’impact d’une guerre nucléaire ou même d’une explosion accidentelle ne connaîtrait pas de frontière politique. Ces armes menacent la sécurité de tous » a déclaré Mme Fihn.

Les discussions de cette semaine se sont concentrées sur trois sujets : les buts, objectifs et préambule du traité, le détail des actions qui seront interdites par le traité, tels que la possession, le développement, l’essai et l’utilisation d’armes nucléaires ou l’assistance à d’autres pays dans ces actions, ainsi que les actions qui seront demandées aux parties, enfin les formalités telles que la ratification du traité, la régularité des conférences de révision et la question de la ratification par des pays possédant l’arme nucléaire.

Il est prévu que le traité final interdise aux parties d’utiliser, posséder et développer des armes nucléaires, ainsi que d’aider d’autres dans ces activités, œuvrant de concert avec le régime existant des traités de non-prolifération et de désarmement, pour parvenir plus vite à un monde sans armes nucléaires.

« L’abolition de ces armes devrait être la première étape de leur élimination. Le traité que nous attendons après cette semaine aura un impact sur le comportement de ses signataires et sur les pays, non signataires, ayant l’arme nucléaire. Comme avec les armes chimiques, les mines terrestres ou les armes à sous-munitions, l’entrée en vigueur de nouvelles normes internationales modifiera le comportement de chaque État. Il est temps de mettre fin à l’âge nucléaire », a encore déclaré Mme Fihn.

https://www.pressenza.com/fr/2017/04/negociations-traite-dabolition-armes-nucleaires-progressent/

Avr 10

AFRIQUE DU .SUD : REMISE EN CAUSE DES PROJETS DE NUCLÉAIRE CIVIL

ANCLe Congrès national africain (ANC) au pouvoir en Afrique du Sud a estimé dimanche que le gouvernement allait devoir réexaminer ses projets en matière de nucléaire civil en raison de la récente dégradation de la note souveraine du pays en catégorie spéculative. Ultra-dépendante du charbon (90%) pour son approvisionnement en électricité, la première économie industrialisée du continent envisage de relancer son programme nucléaire civil avec un méga-contrat, estimé à quelque 73 milliards selon le projet élaboré en 2010 .

Mais en quelques jours, deux grandes agences de notation financière internationales, Fitch et Standard & Poor’s, ont abaissé sa note souveraine en catégorie spéculative, sanctionnant un vaste remaniement ministériel controversé qui a coûté son poste au respecté ministre des Finances, Pravin Gordhan. Deux journaux parus dimanche ont cité un document confidentiel selon lequel la société nationale d’électricité Eskom allait lancer en juin des appels d’offre pour quatre centrales d’une capacité totale de 9.600 mégawatts. Le candidat retenu serait nommé en mars 2018, selon City Press et le Sunday Times. Mais le responsable économique de l’ANC, Enoch Godongwana, a déclaré à des journalistes que « les conditions avaient changé. C’était avant que nous ayons été placés en catégorie spéculative« . « Nous allons très certainement devoir revoir nos schémas de dépense à la lumière du statut spéculatif« , a-t-il ajouté. « Si nous optons pour le nucléaire, nous devons agir dans une limite et à un rythme que nous pouvons nous permettre« , a-t-il dit.

Godongwana a aussi estimé possible que l’économie sud-africaine connaisse une récession. Peu après sa nomination, le nouveau ministre des Finances Malusi Gigaba avait déclaré que le pays poursuivrait son programme nucléaire mais « à un rythme et à une échelle que le fisc peut se permettre« , ajoutant que son financement restait à finaliser. L’Afrique du Sud est le seul pays du continent doté d’une capacité nucléaire civile avec deux réacteurs en service depuis une trentaine d’années.

http://www.lefigaro.fr/flash-eco/2017/04/09/97002-20170409FILWWW00109-afsud-remise-en-cause-des-projets-de-nucleaire-civil.php

Avr 09

TCHERNOBYL, LE MENSONGE FRANCAIS : LE 11 AVRIL À 21H50 SUR RMC DÉCOUVERTE CANAL TNT 24

11 avrilRésumé :

Le 26 avril 1986, après l´explosion de Tchernobyl, un nuage radioactif hautement toxique se déplace vers le reste de l´Europe. Le 1er mai, après avoir survolé le Sud-Est de la France et la Corse, le nuage recouvre les trois quart du territoire français. Les autorités françaises affirment pourtant qu´il s´est arrêté à nos frontières. «D´un point de vue de la santé publique, il n´y a aucun risque. La santé n´est absolument pas menacée. » dixit Pierre Pellerin, directeur du SCPRI, Service central de protection contre les rayonnements ionisants. Alors que les différents pays européens prennent des mesures exceptionnelles (ouverture de parapluies de protection, distribution de pastilles ionisantes aux populations…), le gouvernement Chirac et les scientifiques affiliés au gouvernement persistent publiquement dans la sous-estimation des risques. Au journal de 20h Pierre Pellerin finit par avouer : oui, le nuage a bien survolé la France, provoquant une hausse des taux de la radioactivité. Pour le gouvernement, la crise est inéluctable. Alain Carignon, ministre de l´environnement, admet publiquement qu´il aurait dû informer les Français. Si les autorités ont reconnu que le nuage n´a pas épargné la France, elles refusent toujours de parler d´impact sanitaire. Retour sur l´un des plus gros mensonges du gouvernement français envers sa population.

http://rmcdecouverte.bfmtv.com/emission/tchernobyl-mensonge-francais/

Avr 09

ILS DÉFENDENT UNE LOIRE À ZÉRO… NUCLÉAIRE

LoireLe collectif Sortir du nucléaire mobilisait ses troupes, hier, de Saint-Laurent-Nouan à Blois. Il réclame un arrêt immédiat et une information transparente.

Un slogan : « La Loire à zéro… nucléaire ». À vélo, à pied ou en bateau, ils étaient au moins 200 à converger, hier, depuis Saint-Laurent-Nouan jusqu’à Blois. Progressivement, les effectifs se sont étoffés pour atteindre leur maximum du Lac de Loire au port de La Creusille.

Pari donc réussi pour le collectif régional Sortir du nucléaire Loire & Vienne qui est parvenu à mobiliser ses troupes. Sur un panneau, une citation d’Albert Jacquart résume l’état d’esprit général : « Le nucléaire, c’est le suicide de l’humanité»
La première à intervenir au micro est Catherine Fumé (SDN Berry). D’emblée, elle affiche la couleur : « Il faut prendre la décision politique immédiate de sortir du nucléaire et de s’engager dans la transition énergétique» Elle met en avant d’innombrables fuites radioactives, une industrie moribonde soutenue à coups de millions ou des pathologies non reconnues. « Tout cela pour laisser aux générations futures des déchets radioactifs, des centrales à démanteler et un prix de l’électricité qui ne fera qu’augmenter. »
Martial Château (SDN 72) a lui fustigé « l’absence de transparence lorsque des dysfonctionnements surviennent. »
Puis Jean-Yves Busson s’est penché sur la question de la qualité de l’eau de la Loire. « Ce fleuve qui nous abreuve nous empoisonne-t-il également ? On a le droit de la savoir d’autant que de nombreux captages ont été fermés en raison de la pollution agricole. On sait que du tritium et du césium sont régulièrement déversés. C’est une pollution systémique et régulière. On est donc loin de l’image de l’usine propre véhiculée depuis des années. »
Le même orateur est également revenu sur les deux accidents nucléaires survenus à la centrale de Saint-Laurent les 17 octobre 1969 et 13 mars 1980. Des carottages réalisés par l’IRSN, l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire, dans les berges de la Loire à Montjean-sur-Loire, près d’Angers, en juillet 2015 ont révélé la présence de traces de plutonium. « Comment ne pas croire qu’elles n’ont pas provoqué des tumeurs ? Mais au cynisme de la dilution du plutonium, on a ajouté celui de la charge de la preuve. Il est urgent que nous citoyens nous mobilisions pour reconquérir les espaces d’influence. »

Henri Brissot

http://www.lanouvellerepublique.fr/Loir-et-Cher/Actualite/Politique/n/Contenus/Articles/2017/04/09/Ils-defendent-une-Loire-a-zero-nucleaire-3062525

Avr 09

UN PORTE-AVIONS AMÉRICAIN ET SA FLOTTE EN ROUTE VERS LA PÉNINSULE CORÉENNE

CoréeAlors qu’ils viennent de bombarder une base aérienne syrienne en représailles à une attaque chimique présumée, les États-Unis ont déployé un porte-avions et sa flotte dans le Pacifique en raison de «la menace Nord-coréenne».

«Le commandement américain dans le Pacifique a ordonné au groupe aéronaval déployé autour du porte-avions USS Carl Vinson d’être à disposition et présent dans l’ouest du Pacifique, et ce par mesure de précaution», a déclaré à l’AFP le 8 avril le porte-parole du commandement américain dans le Pacifique, le commandant Dave Benham.

Dave Benham n’a pas fait mystère des raisons du déploiement de cette flotte, précisant que la menace numéro un dans la région restait la Corée du Nord, en raison de son programme de missiles «irresponsable, déstabilisateur et imprudent», et de «la poursuite [de ses recherches] en vue de disposer d’armes nucléaires».

Le porte-avions USS Carl Vinson est accompagné de son escadron aérien, de deux destroyers lanceurs de missiles et d’un croiseur lanceur de missiles. Alors qu’il devait initialement aller faire escale en Australie, il a pris la route du Pacifique Ouest depuis Singapour.

Les États-Unis prêt à «régler» seuls le problème nord-coréen

Les 6 et 7 mars, le président américain Donald Trump et son homologue chinois Xi Jinping ont longuement discuté en Floride (États-Unis), à Mar-a-Lago, dans la résidence privée du nouvel hôte de la Maison Blanche, et Donald Trump aurait demandé à son visiteur de faire pression sur Kim Jong-Un pour que celui-ci cesse son programme d’armement nucléaire. 

Le président américain a cependant d’ores et déjà menacé le régime de Pyongyang d’une action unilatérale, et cette menace paraît encore plus crédible depuis la frappe ordonnée le 6 mars sur une base aérienne syrienne en représailles à une attaque chimique présumée.

«Si la Chine ne règle pas [le problème de] la Corée du Nord, nous le ferons», avait affirmé Donald Trump le 3 avril, précisant que Washington n’attendrait pas l’aide de Pékin. «La Chine décidera de nous aider ou pas avec la Corée du Nord. […] S’ils n’aident pas, ce ne sera bon pour personne», avait-t-il ajouté.

Une déclaration reprise par le secrétaire d’État américain Rex Tillerson, qui  a confirmé depuis Mar-a-Lago que les États-Unis étaient prêts à «agir seuls» si nécessaire contre la Corée du Nord : «Nous […] sommes prêts à agir seuls si la Chine n’est pas capable de se coordonner avec nous pour contrer les ambitions nucléaires de Pyongyang, qui violent le droit international.»

Pyongyang : «renforcer notre dissuasion nucléaire a été le bon choix»

Selon plusieurs analystes, les frappes américaines en Syrie constituaient en fait aussi un message clair à destination de la Corée du Nord. «C’était une façon de dire à Pyongyang qu’il y a en ville un nouveau shérif qui n’hésitera pas à dégainer», a estimé Kim Yong-Hyun, professeur à l’Université Dongguk en Corée du Sud. Le 8 avril, la Corée du Nord a d’ailleurs qualifié cette attaque américaine sur une base aérienne syrienne d’«acte d’agression intolérable».

«La réalité d’aujourd’hui montre que nous devons exercer pouvoir contre pouvoir, et cela prouve plus d’un million de fois que notre décision de renforcer notre dissuasion nucléaire a été le bon choix», a ajouté un porte-parole non identifié du ministère nord-coréen des Affaires étrangères, cité par l’agence officielle KCNA.

La Corée du Nord a réalisé cinq tests nucléaires, dont deux en 2016, et les images satellites décortiquées par les experts de «38 North» suggèrent que le régime de Pyongyang serait en train de préparer un sixième essai.

Selon les services de renseignement américains, la Corée du Nord pourrait être à même de disposer d’un missile à tête nucléaire capable de frapper le sol américain d’ici moins de deux ans.

Une véritable capacité de missiles stratégiques mer-sol (MSBS) ferait monter d’un cran la menace nucléaire, car Pyongyang pourrait ainsi porter sa dissuasion bien au-delà de la péninsule et disposerait d’une capacité de «seconde frappe» en cas d’attaque. S’ils soulignent les progrès nord-coréens, les experts estiment cependant que la Corée du Nord est encore loin de maîtriser la technologie MSBS.

https://francais.rt.com/international/36666-porte-avions-americain-flotte-route-peninsule-nord-coreenne

Avr 09

LE DÉCRET DE FERMETURE DE LA CENTRALE NUCLÉAIRE DE FESSENHEIM PUBLIÉ AU JOURNAL OFFICIEL

FessenheimLe décret de fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim est publié ce dimanche matin au Journal officiel. Le décret reprend les conditions fixées par EDF, l’exploitant. (NDLR : preuve de plus que c’est EDF qui commande et non le gouvernement)

Ségolène Royal, la ministre de l’environnement l’avait promis il y a quelques jours. Le décret qui abroge la fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim est paru ce dimanche matin au Journal officiel. Il abroge l’autorisation d’exploiter la centrale nucléaire de Fessenheim par EDF.

Au plus tard en avril 2020

(NDLR : la promesse disait « Je fermerai Fessenheim d’ici au 31 décembre 2016. » Donc, promesse non tenue! De plus, si vous lisez bien le décret, c’est EDF qui décidera de demander ou non l’application du décret!)

Une fermeture qui est conditionnée à la date de mise en service de l’EPR de Flamanville « dès lors que cette abrogation est nécessaire au respect du plafonnement de la capacité nucléaire et que la mise en exploitation de l’EPR intervient avant le 11 avril 2020« .

Jeudi, le conseil d’administration d’EDF, dans un contexte très tendu, avait adopté une motion pour repousser la fermeture de la plus vieille centrale de France. Elle donne mandat au patron du groupe, Jean-Bernard Lévy pour demander la fermeture de Fessenheim le moment venu.

https://www.francebleu.fr/infos/economie-social/le-decret-de-fermeture-de-la-centrale-nucleaire-de-fessenheim-publie-au-journal-officiel-1491719414

NDLR: je rappelle qu’un nouveau gouvernement peut annuler ce décret s’il le souhaite.

Avr 08

CHAȊNE HUMAINE POUR L’ARRÊT DU NUCLÉAIRE À LYON LE SAMEDI 29 AVRIL 2017

chaîne humaineLes catastrophes nucléaires de Fukushima et de Tchernobyl nous ont prouvé le danger réel du nucléaire.
En France, on ne cesse de réparer et de prolonger des centrales nucléaires vétustes et dangereuses alors que le pays serait capable de produire 100% de son électricité d’ici 2050 avec les ÉNERGIES RENOUVELABLES (scénario Négawatt )

Les élections présidentielles approchent, nous voulons que soit inscrite dans les programmes des candidats une décision française pour l’arrêt du nucléaire afin qu’une stratégie se mette en place.
N’attendons pas l’accident pour agir !
Faisons connaître notre indignation et notre détermination pour l’arrêt du nucléaire par une nouvelle chaine humaine
Rejoignez-nous à LYON le samedi 29 avril à 15 h place Bellecourt

(voir http://chainehumaine.fr/)

STOP NUCLÉAIRE 26-07 : http://www.sdn26-07.org

Pour plus d’infos, 09.72.35.89.60

http://www.gazette26.com/article/chaine-humaine-pour-l-arret-du-nucleaire-a-valence-le-11-mars-2017–publie-le-20-F%C3%A9vrier-2017/1/1060.html

Avr 08

VIDÉO DE BERTRAND PICCARD : LE NUCLÉAIRE EST PLUS COÛTEUX QUE LE RENOUVELABLE (4mn23s)

PiccardPour le pilote Bertrand Piccard, le débat autour du nucléaire est trop passionné et pas assez réfléchi : « Ce qui est fondamental, c’est de sortir le nucléaire du clivage gauche-droite et du débat dogmatique. Il faut regarder les faits : l’électricité qui est produite par le nucléaire devient de plus en plus chère, au contraire de l’énergie renouvelable. Les courbes se sont croisées. L’efficience énergétique, c’est-à-dire le remplacement des vieux systèmes énergétiques polluants, par des systèmes beaucoup plus propres, va permettre de créer des emplois« , explique-t-il.

Transformer les centrales nucléaires

D’après Bertrand Piccard, il ne faudrait pas fermer purement et simplement la centrale de Fessenheim, mais la transformer : « Dès qu’il y a des gens qui perdent leur emploi, c’est un drame, mais il faut que ce soit un drame ponctuel, pas un drame sur le long terme. Il faut permettre aux gens de retrouver un emploi, de se former. Imaginez que la centrale de Fessenheim devienne un centre de stockage d’énergie, vous pouvez alors l’optimiser »…

http://www.francetvinfo.fr/societe/nucleaire/energie-le-nucleaire-est-plus-couteux-que-le-renouvelable_2133419.html

Avr 08

SAIT-ON VRAIMENT DÉMANTELER UNE CENTRALE NUCLÉAIRE?

La fermeture de la centrale de Fessenheim est désormais actée (NDLR : mais pas irréversible puisqu’un gouvernement pourra toujours la remettre en cause). Reste à savoir comment la démonter. Le défi du démantèlement est encore plein d’incertitudes pour le parc nucléaire français.

C’était l’une des promesses de campagne du candidat Hollande en 2012, mais l’arrêt des réacteurs de Fessenheim n’aura pas lieu avant la fin de son quinquennat. Le conseil d’administration d’EDF a certes acté la fermeture ce jeudi, mais il a dans le même temps décidé de la repousser à plus tard. De son côté, Ségolène Royal a assuré ce vendredi matin que le décret permettant l’arrêt de l’installation serait pris avant la fin du quinquennat. 

Quoiqu’il en soit, cette question de la date effective de fermeture en cache une autre, tout aussi épineuse: celle du démantèlement de l’installation nucléaire. Il existe bien une procédure détaillée par l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) mais dans les faits, aucune centrale nucléaire n’a encore été entièrement démontée en France.  

En principe, c’est simple

Si l’on suit le mode d’emploi de l’ASN, c’est d’abord à l’exploitant de la centrale de mettre au point un dossier de démantèlement, au moins deux ans avant la date prévue des travaux de démontage. Le temps pour l’ASN de donner son avis et pour le ministère de l’Écologie d’élaborer le projet de décret autorisant le démantèlement. Pendant ce temps, l’évacuation de substances dangereuses et radioactives peut commencer. 

Une fois le décret de démantèlement effectif, le démontage à proprement parler peut commencer: démantèlement de la salle des machines, découpage par des robots de la cuve irradiée du réacteur. 

Si l’ensemble du démantèlement se déroule conformément au plan prévu, et qu’il n’existe plus de substances radioactives, alors l’installation nucléaire atteint son « état final« . L’exploitant de l’ancienne centrale peut en demander le déclassement à l’ASN, qui la supprimera de sa liste des installations nucléaires. 

Une réalité plus complexe

Certains réacteurs français sont effectivement en cours de démantèlement, et sur le terrain, les choses se compliquent. En témoigne la situation du réacteur numéro 1 de la centrale du Bugey, dans l’Ain. Il a été arrêté en 1994, mais les phases finales de démontage ne débuteront pas avant 2050. Un réacteur difficile à démanteler en raison de son système de refroidissement au gaz. 

« Aucun réacteur de ce type n’a encore été démonté dans le monde« , explique ce vendredi à L’Express une attachée de presse d’EDF. C’est le démantèlement d’une autre installation nucléaire du même type, à Chinon, qui doit faire office de cobaye. Selon EDF, cela doit permettre d’établir une feuille de route fiable pour les autres réacteurs refroidis au gaz en France, tous arrêtés désormais. Mais patience, le planning envisage de finir les travaux en 2060

Dans une lettre du président de l’ASN au président d’EDF en date du 25 juillet 2016, on apprend aussi que « le démantèlement du dernier réacteur UNGG [refroidissement au gaz] doit se terminer au début du XXIIe siècle. » Soit plus d’une centaine d’années après sa mise en arrêt. 

« La technologie est encore à inventer »

« On ne sait pas aujourd’hui comment démanteler une centrale nucléaire de A à Z« , tranche Martial Chateau, administrateur du Réseau « Sortir du nucléaire« . En février dernier, Il a été auditionné par l’Assemblée nationale, à l’occasion d’une mission d’information relative à la « Faisabilité technique et financière du démantèlement des installations nucléaires de base« . 

Il explique à L’Express que la partie non-nucléaire des centrales ne poserait pas tant de difficultés, mais celle ayant été directement au contact des radiations serait autrement plus problématique. « On peut penser que la technologie permettant de démanteler est encore largement à inventer« , poursuit le militant. Selon lui, on ne dispose pas encore de l’expérience suffisante pour se débarrasser des plus gros réacteurs du parc nucléaire français. 

Le rapport parlementaire semble aller dans son sens pour ce qui est des réacteurs se refroidissant au gaz. Il pointe « d’importantes difficultés techniques » qui « retardent de près d’un siècle le démantèlement« .  

« Comme le réacteur de Chinon est le premier à être démantelé, on peut être confronté à des difficultés techniques », explique l’attachée de presse d’EDF. 

Le test de la centrale de Chooz

EDF est plus optimiste concernant les autres types de réacteurs encore en fonctionnement dans le parc français, comme ceux de Fessenheim. Ils fonctionnent avec un système de refroidissement à eau pressurisée, qui est moins compliqué à démonter selon EDF. 

Le démantèlement de la centrale à refroidissement à eau de Chooz, dans les Ardennes, en cours depuis 2007, devrait s’achever en 2022 d’après le planning des travaux. Il s’agit véritablement là d’un test pour EDF qui compte communiquer largement sur ce dossier. 

S’il s’achève dans les délais prévus, cela sera de bon augure pour l’entreprise et les 58 autres réacteurs du même type encore en fonctionnement sur le territoire.  

http://www.lexpress.fr/actualite/societe/environnement/fessenheim-sait-on-vraiment-demanteler-une-centrale-nucleaire_1896444.html

Avr 08

L’ILLUSION DE LA FERMETURE DE FESSENHEIM

FessenheimCommuniqué de presse du Réseau Sortir du Nucléaire :

EDF garde la main sur la politique énergétique… avec la complaisance du gouvernement !

Le Réseau “Sortir du nucléaire“ dénonce fermement l’inaction du gouvernement et de François Hollande, qui, pendant cinq ans, a laissé EDF dicter le sort de Fessenheim et de la politique énergétique française. Derrière l’enfumage du gouvernement, EDF s’enfonce encore plus dans l’impasse nucléaire.

EDF a imposé un deal inacceptable

La décision adoptée hier par le Conseil d’Administration d’EDF entérine l’inversion totale de la logique de la loi de transition énergétique : avec la complaisance du gouvernement, EDF a transformé le plafonnement de la puissance nucléaire installée à ne pas dépasser, instauré par la Loi de Transition Énergétique, en plancher sous lequel ne pas descendre !

Comme il fallait s’y attendre, pour fermer la centrale de Fessenheim, vieille et dangereuse, il faudra attendre la mise en service du réacteur défectueux de l’EPR de Flamanville, équipé d’une cuve qui ne devrait surtout pas être homologuée par l’ASN, qui y perdrait sa crédibilité.

Pire encore, cette fermeture pourrait être remise en question si elle ne s’avérait plus nécessaire pour rester en-dessous des 63,2 GW de puissance nucléaire installée. Ainsi, si d’autres réacteurs venaient à être arrêtés pour raison de sûreté (comme Paluel 2, gravement endommagé par la chute d’un générateur de vapeur), la centrale alsacienne pourrait continuer à fonctionner malgré son âge avancé, ses pannes à répétition et les risques qu’elle fait peser sur les populations.

Une décision qui fait fi de la réalité objective de cette centrale

EDF continue en effet à faire abstraction des défauts de la centrale qui, bien plus qu’une promesse électorale à laquelle plus personne ne croit, justifient sa fermeture immédiate. Située en zone sismique, inondable et dotée d’enceintes de confinement trop petites qui ne pourraient pas contenir la radioactivité en cas d’accident, cette centrale est vulnérable au vieillissement et certains équipements, comme les cuves et les enceintes de confinement, ne pourront pas être remplacés ni réparés.

EDF oublie-t-elle également que le réacteur n°2, à l’arrêt depuis juin 2016, est toujours interdit de redémarrage en raison d’un générateur de vapeur suspect ? Et que le réacteur n°1 ne pourra continuer à fonctionner qu’en mode dégradé ? Avec cette décision à l’image de sa gestion du parc nucléaire, EDF ne fait que reculer pour mieux sauter, entravant une transition aussi urgente qu’inéluctable.

Une politique énergétique entre les mains d’EDF

Les déclarations enthousiastes de Ségolène Royal ne doivent tromper personne. Avec cette décision, EDF garde la main non seulement sur Fessenheim, mais sur la politique énergétique française, dans la droite ligne de la PPE indigente proposée par le gouvernement. En l’absence de fermetures planifiées de centrales, celle-ci ne permet pas de réduction de la part du nucléaire.

Faute d’une vision cohérente de la politique énergétique et au vu de l’acharnement d’EDF, le sort de Fessenheim et la réduction de la part du nucléaire reposent donc sur d’éventuels arrêts par épuisement de réacteurs et sur la capacité à s’interposer d’une Autorité de sûreté nucléaire (ASN) dotée de peu de moyens et soumise à des pressions considérables. Pendant ce temps, les centrales vieillissent, le risque d’accidents majeurs ne peut qu’augmenter, et la transition énergétique prend du retard !

Fessenheim doit fermer immédiatement car c’est la sécurité des populations qui l’impose (7,5 millions d’habitants vivent dans un rayon de 100 km). L’État doit cesser de se subordonner aux choix idéologiques d’EDF et du lobby nucléaire !

Contact presse : Martial Chateau – 06 45 30 74 66

Chargée de communication : Charlotte Mijeon – 06 64 66 01 23

http://www.sortirdunucleaire.org/Nos-communiques-de-presse

Avr 07

ÂGE, SÉISME ET INONDATION : POURQUOI IL FAUDRAIT FERMER LA CENTRALE DE FESSENHEIM

Fessenheim finPourquoi faudrait-il fermer Fessenheim ? Il y a d’abord son âge : la plus vieille centrale nucléaire française a été mise en activité en 1977. Les quarante ans étaient dans les années 1970-1980 la durée de vie envisagée pour les centrales nucléaires. Mais Fessenheim présente aussi une singularité que la catastrophe de Fukushima a mise en exergue. Cette dernière a « rappelé que le séisme et l’inondation, bien que de faible probabilité, peuvent néanmoins se produire […]. Et Fessenheim est un cas emblématique. Cette centrale à 15 km de Mulhouse, 20 km de Colmar, 40 km de Bâle et 100 km de Strasbourg serait-elle capable de résister à un fort séisme suivi d’une possible lame d’eau venue du Grand Canal d’Alsace ? », nous sommes-nous interrogé dans  » Les dossiers noirs du nucléaire français « , ouvrage consacré à la sûreté du nucléaire français (1).

Il pourrait avoir lieu un séisme plus fort – jusqu’à « dix fois plus puissant« , que ce qui avait été envisagé à l’heure où la centrale a été conçue, et donc dimensionnée. Comment cela est-il possible ? Le séisme de référence (Séisme maximal historiquement vraisemblable ou SMVH) pour cette construction, autrement dit celui dont on a la mémoire dans la région, est celui  » de Bâle  » (à 40 km), qui avait détruit en grande partie la ville suisse en 1356. En faisant des études rétrospectives, l’IRSN (Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire français) a évalué sa magnitude à 6,0 et situé son épicentre à 29 km au sud de la centrale. EDF a conclu à 6,2 et un épicentre à 34 km au sud.

Pas vraisemblable, un séisme à Fessenheim ? Il ne l’était pas non plus à Fukushima

Problème, dans une étude nommé Pegasos, menée dans les années 2002-2004 par vingt-et-un experts européens pour le compte de la ville de Bâle et selon les règles les plus strictes, deux sous-groupes sur quatre ont adopté la valeur de 6,9 comme magnitude du séisme de Bâle, le troisième de 6,5 à 6,9 et le quatrième à 6,5 (+ ou – 0,5). En clair, il pourrait survenir dans la région un séisme à l’énergie bien plus forte que ce qui avait été pensé des décennies plus tôt (attention, les magnitudes citées ci-dessus sont sur une échelle logarithmique, ce qui a pour effet de compresser les chiffres. Pour rappel, un séisme de 7 est 10 fois plus puissant qu’un séisme de 6 en magnitude).

On croise donc les doigts pour que la terre ne fasse pas des siennes – et ce, de façon largement imprévisible – juste pendant les prolongations ! Le tremblement de terre pourrait fissurer les cuves de réacteurs (microfissures dans les soudures), les murs de piscine contenant du combustible nucléaire, affecter les réservoirs d’eau de secours… L’eau, justement, mais d’une autre manière, est ce qui a toujours inquiété à Fessenheim. A été souligné le risque d’une vague, non maritime (cf. Fukushima), mais fluviale. Pourquoi ? Parce que les réacteurs, refroidis grâce à l’eau du Grand Canal d’Alsace, se situent sur une plate-forme… en contrebas de 10 mètres par rapport au canal ! Si séisme trop violent, comment être sûr qu’aucune brèche ne se crée, relâchant l’eau vers la centrale ?

Peu vraisemblable ? Rappelons que la vague de Fukushima, elle non plus, n’était pas considérée comme vraisemblable. Rappelons aussi que ce risque d’inondation n’est pas une vue de l’esprit. Après les ECS (Evaluations complémentaires de sûreté) réalisées quelques mois seulement après les débuts de la catastrophe de Fukushima , le 11 mars 2011, par les exploitants d’installations nucléaires (EDF, CEA, Areva…) et par l’IRSN puis présentées à l’ASN à l’automne 2011, on peut estimer qu’au minimum quatre autres centrales françaises présentent un risque d’inondation à prendre très sérieusement en considération (Gravelines, Tricastin, Blayais, Bugey).

(1) Le premier chapitre de cet ouvrage paru en 2013 aux éditions  » Presses de la Cité  » (auteurs : Dominique Leglu, Monique Sené et Raymond Sené), est entièrement consacré à Fessenheim.

https://www.sciencesetavenir.fr/nature-environnement/nucleaire/age-seisme-et-inondation-pourquoi-il-faudrait-fermer-la-centrale-de-fessenheim_112038

Avr 07

FESSENHEIM : CARAMBA… ENCORE RATÉ !

FessenheimLe conseil d’administration d’EDF a confirmé jeudi 6 avril le principe de fermeture de Fessenheim, la doyenne des centrales nucléaires françaises. Mais il l’a conditionnée à la mise en service de l’EPR de Flamanville, dont le chantier s’enlise depuis des années.

Fessenheim, la doyenne des centrales nucléaires françaises, va bien être fermée… mais pas tout de suite. C’est la décision qu’a prise le conseil d’administration d’EDF jeudi 6 avril, peu après 18 h, à l’issue d’une après-midi de discussions houleuses, et une fausse alerte de la CGT aux alentours de 17 h. La demande d’abrogation ne sera pas prise immédiatement, mais EDF devra « l’adresser [à l’État] dans les six mois précédant » la mise en service de l’EPR de Flamanville, prévue à l’horizon 2019, selon l’AFP, dont le chantier s’enlise depuis des années et dont la cuve présente un grave défaut. Une décision plus arrachée qu’adoptée, alors que les six administrateurs salariés ont voté contre et que les six représentants de l’État n’ont pas pris part au vote, prétextant un conflit d’intérêts — l’État est actionnaire à plus de 83 % de l’électricien.

« C’est la pire décision, a dit à Reporterre André Hatz, porte-parole de l’association Stop Fessenheim. De graves malfaçons ont été découvertes sur la cuve de l’EPR de Flamanville, forgée à l’usine du Creusot. D’après les révélations de France Inter, l’Autorité de sûreté nucléaire connaissait des dysfonctionnements au sein de l’atelier, mais a été prise en défaut par EDF. Si elle veut retrouver le moindre crédit, elle n’a qu’une solution : ne pas permettre le démarrage de l’EPR. Mais cela veut dire qu’alors, Fessenheim ne fermerait jamais. »

Pour les écologistes, la fermeture de Fessenheim reste une priorité absolue et non négociable. « À bout de souffle, plombée par les pannes, équipées d’enceintes de confinement trop petites, située en zone sismique et en contrebas du grand canal d’Alsace, Fessenheim doit être fermée immédiatement, pour des raisons de sécurité évidentes », a insisté le réseau Sortir du nucléaire dans un communiqué diffusé mercredi 5 avril.

Plusieurs centaines de salariés rassemblés devant le siège d’EDF

Le conseil d’administration s’est déroulé dans une ambiance extrêmement tendue. Prévu à 14 h 30, il a démarré avec quasiment une heure de retard. Plusieurs centaines de salariés d’EDF et en particulier de la centrale nucléaire de Fessenheim s’étaient rassemblés à l’appel de l’intersyndicale CGT, CFDT, FO et CFE-CGT, à midi devant le siège parisien de l’électricien. Ils ont exprimé leur opposition à la fermeture de la doyenne des centrales nucléaires françaises, au motif qu’elle menacerait selon eux quelque 2.000 emplois directs et indirects.

Ces derniers jours, plusieurs ministres avaient poussé les administrateurs à accepter la fermeture de Fessenheim, qui vient de souffler sa quarantième bougie, conformément à la promesse de campagne de François Hollande en 2012. La ministre de l’Environnement, Ségolène Royal, a dénoncé mercredi soir à l’AFP l’attitude de certains administrateurs, qui « seraient tentés de remettre en cause leur décision du précédent conseil d’administration pour ajouter de nouvelles conditions ». En effet, selon une source de l’AFP, un nouveau scénario était évoqué ces derniers jours qui conditionnait l’arrêt de Fessenheim à la capacité de production nucléaire française : si cette dernière baissait en dessous du plafond prévu par la loi de transition énergétique — soit son niveau actuel de 63,2 gigawatts — Fessenheim continuerait sa production.

Ce dernier épisode est l’ultime rebondissement d’un feuilleton qui a débuté par la promesse de campagne de François Hollande, en 2012, de fermer la centrale de Fessenheim. Le 24 janvier dernier, le conseil d’administration d’EDF avait accepté sur le fil le protocole d’indemnisation du groupe, soit une enveloppe de 489 millions d’euros minimum assortie d’une éventuelle compensation pour le manque à gagner jusqu’en 2041. Le 24 mars dernier, la Commission européenne a donné son feu vert à cet accord jugé inacceptable par les associations antinucléaires. « L’entreprise sera dédommagée pour la fermeture d’une centrale non rentable, qui cumule les pannes et ne fonctionne même plus actuellement, a dénoncé le réseau Sortir du nucléaire, reprenant des données de RTE. Rappelons que le réacteur 1 de Fessenheim est à l’arrêt suite à la détection d’une fuite et que le réacteur 2, arrêté depuis juin 2016 et équipé d’un générateur de vapeur suspect, n’est toujours pas autorisé à redémarrer. » Autres contreparties accordées à EDF en échange de la fermeture de Fessenheim, la possibilité de redémarrer le réacteur 2 de la centrale de Paluel (Seine-Maritime) après plus de deux ans d’arrêt et… l’extension de trois ans, jusqu’en avril 2020, du délai d’autorisation de mise en service de l’EPR de Flamanville (Manche).

« L’État s’est aplati et a accepté toutes les conditions exigées par EDF, analyse André Hatz, indigné. Mais EDF n’a pas honoré ses engagements et a ajouté une condition supplémentaire. » Le réseau Sortir du nucléaire n’entend pas en rester là. « Nous allons étudier la possibilité de faire casser par la justice le décret de prorogation du chantier de l’EPR de Flamanville pour cause de tromperie de la part d’EDF », prévient le porte-parole de Stop Fessenheim.

https://reporterre.net/Fessenheim-Caramba-encore-rate

Avr 07

POLYNÉSIE : YOLANDE VERNAUDON SUCCÈDE À BRUNO BARRILLOT À LA TÊTE DE LA DSCEN

Polynésie,Comme révélé la semaine dernière par Radio 1, la candidature de Yolande Vernaudon a bien été retenue pour remplacer Bruno Barrillot à la tête de la DSCEN. L’ancienne responsable de l’Iga a été nommée officiellement mercredi en conseil des ministres. Elle prendra ses fonctions le 10 avril.

Yolande Vernaudon est officiellement la nouvelle déléguée au suivi des conséquences des essais nucléaires (DSCEN). Le poste était vacant depuis le décès de Bruno Barrillot le 25 mars dernier. Dès son discours en hommage à l’ancien délégué, le président Édouard Fritch avait annoncé que la question de la « relève » à la tête de la délégation était « réglée ». L’ancienne responsable de l’Inspection générale de l’administration (Iga) a été nommée mercredi en conseil des ministres. Elle prendra ses nouvelles fonctions le 10 avril prochain. Une nomination qui devrait faire grincer quelques dents. En effet, le profil de Yolande Vernaudon était loin de faire l’unanimité ces derniers jours, notamment au sein du tissu associatif anti-nucléaire.

La DSCEN a notamment pour mission d’assurer le secrétariat général, technique et scientifique du conseil d’orientation pour le suivi des conséquences des essais nucléaires (Coscen) ; de coordonner l’action des services administratifs et établissements publics en la matière ; de faire toutes propositions et recommandations en matières environnementale, sanitaire, sociale, économique, foncière, immobilière et culturelle, dans ce domaine de compétence ; et d’être l’interlocuteur du délégué de l’État pour le suivi de ce dossier ainsi que du comité de liaison pour la coordination du suivi sanitaire des essais nucléaires français (CSSEN).

https://www.radio1.pf/yolande-vernaudon-nommee-deleguee-au-suivi-des-consequences-des-essais-nucleaires/

Avr 07

NUCLÉAIRE – LE RISQUE NÉGLIGEABLE AU CENTRE DES QUESTIONS

TahitiTahiti : Le “risque négligeable” a été supprimé de la loi d’indemnisation des victimes des essais nucléaires. Mais une commission parlementaire doit maintenant être constituée afin de dégager de nouveaux critères d’appréciation. Quels seront-ils ? Ce travail sera-t-il fait rapidement, malgré les élections à venir ? Dans l’intervalle, à quoi doivent s’attendre les demandeurs ? En mission au fenua cette semaine, Alain Christnacht, président depuis deux mois du Comité d’indemnisation des victimes des essais nucléaires (Civen), a répondu à ces questions.

La modification de la loi Morin, en février, a fait renaître certains espoirs de réparation chez les associations de victimes des essais nucléaires. “Attendons de voir”, disaient-elles tout de même prudemment, après des années de combat acharné contre les décisions de rejet du Comité d’indemnisation des victimes des essais nucléaires (Civen). En effet, si le “risque négligeable” a disparu, de nouvelles conditions pourraient restreindre, à l’avenir, les possibilités d’être indemnisé.

Quelles nouvelles conditions d’indemnisation ?

 Pour les personnes qui demandent réparation au titre des essais nucléaires réalisés en Polynésie française, la loi Morin de 2010 pose trois conditions de base : avoir résidé ou séjourné au fenua, que ce séjour ait eu lieu entre le 2 juillet 1966 et le 31 décembre 1998, et souffrir de l’une des maladies radio-induites figurant sur le décret d’application de la loi.

Auparavant s’ajoutait à cela un savant calcul de probabilité effectué par un logiciel sur la base de données comme l’âge, le sexe ou la durée d’exposition aux radiations : si la probabilité que la maladie soit due aux essais nucléaires était inférieure à 1 %, on considérait que le risque était “négligeable”, et la demande était rejetée.

Aujourd’hui, puisque cette condition n’existe plus, rien ne permet d’écarter la présomption de causalité dès lors que les trois conditions de base sont réunies. Mais “si on s’arrêtait là, ça voudrait dire que toute personne ayant séjourné, même 48 heures, en Polynésie pendant cette période-là et ayant développé un cancer pourrait être indemnisée”, note Alain Christnacht, le président du Civen. “Or, objectivement, on ne peut pas dire que tous les cancers de cette période sont dus aux essais nucléaires.”

Une commission parlementaire doit donc être constituée afin de proposer, d’ici à fin mars 2018, de nouveaux critères permettant de “réserver” les réparations aux personnes dont la maladie est bien due aux essais. Alain Christnacht pense par exemple à une durée minimale de résidence. Mais le Civen n’a pas compétence en la matière. Donc il attend…

Aucun rejet avant de connaître les nouvelles modalités

 Dans l’intervalle, le Civen a décidé de poursuivre l’instruction des dossiers, y compris de ceux qui avaient fait l’objet, par le passé, d’un rejet au titre du “risque négligeable” et qui lui seront à nouveau soumis.

Le logiciel de calcul sera toujours utilisé, mais à simple titre indicatif. “Ça ne nous empêchera pas d’indemniser”, assure ainsi Alain Christnacht. Les personnes dont la situation est relativement limpide devraient ainsi pouvoir faire l’objet de décisions positives. “Pour les anciens travailleurs du Centre d’expérimentation du Pacifique, a priori, ça va passer”, lâche le président du Civen.

En revanche, le comité souhaite “éviter d’indemniser des personnes qui ne le seraient pas avec les nouvelles normes”. En cas de doute, pour les personnes n’ayant que séjourné quelques jours au fenua par exemple, aucune décision ne sera prise. Le dossier sera mis en attente jusqu’à connaître les nouveaux critères d’appréciation. Une décision de rejet ne sera donc prise que si les trois conditions de base ne sont pas réunies.

Aucun appel si une jurisprudence existe

Aujourd’hui, seule une cinquantaine de demandes (Polynésie et Algérie réunies) ont abouti à une indemnisation, sur décision du Civen ou, plus fréquemment, du tribunal ayant annulé un rejet du comité. À l’avenir, le Civen promet de ne plus faire appel des décisions du tribunal favorables aux demandeurs dès lors qu’une jurisprudence va déjà en leur sens.Sinon, ça donne le sentiment qu’on fait exprès de perdre du temps”, note Alain Christnacht.

Améliorer la rapidité des traitements

S’agissant des délais d’instruction des dossiers, “je vais essayer de faire en sorte que ça aille plus vite, avec des renforts de personnels”, annonce aussi Alain Christnacht. “Le Civen est chargé d’une mission. Il faut qu’il l’accomplisse sérieusement, et rapidement.”

Afin de faciliter les démarches des demandeurs, un guichet d’accueil pourrait aussi voir le jour ici, en Polynésie. “Une personne recueillerait les dossiers et dirait si c’est complet ou pas.”

Mais tant que la réparation sera calculée en fonction de chaque situation individuelle, comme le prévoit la loi française, le président du Civen prévient que la procédure restera plus longue qu’aux États-Unis notamment, où s’applique un système forfaitaire. “Là, il va falloir des médecins, des experts, il va falloir se dimensionner pour traiter les (nouveaux dossiers).” Selon lui, “de trois à peut-être dix fois” plus de demandes pourraient être déposées maintenant que la loi Morin a été modifiée.

Quid des promesses après les élections ?

 L’association Tamarii Moruroa a fait état de son inquiétude quant à la réalisation de toutes ces avancées après les élections présidentielle et législatives des prochains mois. “La crainte des associations, que je comprends et que je partage – d’une autre façon –, c’est qu’on soit durablement dans une période d’incertitude”, a confié Alain Christnacht hier.

Mais il assure que les élections ne devraient pas avoir d’impact sur la constitution d’une commission. Elle devrait pouvoir commencer à travailler en septembre, pour faire ses propositions avant la fin de l’année”.

Quant à son action à la tête du Civen : “J’ai été nommé pour trois ans”, rappelle-t-il, en martelant que son comité est de toute façon “une autorité indépendante”.

Marie Guitton

Retrouvez l’intégralité de l’article dans notre édition du jour ou au feuilletage numérique avec :

  • L’interview d’Alain Christnacht, président du Comité d’indemnisation des victimes des essais nucléaires (Civen) : “Je suis venu pour écouter”
  • L’interview de Yannick Lowgreen, président de l’association de victimes Tamarii Moruroa : “Malgré toutes ces réponses, nous resterons très vigilants”

http://www.ladepeche.pf/nucleaire-risque-negligeable-centre-questions/

Avr 07

UNE JOURNÉE POUR UNE LOIRE SANS CENTRALE NUCLÉAIRE

LoireLes adhérents de Sortir du nucléaire 41 et leurs amis du collectif régional seront une nouvelle fois sur le pont le 8 avril. – (Photo SDN41)

Randonnées, animations et conférences : le 8 avril, le collectif Sortir du nucléaire invite le public à réfléchir à un avenir sans énergie atomique.

« La plupart des gens s’arrêtent au fait que nous sommes contre le nucléaire. Nous voulons leur expliquer que nous sommes aussi pour le développement des énergies renouvelables ! » annonce Jean Coly. «Nous voulons aussi montrer que nous existons bien en Loir-et-Cher et dans tout le val de Loire», renchérit Marie-Thérèse Moyer.

Membres l’un et l’autre de Sortir du Nucléaire 41, ces Loir-et-Chériens attendent beaucoup de l’événement que leur association organise samedi, en collaboration avec le collectif régional Sortir du nucléaire Loire & Vienne.
Baptisée «La Loire à zéro… nucléaire», cette journée propose au public plusieurs rendez-vous, comme autant d’occasions de s’informer, d’échanger ou de se mobiliser sur ce thème (voir le programme par ailleurs). «On commencera par prélever un échantillon d’eau de la Loire 200 m en amont de la centrale de Saint-Laurent, révèle Nicole Combredet, vice-présidente de SDN41, et à l’arrivée à Blois, en aval de la centrale, on fera la même chose. C’est symbolique parce qu’on n’a pas la possibilité de les faire analyser, mais c’est une manière de sensibiliser le public aux conséquences de l’activité de la centrale sur le fleuve et son environnement.»
Affiche LoireOutre les membres du collectif régional, qui rassemble neuf associations de Belleville-sur-Loire à Nantes, SDN41 compte sur les sympathisants locaux, «60 à 70 personnes présentes à chacun des deux événements qu’on organise chaque année». Et bien sûr, sur un public plus large, que le sujet du nucléaire ne laisse pas indifférent.
 «Sur les marchés, à Oucques, à Mer ou à Saint-Aignan, beaucoup de gens nous ont parlé de transition énergétique, témoigne Jean Coly, on a aussi entendu pas mal d’inquiétudes vis-à-vis du nucléaire. On a même croisé des salariés EDF de la centrale qui se posent des questions, qui sentent que ce n’est pas l’avenir.»
Les adhérents de SDN41 le savent bien, l’emploi et l’activité économique que fournit la centrale de Saint-Laurent sont un sérieux obstacle pour envisager une sortie rapide du nucléaire. «C’est pour ça qu’on insiste sur le développement des énergies renouvelables, et tous les scénarios dont celui publié par l’Ademe qui montrent qu’on pourra se passer du nucléaire d’ici 2050, et qu’il y aura même plus d’emplois créés.» A deux semaines du premier tour de l’élection présidentielle, cet événement a aussi pour but d’interpeller responsables politiques et élus locaux, pour éclairer le public sur cet enjeu. Et pas vraiment à la bougie.

À suivre

De Saint-Laurent à Blois

> 9 h 30. Rendez-vous devant la centrale de Saint-Laurent, à Saint-Laurent-Nouan (parcours fléché) pour le lancement de la journée.
> 10 h 30. Départ de la randonnée à vélo jusqu’au lac de Loire à Vineuil (22 km).
> 12 h 30. Pique-nique, puis départ à pied, à vélo ou en bateau (canoë, kayak, toue, etc.) vers le port de la Creusille à Blois (4 km).
> 15 h 30. Rassemblement au port de la Creusille : conférence, stands, buvette, etc.
> 18 h. Espace Quinière à Blois, spectacle « Atomes fourchus », conférence gesticulée (gratuit).

Plus d’informations sur : https://llzn.tk/

Article de Catherine Simon publié par :

http://www.lanouvellerepublique.fr/Loir-et-Cher/Actualite/Environnement/n/Contenus/Articles/2017/04/07/Une-journee-pour-une-Loire-sans-centrale-nucleaire-3060335

Avr 06

EDF REJETTE LA FERMETURE DE FESSENHEIM

Sans titreC’était couru d’avance puisque François Hollande a signé avant les deux décrets espérés par EDF

C’est la première fois que l’on voit une personne en position de force abandonner d’elle-même ses moyens de pression…

L’Observatoire du nucléaire « félicite » François Hollande pour ce qui est probablement la dernière grande déconfiture de son quinquennat, à savoir le rejet par EDF de la fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim.

Il se trouve que le Président avait toutes les cartes en main pour imposer la fermeture de cette centrale car EDF avait absolument besoin de deux décrets concernant respectivement la centrale de Paluel (Seine-Maritime) et le chantier de l’EPR de Flamanville (Manche). Il suffisait donc à M. Hollande de dire à EDF « Vous votez la fermeture de Fessenheim et je vous donne vos deux décrets ».

Or, de façon sidérante, M Hollande s’est d’abord défait de ses moyens de pression en accordant à EDF les deux décrets attendus avant de dire en substance : « Bon, maintenant, fermez Fessenheim s’il vous plait ».

EDF aurait donc eu bien tort de se gêner. Notons toutefois que M Hollande est connu pour ne pas tenir ses promesses mais pas du tout pour être un idiot, aussi la stupidité de son comportement dans cette affaire ne peut relever que d’une félonie délibérée. M Hollande a donc menti pendant 5 ans, il n’avait en réalité aucune intention de fermer Fessenheim.

Cependant, l’Observatoire du nucléaire rappelle que ce genre de tromperie ne changera pas l’avenir sombre de l’industrie nucléaire française : Areva a fait faillite, EDF suit de près, les chantiers EPR (Finlande et Flamanville) sont désastreux, le scandale des pièces défectueuses et des falsifications n’en est qu’à son début, les réacteurs d’EDF (et pas seulement ceux de Fessenheim) sont dans un état avancé de délabrement…

La seule inconnue, finalement, est de savoir si EDF fermera ses réacteurs avant une catastrophe ou en situation de catastrophe, comme l’a fait le Japon depuis 2011…

http://www.observatoire-du-nucleaire.org/

Avr 06

CENTRALE NUCLÉAIRE DE FESSENHEIM : LA FERMETURE REJETÉE

rejetéeLe conseil d’administration de l’électricien a rejeté la fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim (Haut-Rhin), ce jeudi.

La centrale nucléaire de Fessenheim (Haut-Rhin) aura jusqu’au bout du quinquennat fait l’objet d’une bataille. Selon France 3 Alsace et les «Dernières nouvelles d’Alsace», sa fermeture est rejetée, alors que toutes les conditions posées par EDF étaient réunies depuis le 24 mars.

Ce jeudi, le conseil d’administration d’EDF s’est réuni pour donner ou non son aval à la fermeture de la plus ancienne centrale nucléaire en activité de France. La demande d’abrogation de l’autorisation de l’exploitation de la plus vieille centrale nucléaire française a été rejetée ce jeudi : c’est ce que les syndicats ont confié au quotidien alsacien. Une deuxième motion serait en discussion pour repousser la fermeture de la centrale de Fessenheim à l’été 2018, selon les DNA.

En guise de comité d’accueil pour les administrateurs, plusieurs centaines de salariés d’EDF, et en particulier du site de Fessenheim (Haut-Rhin), s’étaient rassemblés à la mi-journée devant le siège du groupe à Paris, protégé par des barrières et des cars de police. Ils ont accueilli la nouvelle dans la joie.

http://www.leparisien.fr/environnement/energies/nucleaire-la-fermeture-de-fessenheim-reportee-06-04-2017-6830979.php

Avr 06

VIDÉO : QUE COÛTERAIT LA FERMETURE DE FESSENHEIM ET LA SORTIE DU NUCLÉAIRE ?

Marignac vidéoINVITÉ RTL – L’analyse de Yves Marignac, porte-parole de l’association NégaWatt.

Un nouvel épisode se joue ce jeudi 6 avril dans la saga de la fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim. Un conseil d’administration d’EDF doit se prononcer sur cette promesse phare de François Hollande, lors d’un vote au résultat toujours incertain. Le PDG de l’électricien, Jean-Bernard Lévy, peut faire en sorte que la décision soit reportée après l’élection présidentielle.
Pour certains acteurs du dossier, un changement de cap vers les énergies renouvelables ne coûterait pas forcément plus cher qu’un maintien.

« Cela coûtera forcément pour le démantèlement, mais un jour ou l’autre il faudra bien le faire », explique Yves Marignac.

EDF parle de 300 millions d’euros par réacteur. « C’est probablement sous-estimé », ajoute le porte-parole de négaWatt, une association d’experts pour la transition énergétique.

Pour voir et écouter la vidéo (6mn09 s), cliquer sur :

http://www.rtl.fr/actu/societe-faits-divers/fessenheim-prouver-que-la-transition-du-nucleaire-vers-d-autres-formes-d-energie-est-possible-7787981748

Avr 05

ENGIE TOURNE LE DOS AU NOUVEAU NUCLÉAIRE

ENGIELe japonais Toshiba va racheter les 40% détenus par le français Engie dans NuGen, ce qui pousse Londres à chercher de nouveaux partenaires pour sauver le projet de centrale nucléaire porté par cette coentreprise au Royaume-Uni.

Le groupe Engie ENGI 0,42% a demandé à Toshiba de lui racheter ses 40% dans Nugen, l’entreprise britannique qui prévoit de construire trois réacteurs nucléaires à Moorside, dans le nord-ouest de l’Angleterre. Un droit de vente dont disposait Engie, et qu’il a décidé d’exercer suite au dépôt de bilan de Westinghouse, la filiale américaine de Toshiba spécialisée dans la construction de nouvelles centrales. Le groupe japonais, à qui cette décision ne facilite pas la tâche, va devoir payer 130 millions d’euros pour cette participation dans un projet qui devait nécessiter un investissement total d’au moins 15 milliards d’euros.

Le retrait d’Engie de l’actionnariat de Nugen semble bien signifier la fin de ses projets dans le nouveau nucléaire.

Même si Engie se déclare disposé à apporter son savoir-faire et son expertise à Nugen, soulignant qu’il est un acteur important dans les services nucléaires, ce retrait de l’actionnariat semble bien signifier la fin des projets de l’ex-GDF Suez dans le nouveau nucléaire.

Avec ses sept réacteurs en exploitation en Belgique, le groupe français a longtemps caressé l’ambition de participer à la construction de nouvelles centrales. Il a travaillé avec Total, sans succès, sur un projet de nouveau réacteur en France. Il a participé au consortium français qui proposait de construire quatre réacteurs nucléaires à Abou Dabi – un méga-contrat finalement décroché par le Coréen Kepco.

Puis avec sa réorientation stratégique, qui mise sur les renouvelables et l’efficacité énergétique, Engie a mis un frein à ses ambitions, déclarant qu’il allait se concentrer sur les deux dossiers en cours: Nugen, au Royaume-Uni, et Sinop, en Turquie – un projet beaucoup moins avancé, pour lequel aucune société spécifique n’a encore été créée.

Depuis des mois, les rumeurs de retrait de ces projets circulent. « Le vrai sujet, c’est: est-ce que nous arrivons à rassembler les conditions technologiques, mais aussi économiques, qui nous permettent de nous engager dans ces projets », répondait Isabelle Kocher, directeur général du groupe en décembre. La mise en faillite de Westinghouse a précipité la décision.

Et vu la décision de la Belgique de sortir du nucléaire en 2025 et la situation politique en Turquie, où son partenaire Mitsubishi est en train de mener l’étude de faisabilité pour la construction d’une nouvelle centrale de 4.400 MW, c’est sans doute le chapitre du nouveau nucléaire qui se clôture définitivement pour le groupe Engie.

Source: L’Écho Belgique

http://www.lecho.be/entreprises/energie/Engie-tourne-le-dos-au-nouveau-nucleaire/9880072?ckc=1&ts=1491377610

Avr 05

UNE FERMETURE DE FESSENHEIM… AU PRIX DE QUELLES CONCESSIONS ?

FessenheimCommuniqué de presse du Réseau Sortir du Nucléaire :

Selon le Canard Enchaîné, le conseil d’administration d’EDF pourrait se prononcer jeudi 6 avril sur la fermeture de Fessenheim. Une décision qui n’a que trop tardé et a été assortie de bien trop de cadeaux faits à EDF.

La fin d’un feuilleton grotesque et scandaleux ?

Le conseil d’administration d’EDF consentirait donc enfin à entériner la fermeture de Fessenheim, après avoir obtenu du gouvernement des concessions importantes (pas d’arrêt du réacteur Paluel 2, pourtant gravement endommagé par la chute d’un générateur de vapeur de 460 tonnes ; trois ans de délai pour le chantier de l’EPR de Flamanville, pourtant plombé par les retards, malfaçons et scandales ; énorme indemnité financière).

En effet, 465 millions d’euros seront prélevés sur l’argent du contribuable pour alimenter le puits sans fond de la dette d’EDF, sans qu’il soit question de reconversion des travailleurs. L’entreprise sera dédommagée pour la fermeture d’une centrale non rentable, qui cumule les pannes et ne fonctionne même plus actuellement ! Rappelons que le réacteur n°1 de Fessenheim est à l’arrêt suite à la détection d’une fuite et que le réacteur n°2, arrêté depuis juin 2016 et équipé d’un générateur de vapeur suspect, n’est toujours pas autorisé à redémarrer.

Enfin, est-il acceptable d’indemniser EDF pour l’arrêt d’une centrale qui a atteint sa fin de vie ? Depuis mars 2017, les réacteurs ont passé les 40 ans ; or l’Autorité de sûreté elle-même exprime des réserves à l’idée de dépasser cette durée de fonctionnement. Ce chantage augure mal de la mise en œuvre de la « réduction de la part du nucléaire » !

Fermeture de Fessenheim contre démarrage de l’EPR de Flamanville : le « deal » inacceptable

Le Réseau “Sortir du nucléaire“ sera particulièrement vigilant concernant l’issue de cette réunion et le décret qui sera adopté par la suite par Ségolène Royal. Si le gouvernement se décide à appliquer ce à quoi il s’est engagé, il lui sera encore possible de publier un acte abrogeant d’ici à la fin du mandat présidentiel l’autorisation d’exploitation de la centrale.

Mais s’il se confirme, comme l’annonce le Parisien, que tout pouvoir doit être voté à Jean-Bernard Lévy, PDG d’EDF, pour fixer lui-même la date de fermeture, le gouvernement cèdera-t-il une nouvelle fois en laissant fixer cette échéance à 2018, date présumée de mise en service de l’EPR de Flamanville ?

Pire, le chantage du PDG d’EDF ira-t-il jusqu’à obtenir qu’aucune date ne soit fixée et que le sort de Fessenheim soit entièrement conditionné au démarrage de Flamanville, quitte à repousser l’arrêt à une date indéterminée ? Fessenheim devrait-elle donc continuer à fonctionner si, au vu des défauts inacceptables de la cuve de l’EPR, celui-ci n’est pas autorisé à démarrer ? Et pire encore, le PDG d’EDF se réserverait-il la possibilité de rediscuter cette fermeture avec un gouvernement qui lui serait favorable ?

L’État, actionnaire à 85% d’EDF et pourtant garant de l’intérêt général, accepterait-il donc de se laisser réduire à un rôle de payeur sans influence sur la politique énergétique, ses représentants ne pouvant même pas s’exprimer ?

À bout de souffle, plombée par les pannes, équipée d’enceintes de confinement trop petites [1] et située en zone sismique et en contrebas du grand canal d’Alsace, Fessenheim doit être fermée immédiatement, pour des raisons de sécurité évidentes. Ce sont les populations qui risquent de faire les frais des marchandages d’EDF !

Contacts presse :

Philippe Lambersens – 06 83 53 89 82

André Hatz – 06 82 02 69 79

Notes :

[1] Comme exposé dans l’ouvrage La farce cachée du nucléaire, documents internes à EDF à l’appui, les enceintes de confinement de Fessenheim sont d’une taille insuffisante, si bien que leur pression de dimensionnement est inférieure à la pression qui pourrait être atteinte lors de l’accident de référence. En cas d’accident, elles ne seraient donc pas en mesure d’assurer correctement leur rôle de confinement de la radioactivité.

Chargée de communication :

Charlotte Mijeon – 06 64 66 01 23

http://www.sortirdunucleaire.org/Nos-communiques-de-presse

Avr 04

LES HABITANTS DE FUKUSHIMA « FORCÉS » DE REVENIR DANS LES ZONES RADIOACTIVES

FukushimaLe gouvernement japonais veut tourner la page de la catastrophe de Fukushima et vient de couper les aides financières aux habitants délogés des zones radioactives. Une décision dangereuse, prématurée et très critiquée par les ONG…

Six ans après le tsunami et la catastrophe nucléaire de Fukushima, le gouvernement japonais a levé l’ordre d’évacuation de quatre districts, parmi les plus contaminés autour de la centrale. Conséquence, 32.000 habitants déplacés de ces zones irradiées à l’époque et aidés financièrement ne recevront plus leur maigre pension (100.000 yens, 837 euros) de l’État. Un « détail » qui a son importance: pour une grande majorité d’entre eux, cette décision est synonyme de retour « à la maison« , relate Arnaud Vaulerin, correspondant de Libération au Japon. 
Zones « inadaptées« 
Pourtant, dans les communes de Tomioka, Namie, Iitate et Kawamata, les niveaux de radioactivité sont toujours anormalement élevés et potentiellement dangereux pour la santé. Tokyo a d’ailleurs augmenté artificiellement le seuil toléré de l’exposition aux radiations à 20 millisievert (mSv)  « soit la limite autorisée pour les travailleurs du nucléaire », précise l’article consacré. Les ONG japonaises crient au scandale et ont lancé un appel aux Nations unies pour demander à l’organisation internationale de dénoncer cette « réinstallation forcée dans des zones toujours inadaptées à l’habitat humain« . Le Premier ministre Shinzo Abe est pointé du doigt et accusé de « faire pression » sur ces populations pour réduire le budget d’indemnisation et redorer l’image du Japon en vue des Jeux olympiques 2020. 

Zones A, B et C
La zone contaminée par l’explosion de Fukushima-Daiichi est divisée en trois secteurs. Le secteur A affiche un taux d’exposition inférieur à 20 mSv/an, le B entre 20 et 50 et le C supérieur à 50 mSv. Dans le premier district, le retour est désormais autorisé, dans le second pas encore. Dans la zone C, la plus touchée, la question ne se pose même pas. 23.000 personnes habitaient à cet endroit et ont reçu une compensation de 14,5 millions de yens (120.000 euros) par la compagnie Tepco, gestionnaire de la centrale nucléaire. 

Fin de l’assistance
Le gouvernement japonais cessera également de dédommager les 55.000 ex-habitants de la zone B en mars 2018 et mettra aussi fin à l’aide au logement des 27.000 autres qui ont décidé à l’époque de quitter les régions limitrophes non concernées par l’évacuation obligatoire. « L’État japonais se conduit de manière criminelle en forçant les habitants à rentrer dans des endroits contaminés puisqu’il arrête de verser des aides financières« , accuse une mère de famille qui a quitté Koriyama en 2011 après les premiers symptômes de sa fille.

« Nous n’obligeons personne à revenir »
Tokyo n’oblige « personne à revenir », évidemment: « Des gens ont peur de la contamination, mais nous leur disons que dans la majorité des cas, les relevés d’exposition tournent autour de 2, 3, 4 ou 5 mSv à l’année, reprend Fujita. Ce sont des petites quantités qui ne présentent pas de risques. Après, bien sûr, se sentir en sécurité reste une question personnelle », précise Shinya Fujita, directeur des affaires internationales à l’Agence nationale de la reconstruction.
JO 2020
Signe de la politique de réhabilitation progressive de la région sinistrée, 
le comité olympique international (CIO) a donné vendredi son feu vert pour l’organisation d’épreuves de baseball à Fukushima: « Ce sont les jeux de Tokyo, mais au moins une rencontre, probablement le match d’ouverture, aura lieu au stade de Fukushima », a déclaré le 16 mars dernier le président du comité d’organisation des JO-2020, Yoshiro Mori. 
18.446 morts
Le séisme de magnitude 9 et le tsunami dévastateur du 11 mars 2011 ont causé la mort de 18.446 personnes. L’accident de la centrale nucléaire de Fukushima a contraint 123.000 habitants à l’exil, en raison des radiations.
Rappel des faits ci-dessous. 

Lire aussi

  • Le gouvernement japonais reconnu coupable de négligence dans la catastrophe de Fukushima
  • Tokyo 2020: feu vert pour des épreuves de baseball à Fukushima
  • Le Japon se recueille six ans après le tsunami
  • Des niveaux de radiation « inimaginables » à Fukushima

http://www.7sur7.be/7s7/fr/2765/Environnement/article/detail/3121957/2017/04/04/Les-habitants-de-Fukushima-forces-de-revenir-dans-les-zones-radioactives.dhtml

Avr 04

GRANDE-BRETAGNE : LE PROJET NUCLÉAIRE NUGEN FRAGILISÉ PAR LE RETRAIT D’ENGIE

 EngireTokyo – Le japonais Toshiba va racheter les 40% détenus par le français Engie dans NuGen, ce qui pousse Londres à chercher de nouveaux partenaires pour sauver le projet de centrale nucléaire porté par cette coentreprise au Royaume-Uni.
Cette vente, évaluée à 15,3 milliards de yens (127 millions d’euros), s’effectue à la requête d’Engie, a indiqué le conglomérat Toshiba dans un communiqué publié mardi. La date de la transaction n’a pas encore été décidée.

NuGen prévoit la construction de capacités de production d’électricité nucléaire allant jusqu’à 3,8 gigawatts sur le site de Moorside, dans le comté de Cumbrie (nord-ouest de l’Angleterre), avec trois réacteurs AP-1000 conçus par l’américain Westinghouse, filiale de Toshiba.
Engagé dans un virage stratégique axé sur la transition énergétique, Engie avait dit étudier la viabilité économique de ses nouveaux projets nucléaires, en Turquie mais aussi au Royaume-Uni, tout en envisageant d’accueillir des partenaires dans sa filiale nucléaire belge Electrabel.
Le dépôt de bilan de Westinghouse, annoncé la semaine dernière, a visiblement précipité les choses.
« NuGen (…) fait face à des événements qui conduisent Engie à exercer ses droits contractuels de transfert de sa participation de 40% à Toshiba« , a indiqué le géant énergétique français dans un communiqué, tout en disant rester « disposé à apporter son savoir-faire et son expertise au projet« , dans un pays où il compte 17.000 collaborateurs.
« Une telle procédure de faillite autorise Engie à vendre l’ensemble de sa participation à Toshiba, ou à acquérir l’ensemble des actions » de Nugen qu’il détient, et « Engie a en conséquence exercé ses droits pour demander à Toshiba de lui racheter sa part« , a expliqué de son côté la firme japonaise.
Toshiba assure que l’opération n’aura « pas d’impact » sur ses comptes consolidés, alors que le groupe, en pleine débâcle financière, redoute une perte annuelle massive de 1.010 milliards de yens (8,4 milliards d’euros).
Cette décision d’Engie va cependant compliquer le redressement du conglomérat japonais, qui a décidé, pour tenter de s’extirper du marasme, de réduire la voilure dans le nucléaire en cédant la majorité de ses activités à l’étranger.
Il a dit mardi « continuer à chercher des investisseurs intéressés par NuGen« , dont la mise en service de la centrale nucléaire était prévue en 2025, après une décision finale d’investissement fin 2018.
La plus puissante –
Dans ce contexte, l’annonce surprise du groupe français va renforcer la pression sur les autorités britanniques, qui ont fondé une part de leur stratégie énergétique sur la construction de nouvelles centrales nucléaires – dont celle de Moorside qui doit en être la plus puissante.
Le ministre britannique de l’Énergie, Greg Clark, actuellement en Corée du Sud, devait aborder la question de l’éventuelle entrée d’investisseurs comme la compagnie sud-coréenne Kepco dans le projet, ont rapporté les médias britanniques ces derniers jours. Mais cette recherche prend une dimension plus fondamentale après le retrait français.
« Le ministre est actuellement en Corée du Sud pour discuter de future coopération entre nos deux pays, y compris sur des projets nucléaires civils« , a expliqué à l’AFP un porte-parole du ministère, sans entrer dans plus de détails.
Il a confirmé que le gouvernement britannique « restait déterminé à ce que de nouvelles capacités nucléaires constituent une part importante de notre bouquet énergétique, après avoir donné le feu vert à la première construction d’une centrale nucléaire depuis une génération, Hinkley Point C« .
Après des années de préparation et de négociation, le contrat pour la construction de Hinkley Point C (sud-ouest de l’Angleterre) a été signé fin septembre entre le gouvernement britannique, le maître d’œuvre EDF et le groupe nucléaire chinois CGN, partenaire du géant français de l’électricité dans ce projet.
D’un coût évalué à 18 milliards de livres (plus de 21 milliards d’euros), cette centrale doit comporter deux réacteurs de type EPR d’une puissance totale de 3,2 GW et couvrir à terme 7% de l’électricité consommée dans le pays.
La filiale britannique d’EDF, EDF Energy, a « coulé le premier béton » pour certaines des premières structures permanentes de la centrale, a-t-elle annoncé fin mars. Le début de la construction du premier réacteur est prévu courant 2019, pour une mise en service fin 2025.

https://www.romandie.com/news/GB-le-projet-nucleaire-Nugen-fragilise-par-le-retrait-dEngie/785641.rom

Avr 04

BUGEY : LA PROPOSITION DE RÉPARATION DES DÉFAUTS D’ÉTANCHÉITÉ DE L’ENCEINTE DE CONFINEMENT VALIDÉE

BigeyLundi 3 avril, l’Autorité de sûreté nucléaire a annoncé avoir approuvé la proposition de travaux d’EDF pour restaurer le confinement de l’enceinte du réacteur 5 de la centrale du Bugey (Ain). A l’issue de la réparation, l’énergéticien devra procéder à une nouvelle épreuve d’étanchéité de l’enceinte de confinement pour démontrer que l’efficacité du confinement de l’enceinte a été restaurée.

Le réacteur 5 de la centrale du Bugey est à l’arrêt depuis août 2015, l’ASN jugeant que les défauts d’étanchéité de l’enceinte de confinement du réacteur sont trop importants pour permettre le redémarrage du réacteur. Sans réparation, le confinement des substances radioactives en situation d’accident n’est plus suffisamment garanti, estime l’ASN. Ce défaut avait été identifié en 2011, lors de la troisième visite décennale de l’installation. En août 2015, à l’occasion d’un arrêt de maintenance du réacteur, une nouvelle épreuve d’étanchéité a mis en lumière une aggravation de la situation, imposant la mise à l’arrêt de l’unité jusqu’à ce qu’EDF procède aux réparations nécessaires.

Concrètement, EDF a mis en évidence une dégradation de l’étanchéité du revêtement métallique interne de l’enceinte de confinement. Des fuites ont été localisées dans la partie basse, à la jonction du radier et de l’enceinte. EDF a proposé à l’ASN de « rendre étanche le joint périphérique à l’aide d’un revêtement d’étanchéité en composite et d’un fluide « protecteur » (du lait de chaux)« .

Article de Philippe Collet

https://www.actu-environnement.com/ae/news/centrale-nucleaire-bugey-reparation-etancheite-confinement-asn-edf-28765.php4

Avr 04

CANADA : LE PROJET D’ENFOUISSEMENT DE DÉCHETS RADIOACTIFS INQUIÈTE

CanadaLe projet d’enfouissement de déchets nucléaires prévoit la construction d’un immense dépotoir le long de la rivière des Outaouais à la frontière du Québec. Les autorités se veulent rassurantes.

L’Agence canadienne d’évaluation environnementale consulte jusqu’au 17 mai la population au sujet d’un immense projet de stockage de déchets radioactifs dans le cadre du démantèlement d’une partie des activités nucléaires de Chalk River.

En jeu: le stockage de 106 piscines olympiques de déchets nucléaires. Les citoyens sont inquiets.

«Installer des déchets radioactifs à moins d’un kilomètre de la rivière des Outaouais, c’est complètement irresponsable avec les risques d’inondation ou de tremblement de terre», souligne Gordon Edwards du Comité pour la surveillance du nucléaire.

Dans le cadre de la consultation publique, les promoteurs du projet ont évalué différentes options. Le stockage sous terre à grande profondeur est jugé trop coûteux (10 milliards $) et impossible à réaliser dans les délais.

Le scénario privilégié (celui de 600M$) prévoit la création d’un monticule de terre d’une hauteur de sept étages avec des membranes géotextiles pour contrôler les écoulements d’eau. Les déchets seront stockés à l’intérieur du monticule dans des cellules aménagées. Un système de détection des fuites et d’analyse environnementale de l’eau et de l’air sera aussi conçu.

«Tous les déchets qui doivent être éliminés dans le cadre du projet devront satisfaire aux critères d’acceptation des déchets (CAD) établis dans le but d’assurer le respect des exigences de sécurité opérationnelle et de sécurité à long terme», assure dans un document Énergie atomique du Canada, l’organisme fédéral qui supervise les activités nucléaires au pays. Plusieurs États américains utilisent la même méthode.

  1. Edwards n’est pas convaincu. «Depuis que Stephen Harper l’a réformée la Commission canadienne de sûreté nucléaire est pro industrie. Elle agit comme coach au lieu d’être un arbitre. Pareil pour les études environnementales qui ne sont plus vraiment indépendantes», souligne-t-il en précisant que les activités opérationnelles sont désormais sous-traitées au consortium privé Laboratoires nucléaires canadiens.

«Comme les activités du secteur nucléaires sont en partie privatisées, nous craignons que les décisions proposées par l’industrie soient aussi motivées par la recherche de profit et le court terme. La preuve c’est que leur proposition d’enfouissement n’est faite que pour une durée 50 ans alors que les déchets radioactifs durent des centaines de milliers d’années», conclut-il.

Plusieurs groupes environnementaux et de citoyens demandent donc au gouvernement de suspendre l’étude du projet le temps que tout le processus d’analyses environnementales ne soit revu tel que promis par le premier ministre Justin Trudeau.

Près de 30 000 Canadiens habitent dans un rayon de 20 kilomètres autour du site qui est à la jonction entre le Québec et l’Ontario.

http://journalmetro.com/actualites/national/1112339/le-projet-denfouissement-de-dechets-radioactifs-inquiete/

Avr 04

EN FINIR AVEC LE «DOGME HIROSHIMA»

OMSDepuis dix ans, des militants du collectif IndependentWHO manifestent quotidiennement devant le siège de l’OMS pour dénoncer ses liens avec l’industrie nucléaire.

«Exigeons que l’OMS démolisse enfin les trois piliers de la désinformation sur les rayonnements ionisants!» Alison Katz, d’IWHO, pointe l’invocation de la «radiophobie» pour expliquer les problèmes sanitaires des victimes d’accidents nucléaires, le recyclage douteux du «modèle Hiroshima» et le déni des effets de la radio-contamination à faible dose.

La rencontre entre le collectif IndependentWHO – Santé et Nucléaire (IWHO, pour l’indépendance de l’OMS) et l’Organisation mondiale de la santé (1) a confirmé que l’autorité sanitaire internationale persiste à soutenir les trois piliers de la désinformation sur lesquels repose la dissimulation – internationale et de haut niveau – des conséquences sanitaires des activités nucléaires, qu’elles soient industrielles ou militaires.

Les trois piliers sont

1) la «maladie», dénommée «radiophobie»;

2) l’utilisation du modèle Hiroshima pour établir les normes de radioprotection;

3) l’affirmation qu’il n’existe pas de preuve d’effets sanitaires en dessous de doses d’irradiation de 100 millisieverts par an (mSv/an), malgré le fait que la limite internationale recommandée par la Commission internationale de la protection radiologique (CIPR) soit de 1 mSv/an.

La scandaleuse pseudoscience de la «radiophobie»

L’OMS affirme que les problèmes psychologiques et sociaux sont les conséquences majeures de la catastrophe de Fukushima, en reprenant point par point son verdict final sur Tchernobyl (2), selon lequel «l’impact sur la santé mentale (…) est le problème de santé publique le plus grave et (que) la population affectée a un sentiment exagéré des dangers sanitaires de l’exposition aux rayonnements». Est-ce que l’establishment nucléaire, qui malheureusement dirige la politique de l’OMS dans ce domaine, suggère sérieusement que les plantes, les animaux et les bébés  –même in utero! – souffrent de «radiophobie»?

De nouvelles maladies sont souvent montées de toutes pièces afin de créer ou élargir un segment de marché pour des traitements économiquement profitables. La «radiophobie», par contre, a été inventée afin de nier l’existence des maladies bien réelles apparues à la suite de la catastrophe de Tchernobyl. Quand il est devenu impossible de nier leur existence, on les a attribuées aux comportements irresponsables des victimes – abus d’alcool, de tabac, mauvaise alimentation… – comme si ces facteurs n’avaient pas été pris en compte dans les études épidémiologiques démontrant des différences significatives en termes d’effets sanitaires entre des territoires respectivement peu, moyennement et hautement contaminés.

Soyons clairs. La peur de la radio-contamination existe. Il s’agit d’une réponse normale face à un risque sanitaire réel. L’unique «traitement» éthique de l’angoisse qui résulte naturellement de l’exposition est de reconnaître que cette peur est normale, de minimiser toute exposition supplémentaire, de fournir des soins dès l’apparition de symptômes et d’établir des programmes de dépistage pour la prévention précoce (secondaire) des maladies.

Au Japon, aujourd’hui, les autorités ont conseillé aux victimes de Fukushima de sourire (3). Ces dernières sont soumises à d’intenses pressions pour retourner vivre dans des territoires inhabitables selon les normes de radioprotection de la communauté internationale, établie par la CIPR.

Lors de la rencontre avec l’OMS le 11 mars 2016, en signe d’encouragement aux visiteurs japonais, un membre de l’équipe Radiation (Département de santé publique et de l’environnement) a fait remarquer que leur pays avait un avantage en termes d’information sur les effets sanitaires des activités nucléaires grâce à la recherche entreprise à la suite des bombardements d’Hiroshima et de Nagasaki.

Deux remarques sur cette observation. D’abord, il est notoirement connu que la recherche sur les effets sanitaires d’Hiroshima et Nagasaki est profondément défectueuse (4). Pendant cinq ans, après l’attaque des bombes A, aucune investigation officielle de la santé des survivants n’a été menée. En 1946, le gouvernement étatsunien a créé l’Atomic Bomb Casualty Commission (Commission d’évaluation des dommages dus à la bombe atomique – ABCC) et les États-Unis maintiennent toujours leur contrôle sur ce projet – qui s’appelle maintenant la Radiation Effects Research Foundation (Fondation pour la recherche des effets du rayonnement -RERF) – en fournissant la majeure partie de son financement.

Pour des raisons évidentes, le délai de cinq ans [entre les bombardements atomiques et les premières recherches] invalide plus ou moins les études sur les effets sanitaires, car les données les plus importantes font défaut. De plus, la population étudiée ne peut pas être considérée comme représentative de la population générale parce que les personnes encore en vie sont celles dont la résistance aux effets des rayonnements est naturellement plus élevée que la moyenne. Cet effet dit de «survivant en bonne santé» produit une sous-estimation considérable des effets sanitaires.

Pire encore, les études ABCC/RERF ne disposaient pas de groupe de contrôle adéquat. Cela est dû au fait que les groupes «irradiés» et les groupes de contrôle «non exposés» – les habitants d’Hiroshima et de Nagasaki, à diverses distances de l’épicentre – étaient tous contaminés par les retombées. De surcroît, le groupe «non exposé» avait un taux de leucémie deux fois plus haut que le reste de la population japonaise pendant toute la première période de l’étude et jusqu’aux années 1960. Par ailleurs, le fait que toutes ces personnes aient souffert d’une exposition interne à travers les aliments, le lait, l’eau et par inhalation n’a pas été pris en compte.
Enfin, le modèle Hiroshima est inapplicable aux accidents nucléaires. Les effets sanitaires d’une exposition externe de quelques secondes aux quantités gigantesques de radionucléides, comme ce fut le cas à Hiroshima et Nagasaki, sont incomparables aux effets sanitaires d’une exposition interne à de faibles doses sur des décennies. Ces faibles doses sont responsables de 95% de la radiocontamination lors d’accidents nucléaires.

Et pourtant, étonnamment, les normes de radioprotection actuelles se basent encore sur les études ABCC/RERF des survivants d’Hiroshima. Mais il n’existe aucune preuve d’équivalence entre l’irradiation chronique interne et l’irradiation externe aigüe.

Aucune preuve d’effets sanitaires en dessous de 100 mSv/an?

Des milliers d’études menées pendant trois décennies fournissent des preuves d’effets sanitaires graves à la suite de l’incorporation chronique à faible dose de radionucléides, bien en dessous de 100 mSv/an et, contrairement aux affirmations de l’establishment nucléaire, une grande partie de ces études est publiée dans des revues scientifiques à comité de lecture – dans une proportion d’ailleurs bien plus grande que dans le rapport majeur de l’ONU, le «Forum de Tchernobyl» (5).

En 2015 et 2016, par exemple, des études ont démontré le lien entre la présence de césium 137 chez les femmes enceintes et de hauts niveaux d’anomalies congénitales (6); un risque élevé de leucémie, de lymphome (7) et de cancer chez les travailleurs du nucléaire (8); des taux élevés d’anomalies de la thyroïde (y compris des cancers et des précurseurs de cancer) chez les enfants à Fukushima (9), et toutes sortes de défauts héréditaires associés à des doses d’irradiation comprises entre 1 et 10 mSv/an (10).

Malgré la limite internationale de 1 mSv/an et les multiples preuves réunies sur ce sujet depuis des décennies, l’OMS a répété (notamment lors de la rencontre avec IndependentWHO du 11 mars 2016) qu’il n’existait pas de preuve d’effets sanitaires en dessous de 100 mSv/an. Tout comme le Dr Shunichi Yamashita, professeur à l’université de Nagasaki et conseiller de la préfecture de Fukushima pour le risque sanitaire radiologique, qui, ainsi, donne raison au gouvernement japonais d’exercer une forte pression sur les populations pour qu’elles retournent vivre dans des régions non habitables (11). Relevons qu’à la suite de l’accident de Tchernobyl, la limite pour l’évacuation obligatoire des populations avait été fixée à 5 mSv/an.

Il est de plus en plus reconnu que la limite de 1 mSv/an est à peu près adéquate dans le cas de l’exposition externe (pour certains radionucléides seulement), mais qu’elle est totalement inadéquate en cas d’exposition interne. Différents radionucléides se concentrent dans divers organes. Ainsi, si la charge moyenne dans le corps est de 100 becquerels par kilo (Bq/kg), le cœur contiendra 2500 Bq/kg et les reins 1500 Bq/kg (12). Une particule d’uranium ou de plutonium logée dans le poumon va irradier pendant toute la vie de la personne et produira un cancer.

Le «dogme Hiroshima» mène l’establishment nucléaire vers une logique impossible. Quand on ne peut plus nier les effets sanitaires, on affirme qu’ils sont forcément causés par autre chose que les rayonnements parce que, selon le modèle utilisé par le CIPR, les doses reçues étaient trop faibles.
Le moment est venu pour l’OMS et l’institution nucléaire de reconnaître publiquement que l’exposition externe et l’exposition interne sont des phénomènes biologiquement distincts et que le modèle Hiroshima ne peut ni prédire les effets sanitaires observés à la suite d’expositions à faible dose, ni fournir une base pour la radioprotection. I

  • 1. A. Katz (agora), «Les victimes de Fukushima sous les pressions au retour», Le Courrier du 15 mars 2016.
  • 2. World Health Organization. Health Effects of the Chernobyl Accident and Special Health Care Programmes. Report of the UN Chernobyl Forum. Expert Group on Health, Geneva, 2006.
  • 3. Professeur Yamashita, conseiller du gouverneur de la préfecture de Fukushima pour la gestion des risques sanitaires, http://bit.ly/2moWYcx
  • 4. Busby, C. Wings of Death: Nuclear Pollution and Human Health. Green Audit, Aberystwyth, 1995.
  • 5. Katz, A. «Who is afraid of Volume 1181 of the New York Academy of Sciences? Under threat, the nuclear establishment plays dirty», International Journal of Health Services, 2015,Vol 45(3) 530-544.
  • 6. Wertelecki et al. Elevated Congenital Anomaly Rates and Incorporated Cesium 137 in teh Polissia Region of Ukraine. Birth Defects Research (Part A).
  • 7. Leuraud et al. «Ionizing Radiation and risk of death from leukemia and lymphoma in radiation-monitored workers». Lancet, Volume 2, N° 7, e276-e281, July 2015.
  • 8. Richardson et al. «Risk of cancer from occupational exposure to ionizing radiation: retrospective cohort study of workers in France, the UK and the USA». British Medical Journal, 2015, 351: h5359.
  • 9. Tsuda et al. «Thyroid cancer detection by ultrasound among residents aged 18 years and younger in Fukushima, Japan. 2011-2014». Epidemiology, 2015.
  • 10. Schmitz-Feuerhake et al. «Genetic radiation risks – a neglected topic n the low dose debate. Environ Health Toxicol», 2016; e2016001, Published online 2016 January 20. doi: http://dx.doi.org/10.5620/eht.e2016001.
  • 11. Greaves, S. «Tokyo contaminated and not fit for habitation, doctor says». Insitute of Science in Society, 4.9.2014, www.i-sis.org.uk/Tokyo_contaminated_and_not_fit_for_habitation.php
  • 12. Bandachevsky, Y. Clinical and experimental aspects of the effect of incorporated radionuclides on the organism. Ministry of Health, Gomel State Medical Institute, Belorussian Engineering Academy, Belarus, Info Tribo Ltd, Gomel, 1995 (128 pages).

La vigie antinucléaire fête ses dix ans et s’arrête

Depuis le 26 avril 2007, les militants de la «Vigie d’Hippocrate» d’IndependentWHO – Santé et Nucléaire (IWHO) se relaient quotidiennement devant le siège de l’Organisation mondiale de la santé, à Genève, pour demander à l’OMS de «dire la vérité sur les effets sanitaires» des rayonnements ionisants, notamment pour les victimes des retombées des essais nucléaires militaires et des catastrophes de Tchernobyl et Fukushima. Au bout de dix ans de protestation silencieuse, les vigies constatent que «le déni officiel reste entier, en dépit des témoignages des victimes et des publications scientifiques indépendantes qui le prouvent». Le collectif a décidé de poursuivre son combat «pour la vérité et la santé» sous d’autres formes. Pour marquer la fin de ses dix ans d’action, IWHO organise divers événements devant l’OMS, mercredi 26 avril 2017:

  • 12h à 15h30: Grande Vigie.
  • 15h45: Inauguration de la stèle érigée pour les victimes du nucléaire en présence de Rémy Pagani, conseiller administratif de la Ville de Genève; Jean Ziegler, vice-président du comité consultatif du Conseil des droits de l’homme de l’ONU; Annie Thébaud-Mony, directrice de recherches honoraire à l’INSERM et porte-parole de réseaux citoyens en lutte pour la santé au travail; Roland Desbordes, président de la Criirad; Anne-Cécile Reimann, présidente de Contratom, et Paul Roullaud, initiateur de la Vigie.
  • 17h: Remise à l’OMS du livre de Wladimir Tchertkoff, The Crime of Chernobyl – the Nuclear Gulag.
  • 18h: Participation à la manifestation organisée par Contratom, depuis la place des Nations. CO

Me. 26 avril, devant l’OMS, carrefour des Morillons (bus n°8).

Rens.: www.independentwho.org,

* Membre du collectif IndependentWHO – Santé et Nucléaire (IWHO, pour l’indépendance de l’OMS) et de Solidarités.

Article d’Alison Katz

https://www.lecourrier.ch/148245/en_finir_avec_le_dogme_hiroshima

Avr 03

SCANDALE DE LA CUVE DE L’EPR : COMMENT FAIRE CONFIANCE À UNE AUTORITÉ DE CONTRÔLE QUI N’AGIT PAS ?

Cuve EPRCommuniqué du Réseau Sortir du Nucléaire :

Le chantier de Flamanville doit être abandonné immédiatement et définitivement

Comme le prouvent des documents révélés vendredi par France Info, l’Autorité de sûreté nucléaire avait eu connaissance dès 2005 de graves problèmes à l’usine de Creusot Forges, où devait être fabriquée la cuve de l’EPR de Flamanville.

Pourquoi l’ASN n’est-elle pas intervenue plus tôt ?

Alors que le président de l’ASN s’était dit « effondré » par ce qu’il avait constaté dans l’usine en 2006, pourquoi le gendarme du nucléaire n’a-t-il pas interdit la production, sachant que les aciers ne pouvaient pas être aux normes ?

Alors que la cuve est censée ne surtout pas rompre, pourquoi l’ASN, malgré ses suspicions, a-t-elle laissé fabriquer un élément dont elle pressentait bien qu’il comporterait des défauts ? Pourquoi a-t-elle laissé Areva installer cette cuve avant d’effectuer des tests, alors que cet équipement, une fois posé, ne peut quasiment plus être retiré sauf à détruire ce qui l’entoure ?

Et cette affaire ne constitue-t-elle pas l’arbre qui cache la forêt d’autres défauts graves sur des centrales en fonctionnement qui seraient connus de l’ASN ?

Le système de contrôle de la sûreté nucléaire est défaillant

Pour le Réseau “Sortir du nucléaire“, cette inaction est inacceptable. Ce scandale pose la question de l’indépendance réelle du gendarme du nucléaire, de ses pouvoirs effectifs ainsi que de sa capacité à résister aux pressions des industriels. Voilà donc une nouvelle démonstration du caractère aberrant du système de contrôle de la sûreté nucléaire, censé reposer sur le sérieux et la bonne foi des industriels. Si les exploitants mentent et que le gendarme, au courant des mauvaises pratiques, n’est pas à même de sanctionner les défaillances, on nage en pleine hypocrisie et la sûreté de la population est menacée !

L’EPR doit être abandonné en urgence !

La publication de ces informations survient alors même que l’Autorité de sûreté nucléaire, le 7 février 2017, a donné son feu vert à la prorogation du délai de mise en service prescrit par le décret d’autorisation de création de l’EPR de Flamanville, considérant que « le projet de modification du décret ne préjuge pas des conclusions des instructions en cours, notamment celle relative à l’anomalie des calottes de la cuve du réacteur ». Au vu de ce scandale, peut-on accorder foi à la capacité de l’ASN à résister aux pressions et à refuser d’homologuer une cuve manifestement défectueuse, sachant de plus que le sauvetage d’Areva est conditionné à la « conclusion positive » des essais sur cette cuve ?

Le Réseau “Sortir du nucléaire“ appelle l’ASN à prendre enfin ses responsabilités et à déqualifier la cuve de l’ EPR. Il appelle le gouvernement actuel ainsi que les candidats à la présidence à arrêter le chantier de l’EPR de Flamanville et abandonner définitivement ce projet ruineux et dangereux.

Contacts presse :

Philippe Lambersens – 06 83 53 89 82
Martial Chateau – 06 45 30 74 66

Chargée de communication : Charlotte Mijeon – 06 64 66 01 23

http://www.sortirdunucleaire.org/Nos-communiques-de-presse

Avr 03

LES 7 PLUS GROS RATÉS DE LA CENTRALE DE FLAMANVILLE

7 ratésDifficile de fixer une date pour la mise en service de la nouvelle centrale nucléaire de Flamanville. Le chantier de ce réacteur EPR de troisième génération multiplie les déboires. Retour sur les 7 plus gros ratés de ce projet qui prend de plus en plus des allures de fiasco.

Les dernières difficultés du nouveau réacteur nucléaire EPR de Flamanville (Manche) ne sont que le énième épisode d’un long feuilleton de déboires.

Initialement prévu pour 2012, on sait désormais qu’il ne devrait pas entrer en service avant 2019. Quant au coût du réacteur de troisième génération, il devrait dépasser les 10,5 milliards d’euros, bien loin des 3,3 milliards du devis initial. Comment en est-on arrivé là ? Retour sur les 7 plus gros ratés de la technologie nucléaire de troisième génération.

  1. Contrefaçons sur le béton

Le 10 avril 2007, à quelques jours du premier tour de la présidentielle qui voit certains candidats s’opposer à l’EPR, le gouvernement de Dominique de Villepin signe un décret autorisant la construction du réacteur nucléaire de Flamanville. La première pierre est posée en décembre 2007. Mais dès 2008, le chantier connaît son premier coup d’arrêt. Des fissures sont constatées dans le radier en béton. L’ouverture de l’EPR est repoussé d’un an.

La facture, elle, augmente de 20 %. En 2010, les malfaçons constatées sont inquiétantes : des erreurs de ferraillage et une structure en béton « trouée comme du gruyère », selon les termes de l’Agence de sûreté nucléaire. Le coût est revu à hauteur de 5 milliards d’euros et la fin des travaux n’est pas attendue avant 2015.

  1. Un chantier mortel

2011 est une année noire pour le nucléaire. Outre la catastrophe de Fukushima, au Japon, qui ravive les craintes liées à l’atome, le chantier de Flamanville tourne au cauchemar : en janvier, un ouvrier est tué sur le chantier, qui est stoppé pendant neuf semaines. Un autre décédera en juin.

S’ensuivent de nouvelles procédures de sécurité qui retardent la construction de neuf mois supplémentaires. Le chantier perd également deux mois à cause des intempéries. On parle désormais d’une inauguration en 2016. L’enveloppe est désormais estimée à 6 milliards d’euros.

  1. Un partenaire italien jette l’éponge

EDF annonce en décembre 2012 que les retards accumulés les années précédentes ont fait augmenter la facture de 2,5 milliards d’euros (8,5 milliards d’euros au total). Conséquence : le groupe italien Enel, partenaire d’EDF (à hauteur de 12,5 %) pour la construction de l’EPR, jette l’éponge. Et en 2014, EDF convient de difficulté dans la livraison de certains équipements, retardant la livraison du projet à 2017.

  1. Bouygues condamné pour travail dissimulé

Le groupe de BTP est poursuivi dans une affaire de travailleurs européens irrégulièrement détachés sur le chantier de Flamanville. Et en mars 2015, la responsabilité de Bouygues a été reconnue dans le recrutement, par l’intermédiaire d’une société d’intérim fondée par un ex-cadre de Bouygues (Atlanco, aujourd’hui liquidée), qui, entre 2009 et 2011, avait employé 163 travailleurs polonais sans les avoir dûment déclarés. 

Atlanco était basée en Irlande, agissait à travers une succursale chypriote pour recruter des Polonais qui n’avaient jamais mis un pied à Chypre et signaient des contrats rédigés en grec, auxquels ils ne comprenaient pas un traître mot.

  1. Anomalie sur la cuve du réacteur

C’est un très sérieux coup de semonce pour le chantier de Flamanville. Le 19 avril 2015 : l’ASN a repéré une « anomalie sérieuse voire très sérieuse » sur la cuve et le couvercle du réacteur de Flamanville. Son président indique qu’ « il faudra qu’on ait une conviction forte, une quasi-certitude, une conviction absolue » sur la fiabilité de ce « composant crucial » avant de donner le feu vert à sa mise en service.

Le programme de test devra donc être étendu. La mise en service n’est pas prévu avant 2019 pour un coût réévalué à 10,5 milliards d’euros. Résultat l’Etat a du prendre récemment un nouveau décret, permettant à EDF de prolonger la construction jusqu’en 2020. Le précédent décret de 2007 imposait une livraison au plus tard le 10 avril 2017.

  1. Crise de gouvernance

EDF doit-il construire deux réacteurs de type EPR en Grande-Bretagne et y investir plusieurs milliards d’euros ? Pour son directeur financier, la réponse est non. Thomas Piquemal claque la porte en mars 2016. Une démission qui entretient le doute sur la viabilité du programme EPR. 

Plusieurs fois repoussée, la décision finale d’investissement a finalement été prise par l’électricien fin juillet 2016, et le contrat a officiellement été signé fin septembre à Londres entre le gouvernement britannique, EDF et le groupe nucléaire chinois CGN, partenaire du français dans ce projet.

  1. Une vitrine fêlée

Pas forcément indispensable à la production d’électricité en France et surtout jugé par les spécialistes comme une technologie déjà dépassée, l’EPR de Flamanville devait servir de vitrine pour EDF qui comptait bien exporter son prototype. Sauf que les déboires de Flamanville ne constituent pas la meilleure des publicités.

Parallèlement, l’EPR en Finlande démarré en 2005 ne devrait lui, non plus, être mis en service avant 2018…

Article de Frédérick MACE

http://www.ledauphine.com/france-monde/2017/03/31/les-7-plus-gros-rates-de-la-centrale-de-flamanville

Avr 03

NUCLÉAIRE: LES ÉTATS-UNIS EXHORTENT LA CHINE À « AGIR » CONTRE LA CORÉE DU NORD

KIM JONG UNLa rencontre entre Donald Trump et son homologue chinois Xi Jinping, qui se tiendra les 6 et 7 avril, devrait se dérouler dans un contexte tendu par les dossiers du nucléaire nord-coréen et du commerce international.

Les États-Unis entendent « mettre la pression » sur la Chine pour qu’elle « agisse » contre la course à l’arme nucléaire de la Corée du Nord, a déclaré dimanche l’ambassadrice américaine à l’Organisation des Nations unies (ONU), Nikki Haley, quelques jours avant la visite du président chinois XI Jinping, qui se tiendra les 6 et 7 avril.  

« Le seul pays qui peut stopper la Corée du Nord est la Chine et ils le savent. Ils doivent agir et nous allons continuer à mettre la pression sur la Chine pour qu’ils agissent« , a martelé Nikki Haley lors d’un entretien diffusé dimanche sur la chaîne américaine ABC. 

Le président chinois Xi Jinping est attendu jeudi et vendredi en Floride pour une rencontre avec Donald Trump dans sa résidence privée de Mar-a-Lago. Ce sera la première rencontre entre les deux dirigeants, sur fond de crise nucléaire avec la Corée du Nord.  

http://www.lexpress.fr/actualite/monde/amerique-nord/nucleaire-les-etats-unis-exhortent-la-chine-a-agir-contre-la-coree-du-nord_1895064.html

Avr 03

SORTIR DU NUCLÉAIRE OU Y RESTER : UN COÛT ASTRONOMIQUE

Sortir prix renouvelablesL’arrêt du parc électronucléaire français ou sa relance se chiffrerait en centaines de milliards d’euros. Alors, stop ou encore ?

La France doit-elle réduire son addiction à l’atome, comme le prescrit la loi de transition énergétique qui a gravé dans le marbre la promesse de François Hollande de baisser de 76 % à 50 % la part de l’électricité d’origine nucléaire « à l’horizon 2025 » ?

Doit-elle, même, renoncer complètement à l’énergie de la fission, comme le proposent Benoît Hamon et Jean-Luc Mélenchon ?

Doit-elle au contraire persévérer dans une filière industrielle qui l’engagera à nouveau pour plusieurs générations ?

A l’approche de l’élection présidentielle, et alors qu’EDF doit se prononcer, jeudi 6 avril, sur l’arrêt de la centrale de Fessenheim, le débat, qui reste un marqueur d’une fracture entre la droite et la gauche, échauffe les esprits et les calculatrices.

A la veille du dernier scrutin, voilà cinq ans, les spécialistes de tous bords avaient déjà produit des chiffrages contradictoires. Pour l’Union française de l’électricité (l’organisation professionnelle du secteur), conserver 70 % de nucléaire en 2030 nécessitait d’investir 322 milliards d’euros dans le système électrique (production, transport, distribution), tandis que passer à 50 % demandait 60 milliards d’euros de plus, descendre à 20 % exigeant encore 52 milliards supplémentaires.

L’association Global Chance, qui réunit des scientifiques et des experts indépendants, estimait pour sa part entre 453 et 504 milliards d’euros une sortie totale du nucléaire en vingt ans, et entre 428 et 504 milliards un maintien du mix électrique actuel, une facture quasiment identique dans les deux scénarios.

Ces évaluations n’ont pas été actualisées et ne constituent donc que des ordres de grandeur.

Aujourd’hui, de nouveaux chiffres, parcellaires, sont sortis du chapeau de divers analystes. Sans qu’il soit possible de les confronter point par point, tant les paramètres retenus sont à géométrie variable et les hypothèses incertaines, qu’il s’agisse de la consommation d’électricité dans les prochaines décennies, du coût futur du nucléaire ou de celui des filières renouvelables. Voici les principales pièces du dossier.

Montaigne versus NégaWatt

L’Institut Montaigne, think tank libéral créé par Claude Bébéar, président d’honneur du groupe d’assurances d’Axa, a fait sensation en avançant, mi-mars, qu’une sortie complète du nucléaire d’ici à 2035 coûterait 217 milliards d’euros : 179 milliards pour remplacer les capacités nucléaires existantes par des installations renouvelables, 13 milliards pour adapter le réseau et 25 milliards pour indemniser EDF de la fermeture anticipée de réacteurs. Un bilan qui se fonde sur un prix de l’électricité deux fois plus élevé pour les renouvelables que pour le nucléaire, soit 80 euros le mégawattheure (MWh) contre 40.

L’association NégaWatt, qui regroupe des énergéticiens indépendants, a aussitôt décortiqué « le calcul (très) erroné de l’Institut Montaigne », sur le site Décrypter l’énergie ( http://decrypterlenergie.org/217-milliards-deuros-pour-sortir-du-nucleaire-en-2035-le-calcul-toujours-tres-errone-de-linstitut-montaigne ). En prenant en compte un renchérissement de l’électricité d’origine nucléaire et, à l’inverse, une baisse régulière du prix des électrons verts, elle conclut que « la poursuite du nucléaire à son niveau actuel présente une facture plus élevée – de l’ordre de 24 milliards d’euros – qu’un scénario de fermeture progressive du parc existant ».

Des coûts à moyen et long termes

En tout état de cause, l’Institut Montaigne n’a pas poussé son exercice au-delà de 2035. Pour y voir plus clair, il faut se projeter au-delà.

Mis en service pour la plupart dans les années 1980, les 58 réacteurs du parc hexagonal approchent de quarante ans de fonctionnement. Pour les pousser jusqu’à cinquante ou soixante ans, EDF a prévu un « grand carénage » chiffré, avec la mise aux normes de sûreté post-Fukushima, à un peu plus de 50 milliards d’euros.

Dans son rapport de 2016, la Cour des comptes a estimé que l’investissement nécessaire à ce chantier et à la maintenance des centrales « pourrait atteindre 100 milliards d’euros entre 2014 et 2030 ». Cette dépense serait bien sûr amortie sur dix ou vingt ans d’exploitation supplémentaires et n’aurait donc, précise la Cour, qu’une incidence « relativement limitée » sur le prix de l’électricité.

Mais, tôt ou tard, les centrales françaises arriveront en fin de vie. Prolonger la filière nucléaire imposera donc de les remplacer.

Le PDG d’EDF, Jean-Bernard Lévy, prévoit ainsi de mettre en service « trente à quarante » nouveaux réacteurs, du type de l’EPR de Flamanville (Manche), entre 2030 et 2050. Soit, au prix actualisé de ce prototype (10,5 milliards d’euros), une addition de 315 à 420 milliards d’euros. Dans l’hypothèse, loin d’être certaine, où une construction en série permettrait de diviser le devis par deux, la note serait tout de même d’environ 150 ou 200 milliards d’euros.

Ce n’est pas tout. Il faudra à terme démanteler le futur parc atomique, en sus du parc actuel dont EDF évalue la déconstruction des bâtiments à 26 milliards d’euros, hors gestion des déchets radioactifs et des assemblages de combustibles. Une opération sous-estimée selon un récent rapport parlementaire. Reste encore le traitement des déchets à haute activité et à vie longue. Le centre d’enfouissement prévu à Bure, dans la Meuse, pour une enveloppe de 25 milliards d’euros, n’est conçu que pour les résidus des réacteurs en exploitation. Il faudrait l’agrandir, ou creuser un nouveau site de stockage, pour ceux des nouvelles centrales.

Renouvelables contre nucléaire

Tout compte fait, sortir de l’atome ou y rester mobilisera donc des centaines de milliards d’euros. Les deux options sont-elles alors équivalentes ?

« Dans les deux cas, il y faudra un investissement massif, dont le niveau est sans doute comparable, considère Yves Marignac, directeur de l’agence d’information sur le nucléaire Wise-Paris et administrateur de Global Chance. Mais l’investissement dans les renouvelables créera une rente, avec de très faibles coûts de fonctionnement et de remplacement, alors que le réinvestissement dans le nucléaire créera un fardeau, avec de lourdes charges de démantèlement et de gestion des déchets. »

De fait, la compétition entre les filières renouvelables et l’atome est en passe de tourner en faveur des premières. Certes, l’électricité que fournit aujourd’hui un parc nucléaire largement amorti reste avantageuse.

La Cour des comptes a évalué son coût de production à 62,6 euros le MWh en 2014, tandis que l’électricité verte revient aujourd’hui en France, selon le Syndicat des énergies renouvelables (SER), à 130 euros le MWh pour le solaire photovoltaïque posé en toiture, 122 euros pour la biomasse, 100 euros pour l’hydroélectricité et 82 euros pour l’éolien terrestre. Mais le photovoltaïque au sol, dont le coût a été divisé par cinq en huit ans, est déjà au même niveau que le nucléaire (62,5 euros).

 « Les prix de production de l’électricité renouvelable vont converger vers 80 euros le MWh, ce qui est compétitif pour fabriquer de l’électricité sans carbone », assure Damien Mathon, délégué général du SER. Car le prix de l’électricité qui sortira du futur EPR, bien qu’inconnu à ce jour, a été évalué en 2012 par la Cour des comptes « entre 70 et 90 euros le MWh ». Quant au prix de vente négocié par EDF avec le gouvernement britannique pour les deux EPR d’Hinkley Point, il crève le plafond : 92,5 livres, soit 107 euros au cours actuel.

Naturellement, le choix des renouvelables imposerait de remplacer régulièrement les parcs solaires ou éoliens, dont la durée de vie est d’une vingtaine d’années (contre soixante pour l’EPR), et de développer à grande échelle le stockage d’énergies intermittentes. Mais, en 2015, l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe) a fait réaliser une étude montrant que la France pourrait avoir en 2050 un mix électrique 100 % renouvelable, à coût comparable à celui de l’atome.

Des emplois plus que compensés

Se pose encore la question du coût social. La filière nucléaire emploie quelque 220 000 salariés directs et indirects, d’après la Direction générale des entreprises. Beaucoup de ces postes seraient maintenus en cas d’abandon progressif de l’atome, d’autant qu’EDF souhaite jouer un rôle de leader sur le marché du démantèlement nucléaire.

En face, le secteur des énergies vertes affiche déjà 100 000 emplois directs et indirects selon le SER, et ils pourraient doubler d’ici à 2023 si les objectifs de la Programmation pluriannuelle de l’énergie sont atteints. Le bilan est donc plus qu’équilibré. L’Ademe affirme même qu’à l’horizon du milieu du siècle, un mix électrique entièrement renouvelable générerait entre 800 000 et 900 000 emplois de plus qu’un système énergétique inchangé.

D’autres facteurs sont évidemment à prendre en compte. Comme l’impact sur les émissions de CO2 de la France, nul si l’atome est remplacé par le soleil et le vent et non par du pétrole, du gaz ou du charbon comme les pronucléaires en agitent le risque. Ou la menace d’un accident nucléaire majeur, dont l’Autorité de sûreté rappelle qu’il « ne peut être exclu nulle part » et dont l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire a estimé en 2013 le coût à plus de 400 milliards d’euros, soit plus de 20 % du PIB national. À l’évidence, la décision de sortir ou non du nucléaire ne saurait reposer sur des critères uniquement économiques. Un tel choix devra être aussi, sinon surtout, politique et sociétal.

http://www.lemonde.fr/energies/article/2017/04/03/sortir-du-nucleaire-ou-y-rester-un-cout-astronomique_5104819_1653054.html

Lire aussi :   Les énergies vertes feraient gagner plus de 3 points de PIB à la France

Avr 02

LA QUESTION DU NUCLÉAIRE DIVISE LES CANDIDATS À LA PRÉSIDENTIELLE

11 candidatsFermeture annoncée de la centrale de Fessenheim ou polémique sur l’EPR de Flamanville : le dossier du nucléaire commence à peser lourd dans cette campagne présidentielle.

Deux courants majeurs chez les candidats : ceux qui veulent rester dans le nucléaire et ceux qui veulent en sortir.

Ceux qui veulent en sortir

Jean-Luc Mélenchon et Benoît Hamon sont de cette catégorie, et le candidat socialiste, rallié par Yannick Jadot, prévoit une sortie intégrale du nucléaire à l’horizon 2050. Dans un premier temps, Benoit Hamon souhaite tenir l’engagement de François Hollande : 50 % d’énergies renouvelables dès 2025.

Le sort de la centrale de Fessenheim suscite des réactions tranchées : Jean-Luc Mélenchon souhaite la fermer, quand l’accord Hamon-Jadot se contente d’annoncer une fermeture des réacteurs en fin de vie pendant le mandat présidentiel. Pareil en ce qui concerne l’EPR à Flamanville : il n’est pas évoqué dans le projet de Benoît Hamon tandis que Jean-Luc Mélenchon promet son abandon.

Contre la sortie du nucléaire : Fillon, Dupont-Aignan, Le Pen, Cheminade

Le plus nucléariste : Jacques Cheminade qui veut tout miser sur cette filière. François Fillon veut même « prolonger la durée d’exploitation » des centrales nucléaires (dont celle de Fessenheim) à 60 ans, contre 40 actuellement, et s’oppose frontalement à la loi de transition énergétique

Nicolas Dupont-Aignan veut aussi revenir sur cet objectif de 50% d’énergies renouvelables et développer le nucléaire. Il mise notamment sur des centrales de nouvelle génération, dont il estime qu’elles pourront prendre le relais en 2050.

Sur ce sujet, Marine Le Pen, elle, a virevolté : en 2012, elle souhaitait sortir du nucléaire, trouvant l’énergie dangereuse. Cinq ans plus tard, volte-face : elle considère qu’il faut « maintenir, moderniser et sécuriser la filière nucléaire française« . Pour elle, abandonner le nucléaire « serait se tirer une balle dans le pied« .

Ceux qui prônent une sortie « partielle »

Emmanuel Macron veut fermer Fessenheim quand l’EPR de Flamanville sera mis en service, et il réserve « ses décisions stratégiques » sur la prolongation des centrales au-delà de 40 ans, « une fois que l’Autorité de Sûreté Nucléaire aura rendu ses conclusions, attendues pour 2018« .

Une chose est sûre : que ce soit pour construire les prochaines centrales nucléaires, ou pour les remplacer par des sources d’énergie renouvelables, la France devra investir énormément.

https://www.franceinter.fr/emissions/les-programmes-au-banc-d-essai/les-programmes-au-banc-d-essai-31-mars-2017

Avr 02

LA FILIÈRE NUCLÉAIRE FRANÇAISE UN PEU PLUS FRAGILISÉE

FilièreDe nouvelles révélations jettent un doute supplémentaire sur la sûreté des produits issus du site industriel de Creusot Forge.

L’avenir de la filière nucléaire française se joue peut-être dans l’usine Creusot Forge d’Areva. Depuis 2015, le site de Saône-et-Loire est l’objet d’audits approfondis menés par Areva, EDF et par l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN), mais aussi par des experts indépendants venus de cinq pays (États-Unis, Canada, Royaume-Uni, Chine, Finlande). Objectif : s’assurer que ce maillon essentiel de la chaîne nucléaire répond à tous les standards internationaux. Et ils jugent que le compte n’y est pas encore. Areva a transmis à l’ASN, vendredi 31 mars, le dernier état des modifications du site, afin qu’il puisse reprendre cet été la fourniture de composants aux centrales françaises et britanniques d’EDF, suspendue depuis avril 2015.

Las, de nouveaux éléments sont venus alourdir le dossier « Creusot Forge ». Selon des révélations de France Inter et France Info vendredi, des défaillances industrielles avaient été pointées du doigt par l’ASN dès la fin de 2005. Dans deux lettres de décembre 2005 et mai 2006, citées par les deux radios, le gendarme du nucléaire mettait en garde EDF contre ce fournisseur, soit un peu avant que l’électricien ne lui confie le forgeage de grosses pièces – notamment la cuve de l’EPR de Flamanville (Manche).

Alors patron de l’ASN, André-Claude Lacoste était descendu au Creusot et en était revenu « effondré », affirment France Inter et France Info : l’usine, alors détenue par Sfarsteel, ne répondait pas aux standards de qualité requis dans l’industrie nucléaire. Il avait demandé qu’EDF change d’équipementier ou qu’Areva l’acquière pour le remettre à niveau. Ce dernier s’était exécuté pour 170 millions d’euros.

200 millions investis

Pourquoi Creusot Forge a-t-il été retenu pour forger les gros composants de l’EPR ? Le feu vert pour la construction de ce réacteur de troisième génération à Flamanville a été donné par le gouvernement Raffarin en avril 2004, notamment pour maintenir les compétences de la filière nucléaire. Ses grands composants devront être made in France, alors que la cuve de l’EPR construit par Areva en Finlande a été faite au Japon« Ce qui a justifié le rachat de Sfarsteel, c’est la volonté du groupe de maîtriser la fourniture des pièces forgées essentielles au développement de la flotte nucléaire mondiale, confirme au Monde David Emond, directeur des usines de composants d’Areva (Le Creusot, Chalon/Saint-Marcel, Jeumont…). Nous connaissions la situation au Creusot et dès 2006, Areva a mis en œuvre des actions pour amener‎ l’usine aux standards du groupe et de l’industrie nucléaire. » En dix ans, il y a doublé les effectifs et a investi 200 millions d’euros.

De son côté, l’ASN a-t-elle failli à sa mission, comme le lui reproche l’Observatoire du nucléaire ? « Elle est gravement fautive puisqu’elle n’a rien vu, ou pire rien dit, pendant de longues années, dénonce-t-il aujourd’hui. Lorsqu’elle a autorisé en décembre 2013 l’installation de la cuve dans l’EPR en construction, elle était déjà parfaitement informée des déboires de fabrication de cette cuve. » Pour l’association antinucléaire, « il est désormais avéré que la décision concernant la cuve de l’EPR ne peut et ne doit en aucun cas être prise par l’ASN ».

Michèle Rivasi, députée européenne (Europe Écologie-Les Verts), juge pour sa part qu’« une commission d’enquête parlementaire est indispensable ». L’ASN a confirmé, vendredi, qu’elle rendrait un premier avis cet été sur la sûreté de la cuve de Flamanville. En avril 2015, le gendarme du nucléaire avait annoncé que l’acier du couvercle et du fond de cet élément ultrasensible de l’îlot nucléaire présentait une trop forte teneur en carbone, qui pourrait amoindrir sa résistance aux fortes contraintes qu’elle devra subir.

Pas de plan B

Le gendarme du nucléaire se défend de laxisme, a fortiori de dissimulation. Son directeur général adjoint, Julien Collet, joint par Le Monde, dissocie deux dossiers. Le premier est celui des « difficultés techniques » de Creusot Forge. « Dans les années 2005-2006, dit-il, nous avons constaté des problèmes au niveau de la fabrication des pièces et des anomalies en termes d’assurance qualité. » A la suite d’inspections, plusieurs courriers ont été adressés à EDF, qui pointaient « de nombreux écarts » et des « incidents récurrents » dans la fabrication des équipements sous pression nucléaire. EDF a été sommée de « surveiller » plus étroitement son fournisseur. L’ASN a mis en ligne vendredi sur son site l’historique de ses échanges avec EDF et Areva depuis 2005.

Le second dossier, celui de l’excès de carbone dans l’acier de la cuve de l’EPR de Flamanville, est distinct, selon M. Collet. « A la suite de l’arrêté du 12 décembre 2005 modifiant la réglementation sur les équipements sous pression nucléaire, précise-t-il, nous avons demandé à Areva, dès août 2006, de démontrer la qualification technique de la calotte supérieure de la cuve, c’est-à-dire son homogénéité. » Sans avoir d’« inquiétude particulière à ce moment-là », reconnaît-il. Ce n’est qu’« en octobre 2014 » qu’Areva informera l’ASN de la non-conformité des résultats de nouveaux essais. Une grave anomalie rendue publique par l’ASN en avril 2015. Et une preuve, selon elle, de sa « transparence ». L’historique des échanges de courriers entre l’ASN et Areva semble confirmer cette chronologie.

Un enjeu vital

Dans les prochains mois, toute l’attention se concentrera sur l’ASN : elle s’est donné jusqu’en septembre pour dire si la cuve de l’EPR est « bonne pour le service », comme l’assurent EDF et Areva, en s’appuyant sur leurs propres tests menés en 2016. Les dirigeants du groupe d’électricité sont si confiants qu’ils assurent n’avoir « pas de plan B » en cas d’avis négatif de l’ASN, qui leur a pourtant réclamé un tel « plan B ».

L’enjeu est vital pour EDF. Un refus l’obligerait à se priver d’un réacteur qui doit entrer en service début 2019. A moins de forger une nouvelle cuve – sans doute au Japon – entraînant plusieurs années de retard et des surcoûts faramineux pour une centrale dont le budget initial a déjà triplé en dix ans (10,5 milliards). Stopper Flamanville compromettrait aussi l’image déjà ternie du nucléaire français. Et EDF ne pourrait plus racheter Areva NP (filiale réacteurs et services d’Areva), puisque la Commission européenne a fait de la validation de la cuve par l’ASN une condition pour autoriser l’État français à injecter 4,5 milliards dans le groupe nucléaire en grande difficulté. C’est toute la filière française qui plongerait dans l’inconnu.

Les cuves des deux EPR d’Hinkley Point en Angleterre doivent sortir du site du Creusot. Et le gendarme nucléaire britannique suit de près la remise d’équerre de l’usine bourguignonne.

http://www.lemonde.fr/economie/article/2017/04/01/la-filiere-nucleaire-suspendue-aux-progres-de-la-forge-du-creusot_5104120_3234.html

Avr 01

ÉTATS-UNIS : LES DÉBOIRES DE WESTINGHOUSE PÈSENT SUR L’AVENIR DU NUCLÉAIRE

Etats-UnisLe dépôt de bilan de Westinghouse, filiale du japonais Toshiba, assombrit considérablement l’avenir du nucléaire aux États-Unis, le gouvernement Trump semblant plus préoccupé de relancer le charbon comme source d’énergie.

« Cela pourrait être le coup de grâce » à la construction de nouvelles centrales nucléaires aux États-Unis, estime Charles Fishman du cabinet d’analyse financière Morningstar.

Le nucléaire ne répond que pour 9 % de la production d’énergie aux États-Unis (mais 19 % de celle d’électricité), loin derrière le gaz naturel (32 %), le pétrole (28 %) et le charbon (21 %). Le secteur reste marqué par l’accident de Three Mile Island en Pennsylvanie (est) en 1979 et aucune centrale n’a été raccordée au réseau entre 1996 et 2016.

Seulement quatre réacteurs doivent entrer en service dans les prochaines années.

Cela n’empêche pas les États-Unis d’être encore le premier producteur d’énergie nucléaire au monde grâce aux investissements consentis dans les années 1960 et 1970, qui font que 99 réacteurs sont actuellement en fonctionnement, répartis sur une soixantaine de sites.

Mais avec le dépôt de bilan de Westinghouse, peu d’opérateurs ont maintenant les reins financiers assez solides pour se lancer dans la construction de nouvelles centrales. C’est d’ailleurs la mauvaise évaluation des coûts liés aux chantiers en cours qui a plombé en partie Westinghouse, rachetée par Toshiba en 2006.

Complexe

Westinghouse doit achever deux d’entre eux, l’un en Caroline du Sud, appelé Summer, et l’autre, Vogtle, dans l’État voisin de Géorgie.

« Construire une centrale nucléaire est une entreprise très complexe et, historiquement, ce genre de projets a subi des changements en cours de réalisation, y compris des dépôts de bilan », souligne Maria Korsnick, la présidente du Nuclear Energy Institute, le lobby nucléaire aux États-Unis.

L’organisation écologiste Greenpeace veut l’abandon de ces deux projets : « Les réacteurs ne sont achevés qu’à 40 % (Vogtle) et 31 % (Summer). Il n’y a aucune chance que ces projets soient terminés d’ici 2019-2020 comme prévu. »

« Cela devrait plutôt être en 2025-2030 avec un coût annuel de 1,5 à 2 milliards de dollars. Arrêter les projets, qui dès le départ n’étaient pas viables, serait l’option la plus logique », affirme-t-elle.

Les prix de l’énergie en baisse depuis plusieurs années, non seulement ceux du pétrole, mais aussi ceux du gaz naturel, qui ont perdu aux États-Unis quelque 64 % en dix ans, ne favorisent pas la production d’énergie nucléaire, qui reste chère et dont les coûts sont peu compressibles.

Un autre groupe américain, General Electric — aussi associé au géant japonais Hitachi —, travaille sur des réacteurs de nouvelle génération qui pourraient entrer en service dans les années 2030. Mais il faudrait pour cela que les pouvoirs publics américains manifestent leur volonté de relancer ce mode d’énergie aux États-Unis, ce qui est loin d’être le cas.

Accident de 2011

L’accident de la centrale nucléaire japonaise de Fukushima en 2011 n’a rien fait pour améliorer l’image du nucléaire aux États-Unis. Selon un sondage Gallup publié ce mois-ci, 46 % des Américains seulement souhaitent un développement de l’énergie nucléaire, 50 % s’y opposant.

Le Congrès américain étudie actuellement une loi visant à encourager le développement et la construction de réacteurs plus petits utilisant des nouvelles technologies. Soutenue par des parlementaires tant républicains que démocrates, elle a été votée par la Chambre des représentants en janvier et attend maintenant d’être soumise au Sénat.

Selon le centre de réflexion American Action Forum, le coût des procédures administratives nécessaires pour obtenir le droit de construire un réacteur nucléaire aux États-Unis s’élève à 8,6 millions de dollars par an, la durée moyenne du traitement d’un dossier atteignant plus d’une dizaine d’années.

Le développement d’un nouveau cadre de régulations simplifiées pour des technologies nucléaires d’avant-garde pourrait contribuer à relancer l’industrie nucléaire aux États-Unis, estime le représentant Bob Latta, à l’origine de la loi actuellement soumise au Congrès.

Autre obstacle, si elle ne contribue pas au réchauffement climatique en ne dégageant pas de CO2, l’énergie nucléaire pose la question du stockage et du recyclage des déchets.

Donald Trump a relancé dans son projet de budget 2018 le financement pour un centre de stockage des déchets nucléaires à Yucca Mountain, dans le Nevada. Ce projet languit depuis 30 ans, victime de l’opposition des environnementalistes et du sénateur local, Harry Reid, jusqu’à tout récemment chef des démocrates au Sénat.

Article de Jean-Louis Doublet – Agence France-Presse à Washington

http://www.ledevoir.com/economie/actualites-economiques/495363/westinghouse-et-le-nucleaire

Avr 01

LES TRAVAUX DU RÉACTEUR NUCLÉAIRE 5 DU BUGEY CONTRÔLÉS PAR L’ASN

BugeySuite à une inspection inopinée de l’Autorité de sûreté nucléaire pour contrôler les travaux sur le réacteur 5 de la centrale du Bugey, une lettre a été envoyée au directeur de la centrale.

Tandis que le réacteur numéro 5 de la centrale du Bugey est arrêté depuis août 2015 pour tenter de résoudre un problème de fuite sur l’enceinte de confinement, l’Autorité de sûreté nucléaire a organisé une visite surprise des travaux menés par EDF. Dans une lettre adressée au directeur du centre nucléaire du Bugey, l’ASN estime que les travaux en cours de réalisation sur l’enceinte de confinement du réacteur 5 « étaient conformes aux éléments exposés » dans un courrier envoyé par le directeur de la centrale le 14 février dernier. L’Autorité pointe cependant plusieurs anomalies dans des locaux périphériques au bâtiment du réacteur 5 et demande que soit traités sans délai plusieurs éléments pointés par les inspecteurs.

Des fuites et une fissure dans des locaux périphériques

Ainsi, dans des locaux périphériques du réacteur 5, des fuites d’eau ont été constatées au plafond, « de l’eau de pluie dont l’écoulement provient de défauts de joints inter bâtiments » selon les représentants de la centrale, qui devront régler sans délai ces fuites. Toujours dans la « zone contrôlée« , à la sortie des bâtiments du réacteur 5, ce sont une vingtaine d’étais de maçon qui soutiennent une partie de la balle en béton du plafond du bâtiment pour entreposer des outils. Dans le local situé au-dessus, une « fissure significative«  est constatée par les inspecteurs, qui demandent à la centrale de transmettre « une analyse des exigences de sûreté à ce plancher, notamment du point de vue de la résistance à un séisme » ainsi qu’un « diagnostic précis des origines de la fissure au plafond et de son évolution possible« , complétés par « un diagnostic complet de la problématique en question sur les quatre réacteurs de la centrale du Bugey ».

Adapter le programme de maîtrise du vieillissement

Prévue pour une durée de fonctionnement de 40 ans, la centrale du Bugey approche de la date limite avec 37 ans au compteur. L’Autorité de Sûreté nucléaire demande également dans sa lettre au directeur de la centrale que soit précisé « comment le programme local de maîtrise du vieillissement défini dans le dossier à la poursuite de l’exploitation réacteur de Bugey 5 doit être adapté pour tenir compte de ces dégradations« . Les représentants de la centrale nucléaire ont précisé qu’une fois les travaux de de remise en l’état de l’enceinte de confinement du réacteur 5 seraient terminés, le joint de l’enceinte de confinement sera contrôlé et fera l’objet d’un rapport, que l’ASN demande pouvoir consulter dès sa réalisation.

http://www.lyoncapitale.fr/Journal/Lyon/Actualite/Dossiers/Nucleaire/Nucleaire-les-travaux-du-reacteur-5-du-Bugey-controles-par-l-ASN

Avr 01

AU KAZAKHSTAN, UN SITE NUCLÉAIRE BIEN PLUS RADIOACTIF QUE TCHERNOBYL ?

KazackstanNous gardons tous en mémoire la catastrophe nucléaire de Tchernobyl qui s’est produite en 1986, mais il semble que l’Union soviétique cachait déjà à l’époque une région beaucoup plus touchée par les dérives du nucléaire. Cette affaire est tout récemment ressortie d’outre-tombe.

Un site nucléaire dont les conséquences sur les populations locales et l’environnement sont supérieures à la catastrophe de Tchernobyl ? Non, il ne s’agit pas d’une blague, mais d’une information issue d’un ancien rapport de l’Institute of Radiation Medicine and Ecology (IRME) de Semipalatinsk (ou Semeï), une ville située dans l’actuel Kazakhstan.

Ce fameux rapport a été retrouvé dans les archives de cet établissement par l’Institut de biophysiques de Moscou puis au magazine New Scientist. Le directeur cette branche sibérienne de l’institut moscovite, Kazbek Apsalikov, a déclaré au magazine : « Depuis de nombreuses années, ceci était un secret ».

Le polygone nucléaire de Semipalatinsk situé à 130 kilomètres de la ville éponyme couvre une superficie de 18 000 km² et était en activité entre 1949 et 1991. Selon le fameux rapport, près de 450 bombes nucléaires auraient explosé dans la région durant les années 1950 et 1960, ce qui aurait gravement contaminé les sols et par la même occasion impacté l’agriculture qui fait vivre les populations de l’est du Kazakhstan.

Le rapport indique qu’en septembre 1956, les taux de radiation étaient de 1,6 millirem par heure, soit une centaine de fois plus importants que les taux acceptables selon la Commission internationale de protection radiologique (CIPR). Plus de 600 personnes auraient été hospitalisées suite à de graves radiations.

Une étude russe de 2009 et un rapport de l’Institut norvégien des affaires internationales (NIPI) de 2014 évoquent le fait qu’aujourd’hui, la population locale souffre toujours de cancers, de malformations, de maladies cardiovasculaires ainsi que de mortalité infantile à cause des radiations.

Pour aller plus loin, voici le reportage intitulé After the Apocalypse diffusé par la chaîne britannique More 4 appartenant à Channel 4  (en anglais non sous-titré) à voir sur:

https://sciencepost.fr/2017/03/kazakhstan-site-nucleaire-bien-plus-radioactif-tchernobyl/

Avr 01

LES NOUVELLES RÉVÉLATIONS SUR LA CUVE DU RÉACTEUR EPR CONFIRMENT LES LOURDES FAUTES DE L’AUTORITÉ DE SÛRETÉ NUCLÉAIRE

ASNIl est de fait impossible de laisser l’ASN décider de la validité de la cuve.

L’Observatoire du nucléaire rappelle d’abord que, lorsqu’il a déposé plainte en justice en mai 2016 à propos des malfaçons et falsifications à l’usine du Creusot (cf AFP : http://bit.ly/2oFE3XX ), il a désigné l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) parmi les coupables présumés.

C’est d’ailleurs seulement six mois plus tard que cette dernière a saisi à son tour le procureur, parce qu’elle y était contrainte par la loi mais aussi… pour essayer de se placer du bon côté de la barre lors du procès à venir.

Mais il est d’ores et déjà avéré que l’ASN est gravement fautive puisqu’elle n’a rien vu, ou pire rien dit, pendant de longues années : d’une part les pratiques délictueuses au Creusot concernant les pièces nucléaires durent depuis 1965, d’autre part la cuve de l’EPR de Flamanville a été (mal) fabriquée en 2006 et 2007.

Or, lorsque l’ASN a autorisé en décembre 2013 l’installation de la fameuse cuve dans l’EPR en construction, elle était déjà parfaitement informée des déboires de fabrication de cette cuve :

– Dès juillet 2007, l’ASN a « rappelé à Areva la nécessité de réaliser des essais complémentaires en zone courante sur les équipements destinés à l’EPR de Flamanville. »

– En mars 2011, l’ASN a confirmé à Areva « son exigence de réalisation d’essais complémentaires« 

– En septembre 2012, Areva a proposé à l’ASN de réaliser des essais destructifs de traction et de résilience sur la calotte supérieure d’une cuve fabriquée à l’avance pour les EPR qui devaient être vendus aux USA… et qui n’ont jamais vu le jour !

Les révélations de Radio-France de ce jour ne font que confirmer (l’Observatoire du nucléaire évoquait ces faits dès avril 2015 : http://bit.ly/2nmbZrq ) que l’ASN, EDF et Areva savaient de longue date – au moins depuis 2005 – que les forges du Creusot allaient probablement produire des pièces défectueuses

Si la culpabilité d’Areva (sensée fabriquer des pièces conformes) et celle d’EDF (sensée vérifier la conformité des pièces) est évidente, celle de l’ASN ne l’est pas moins puisque, parfaitement informée de ces graves problèmes, elle a néanmoins autorisé EDF à installer la fameuse cuve dans l’EPR en chantier à Flamanville.

Cette autorisation donnée en décembre 2013 pèse aujourd’hui de façon terrible puisque, en trois ans et demi jusqu’à aujourd’hui, et malgré ses incompétences, EDF a poursuivi le chantier autour de la cuve qui ne peut désormais être extraite qu’au prix de la destruction partielle du réacteur !

Qui plus est, EDF n’a plus le temps avant la fin du chantier – qui touche tant bien que mal à sa fin avec 7 ans de retard ! – de faire fabriquer une autre cuve (si possible conforme !), alors qu’il en était encore temps fin 2013. L’ASN est donc totalement coupable de la situation inextricable dans laquelle elle se trouve aujourd’hui.

En effet, il est évident que l’ASN n’est pas en capacité de résister à la pression d’EDF et de l’État, au chantage à l’emploi, aux accusations de porter gravement tort à l’industrie et l’image de la France si elle prenait la seule décision acceptable, à savoir recaler la cuve de l’EPR.

Il faut d’ailleurs ajouter que l’ASN a de la même façon accepté l’exportation des deux cuves vendues à la Chine et installées le 5 juin 2012 et le 30 octobre 2014 dans les réacteurs EPR en construction à Taïshan : recaler la cuve de Flamanville impliquerait de recaler aussi ces deux autres cuves, avec les conséquences que l’on devine en terme financier et géopolitique, ce qui achève de rendre impossible la décision par l’ASN d’invalider la cuve de l’EPR.

Il est donc désormais avéré que la décision concernant l’avenir de la cuve de l’EPR (et de fait des deux cuves livrées aux Chinois) ne peut et ne doit en aucun cas être prise par l’ASN. Il est tout aussi évident que ce n’est pas le personnel politique qui est en capacité de prendre ses responsabilités : il serait très étonnant que, pour la première fois depuis 50 ans, la majorité des députés qui vont être élus en juin prochain ne soit pas comme toujours soumise au lobby nucléaire.

Par ailleurs, le Conseil d’État a démontré cet hiver son incapacité à prendre des responsabilités puisque, saisi en urgence par l’Observatoire du nucléaire, il a laissé l’ASN autoriser EDF à redémarrer des réacteurs défectueux (dotés de pièces mal fabriquées par Areva mais aussi par le fournisseur japonais JCFC) au simple motif qu’il faisait froid et qu’il fallait produire plus d’électricité.

L’Observatoire du nucléaire attend que sa plainte soit instruite avec la plus grande implication par la justice pénale et civile et que les « responsables » d’EDF, d’Areva et de l’ASN soient mis hors d’état de nuire. À défaut, la population pourrait être contrainte de prendre elle-même les mesures nécessaires pour assurer sa sécurité.

http://www.observatoire-du-nucleaire.org/spip.php?article326

Mar 31

CUVE DE L’EPR DE FLAMANVILLE : L’INCROYABLE LÉGÈRETÉ D’AREVA ET EDF

Cuve EPR le CreusotLa forge du Creusot est dans le collimateur de l’industrie nucléaire pour avoir fabriqué des pièces douteuses. Des documents prouvent qu’EDF et Areva étaient alertées dès 2005.

Jamais l’industrie nucléaire française n’avait connu un tel scandale. Et cette affaire qui remet en cause toute la chaîne de contrôle d’une filière déjà ébranlée par la catastrophe de Fukushima. La forge du Creusot a fourni des pièces non conformes à la réglementation à plusieurs centrales. Parmi elles, la cuve de l’EPR de Flamanville qui attend toujours d’être validée par l’Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN). Pourtant, deux documents obtenus par France Inter, et plusieurs témoignages démontrent qu’EDF et Areva avaient été alertées dès 2005 des dysfonctionnements de cette usine. Malgré cela, les deux industriels ont continué à lui confier des fabrications sensibles.

La forge du Creusot est un morceau de l’histoire de la sidérurgie française. Installée depuis le XVIIIe siècle au cœur de la cité bourguignonne, elle a fabriqué des centaines de pièces qui ont équipé depuis les années 1960 les centrales nucléaires du monde entier. Mais elle a aussi connu une histoire récente mouvementée. Emportée dans la tourmente de la faillite de Creusot Loire en 1984, l’usine a failli disparaître plusieurs fois. En 2003, elle tombe dans l’escarcelle d’un homme d’affaires : Michel-Yves Bolloré. Le frère aîné de Vincent (qui a refusé de répondre à nos questions) n’est pas à proprement parler passionné par la sidérurgie, témoigne René Dumont, qui dirigeait la forge à l’époque :

L’objectif de Bolloré était financier, il n’était pas spécialement technique. Je n’ai pas pu lui faire parler de stratégie industrielle.

De nombreux cadres désertent alors la forge. Au Creusot, on voit arriver de nouveaux sous-traitants, qui ne connaissent pas toujours bien le métier. L’usine connaît alors de nombreux problèmes de fabrication : pièces rebutées, suivi de la qualité défaillant… Comme l’ont déjà révélé nos confrères de l’Obs (article abonnés), les bâtiments sont mal entretenus et la forge s’éloigne peu à peu des standards extrêmement élevés requis par le nucléaire. Or, Areva et EDF étaient informés de cette situation. En témoignent deux courriers de l’ASN à l’électricien, jamais publiés jusqu’à aujourd’hui. Le premier remonte au 16 décembre 2005, presqu’un an avant la fabrication des éléments de la cuve de l’EPR. Il pointe du doigt les problèmes de qualité que rencontre le site bourguignon.

Enquête Secrets d’Info de Sylvain Tronchet 

Pour écouter et voir une vidéo révélatrice (1mn23s) et accéder aux principaux documents de 2005 et 2006 : https://www.franceinter.fr/sciences/cuve-de-l-epr-de-flamanville-l-incroyable-legerete-d-areva-et-edf

Mar 31

LE COURAGE EST ESSENTIEL POUR LE TRAITÉ D’ABOLITION DES ARMES NUCLÉAIRES

ONUDes applaudissements ont fusé en début de journée lorsque la Présidente de la conférence de négociation d’un traité d’abolition, des armes nucléaires, l’ambassadrice Elayne Whyte du Costa Rica, a ouvert les débats. D’autres applaudissements ont retenti à la fin de cette journée lorsqu’elle a clôturé la séance. Il est clair que les diplomates autant que les militants se passionnent pour ce traité.

Ils ont raison. Comme l’ambassadrice Patricia O’Brien d’Irlande l’a déclaré, il s’agit d’une « charnière dans nos relations internationales, une occasion de de revoir le passé et d’honorer les témoignages qui nous en viennent, pour décider du genre de temps présent dans lequel nous voulons vivre et de l’héritage que nous laisserons aux générations futures ». Elle a souligné que « Nous ne sommes pas en train d’écrire un nouveau traité complémentaire, mais saisissons l’occasion d’écrire une nouvelle histoire et, ce faisant, de créer un futur nouveau, plus stable, plus sûr et plus égal pour tous. »

C’est l’essentiel du traité d’abolition. Il est négocié sur les bases du courage et de l’espoir et non sur celles de la peur et l’inégalité. C’est l’acte d’États et de sociétés civiles se rassemblant pour tenir tête au pouvoir et à la violence, disant « ça suffit, nous allons créer un monde différent, que cela vous plaise ou non ».

La première journée de négociations n’aurait pu mieux se passer. De nombreuses délégations ont exprimé d’éloquentes explications relatives à leur croyance en ce traité et les espoirs qui s’y fondent. Plusieurs ont souligné en détail (souvent pour la première fois) ce qu’elles considèrent comme leur champ d’application préféré pour le traité, en termes d’interdictions, éclairant mieux que jamais les possibilités de cet instrument. Une grande majorité de pays veut clairement un traité d’abolition complet et puissant, couvrant une vaste gamme d’activités liées aux armes nucléaires, ménageant de la place pour de futures négociations sur le désarmement nucléaire et les mesures de vérification associées.

Cet espace adresse un signal aux États possédant l’arme nucléaire, de notre foi en ce traité. Il signifie que nous croyons qu’il sera efficace dans sa transformation normative, légale, politique, économique et sociale de l’ordre nucléaire mondial et aidera à les forcer à éliminer leurs armements génocidaires.

La plupart d’entre nous – qu’ils soient diplomates, militants, scientifiques – avons dû vivre dans l’espace créé pour nous par les États dotés de l’arme nucléaire, qui ont décidé qu’ils ont le pouvoir et l’autorité de déterminer quand et où ils élimineront leurs armes nucléaires. Jusqu’ici leurs obligations et engagements se réduisent à néant et à présent, l’un des États possédant les plus grands arsenaux reconsidère s’il pense même que le désarmement est un « objectif réaliste » qui sera poursuivi, ne fût-ce qu’en qualité d’engagement rhétorique. Ces États ont contrôlé le discours et même l’essentiel de la science durant si longtemps, que la plupart des gens dans le monde croient qu’ils disposent du droit et de la légitimité d’agir ainsi.

Mais ce n’est pas le cas.

Le lundi, un représentant du régime Trump a quitté la salle de l’Assemblée Générale pour rabaisser les participants négociant ce traité. L’ambassadeur américain aux Nations Unies, censément la voie principale du multilatéralisme et de la recherche de la coopération à la paix et la sécurité, a dénoncé les négociations et insinué que les États négociant ce traité ne devaient pas avoir la sécurité de leurs citoyens à l’esprit.

C’est bien entendu l’inverse qui est vrai. Ce traité, et plus généralement la recherche du désarmement nucléaire, n’a d’autre but que de préserver les civils du danger. La grande majorité des gouvernements reconnaît que les armes nucléaires représentent un risque pour les êtres humains et l’environnement partout dans le monde. Les armes nucléaires « ne forment pas une dissuasion utile » a déclaré l’ambassadeur Walton Webson d’Antiqua et Barduda au nom de la communauté caraïbe. Au contraire, celles-ci « cultivent un état d’insécurité et de fausse défense qui ne fait qu’accroître les risques de prolifération, avec un impact dévastateur pour nous tous. » Ainsi, l’abolition des armes nucléaires, selon Alfredo Labbe du Chili, est une « initiative libératrice » nous libérant de la menace nucléaire et non une menace à l’égard des États actuellement dotés de l’arme nucléaire. Les États qui ont acquis l’arme nucléaire, plaide-t-il, sont « captifs du piège faustien de la dissuasion nucléaire, » c’est un moyen de les aider à en sortir.

Il est certainement préférable de les aider maintenant plutôt que d’attendre que des armes nucléaires explosent, par accident ou volontairement. Ainsi que l’a déclaré l’ambassadeur autrichien Alexander Marschik, attendre une catastrophe nucléaire n’est pas une stratégie. Nous devons interdire les armes nucléaires dès à présent.

Ces dernières années, ceux qui préconisent l’abolition des armes nucléaires ont entendu dire qu’ils ne sont pas réalistes ou qu’ils ne comprennent pas les « dimensions de sécurité » des armes nucléaires. Des échos de cette thèse se sont rappelés lors du sit-in orchestré par certains États nucléaires à l’extérieur de la salle de conférence le lundi matin. Mais nous ne sommes ni irréalistes ni ignorants des dimensions de sécurité. Nous adoptions juste une perspective différente – une perspective fondée dans ce que l’ambassadeur Mr Amr Aboulatta d’Égypte a décrit comme « une sécurité collective par opposition à une sécurité sélective»

Nous comprenons aussi comme le changement se met en place. Il survient « quand l’inconfort de faire quelque chose de nouveau devient inférieur à celui ressenti à maintenir les choses en l’état », ainsi que l’a déclaré l’ambassadrice O’Brien. Un traité d’abolition des armes nucléaires met déjà mal à l’aise, de plus en plus, les États nucléaires et les États se reposant sur la défense nucléaire. Le processus de développement de ce traité, ainsi que son adoption et son entrée en vigueur, auront un effet de transformation sur les politiques et pratiques relatives aux armes nucléaires.

C’est seulement une question de temps.

Article de Ray Acheson

https://www.pressenza.com/fr/2017/03/abolition-armes-nucleaires-courage-essentiel-traite-dabolition/

Source originale (en anglais) : http://us3.campaign-archive1.com/?u=c9787c74933a00a9066ba32d5&id=2165a7ce37&e=a701640cfc#

 

Mar 30

LA FILIÈRE NUCLÉAIRE EN CRISE PARTOUT DANS LE MONDE

nucléaire en criseEn vidéo sur RTL

Le plus grand constructeur mondial de réacteurs nucléaires, l’Américain Westinghouse, se déclare en faillite. C’est plus qu’une affaire financière ou une péripétie industrielle.

Cet effondrement devrait provoquer une onde de choc plus importante encore que l’écroulement d’Areva. Il va renforcer une analyse de plus en plus répandue, selon laquelle le cycle de l’énergie nucléaire dans les grands pays occidentaux est dans l’impasse. Le business des réacteurs de la troisième génération, qui se doivent d’être plus sûrs et donc plus complexes et coûteux, n’est économiquement plus tenable. En France, l’EPR aura englouti Areva, achevé Alstom et sérieusement fragilisé EDF. Aux États-Unis, son équivalent (l’AP 1000) aura eu la peau du principal constructeur mondial. L’industriel, qui a installé 90 réacteurs dans le monde et dont la technologie irrigue la quasi-totalité du parc électronucléaire français, croule sous 10 milliards de dette.
Est-ce le début de la fin du nucléaire ? Il est trop tôt pour l’affirmer. Mais un rapide coup d’œil sur le paysage industriel monstre que l’avenir n’est pas très porteur.

L’autre Américain, General Electric, comme le Japonais Hitachi, sont en mode pause. Le suédois ABB et le Canadien Candu ont tiré le rideau.

En Europe, l’Allemand Siemens, longtemps partenaire et co-concepteur de l’EPR a abandonné la filière nucléaire pour sauver sa peau. Il n’y plus finalement que la Chine, la Russie et la Corée du Sud pour animer encore le marché et les commandes de cette source d’énergie.

La filière française est-elle aussi condamnée ?

Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’elle n’est pas en grande forme. Mais le sujet est totalement absent des programmes présidentiels. À peine sous forme de déclaration d’intention et de pourcentages d’électricité d’origine nucléaire à des horizons qui débordent largement plusieurs quinquennats.

Jamais sous l’analyse d’une activité de souveraineté économique et technologique avec ses atouts, ses contraintes, les compétences, mais aussi les réserves nécessaires à sa bonne marche.

Pour voir et réécouter cette vidéo de RTL : http://www.rtl.fr/actu/conso/la-filiere-nucleaire-en-crise-partout-dans-le-monde-7787877957

Mar 30

EDF MET EN PÉTARD LE GENDARME DU NUCLÉAIRE

EDF met en pétardL’électricien vient de se prendre une nouvelle bordée d’engueulades de la part de l’Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN). En cause cette fois : la qualité et l’entretien des enceintes bétonnées où sont enfermés les cœurs des réacteurs nucléaires de Paluel et du Bugey. Dans deux « lettres de suite », datées des 14 et 22 mars, le gendarme du nucléaire reproche à l’électricien d’avoir traité par-dessus la jambe des désordres qui, à terme, pourraient s’avérer dangereux pour la sûreté.

À Paluel (Seine Maritime) les contrôleurs de l’ASN déplorent, dans leur habituel langage châtié l’absence d’« un processus qualité plus rigoureux ». En clair, EDF a travaillé comme un cochon. En zone nucléaire, la moindre fissure ou la plus petite perte d’étanchéité doit être répertoriée, sa dangerosité analysée et sa réparation planifiée. Mais dans cette centrale, la « rédaction de plusieurs dizaines d’analyses de nocivité des défauts » reste bloquée dans le stylo de l’exploitant. Déjà, en 2013 pour le même motif, les patrons de la centrale s’étaient fait sonner les cloches par l’Autorité de Sûreté. En vain…

Plus ennuyeux, des réparations prévues de longue date n’ont jamais été effectuées. Ainsi une conduite esquintée attend depuis 2012 d’être raccommodée. Les travaux auraient dû avoir lieu avant la fin de 2016, mais aucune échéance n’a été fixée.

Les inspecteurs ont également grimpé sur les toits du bâtiment qui abrite le réacteur à l’arrêt depuis la chute spectaculaire, le 31 mars 2016, d’un générateur de vapeur de 465 tonnes. Les envoyés de l’ASN sont redescendus effarés sur le plancher des vaches. Ils sont tombés ici sur des supports métalliques « en état de corrosion important », là sur des échafaudages dangereux pour la sécurité des piscines nucléaires. Enfin, ils ont découvert des risques d’accumulation d’eau sur le bâtiment destiné à stocker le combustible « neuf ».

Béton mité

Leurs collègues chargés de passer le réacteur numéro 5 de Bugey (Ain) au peigne fin n’ont pas été, eux non plus, déçus du voyage. À cause de vilains petits trous mitant son enceinte de confinement en béton, ce réacteur est à l’arrêt depuis 2015. Si les réparations se déroulent aujourd’hui sans trop des problèmes, les inspecteurs en revanche ont déniché d’autres dégâts non déclarés par EDF. Ils sont aussi tombés sur des « entrées d’eau ruisselant » dans des locaux situés « en zone contrôlée » c’est-à-dire potentiellement exposée aux radiations. Pour l’ASN, ce problème pourrait (si l’on ne s’y attaque pas) mettre en péril le « confinement des substances radioactives ». Santé !

Plus stupéfiant encore : les ingénieurs de l’Autorité de sûreté ont découvert (toujours en zone contrôlée) « 20 étais » censés supporter un plafond en béton qui, en raison d’« une fissure significative » menaçait de s’effondrer. Une fois de plus, aucune analyse de cet incident et de ses possibles conséquences n’a été menée par EDF.

La nouvelle est d’autant plus rassurante que la centrale du Bugey se trouve dans une zone de risque sismique assez élevé. De quoi transformer les étais et une partie de la centrale en grand jeu de chamboule-tout atomique…

Article d’Hervé Liffran, Le Canard Enchainé le 29 mars 2017

https://app.box.com/s/herjth4p205luv50fpc1f1xa8sldwwe4

Mar 29

PYONGYANG S’APPRÊTERAIT À ENCLENCHER SON SIXIÈME ESSAI NUCLÉAIRE

CoréeL’analyse des dernières images satellites du principal site d’expérimentations atomiques de la Corée du Nord témoigne d’un regain d’activités. Les chancelleries d’Asie sont en alerte.

Les chancelleries d’Asie sont en alerte depuis la publication de plusieurs rapports suggérant que le régime nord-coréen est sur le point d’enclencher son sixième essai nucléaire en dépit des mises en garde fermes des grandes capitales. Selon le think tank américain « 38 North », rattaché à la Johns Hopkins University, l’analyse des dernières images satellites du principal site d’expérimentations atomiques de la Corée du Nord témoigne d’un regain d’activités similaire aux mouvements traditionnellement repérés avant chaque essai.

En décortiquant des clichés pris samedi dernier, les experts de « 38 North », Joseph S. Bermudez et Jack Liu ont notamment repéré sur le site de Punggye-ri, au nord du pays, la présence de véhicules et de remorqueurs pouvant être utilisés pour déplacer une charge nucléaire ainsi que la mise en place de câbles de communication jusqu’au tunnel, où sont habituellement conduits les essais nucléaires. De l’eau est aussi pompée hors du tunnel avant d’être évacuée en aval, « sans doute pour que le tunnel reste à sec dans le but d’accueillir du matériel de contrôle ou de communication », ajoutent les analystes sur leur site dédié. « La conjonction de ces facteurs laisse fortement penser que des préparatifs d’essai sont en cours, englobant l’installation du matériel », écrivent-ils, avant de noter que ces activités ne permettent toutefois pas de proposer un calendrier clair de la prochaine explosion.

Ces commentaires viennent conforter les analyses faites par les gouvernements sud-coréen et américain qui estiment, eux aussi, que Pyongyang va très prochainement procéder à un nouvel essai nucléaire. Ils notent que plusieurs dates symboliques de la propagande nord-coréenne pourraient être, en avril, l’occasion d’un essai retentissant. Le 15 avril, le pays célèbrera, par exemple, le « Jour du Soleil » qui marque l’anniversaire de la naissance de Kim Il-sung, le « fondateur » du régime autoritaire décédé en 1994. «Nous évaluons que la Corée du Nord est capable de procéder à un test nucléaire dans les heures qui suivront l’ordre de Kim Jong-un», avait confié, en fin de semaine dernière, un officiel du ministère de la Défense sud-coréen à l’agence de presse Yonhap. «Nous surveillons de très près les installations liées aux activités nucléaires avec des moyens combinés Corée du Sud-États-Unis.», avait-il précisé.

Depuis l’arrivée à la tête du pouvoir, fin 2011, de Kim Jong-un, la Corée du Nord a considérablement accéléré la fréquence de ses essais nucléaires. Sous l’ensemble du règne de Kim Jong-il, seules deux explosions avaient été enclenchées. Son fils a déjà validé trois essais, dont deux l’an dernier, et semble déterminer à permettre à son armée de disposer rapidement de charges nucléaires miniaturisées susceptibles d’être installées sur des missiles balistiques intercontinentaux (ICBM). Le jeune dictateur est convaincu que la maîtrise de cette arme nucléaire conforterait la stratégie de dissuasion du régime et permettrait de prévenir toute intervention armée des États-Unis contre Pyongyang.

Ayant intégré cette logique, les États-Unis s’interrogent aujourd’hui sur leurs capacités à stopper ces développements militaires en Corée du Nord. Officiellement, l’administration Trump, qui travaille actuellement à la mise d’un durcissement des sanctions mises en place contre Pyongyang, n’a pas exclu la possibilité d’une action militaire contre le régime avant qu’il ne finalise la conception de ces armes. Une option qui est toutefois vivement rejetée par ses alliés sud-coréen et japonais. Séoul et Tokyo estiment qu’aucune intervention n’est désormais en mesure d’assurer l’éradication totale de l’ensemble des capacités balistiques de l’armée nord-coréenne. Disposant de dizaines de lanceurs mobiles, Pyongyang pourra toujours réagir après une éventuelle agression américaine et frapper lourdement des cibles en Corée du Sud ou au Japon avec des missiles conventionnels
https://www.lesechos.fr/monde/asie-pacifique/0211925010588-cette-nuit-en-asie-pyongyang-sappreterait-a-enclencher-son-sixieme-essai-nucleaire-2076072.php#ZXz5zxfcV5R2jw7e.99

Mar 29

FRANCE: LE NUCLÉAIRE EN PLEINE DÉPRIME

Nucléaire déprimeAUDIT DE LA FRANCE – À la suite de la quasi-faillite d’Areva, la mise en œuvre de la restructuration s’avère complexe et le marché reste difficile.

« Il y a trop de chantiers sur la table. » La refondation de la filière nucléaire a mobilisé l’exécutif pendant la moitié du quinquennat, mais le travail qu’il reste à faire décourage cet élu CFDT. Mi-2015, l’Élysée a acté, après six mois de débats et une perte nette de près de 5 milliards d’euros pour Areva, le schéma d’une « refondation » de la filière tricolore : le concepteur de l’EPR va se recentrer sur la fourniture et le retraitement du combustible nucléaire (alias « NewCo »). EDF, désigné chef de file, va reprendre les activités de fabrication et de services d’Areva (alias « New NP »), ainsi que ses ingénieurs chargés de concevoir les futurs modèles de réacteurs. Quant à l’État, il se charge des dossiers à risques (l’EPR finlandais, les problèmes de l’usine du Creusot…). La « filière d’excellence », qui a fait de la France le deuxième parc nucléaire mondial (derrière les États-Unis, avec 58 réacteurs) en lui fournissant plus des trois-quarts de son électricité, fait l’objet d’un consensus politique : Areva a supprimé sans crise sociale 3.000 postes en France en deux ans, un record pour une entreprise publique.

Mais « le temps long du nucléaire » n’est pas une légende : presque trois ans après la feuille de route de l’Élysée, la restructuration n’est pas achevée, et l’augmentation de capital de 5 milliards d’Areva est encore suspendue à un feu vert de l’Autorité de sûreté nucléaire sur la qualité de la cuve de l’EPR en construction à Flamanville (Manche), attendu d’ici fin juin. Industriellement, la filière est plus que fragilisée. L’Autorité de sûreté nucléaire a (tardivement) mis au jour des « irrégularités » dans les dossiers de fabrication d’Areva à son usine du Creusot (Saône-et-Loire), dont les conséquences juridiques et commerciales ne sont pas encore circonscrites. Et l’industriel a toutes les peines à respecter la réglementation exigeante de l’Autorité. Résultat : Areva va sous-traiter au japonais JSW une bonne partie des équipements qu’il devait fabriquer pour le premier EPR britannique.

Et si le nucléaire a pour atout une production sans émission de CO2, le marché est chancelant. La consommation d’électricité stagne en France comme en Europe, sous l’effet des mesures d’efficacité énergétique et de la désindustrialisation. Le développement du solaire et de l’éolien a fait chuter le prix de marché de l’électricité, réduisant les marges d’EDF, au moment où il y est davantage exposé (en raison de la fin d’une partie des tarifs réglementés).

L’électricien public, dont le chiffre d’affaires a cédé 5 % et le résultat net courant 15 % l’an dernier, doit à son tour lever 4 milliards d’euros (et récupérer autant en dividendes souscrits en actions nouvelles par l’État) pour financer ses investissements et renforcer ses fonds propres. Le marché n’est pas meilleur pour Areva (-13 % pour les équipements et services, -3,7 % pour le combustible) : l’accident de Fukushima, en 2011, a amplifié les surcapacités mais aussi relevé les exigences de sûreté, imposant à la filière des investissements qui s’ajoutent aux programmes de jouvence nécessaires pour prolonger le parc en exploitation.

« Business model »

Les enjeux de long terme ne sont pas moins complexes. La filière n’a encore ni produit, ni « business model » pour renouveler le parc français. Alors que les quatre EPR en chantier dans le monde devraient entrer en service entre 2017 et 2019 (après quatre à dix ans de retard chacun), EDF planche sur un nouveau modèle de réacteur, pour le rendre moins coûteux. Il faudra aussi inventer une nouvelle régulation (prix garantis, taxe carbone…) pour trouver des financements. Et EDF prépare le terrain à une coopération avec la Chine, voire le Japon.

Face à ces enjeux, le dossier de la fermeture de la centrale de Fessenheim (Haut-Rhin), promise par François Hollande en 2012, apparaît presque comme un épiphénomène. EDF a œuvré pour retarder l’échéance, désormais liée à la mise en service de l’EPR de Flamanville. Mais Fessenheim montre que la transition énergétique sera plus compliquée que prévue.
https://www.lesechos.fr/elections/audit-de-la-france/0211859798029-le-nucleaire-en-pleine-deprime-2075696.php#TUDjlB0GRBMRzHOA.99

Mar 29

PLOMBÉ PAR DEUX CENTRALES NUCLÉAIRES AUX ÉTATS-UNIS, WESTINGHOUSE A DÉPOSÉ SON BILAN

Westinghouse38 ans jour pour jour après la catastrophe de Three Mile Island, le nucléaire aux États-Unis reste maudit.

Le conseil d’administration de Toshiba a approuvé le placement sous le régime des faillites du groupe nucléaire américain Westinghouse Electric, rapporte mercredi le journal Nikkei, confirmant les informations de la presse américaine et japonaise qui parlait de l’imminence de l’annonce d’un dépôt de bilan de la filiale de Toshiba établie à Pittsburgh (Pennsylvanie). Westinghouse tente ainsi de limiter l’impact pour le géant japonais de sérieuses difficultés rencontrées lors de sa construction de deux centrales nucléaires pour le compte de l’opérateur Scana à Summer en Caroline du sud et la seconde pour Southern Co. à Vogtle en Géorgie, ont accumulé plus de trois années de retard.

La nouveauté de la technologie et divers problèmes de construction ont déjà forcé Westinghouse à reconnaître une charge comptable de plus de 6 milliards de dollars en février. Le patron du groupe japonais a en outre démissionné alors que Toshiba s’est résolue à vendre un de ses joyaux: ses activités de semi-conducteurs.

En faisant appel à la protection du chapitre 11 du code des faillites, Westinghouse va engager des négociations complexes avec ses créanciers et ses clients. Les gouvernements du Japon et des États-Unis seront impliqués dans la mesure où les montants en jeu sont énormes. En outre le Département américain de l’énergie a prêté 2, 6 milliards de dollars à Southern Co. pour son projet. Si cette dernière devait abandonner le réacteur avant qu’il soit achevé, il lui faudra rembourser la somme à l’oncle Sam. «Nous allons exprimer discrètement au niveau de notre administration la préoccupation que si diverses choses venaient à mal se passer, nous avons potentiellement un problème de sécurité nationale dans cette affaire» indiquait mardi soir un responsable officiel américain.

Dommages et intérêts

Pour Scana les surcoûts de construction dépassent à ce jour 5 milliards de dollars, tandis que pour Southern Co. ils sont de plus de 3 milliards de dollars au-delà du budget. Or il pourrait falloir dépenser 8, 5 milliards de dollars de plus pour achever les deux réacteurs. Les deux sociétés pourraient chacune décider d’en finir elles-mêmes la construction et exiger des dommages et intérêts à Westinghouse. L’abandon du chantier poserait problème dans la mesure où les coûts déjà engagés ne pourraient alors plus être pris en compte par l’exploitant dans ses tarifs. Selon la banque Morgan Stanley, ce seul risque représenterait plus d’un tiers des profits de Scana et 7% de ceux de Southern Co.

L’affaire apporte un argument de plus à ceux qui pensent que l’énergie nucléaire n’est plus viable pour des projets civils aux États-Unis. La forte chute des cours du gaz a rendu les turbines à gaz bien plus rentables que les centrales atomiques, alors que, de même que les coûts de construction, les délais d’autorisation, et les risques d’exploitation n’ont jamais été aussi dissuasifs.

Les réacteurs de Summer et Vogtle constituaient les premières commandes de centrales aux États-Unis depuis 1979. C’est en effet il y a 38 ans jour pour jour que la centrale de Three Mile Island en Pennsylvannie a frisé le «meltdown».

La peur d’autres incidents, relancée par le drame de Fukushima en 2011, la réticence des banques privées à financer des projets aussi coûteux et incertains et enfin la chute des prix de l’énergie fossile, ont plombé le secteur bien que l’Amérique compte encore 99 réacteurs nucléaires dans 30 États dont l’âge moyen dépasse 30 années. Le nucléaire, peu populaire aux États-Unis, représente néanmoins près de 19% de l’approvisionnement en électricité du pays.

Article rédigé par Pierre-Yves Dugua le 29 mars 2017

http://www.lefigaro.fr/societes/2017/03/28/20005-20170328ARTFIG00361-plombe-par-deux-centrales-nucleaires-aux-etats-unis-westinghouse-depose-son-bilan.php

 

Mar 29

LE JAPON ABSENT DES NÉGOCIATIONS ANTI ARMES NUCLÉAIRES

JaponAlors que les Nations Unies viennent de lancer une conférence sur l’abrogation des armes nucléaires, à New-York le 27 mars, le Japon a annoncé qu’il ne participerait pas à la rencontre. En cause, l’absence des grandes puissances nucléaires autour de la table des discussions.

Nobushige Takamizawa, ambassadeur du Japon à la Conférence des Nations Unies sur le désarmement nucléaire, a déclaré que Tokyo ne participerait pas aux discussions puisque les États-Unis, la France, la Chine ou encore la Russie ne figureront pas autour de la table des négociations. Leur présence étant indispensable pour entamer un éventuel désarmement, le Japon ne croit pas à une réelle avancée.

Plus de 100 pays ont voté l’ouverture de discussions pour un monde sans arme nucléaire. Un vœu qui serait appréciable pour l’ambassadrice américaine Nikki Haley, mais irréaliste face à des menaces grandissantes telles que la Corée du Nord. « Nos pays continuent de s’appuyer sur la dissuasion nucléaire pour la sécurité et la stabilité », a également déclaré le représentant permanent adjoint français, Alexis Lamek.

Article de Mélanie Alves – sources : The Mainichi, The Asahi Shimbun.

http://www.japoninfos.com/le-japon-absent-des-negociations-anti-armes-nucleaires.html

Mar 29

EDF DEVRAIT VALIDER LA FERMETURE DE FESSENHEIM LE 6 AVRIL

FessenheimUn conseil d’administration d’EDF devrait valider le 6 avril prochain la fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim (Haut-Rhin) selon le Canard enchaîné.

Un conseil d’administration d’EDF devrait valider le 6 avril prochain la fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim (Haut-Rhin), rapporte Le Canard Enchaîné dans son édition datée de mercredi.

Deux sources au fait du dossier ont confirmé à Reuters qu’un conseil d’EDF était prévu le 6 avril, soit environ deux semaines avant le premier tour de l’élection présidentielle, précisant toutefois que l’ordre du jour de la réunion n’était pas encore fixé. L’électricien public n’a pas commenté ces informations dans l’immédiat.

EDF a approuvé fin janvier un accord prévoyant son indemnisation par l’État pour une fermeture anticipée de Fessenheim, rappelant toutefois que celle-ci nécessitait un décret abrogeant l’autorisation d’exploiter la centrale, pris à la demande du groupe et qui prendrait effet lors de la mise en service de l’EPR de Flamanville (Manche).

La mise à l’arrêt des 2 réacteurs fin 2018

Depuis, EDF a en outre obtenu les conditions auxquelles il subordonnait sa demande de fermeture de Fessenheim, à savoir des autorisations nécessaires à la poursuite de la construction de l’EPR de Flamanville et de l’exploitation de Paluel 2 (Seine-Maritime), ainsi que la confirmation par Bruxelles de la conformité du protocole d’indemnisation.

D’abord promise par François Hollande pour 2016, la mise à l’arrêt définitive des deux réacteurs de 900 mégawatts de Fessenheim est désormais prévue pour fin 2018, lorsque l’EPR de Flamanville entrera en service.

http://www.ouest-france.fr/economie/entreprises/edf/nucleaire-edf-devrait-valider-la-fermeture-de-fessenheim-le-6-avril-4889394

NDLR : rappelons-nous bien que ce qu’un Président a engagé (au lieu de faire de manière irréversible), un(e) autre Président(e) peut s’en dégager. Il lui suffira de ne.pas signer le décret abrogeant l’autorisation d’exploiter la centrale.

Mar 28

EPR : UNE MARGE SUPPLÉMENTAIRE POUR UN RÉACTEUR DANGEREUX

EPRCommuniqué de presse du Réseau Sortir du Nucléaire:

Par un décret lapidaire du 24 mars 2017, le gouvernement a prorogé de trois ans le délai prévu par le décret d’autorisation de création de l’EPR de Flamanville pour effectuer le premier chargement en combustible du réacteur. Le Réseau “Sortir du nucléaire“ conteste fortement cette énième concession à une industrie nucléaire en déroute et envisage d’attaquer ce décret en justice. Cher, inutile et dangereux, l’EPR doit être abandonné !

Publié le 11 avril 2007, le décret d’autorisation de création de l’EPR de Flamanville spécifiait que le premier chargement en combustible du réacteur devait être effectué dans les dix ans à compter de cette date. À défaut, il serait caduc et EDF devrait initier une nouvelle procédure comprenant une enquête publique afin d’obtenir un nouveau décret d’autorisation de création.

Depuis, retards et malfaçons se sont accumulés, tout comme les éléments accablants sur les défauts de l’EPR. Risque d’explosion de vapeur lié à la conception du « récupérateur de corium », vulnérabilité au crash d’un avion de ligne, mode de pilotage susceptible de favoriser les accidents, sans compter les défauts de la cuve qui est déjà installée et impossible à démonter : à ce jour, de nombreux problèmes n’ont toujours pas trouvé de parade.

Dix ans après, le réacteur, qui a vu ses coûts tripler (NDLR : et même plus !), n’est toujours pas achevé. La logique imposerait d’abandonner ce projet inconstructible et dangereux. Mais le gouvernement a préféré proroger ce délai de trois ans par décret, en vertu d’une piteuse concession faite à EDF pour lever l’une des étapes en vue de la fermeture de Fessenheim.

Achever l’EPR… à quel prix ?

Au vu du retard sur le chantier et des nombreux problèmes toujours pendants (dont en premier lieu la défectuosité de la cuve, qui devrait à elle seule interdire la mise en service du réacteur), il apparaît peu réaliste que ces trois années supplémentaires permettent son achèvement effectif.

EDF cherche-t-elle à reculer l’échéance pour éviter de regarder son fiasco en face ? Ou continue-t-elle de tabler sur une mise en service coûte que coûte pour sauver l’image de l’EPR, quitte à sauter les étapes, n’effectuer que des vérifications de façade et faire pression sur l’Autorité de sûreté nucléaire pour obtenir l’homologation de la cuve ?

Les milliards déjà engloutis ne sauraient servir de prétexte pour justifier l’achèvement à tout prix d’un réacteur aussi dangereux, dont les coûts n’ont d’ailleurs pas fini de dériver. D’autres pays, comme l’Allemagne ou l’Autriche, ont bien su arrêter à temps des chantiers de réacteurs nucléaires. Plutôt que de céder aux caprices d’une industrie à bout de souffle, en la laissant s’enfoncer encore plus, le gouvernement aurait mieux fait de mettre en œuvre une véritable transition énergétique.

Le Réseau “Sortir du nucléaire“, qui appelle les candidats à la présidentielle à mettre fin au fiasco de l’EPR, envisage de déposer un recours devant le Conseil d’État pour contester ce décret absurde.

Contact presse : Martial Chateau – 06 45 30 74 66

Chargée de communication : Charlotte Mijeon – 06 64 66 01 23

Retrouvez ce communiqué sur le site : http://www.sortirdunucleaire.org/Decret-d-autorisation-de-creation-de-l-EPR

Mar 28

« JE REFUSE D’ÊTRE INTERDIT DE TERRITOIRE »

Je refuseLes mesures d’interdiction de territoire se multiplient contre des militants. L’une a frappé Florent, à Bure, interdit de vivre dans la Meuse. Ce militant anti-nucléaire a décidé de refuser cette condamnation.

Florent a été interdit de Meuse durant l’été 2016, suite à la première occupation du bois Lejuc, à Bure (Meuse), où le projet Cigéo d’enfouissement des déchets nucléaires rencontre une vive résistance. Après être revenu clandestinement pendant six mois sur place, il décide d’assumer publiquement son geste et de ne plus participer à cette logique répressive qui criminalise les luttes.

Reporterre — Pourquoi as-tu été condamné à être interdit de territoire ?

Florent — J’ai été interpellé lors de la première expulsion du bois Lejuc, le 7 juillet 2016. Depuis trois semaines, nous occupions cette forêt pour empêcher sa destruction et le début des travaux de la poubelle nucléaire Cigéo. Des cabanes avaient été construites un peu partout, on organisait aussi des concerts, des balades botaniques… L’occupation de la forêt a été un formidable moment de rencontre et d’émancipation politique, une étape déterminante dans la lutte à Bure. Mais elle s’est finie brutalement avec l’arrivée de deux cents gendarmes mobiles et mon arrestation. Au milieu des gaz lacrymogène, des tirs de flashball et des vols d’hélicoptère.

J’ai ensuite été jugé au tribunal de grande instance de Bar-le-Duc, j’ai pris six mois de prison avec sursis et deux ans d’interdiction de territoire du département de la Meuse.
Comment as-tu vécu cette décision ?

Cela a été un choc ! Tu te retrouves, du jour au lendemain, isolé et exclu. L’interdiction de territoire est une arme politique d’une violence inouïe : on te sort subitement du lot, tu es coupé de tes camarades. Tu n’as plus le droit d’aller là où il y a ce qui te meut et te fait vivre. Des gestes simples sont criminalisés, comme fréquenter la Maison de résistance à Bure, voir des ami.e.s, passer la frontière du département. Et puis, tu te sens seul dans ta peine, complètement atomisé avec un statut de prévenu.

L’État et la justice le savent, il n’y a rien de plus efficace pour briser une lutte de territoire que d’en priver l’accès. En m’interdisant d’être ici, on m’interdit d’être un opposant à Cigéo. Car notre combat ne se résume pas à des manifestations ou des actions coups de poing, ponctuelles et éphémères. Il s’inscrit d’abord dans un quotidien, sur le temps long. Il se nourrit des liens que l’on tisse avec des habitants et des paysans du coin. En étant interdit de Meuse, on m’empêche finalement d’habiter la lutte. Je ne peux plus tracter dans les villages, je ne peux plus sentir l’environnement qui m’entoure. Pourtant, c’est essentiel, on ne se bat pas ici abstraitement ! Il y a quelque chose de l’ordre du sensible, un attachement au pays, aux gens et à la nature que l’on défend.
N’y a-t-il pas de l’autodiscipline dans l’interdiction de territoire ?

Oui, on t’oblige à intérioriser la répression. Tu deviens ton propre geôlier. C’est pervers. Si tu décides de revenir sur place, tu dois évaluer toi-même les risques. La sanction, c’est toi qui te l’appliques. On l’inscrit dans ta tête et elle agit comme de l’autocensure. Est-ce que je peux venir ce week-end ? Est-ce que le territoire n’est pas trop militarisé ? Y a-t-il des amis pour m’accueillir et me cacher ? C’est une position intenable.
Tu as donc décidé de refuser l’interdiction de territoire.

Je souhaite poser publiquement et médiatiquement cet enjeu. Je refuse politiquement de me soumettre à ce dispositif, qui révèle les dérives autoritaires de l’État. D’abord pensé dans le cadre des violences sexuelles, puis de l’antiterrorisme, l’interdiction de territoire s’est déplacée dans le champ du mouvement social et criminalise désormais les manifestants contre la loi Travail, les militants No Border, les classes populaires, les supposés djihadistes ou les opposants aux grands projets inutiles et imposés.

Je ne veux plus subir individuellement, rester sage tranquillement chez moi et vivre la lutte par procuration. Le projet Cigéo et l’Andra [Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs] sont plus que jamais mis en difficulté. La justice vient d’admettre que l’Andra avait non seulement commis un défrichement illégal mais qu’en plus le bois Lejuc avait été cédé de manière irrégulière.

Face à ces comportements mafieux, je veux dire aux technocrates et à l’État policier qui les protège : le verrou de la peur a sauté. Notre colère est légitime. Avec mes camarades de lutte, nous assumons mon refus de me soumettre à leur contrôle. C’est eux et leur projet de poubelle nucléaire qui colonisent le territoire, accaparent les terres agricoles, achètent les consciences qui devraient plutôt déguerpir.

Une présence des gendarmes constante
Concrètement, que vas-tu faire ?

Je n’ai pas l’attention de vivre en semi clandestinité, je sais qu’ils pourront m’attraper quand ils veulent. Mais je refuse de prendre ma décision en pesant les conséquences, ce serait accepter la logique de répression, l’intimidation.

Je compte retrouver un droit fondamental, celui de circuler librement, aller à la Maison de résistance à Bure, dans le bois Lejuc, chez des amis en Meuse, quand bon me semble. Je continuerai à prendre des précautions pour éviter les contrôles de gendarmes.
Cela ne va-t-il pas accroître la répression contre le mouvement ?

Peut-être… Mais la question est mal posée, ce serait rendre responsables les opposants de leur propre répression. De toute manière, la militarisation du territoire existe déjà. L’hélicoptère de gendarmerie passe chaque semaine au-dessus de Bure et les estafettes en voiture tous les jours.
Que risques-tu ?

Ayant été condamné à 6 mois de sursis, cela peut aller jusqu’à l’enfermement. Mais peu importe, je veux montrer au grand jour que la filière nucléaire ne peut se construire qu’à coups d’interdit de territoire, de répression et de violence.

C’est aussi un appel que nous lançons de Bure à tous ceux et celles qui sont confrontés aujourd’hui à ces mesures, nous devons affronter collectivement cette ignominie !

En Meuse, nous serons tous, à plus ou moins long terme, des interdits de territoire. Les villages se désertifient et avec le projet de poubelle nucléaire, les risques de pollution, c’est tous les habitants qui seront exclus de leur région.

Propos recueillis par Gaspard d’Allens

https://reporterre.net/Je-refuse-d-etre-interdit-de-territoire

Mar 28

L’USINE DE RETRAITEMENT DE LA HAGUE EST-ELLE À L’ÉPREUVE DU PIRE ?

La hagueAprès le 11 Septembre, l’ONG antinucléaire Wise avait étudié le risque d’une chute d’avion à La Hague, dont le toit n’est qu’un simple bardage métallique…

Ce n’est pas un scénario à la Fukushima qui inquiète : La Hague est édifiée sur un cap à 180 mètres d’altitude, en zone non sismique. Il faudrait plutôt craindre le double cauchemar d’un Tchernobyl causé par un 11-Septembre. «Si un avion de ligne venait à s’écraser sur un site comme La Hague, on entrerait dans un événement incidentel aux conséquences totalement imprévisibles», reconnaît à demi-mots un ancien cadre de l’atome.

Car les piscines où refroidissent une centaine de cœurs de réacteurs ne sont pas totalement «bunkérisées» : leur toit est un simple bardage métallique. Pour l’ONG antinucléaire Wise, «le danger le plus grand» vient donc des installations de La Hague «qui concentrent un inventaire de matières radioactives qui dépasse largement celui de toutes les centrales nucléaires françaises réunies».

Après le 11 Septembre, Mycle Schneider et Yves Marignac, experts de Wise-Paris, avaient rédigé un rapport dans lequel ils tentaient d’évaluer les conséquences de la chute d’un gros-porteur chargé en kérosène. Verdict : un tel événement «pourrait conduire à un relâchement de radioactivité dont l’impact équivaudrait à plusieurs dizaines de fois celui de l’accident de Tchernobyl». Précisément 67 fois le relâchement de césium 137 observé après l’accident de 1986. Soit potentiellement la plus grande catastrophe nucléaire civile de tous les temps.

«Absence de rigueur».

Missionné par l’exécutif, l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire avait conclu à l’époque que Wise s’était trompé en prévoyant que 100 % du césium serait disséminé. Le relâchement radioactif ne dépasserait «probablement pas 10 %». Une manière d’admettre qu’une telle catastrophe équivaudrait à six Tchernobyl dans un bassin de population de 2 millions d’habitants situé à moins de 300 km de Paris et Londres. L’exploitant Cogema avait dénoncé à l’époque «l’absence de rigueur scientifique» de Wise, pointant le fait que La Hague n’est pas une centrale nucléaire et que le combustible usé est «moins vulnérable».

L’exploitant vantait également la «défense en profondeur» des ouvrages bétonnés de l’usine : outre le fait que le survol de La Hague est interdit, «il serait impossible à un avion de percuter verticalement une piscine», affirmait-il. Mais l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) avait reconnu qu’«aucune installation nucléaire n’a été conçue pour résister à la chute d’un avion de ligne».

Depuis, c’est le statu quo. L’ASN n’exerce son contrôle que sur la sûreté en elle-même (elle a mené 59 inspections à La Hague en 2016). Interrogée par Libération, elle rappelle qu’elle «n’a pas compétence sur la sécurité des installations face à une attaque extérieure». La protection militaire du site est classée secret-défense et dépend du gouvernement.

Missiles. Après le 11 Septembre, l’armée de l’air avait déployé des batteries de missiles Crotale anti-aériens, plus là aujourd’hui. Mais les navires de la marine nationale sont à Cherbourg, et les Rafale de la base bretonne de Landivisiau toujours prêts à décoller. Pour Marignac, «il est aberrant que les autorités n’aient pas exigé la bunkérisation du toit des piscines depuis 2001. L’urgence est à un entreposage vraiment robuste et pérenne des déchets les plus radioactifs. Il faut bunkériser pour se donner le temps de décider si la solution Cigéo de stockage géologique est la plus sûre».

Article de Jean-Christophe Féraud, photos Adeline Keil

http://www.liberation.fr/futurs/2017/03/27/l-usine-de-retraitement-de-la-hague-est-elle-a-l-epreuve-du-pire_1558737

Mar 28

CIGÉO : LES ASSOCIATIONS MONTENT AU CRÉNEAU

CIGEOLe 23 mars, la Cour d’appel de Versailles a rendu sa décision: l’Agence nationale de gestion des déchets radioactifs (Andra) n’a pas sous-estimé le potentiel géothermique de la couche géologique censée accueillir le projet Cigéo. Ce dernier doit accueillir à 500 mètres de profondeur les déchets radioactifs les plus dangereux. Mais de nombreux recours subsistent.

La Cour d’appel de Versailles estime que « l’examen attentif » de l’argumentation du réseau Sortir du nucléaire et de cinq associations locales « ne permet pas de caractériser contre l’Andra la moindre faute ». En somme, la Cour d’appel a cette fois estimé que les associations avaient « intérêt à agir » et que leur plainte était recevable, contrairement à la première décision du Tribunal de grande instance de Nanterre en mars 2015. Néanmoins, elle rejette leur requête sur le fond.

« L’Andra se félicite de cette décision », fait savoir l’agence dans un communiqué. Elle souligne que « les données et leur interprétation, transmises en toute transparence, n’ont jamais été contestées par les contre-expertises qui ont eu lieu ». Néanmoins, le réseau Sortir du nucléaire estime que l’Andra a cherché à minimiser ce potentiel géothermique. De son côté, la fédération d’association France Natura Environnement considère que « la Cour d’appel de Versailles a refusé de prendre acte de la faute commise par l’Andra ». Les associations envisagent de saisir la Cour de cassation.

Y a-t-il un potentiel géothermique important?

Selon le Guide de sûreté relatif au stockage définitif des déchets en formation géologique profonde établi par l’ASN en 2008, le site retenu pour le stockage des déchets radioactifs en profondeur ne doit pas présenter « d’intérêt particulier » du point de vue de la géothermie. L’Andra et les associations interprètent ce point différemment. Selon l’Andra, seul un potentiel « exceptionnel » pourrait remettre en cause le projet. Et l’agence est formelle: le potentiel géothermique y est seulement « équivalent à la moyenne européenne ».

Pour les opposants, une géothermique économiquement viable suffit à mettre fin au projet. Les associations se fondent sur l’avis de la société GEOWATT AG, qui conclut dans son rapport de 2013 que « les ressources géothermiques au Trias dans la région de Bure peuvent aujourd’hui être exploitées de manière économique avec l’emploi de techniques et de matériel appropriés ».

Le projet Cigéo fait l’objet d’une bataille juridique acharnée entre les associations anti-nucléaires et l’Andra. Plusieurs jugements sont en attente de libéré. Le tribunal administratif de Nancy a invalidé le 28 février la cession du bois Lejuc à l’Andra pour y installer les cheminées d’aération de Cigéo. La commune de Mandes, proche de Bure dispose de 4 mois pour revoter la cession. Par ailleurs, le tribunal de grande instance de Bar-le-Duc se prononcera le 5 avril sur la possible expulsion d’opposants qui occupent ce bois. Enfin, en mai, la cour d’appel de Nancy fera savoir si l’Andra doit remettre le lieu en état, suite à un défrichage jugé illégal par les opposants.

Article rédigé par Matthieu Combe, journaliste scientifique

http://www.techniques-ingenieur.fr/actualite/articles/cigeo-associations-bure-andra-41781/

Mar 28

LES ROBOTS MEURENT LENTEMENT À FUKUSHIMA

RoboteÀ Fukushima, que reste-t-il à faire quand les robots sont eux aussi vaincus par la destruction?

Il y a six ans, un gigantesque séisme, puis un tsunami et une crise nucléaire ont frappé le Japon. Les organisations internationales se sont précipitées pour aider les résidents de ce pays dévasté, et pour déterminer comment nettoyer Fukushima Daïchi, la centrale nucléaire durement touchée. Des robots représentaient une lueur d’espoir dans une destruction généralisée. Mais plus maintenant.

Comme l’écrit le journal japonais Asahi Shimbun, dans des propos rapportés par le site internet Techcrunch, des membres de l’Autorité japonaise de réglementation nucléaire pressent maintenant les exploitants de la centrale, la Tokyo Electric Power Company, de trouver de nouvelles technologies et méthodes pour faciliter le nettoyage. Les robots continuent de tomber en panne lors de leurs missions, que ce soit des suites de la radiation, ou en se retrouvant coincés sur place, gaspillant ainsi un argent et un temps précieux.

L’implication est que, peut-être, le nettoyage ira plus rapidement si l’énergie de Tepco et l’argent du gouvernement sont redirigés vers la chimie, la biologie, et la construction dite de « contention » d’une sorte de structure autour de la centrale, à l’image du « sarcophage » de Tchernobyl. Ou, peut-être que les humains doivent faire confiance à l’IA (NDLR : Intelligence Artificielle) pour guider les robots dans certaines de leurs tâches. Tous les robots déployés dans le cadre des efforts de nettoyage ont jusqu’à maintenant été téléguidés par des humains. Ces commentaires critiques du chien de garde du gouvernement surviennent après la plus récente panne robotisée rapportée par Tepco.

Le 23 mars, la compagnie a dit avoir tenté d’envoyer un engin d’exploration dans une enceinte de protection pour y trouver des débris de carburant radioactif, des informations qui sont nécessaires pour décommissionner (NDLR : démanteler) la centrale. Mais le robot en question n’a pas pu installer ses caméras au bon endroit. Avec, pour résultat, l’envoi d’un rapport parcellaire.

Un mois plus tôt seulement, Tepco avait avorté une mission employant un autre robot qui avait été construit pour se déplacer sur des débris, histoire de capter des images et des données à l’intérieur des installations de la centrale. Le robot en question pourrait tolérer jusqu’à 1000 sieverts de radiation. Malgré tout, l’engin a éprouvé des difficultés dans les environs dangereux du réacteur no 2, où il avait été dépêché.

Ces incidents font suite à une série de robots perdus remontant à Quince 1, le premier engin à pénétrer dans la centrale après le désastre. Après plusieurs missions dans le bâtiment du réacteur no 2, Quince 1 a détaché son câble de communications et est demeurer coincé dans les installations.

Ce n’est toutefois pas comme si quiconque pensait qu’il serait facile de développer des robots capables de trouver et de récupérer du carburant nucléaire fondu, ou de déclasser et décontaminer une centrale nucléaire. Des chercheurs japonais tentent de créer de tels robots depuis les années 1980. La robotique demeure une technologie particulièrement complexe.

Avec des caméras, des dosimètres et d’autres outils, les robots peuvent évidemment se rendre où l’environnement serait mortel pour les humains. S’ils sont suffisamment forts et agiles, ils pourraient être en mesure de rapporter des échantillons à des fins d’analyse, ou de trouver et combler des fuites, dégager des chemins d’accès et dégager des matériaux radioactifs. La tâche ultime consisterait, pour les robots, à identifier et récupérer quelque 600 tonnes de carburant (NDLR : combustible) nucléaire fondu et de débris de Fukushima.

Même si ces robots se sont montrés utiles, chaque mission ratée ou avortée, chaque million de dollars dépensé rendent plus difficile le fait de dire à des gens dévastés par une crise que des robots sont leur meilleur espoir. Des dizaines de milliers de personnes ont été tuées, plusieurs milliers d’autres ont disparu et un quart de million de citoyens se sont retrouvés sans domicile. Aux premiers jours de la crise, des millions de personnes ont été privées d’électricité ou d’eau courante, et ce en plein temps humide et froid de la fin de l’hiver.

Plus de la moitié des gens évacués ou qui ont fui n’envisagent pas de revenir, selon des sondages du gouvernement japonais. Des études scientifiques ont conclu que certaines zones sont maintenant sécuritaires et peuvent de nouveau être habitées. Mais on attend encore les écoles, les magasins ou les autres bâtiments et services essentiels à la bonne marche de la communauté autour de Fukushima, et la crainte persiste. Le gouvernement japonais estime que le nettoyage coûtera un peu moins de 200 milliards, et s’étirera sur des décennies.

http://www.pieuvre.ca/2017/03/27/les-robots-meurent-lentement-a-fukushima/

Mar 28

FRANÇOIS HOLLANDE NE VEUT PAS PROGRESSER SUR LE DÉSARMEMENT NUCLÉAIRE

François HollandeL’ONU a ouvert une conférence consacrée au désarmement nucléaire hier lundi 27 mars. C’est une première depuis vingt ans. Mais la France s’y oppose, alors qu’elle est officiellement partisane du désarmement. C’est ce que révèle la lettre de François publiée en exclusivité par Reporterre.

Lundi 27 mars s’ouvre pour une semaine à New-York la conférence internationale des Nations unies (ONU) consacrée au désarmement nucléaire. C’est la première fois depuis vingt ans qu’a lieu une telle conférence. Elle a « pour objectif la négociation d’un instrument juridiquement contraignant visant à interdire les armes nucléaires en vue de leur élimination complète ». Elle réunit États et ONG et a été autorisée par un vote de123 États favorables, 38 contre et 16 abstentions, le 23 décembre dernier. Une deuxième conférence aura lieu du 15 juin au 7 juillet qui devrait déboucher sur un texte qui sera soumis au vote de l’Assemblée générale des Nations unies.

La France a signé en 1970 le Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires qui stipule dans son article 6 : « Chacune des Parties au Traité s’engage à poursuivre de bonne foi des négociations sur des mesures efficaces relatives à la cessation de la course aux armements nucléaires à une date rapprochée et au désarmement nucléaire, et sur un traité de désarmement général et complet sous un contrôle international strict et efficace. »

Pourtant, la France a voté contre la tenue de cette conférence internationale des Nations unies et refuse d’y participer. Interpellé par Paul Quilès, ancien ministre de la Défense, François Hollande justifie sa position. Voici sa réponse, que Reporterre publie en exclusivité : « La France a choisi, à l’instar des autres Etats dotés et de près de cinquante états membres de l’Assemblée générale des Nations unies, de ne pas soutenir le lancement de la négociation de ce traité. Cette position ne saurait être interprétée comme le signal d’une opposition au désarmement nucléaire, mais plutôt comme la preuve que nous devons agir de manière pragmatique, avec nos partenaires et dans un cadre assurant la crédibilité du résultat qui serait obtenu. »

Télécharger la lettre de François Hollande : https://reporterre.net/IMG/pdf/lettre_franc_ois_hollande_sur_de_sarmement_nucle_aire-21_dec_2016-v_0.pdf

Article rédigé par Julie Lallouët-Geffroy (Reporterre)

Entretien avec Paul Quilès, ancien ministre de la Défense.

« Nous sommes dans l’hypocrisie permanente », tempête Paul Quilès. Ancien ministre de la Défense sous la présidence de François Mitterrand de 1985 à 1986, il a présidé de 1997 à 2002 la commission de la défense nationale et des forces armées de l’Assemblée nationale. Auteur de l’ouvrage Arrêtez la bombe, il préside l’association Initiatives pour le désarmement nucléaire.

Reporterre — Pourquoi parlez-vous d’hypocrisie de la part des autorités officielles ?

Paul Quilès — Le dernier paragraphe de la réponse du Président de la République à ma lettre, qui demande à la France de participer à la préparation d’un traité d’interdiction des armes nucléaires dans le cadre de l’ONU, résume tout : « Cette position ne saurait être interprétée comme le signal d’une opposition au désarmement nucléaire mais bien plutôt comme la preuve que nous devons agir de manière pragmatique, avec nos partenaires et dans un cadre assurant la crédibilité du résultat qui saura obtenu. »

En utilisant les mots « crédibilité », « pragmatique », on comprend bien ce qu’il suggère : qu’une conférence portée par les pays non dotés de l’arme nucléaire n’est pas jugée crédible, que de telles négociations doivent avoir lieu avec les États nucléaires. Très bien, mais alors pourquoi la France vote-t-elle contre la tenue de cette conférence et refuse-t-elle d’y participer ? En ne prenant pas part à ces échanges, la France contribue, avec d’autres, à l’absence de cette « crédibilité » qu’elle dit souhaiter par ailleurs. Ce n’est qu’hypocrisie.

D’autant plus que quand la France vend des avions Rafale à l’Inde, on s’en félicite, cela crée de l’emploi. Et après ? L’Inde, qui détient l’arme nucléaire, explique avoir choisi le Rafale parce qu’il peut être équipé de missiles nucléaires. Et l’Inde est en tension permanente avec son voisin le Pakistan, lui aussi détenteur de l’arme nucléaire !

Donc d’un côté, la France affirme qu’elle est favorable au désarmement nucléaire, de l’autre elle contribue à la course à l’équipement nucléaire. Certes, cela crée de l’emploi et alimente le secteur de l’armement, en particulier en France, mais ça ne peut justifier une politique en faveur de la prolifération nucléaire, en contradiction avec le Traité de non-prolifération nucléaire, que la France a signé.
Les militaires et les industriels français de l’armement ont affirmé en septembre dernier que le budget alloué à la dissuasion nucléaire devrait augmenter. Même son de cloche au Royaume-Uni, en Corée du Nord. Donald Trump et Vladimir Poutine parlent de relancer une course aux armements. Un désarmement nucléaire semble peu plausible.

Cette course aux armements est effectivement une possibilité, mais il y en a d’autres. La conférence qui s’ouvre à New-York résulte d’un mouvement fort qui est engagé depuis plusieurs années. C’est une véritable révolution qui est en train de se produire. En effet, ce sont les pays sans arme nucléaire qui poussent à la rédaction d’un traité d’interdiction de ces armes, comme cela existe déjà pour les autres « armes de destruction massive », armes chimiques et biologiques. Ils ne supportent plus l’idée qu’un conflit qui ne les concernerait pas, déclenché volontairement ou par accident, pourrait avoir des conséquences humanitaires catastrophiques sur leur propre pays et leur population.

Par exemple, des pays comme l’Inde et le Pakistan, qui possèdent tous deux l’arme nucléaire, s’ils entraient en conflit ouvert, pourraient déclencher ce que les scientifiques appellent un « hiver nucléaire » sur une partie de l’hémisphère nord. Il faut se souvenir que c’est une bombe de 15 kilo-tonnes qui a détruit Hiroshima, causant plus de 200.000 morts, alors qu’aujourd’hui, la moindre ogive a une puissance de 100 à 150 kilo-tonnes et que le stock mondial est de l’ordre de 16.000 ogives !

Contrairement à ce que disent les défenseurs de la dissuasion nucléaire, il n’est pas impossible d’envisager un désarmement nucléaire général, si l’on veut bien se souvenir de la rencontre entre Ronald Reagan et Mikhaïl Gorbatchev, présidents des États-Unis et de l’URSS, en octobre 1986, en pleine Guerre froide, à Reykjavik en Islande. Ils étaient à deux doigts de conclure un accord sur un désarmement nucléaire total pour l’année 2000. Cela ne s’est pas fait parce que Reagan exigeait de maintenir son bouclier anti-missile nucléaire.

Mais les deux hommes les plus puissants de la planète de l’époque ont failli donner un coup d’arrêt au nucléaire. Pourquoi ne serait-ce pas possible aujourd’hui ? La conférence de l’Onu qui s’ouvre est une avancée considérable. Il est peu glorieux que la France n’y participe pas.
La stratégie nucléaire repose sur la notion de dissuasion, faire peur à l’adversaire pour l’empêcher d’agir. L’adversaire a changé de visage, il utilise des cutters, des armes à feu et des bombes artisanales pour perpétrer des attentats. En quoi le nucléaire est-il adapté à notre époque ?

Le nucléaire n’est pas du tout adéquat, il est hors de propos, à côté des réalités actuelles. Mais les responsables politiques continuent de dire que l’arme nucléaire est notre « assurance-vie ». Les associations pour un désarmement nucléaire, dont celle que je préside, interpellent les candidats à l’élection présidentielle… sans réponse pour l’instant.

Il est saisissant qu’en France il n’y ait aucun débat sur la pertinence de l’arme nucléaire, en prétendant, ce qui est faux, qu’il y aurait un « consensus » parmi les Français. On tient quasiment le même discours qu’à l’époque de la Guerre froide. On fait croire que c’est un acquis, qu’on ne peut pas remettre en cause. J’appelle cela le catéchisme nucléaire.

Le catéchisme nucléaire ?

Dans une religion, on est autorisé à parler des nouvelles règles d’ordination, de certaines modalités d’exercice du culte, mais on ne s’interroge pas sur l’existence de Dieu, qui va de soi. Eh bien, pour le nucléaire c’est pareil. On peut s’interroger sur le concept de la dissuasion, sur la taille et l’impact d’une bombe, sur les modalités de mise en œuvre, mais pas sur la pertinence de l’arme nucléaire en elle-même. Il faudrait donc croire et faire confiance à ceux qui prétendent que l’armement nucléaire garantit la paix. Eh bien moi, je ne crois pas à la paix, je me bats pour la paix.

https://reporterre.net/Francois-Hollande-freine-le-desarmement-nucleaire

Mar 27

MOSCOU-WASHINGTON: UNE NOUVELLE COURSE À L’ARME NUCLÉAIRE?

MissileDonald Trump menace de dénoncer le Traité START sur l’armement nucléaire. Malgré les tensions entre Moscou et Washington, il demeure l’un de rares secteurs où les deux puissances collaborent bien afin d’assurer la stabilité stratégique de la planète.

Est-on à l’aube d’une nouvelle course aux armes nucléaires entre la Russie et les États-Unis? Plusieurs signaux font craindre un retour de l’équilibre de la terreur entre Washington et Moscou digne de la Guerre froide. Récemment, la Russie a commencé, à en croire le New York Times, à déployer sur son territoire des missiles de croisière de portée intermédiaire capables de frapper des villes européennes. Les Américains en sont convaincus. C’est une grave violation du traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire (FNI) conclu en 1987 par Ronald Reagan et Mikhaïl Gorbatchev.

La suprématie nucléaire en jeu

Et le 28 janvier dernier, lors d’une conversation d’une heure avec Vladimir Poutine, le nouveau président américain Donald Trump a laissé entendre qu’il pourrait dénoncer le nouveau traité START de réduction des armes stratégiques conclu par l’administration de Barack Obama. Il a réitéré ses doutes dans une interview accordée la semaine dernière à Reuters: «Nous avons pris du retard par rapport à notre capacité nucléaire. Je suis le premier qui aimerait voir un monde sans arme nucléaire, mais nous n’allons jamais nous faire dépasser par quelque pays que ce soit, même un pays allié.»

Insistant sur la nécessité pour les États-Unis de maintenir une suprématie nucléaire, Donald Trump s’est montré très critique de START: «C’est un accord déséquilibré. Il accorde (aux Russes) des choses que nous n’aurions jamais dû céder. C’est un mauvais accord (conclu par les États-Unis) comme l’accord sur le nucléaire iranien.» L’ex-ambassadeur américain auprès de l’ONU à New York, le néoconservateur John Bolton, abonde dans le même sens: «D’un point de vue américain, le traité START est exécrable, […] un échec diplomatique

Les déclarations intempestives de Trump ont produit l’effet d’une… bombe. La perspective d’une annulation du traité glace déjà le sang des experts militaires et de la sécurité à Washington et à travers le monde. Ce d’autant que START n’était pas défavorable à l’Amérique. À en croire les câbles de WikiLeaks que Le Temps avait pu consulter en 2010, le chef négociateur russe déclarait un jour à Genève qu’il était hors de question que son pays «capitule» devant les exigences américaines.

Expiration du traité en 2021

Négocié à Genève en pleine phase de remise des compteurs à zéro entre Russes et Américains (reset), signé en avril 2010 à Prague par les présidents Barack Obama et Dmitri Medvedev et ratifié par le Congrès et la Douma, START est d’ailleurs le dernier traité auquel les spécialistes de la stabilité stratégique souhaiteraient toucher. Le document impose aux deux parties de réduire à 1550 têtes nucléaires déployées et à 700 les vecteurs (missiles et bombardiers) d’ici au 5 février 2018, soit sept ans après l’entrée en vigueur de l’accord. Cela équivaut à une réduction de 30% par rapport aux arsenaux existants en 2002. Mais le traité expire en 2021. Le maître du Kremlin a apparemment voulu anticiper en proposant à son homologue américain de prolonger le traité START de cinq ans comme le leur autorise le document. Or aujourd’hui, après les déclarations de Donald Trump, tout semble incertain.

Une transparence nécessaire

Dans une période où la non-prolifération nucléaire reste un édifice très fragile, le nouveau traité START revêt une importance capitale. Même si le nombre de têtes déployées et de vecteurs fluctue tantôt vers le haut, tantôt vers le bas, il «n’y a pas lieu de s’inquiéter de cet effet de yo-yo», confiait naguère au Temps Rose Gottemoeller, ex-cheffe négociatrice du traité négocié à Genève et actuelle numéro deux de l’OTAN à Bruxelles, qui a bon espoir que les objectifs soient atteints tant par Moscou que par Washington. Au-delà des réductions de têtes nucléaires, le traité a une fonction plus importante encore: le contrôle mutuel des arsenaux nucléaires. Ce dispositif a commencé au lendemain de la fin de la Guerre froide quand Mikhaïl Gorbatchev et George Bush père conclurent le premier traité START, lequel sera reconduit une première fois en 2002 avec le traité de Moscou.

Le document autorise Américains et Russes à procéder à 18 inspections par an des sites recensant des missiles balistiques intercontinentaux ou des lanceurs à partir de sous-marins. START permet aussi l’échange de données télémétriques sur des essais éventuels de missiles et offre un cadre clair pour la conversion des bombardiers stratégiques nucléaires en bombardiers conventionnels. Il précise aussi la relation complexe entre armes stratégiques offensives (têtes nucléaires par exemple) et défensives (bouclier antimissile, etc.). La transparence qu’il offre à la Russie et aux États-Unis est un facteur évident de stabilité.

A Washington, sept anciens responsables de la US Strategic Air Command ont tous appuyé à l’époque le traité START, soulignant qu’il permet de maintenir une force de frappe nucléaire substantielle. Les États-Unis peuvent ainsi encore déployer 240 missiles dotés chacun jusqu’à huit têtes nucléaires. Ils détiennent aussi quelque 400 missiles balistiques intercontinentaux et 60 bombardiers stratégiques capables de transporter jusqu’à 1150 armes nucléaires. Là où les Américains brouillent le message, c’est en matière de modernisation de leurs arsenaux chiffrée à près de 1000 milliards de dollars sur trente ans. Avec START toutefois, les États-Unis ne sont pas contraints de dépenser des milliards pour tenter d’évaluer l’arsenal nucléaire russe. Ce sont autant de ressources qui peuvent être allouées à autre chose.

«Dénoncer START, c’est se tirer deux balles dans le pied»

Andrew Weber a été le principal conseiller des secrétaires américains à la Défense Robert Gates, Leon Panetta et Chuck Hagel pour les programmes de défense nucléaires, chimiques et biologiques. Il a beaucoup négocié avec les Russes. Il livre son analyse.

Le Temps: Que vous inspire la menace proférée par Donald Trump de dénoncer le nouveau traité START?

Andrew Weber: Si l’administration Trump devait décider de dénoncer le traité START, ce serait se tirer deux balles dans le pied. Pour l’heure, il importe toutefois de rester prudent. Jusqu’ici, la politique nucléaire de la Maison-Blanche n’est pas claire. Le président américain a dit des choses très contradictoires. Et ce faisant, il a encouragé les milieux qui professent les idées les plus extrêmes en la matière, qui parlent de reprendre les tests nucléaires, de développer de nouvelles armes nucléaires et d’en accroître le nombre. Il prend le risque de remettre en question la politique nucléaire des cinq derniers présidents. A ce stade, difficile de savoir s’il va construire un argumentaire raisonnable ou s’il va écouter les faucons pour échafauder sa politique nucléaire.

– Donald Trump laisse entendre que START est un mauvais traité…

– C’est un très bon traité. Même ces dernières années où on a vu une recrudescence des tensions entre Moscou et Washington, le nouveau traité START a été appliqué par les deux parties de façon très rigoureuse. Cela offre aux deux puissances davantage de transparence, de prévisibilité et de stabilité stratégique. L’accord est très favorable aux Américains. Mais Vladimir Poutine lui-même voit lui aussi un intérêt à demander une prolongation du traité au-delà de 2021.

– Le traité START a-t-il d’autres vertus?

– Il offre aux deux puissances une chance unique d’être pionnières dans l’élimination des armes nucléaires et des missiles de croisière. Sans le traité, les États-Unis perdent de vue l’état des arsenaux nucléaires russes. Actuellement, la Defense Threat Reduction Agency, une agence du Pentagone, obtient des accès réguliers aux sites nucléaires russes. Quand on pense par ailleurs que le Congrès mène une nouvelle initiative pour arrêter de financer le système de monitoring géré par l’Organisation du traité d’interdiction complète des essais nucléaires qui nous est par exemple très utile pour contrôler les tests effectués par la Corée du Nord, il y a de quoi s’inquiéter.

(Propos recueillis par S. Bu.)

https://www.letemps.ch/monde/2017/02/27/moscouwashington-une-nouvelle-course-larme-nucleaire

Mar 27

DOSSIER NPA : SORTIR DU NUCLÉAIRE EN MOINS DE 10 ANS : OUI C’EST POSSIBLE !

NPA 10 ansPourquoi le NPA propose-t-il un schéma de sortie du nucléaire en 10 ans maximum ?

Parce que c’est à la fois indispensable et parfaitement réalisable !

Cela doit résulter de la conjonction de deux facteurs: d’un côté la baisse de la demande en électricité par une politique de sobriété (rénovation de l’habitat, refus du gaspillage…) et d’économies, et de l’autre côté un développement massif des énergies renouvelables(ER). Pour y parvenir, les obstacles ne sont plus techniques, tant les innovations en matière d’énergies renouvelables et de stockage ont été importantes ces dernières années, mais bien politiques et financiers.

En France, comme ailleurs, c’est la logique capitaliste qui est le principal obstacle à cette nécessaire révolution énergétique. Même si la filière électronucléaire est en train de s’écrouler, ses industriels s’accrochent encore à leur phénoménale source de profit et bénéficient d’appuis politiques à droite comme à gauche. Malgré l’horreur de Fukushima, les partis de gouvernement (UMP, PS) sont toujours clairement pour continuer le nucléaire. Pour Marine Le Pen et le FN «abandonner le nucléaire, c’est se tirer une balle dans le pied».

De son côté, le parti dit « écologiste » se prononce pour une sortie du nucléaire en 25 ou 30 ans : ce choix présenté comme raisonnable est manifestement dicté par le souci d’une compatibilité électorale avec le parti socialiste pro-nucléaire.

Quant à la France Insoumise de Mélenchon, elle fait sienne un scénario de sortie en 20-25 ans tout aussi timoré (scénario Négawatt) et reste scotchée à un parti communiste toujours pro-nucléaire. Demander la sortie en 20-30 ans, c’est donner raison à EDF qui réclame le prolongement de ses réacteurs pour cette durée alors que la plupart ont déjà plus de 30 ans ce qui fait courir le risque d’un Fukushima français. C’est aussi accepter le prolongement du nucléaire jusqu’au moment où l’uranium commencera à manquer. C’est une imposture irresponsable ! Quant à la majeure partie des grandes ONG écologistes, toutes engluées dans la logique des tables rondes et autres sommets de l’environnement organisés par le gouvernement (c’est là que se joue la distribution des subventions), elles restent bien discrètes sur le sujet.

Il y a pourtant urgence absolue !

Après la catastrophe de Fukushima où rien n’est définitivement sous contrôle, et malgré les efforts des travailleurs japonais pour empêcher un désastre encore plus grand, l’humanité est toujours sous la menace du pire. Cette tragédie a révélé au monde de façon encore plus évidente l’urgence absolue à se mettre à l’abri des méfaits du nucléaire. Accidents aux conséquences gravissimes, effets de la radioactivité sur la santé, production de déchets hautement nocifs et ingérables, énormes difficultés pour le démantèlement des centrales, pollution des rivières indispensables au refroidissement des réacteurs, production d’armes nucléaires… : les raisons de sortir du nucléaire sont multiples.

 Il faut une voix pour le crier et dire qu’il est tout à fait possible de sortir rapidement du nucléaire. C’est pourquoi celles et ceux qui ont choisi de se rassembler au sein du NPA pour lutter contre le capitalisme et aussi contre le nucléaire, ont décidé de s’y coller. Sortir du nucléaire et lutter contre l’effet de serre : ce sont deux objectifs parfaitement compatibles. La sortie du nucléaire doit se faire en tenant compte de la problématique énergétique globale et notamment de l’effet de serre et doit donc viser à minimiser autant que possible le recours aux énergies fossiles. Notre scénario ne constitue absolument pas un obstacle à la réalisation de l’objectif de réduction des émissions de CO2 dès lors qu’aucun recours supplémentaire à l’énergie fossile ne sera nécessaire. De plus, le recours à la cogénération que nous préconisons induit une vraie baisse des émissions de gaz à effet de serre, qui s’accentuera largement après les 10 ans si l’on suit la voie que nous proposons. Enfin, l’ensemble de ces projections est à inclure au sein d’une logique beaucoup plus globale de baisse d’émission de CO2 notamment au niveau des transports, principal facteur émetteur.

Dans un souci de crédibilité totale, ce scénario se fonde sur des hypothèses réalistes qui prouvent que sortir du nucléaire EN 10 ANS est possible. Mais ces hypothèses sont minimalistes. Il est évident qu’il est possible de faire encore mieux et plus vite et d’éviter ainsi rapidement le moindre recours à toute production émettrice de gaz à effet de serre…

Pour lire l’intégralité de l’article (très détaillé) : https://www.anti-k.org/2017/03/27/dossier-sortir-nucleaire-de-10-ans-oui-cest-possible/

Mar 27

ESSAIS NUCLÉAIRES. VICTOIRE DE DOUZE VÉTÉRANS BRETONS

essais nucléairesLa cour administrative d’appel de Nantes a donné suite aux demandes de douze vétérans bretons d’essais nucléaires, ou à leurs ayants-droits : leurs cancers sont bien liés aux essais nucléaires en Polynésie française.

Le 28 février dernier, ils étaient présents à l’audience de la cour administrative d’appel. Des vétérans, ou leurs veuves et leurs proches. La plupart étaient venus du Finistère: Brest, Saint-Pol-de-Léon, Landéda, Concarneau, Loperhet, Saint-Thégonnec, Saint-Thonan, Lannilis. mais aussi des Côtes-d’Armor (Pléneuf-Val-André, Ploufragan et Plélo), du Morbihan (Marzan), d’Ille-et-Vilaine (Pleurtuit), et de Loire-Atlantique (Pontchâteau).

Le procès avait été l’occasion de revenir sur le quotidien de ces militaires et civils embarqués aux côtés de l’armée française en Polynésie française, dans les années 1960. À l’époque, on se baignait dans le lagon après les essais nucléaires, on buvait de l’eau contaminée après l’avoir passée dans un « bouilleur »…

98 % des demandes refusées

Au final, quelque 15.000 personnes ont été touchées de près ou de loin par les 210 essais nucléaires français, sans compter « un nombre plus difficile à déterminer » de populations locales, avait rappelé le rapporteur public à l’audience. Et ce n’est qu’en 2010 qu’un régime d’indemnisation spécifique avait été créé, sur le principe de la « solidarité nationale« . Ce mécanisme était censé être favorable aux vétérans : c’était à l’administration de prouver que le lien de cause à effet entre les essais nucléaires et leur maladie était « négligeable« ; et non pas aux victimes de rapporter la preuve de leur contamination. Mais le Comité d’indemnisation des victimes des essais nucléaires (Civen) n’avait reçu qu’un millier de demandes, selon les chiffres arrêtés au 31 décembre 2015, alors que le gouvernement en prévoyait « vingt fois plus« . Surtout, il n’avait indemnisé que vingt personnes:

« 98% » des demandes ont été refusées, selon un magistrat de la cour administrative d’appel. Celle-ci a donc donné suite aux demandes présentées par douze vétérans ou leurs ayants-droits. Seuls trois requérants ont vu leurs requêtes rejetées mais ils seront en droit de déposer une nouvelle demande devant le Comité d’indemnisation des victimes des essais nucléaires (Civen). Celui-ci pourrait en effet les voir sous un jour plus favorable au vu de la loi publiée au Journal officiel le 1er mars dernier: elle supprime en effet le principe de « risque négligeable« , sur lequel s’appuyait le ministère de la Défense pour refuser l’indemnisation de ses anciens militaires. Onze autres dossiers de vétérans bretons et normands devraient être examinés par la même cour administrative d’appel de Nantes le 28 mars prochain, a indiqué l’Aven (Association des vétérans des essais nucléaires).
© Le Télégramme – Plus d’information sur http://www.letelegramme.fr/bretagne/essais-nucleaires-victoire-de-douze-veterans-bretons-24-03-2017-11447981.php

Mar 27

LA COALITION BELGE CONTRE L’ARMEMENT NUCLÉAIRE PROTESTERA LUNDI DEVANT LES QG DE PARTIS

BelgeLa coalition belge contre les armes nucléaires (Vrede vzw, Pax Christi Vlaanderen, LEF, CNAPD et Agir pour la Paix) mènera, ce lundi 27 janvier, une action symbolique devant les sièges des partis de la majorité gouvernementale (MR, Open Vld, N-VA et CD&V). Par cette mobilisation, elle entend dénoncer « le boycottage scandaleux » par le gouvernement Michel des négociations de l’Onu pour la fin des armes nucléaires. Avec en fond un bruit de tic-tac et sous le slogan « Armes nucléaires, il est temps d’y aller!« , les manifestants distribueront des réveils devant les sièges des partis de la majorité.

« Les armes nucléaires sont une technologie héritée des années 40. Elles ne répondent plus aux véritables défis sécuritaires du 21e siècle tels que le changement climatique, la crise des réfugiés, le terrorisme et la cyberguerre« , explique Peter Teirlinck de l’ASBL Vrede.

« Les tensions internationales croissantes entre les puissances nucléaires et la modernisation actuelle des arsenaux nucléaires augmentent en outre le danger d’une explosion nucléaire accidentelle ou intentionnelle, avec des conséquences humanitaires désastreuses« , poursuit-il. Les armes nucléaires forment la seule arme de destruction massive qui n’est pas encore interdite internationalement, au contraire des armes biologiques et chimiques, indique encore l’ASBL.

« Mais alors que la Belgique se trouvait dans le peloton de tête pour détruire les armes de destruction massive, elle freine désormais des quatre fers. La Belgique va boycotter les négociations des Nations Unies et ce faisant, elle se range aux côtés du gouvernement Trump. Il s’agit d’une attitude incompréhensible et irresponsable. L’accord du gouvernement belge définit pourtant ‘d’œuvrer aux initiatives internationales en vue d’une interdiction des systèmes d’armement avec une quelconque portée et/ou un effet excessif sur les habitants’ et la Belgique en tant que membre du traité de non-prolifération des armes nucléaires a le devoir de négocier de bonne foi sur un désarmement nucléaire total« .

Le gouvernement a entre-temps donné son feu vert au lancement de la procédure de remplacement des chasseurs-bombardiers F-16 par 34 nouveaux avions de combat. Ceux-ci devront détenir une capacité nucléaire, précise Vrede, « afin de pouvoir livrer, en cas de guerre, les bombes nucléaires stockées à la base aérienne de Kleine-Brogel« .

https://www.rtbf.be/info/belgique/detail_la-coalition-belge-contre-l-armement-nucleaire-protestera-lundi-devant-les-qg-de-partis?id=9564997

Mar 27

NÉGOCIATIONS POUR BANNIR L’ARME NUCLÉAIRE

ONUPlus de 100 pays lancent aujourd’hui à l’ONU des négociations inédites sur un traité interdisant les armes nucléaires, convaincus qu’il réduirait le risque d’une guerre atomique malgré les objections des grandes puissances. Le lancement de ces négociations sur un texte légalement contraignant a été décidé en octobre, avec le soutien de 123 pays membres des Nations unies.

La plupart des puissances nucléaires, déclarées ou non, avaient néanmoins soit voté contre ces négociations (États-Unis, France, Israël, Royaume-Uni, Russie), soit s’étaient abstenues (Chine, Inde, Pakistan). Même le Japon, seul pays à avoir subi, en 1945, des attaques atomiques, a voté non, inquiet de voir l’absence de consensus sur ces négociations « saper les avancées sur un désarmement nucléaire effectif« .

Mais l’opposition de ces pays n’a pas dissuadé les nations en pointe sur ce dossier – comme l’Autriche, l’Irlande, le Mexique, le Brésil, l’Afrique du Sud ou la Suède – ni les centaines d’ONG engagées à leurs côtés. Face à la multiplication des foyers de tensions, aux menaces de la Corée du Nord, et à une nouvelle administration américaine jugée imprévisible, ils ont décidé de prendre les devants, inspirés par les mouvements qui ont mené aux conventions internationales interdisant les armes à sous-munitions (signée en 2008) ou les mines anti-personnel (1997).

« Cela va prendre du temps, ne soyons pas naïfs« , déclarait la semaine dernière à l’ONU la ministre suédoise des Affaires étrangères, Margot Wallström. « Mais c’est très important, surtout en ce moment, quand on assiste à toutes sortes de discours ou de démonstrations de force incluant la menace d’utiliser l’arme nucléaire« , a-t-elle souligné. « Beaucoup de pays disent que nous devons sortir de l’impasse sur cette question depuis des années. C’est aussi l’expression d’une frustration« .

Car aucune avancée n’a été enregistrée ces dernières années en matière de désarmement nucléaire, malgré les engagements pris par les grandes puissances dans le cadre du Traité sur la non-prolifération (TNP), déplore Beatrice Fihn, directrice de l’Ican (International campaign to abolish nuclear weapons), une coalition internationale d’ONG mobilisées sur ce dossier. « Il y a eu beaucoup d’efforts à la fin de la Guerre froide, et puis ça s’est arrêté (…) L’administration Obama a déçu, elle avait fait des promesses mais ne les a pas tenues. Maintenant les craintes sont exacerbées avec le nouveau président » Donald Trump, dit-elle.

Peu importe que les puissances nucléaires boudent les débats, dit-elle, l’adoption d’un tel traité les obligera tôt ou tard à revoir leur politique, même si elles sont engagées aujourd’hui dans la modernisation de leur armement nucléaire.

Aucune grande puissance n’a fait de commentaires à l’approche de ces négociations, même si l’ambassadrice américaine à l’ONU, Nikki Haley, devait faire une déclaration en marge de leur ouverture ce matin à New York. Les représentants des États-Unis et de la France avaient néanmoins expliqué en octobre leur opposition par la nécessité, en matière de désarmement, de « procéder par étapes« , sans chambouler l’équilibre stratégique actuel ou mettre en péril la dissuasion.

http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2017/03/27/97001-20170327FILWWW00008-negociations-pour-bannir-l-arme-nucleaire.php

Mar 26

TOUS LES DÉTAILS SUR LE RÉACTEUR NUCLÉAIRE DE HALDEN EN NORVÈGE : UN DANGER POUR L’EUROPE

Norvège…Bien qu’il ne puisse être tenu responsable du nuage radioactif qui s’est étendu de l’Espagne à la Norvège en janvier-février, on a appris grâce à l’ONG norvégienne Bellona que le réacteur de Halden en Norvège avait connu un « incident » en octobre dernier. La lecture d’un rapport de l’agence de sûreté nucléaire norvégienne daté du 13 février 2017 permet de se rendre compte du danger que font courir aux Européens les utilisateurs de ce réacteur. On s’éloigne un peu de Fukushima mais pas tant que ça car la problématique est la même : panne de refroidissement du réacteur, risque d’explosion d’hydrogène, rejet d’iode 131 et autres radionucléides cancérigènes, MOX, … ça ne vous rappelle rien ?

Sommaire de l’article publié sur http://www.fukushima-blog.com/

  1. Un des plus vieux réacteurs au monde encore en activité
  2. Les partenaires du « Halden Reactor Project »
  3. L’« Incident » du 24 octobre 2016
  4. Expérimentation de nouveaux combustibles
  5. Quelle était la nature des nuages radioactifs ?
  6. Pour un arrêt définitif du réacteur de Halden
  7. L’IFE a besoin d’argent public pour traiter ses déchets
  8. Pourquoi on ne sait quasiment rien sur cet accident probablement de niveau 4 sur l’échelle internationale INES ?
  9. Exiger des éclaircissements
  10. Annexes

EXTRAITS :

  1. Un des plus vieux réacteurs au monde encore en activité

Le réacteur de Halden a été inauguré et activé en 1959. Oui, vous avez bien lu : 1959 ! Il se situe à Halden, une ville côtière au sud-est de la Norvège, près de la frontière avec la Suède, à 1200 km de la France. D’une puissance de 25 MW maximum, ce presque sexagénaire a été créé pour la recherche.

Ce réacteur à eau bouillante (REB) n’est pas visible de l’extérieur. Il est situé à 100 mètres à l’intérieur d’une colline sous une couverture rocheuse de 30 à 50 mètres. Le hall du réacteur a 10 mètres de large, 30 mètres de long et 26 mètres de haut. La salle du réacteur contient également des fosses à combustible pour le stockage temporaire du combustible utilisé. L’ensemble souterrain a un volume de 4500 m3. Les circuits de refroidissement sont situés à l’intérieur de la salle du réacteur et dans le tunnel d’entrée du réacteur. La salle de contrôle et les installations de service sont placées à l’extérieur de l’excavation. Les bâtiments de service contiennent des bureaux, des ateliers et des laboratoires.

Le réacteur de Halden est situé dans un complexe de 7000 m², au bord de la rivière Tista L’énergie produite est livrée sous forme de vapeur à travers des échangeurs de chaleur et des conduites à Norske Skog Saugbrugsforeningen qui l’utilise pour la production de papier.

La principale fonction du réacteur de Halden est de tester des combustibles et des composants de réacteurs nucléaires. Une charge de carburant est constituée d’une combinaison de carburants d’essai provenant d’organisations des pays partenaires et d’assemblages de combustible qui fournissent une base de réactivité pour le fonctionnement du réacteur. Le cœur se compose d’environ 110 à 120 assemblages de combustible, y compris le combustible d’essai, dans un réseau hexagonal ouvert.

A Halden, les codes, les règles et les recommandations acceptés au niveau international ne sont utilisés que de manière consultative, ce qui signifie que les expérimentateurs sont au courant des normes internationales de sécurité mais peuvent ne pas en tenir compte si bon leur semble. Pourtant, selon le CEA, les essais de matériaux et les analyses effectuées indiquent que le réacteur peut fonctionner en toute sécurité bien au-delà de l’an 2020…

… 3. L’« incident » du 24 octobre 2016

Voici le texte laconique du communiqué de presse de l’IFE : « Le lundi 24 octobre à 13 h 45, une libération non intentionnelle d’iode radioactif a eu lieu en relation avec la manutention d’un carburant d’essai dans la salle du réacteur de Halden. Le rejet ne représente aucune menace pour les employés d’IFE ou l’environnement. »

C’est tellement succinct que la NPRA, l’agence de sûreté nucléaire norvégienne équivalent de l’ASN en France, a tenu à réaliser une inspection pour contrôler l’installation et connaître le détail de cet évènement.

Grâce au site European News Weekly qui a édité la traduction anglaise du rapport norvégien de la NPRA, nous connaissons le contenu de ce document que nous avons traduit en français. Vous pouvez lire l’intégralité de ce rapport en annexe en bas de cette page ou en le téléchargeant au format pdf par le lien ci-dessous.

[pdf] RAPPORT ENTIER HALDEN

Pour résumer, alors que le réacteur était à l’arrêt – officiellement pour maintenance depuis le 8 octobre 2016 – une erreur de manutention, le lundi 24 octobre 2016 à 13h45, d’un combustible endommagé a conduit à la création soudaine d’un nuage radioactif qui a envahi le hall du réacteur et ses alentours. Vu le danger encouru, le personnel du site a immédiatement été évacué.

L’IFE (Institut technologique de l’énergie, chargé de l’exploitation du réacteur) n’a alerté l’autorité de sûreté nucléaire norvégienne, la NRPA, que le lendemain matin ; puis, après avoir arrêté le système de ventilation de la salle du réacteur (ce qui a stoppé le rejet dans l’environnement), l’IFE a informé la NRPA le mardi soir (25 octobre) que la situation était sous contrôle. Vu la gestion étrange de l’incident par l’exploitant, la NRPA a procédé à une inspection surprise au siège de l’IFE à Kjeller. Et là, grosse surprise : l’évènement était encore en cours ! De ce fait, la NRPA a engagé immédiatement une inspection renforcée de l’IFE qui lui a permis de superviser, en partie sur site, la gestion de l’« incident » jusqu’au 2 décembre.

Le 1er novembre, après que la NRPA ait demandé une plus grande transparence, l’IFE a communiqué que le réacteur était « dans un état très spécial« . Qu’est-ce qu’un réacteur « dans un état très spécial » alors qu’il était à l’arrêt depuis plus de trois semaines ? Eh bien, cela se traduit par « des fluctuations de température dans la cuve du réacteur, l’indication d’une augmentation du flux neutronique dans le cœur du réacteur et le danger de formation d’hydrogène ». Rien moins que ça. Normalement, quand un réacteur est arrêté, la réaction en chaîne est stoppée intégralement. Dans ce cas précis, ça n’avait pas l’air d’être le cas car une augmentation du flux neutronique indique une reprise de l’activité, signée d’ailleurs par une production d’iode qui est un produit de fission. Par ailleurs, l’augmentation de la chaleur dans le cœur du réacteur, sans circuit de refroidissement, peut conduire à la dégradation des gaines de zirconium qui entourent le combustible. Or, à partir d’une certaine température, le zirconium s’oxyde au contact de l’eau et produit de l’hydrogène, gaz hautement explosif. Ce phénomène a produit au moins trois explosions violentes à Fukushima en 2011.

Pour sortir de cette crise, la NRPA a autorisé la réouverture de la ventilation du hall du réacteur le 1er novembre. Il y a donc eu deux rejets atmosphériques : le premier les 24-25 octobre 2016 quand l’évènement s’est produit jusqu’à ce que l’on ferme la ventilation et le second le 1er novembre.

Suite à cet évènement, la NRPA a révoqué la licence d’exploitation du réacteur. Pourtant, l’IFE compte bien sur la NRPA pour obtenir à nouveau les autorisations nécessaires afin de poursuivre les expériences. En effet, le directeur de recherche de Halden, Atle Valseth, assure que le réacteur redémarrera d’ici au mois de juin 2017…

… 5. Quelle était la nature des nuages radioactifs ?

Selon la NPRA, le rejet a été de 150 millions de becquerels pour l’iode 131 et 24 millions de becquerels pour l’iode 132, sans faire état des autres substances radioactives susceptibles d’avoir été rejetées.  L’IFE, contacté le 19 mars par mes soins, n’a pas souhaité communiquer la nature intégrale des nuages radioactifs d’octobre-novembre 2016, ni les proportions des différents radionucléides les composant. Il le ferait à la demande de la NRPA, si l’autorité nucléaire lui demandait. L’IFE indique qu’il devra remettre un rapport détaillé à la NRPA sur les rejets de 2016 avant le 1er mai 2017. Mais il ne dit pas si ce rapport sera public. Par ailleurs, la NRPA, contactée également le 19 mars, n’a fourni aucune réponse à cette même question.

Du côté français, j’ai également contacté l’IRSN le même jour, mais celui-ci est resté muet jusqu’à présent. Quant à l’ASN, il m’a renvoyé aux communiqués de la NRPA et de l’IFE. On tourne en rond… Pas étonnant que des rumeurs de meltdown à Halden fleurissent dans plusieurs sites internet ! L’IFE et la NRPA, en restant opaques sur cet « incident », provoquent eux-mêmes des questionnements légitimes qui se transforment vite en rumeurs. A présent, ces deux organismes sont obligés de faire des communiqués pour contrer les rumeurs qu’ils ont contribué à former !

C’est une association qui finalement vient d’obtenir l’information manquante. La Criirad a contacté également la NRPA le 16 mars. Grâce à elle, nous avons un peu plus de renseignements, et pas des moindres !

Les rejets d’octobre 2016 ne comportaient pas que des becquerels d’iode131 et 132. Ils contenaient également 8 178 milliards de becquerels de gaz rares radioactifs et 550 milliards de becquerels de tritium ! On est très loin des 184 millions de becquerels d’iode radioactif du communiqué rassurant de la NRPA ! Cette « autorité de sûreté nucléaire » n’a déclaré que 0,002 % du rejet radioactif ! Comment faire confiance à la NRPA après un tel mensonge ?

Selon la Criirad, compte tenu de l’absence de stations de mesures assez proches du réacteur de Halden et de dispositifs permettant de conserver la mémoire de la contamination, « on ne peut effectuer une caractérisation fine de l’impact des rejets intervenus le 24 octobre 2016 et les jours suivants »…

8. Pourquoi on ne sait quasiment rien sur cet accident probablement de niveau 4 sur l’échelle internationale INES ?

Parce que 130 organismes scientifiques, institutionnels et industriels issus d’une vingtaine de pays sont impliqués dans le projet du réacteur de Halden de l’OCDE. Ils veulent pouvoir faire des expérimentations tranquillement, à l’abri des règlementations internationales trop contraignantes de sûreté nucléaire. On fait comme au bon vieux temps des essais atmosphériques. On pollue sans compter, et surtout sans rien dire, « afin de ne pas compliquer la communication auprès du grand public par un trop grand nombre de données » (NRPA).

Le village nucléaire mondial étant mouillé jusqu’au cou par les activités polluantes de ce réacteur obsolète,  on comprend qu’aucun organisme officiel ne veuille ébruiter une affaire de ce genre. Dans le nucléaire, quand on soulève le tapis, on découvre des horreurs… Bizarrement, il manque des données publiques les jours où il y a eu le plus fort rejet.

Le fait qu’il y ait eu un endommagement important des barrières radiologiques et une exposition du public de l’ordre des limites prescrites (exemple pour le Xénon 131m : 44% de la dose limite annuelle en seulement quelques jours), il s’agit vraisemblablement non pas d’un « incident » comme le prétend la NRPA mais d’un accident nucléaire de niveau 4 sur l’échelle INES. Bien entendu, tous les organismes officiels, habitués à mentir à la population, continueront d’appeler ça un incident, bien que la NRPA ait été prise la main dans le sac.

9.Exiger des éclaircissements

Tous ces organismes faussement transparents, IFE, NRPA, doivent expliquer clairement ce qu’il s’est passé en octobre-novembre 2016 à Halden. Ils doivent répondre à ces questions :

Quel évènement a endommagé le combustible testé ?

– Pourquoi l’IFE n’a pas alerté immédiatement la NRPA ?

– Quel évènement a produit une augmentation du flux neutronique ?

– Est-ce que le combustible testé était du thorium-plutonium ?

– Était-ce une expérimentation de MOX thorié en conditions réelles ?

– Quelle était la nature exacte des rejets radioactifs des 24-25 novembre et du 1er novembre 2016 ? L’information de la NRPA fournie à la Criirad est insuffisante car il n’est pas mentionné de mesures sur d’éventuels rejets de carbone 14, de césium 137, de cobalt 60, de plutonium, etc.

– Quelle était la proportion des radionucléides pour chacun de ces nuages ?

Pourquoi le réacteur de Halden n’obéit pas aux règles internationales de sécurité des installations nucléaires post-Fukushima ?

C’est assez insupportable d’apprendre par hasard que l’atmosphère européenne est polluée par des gaz ou des aérosols radioactifs issus d’un réacteur désuet, et tout ceci avec la bénédiction des organismes de sécurité qui sont censés nous protéger. Une enquête parlementaire devrait être exigée des députés européens pour faire l’entière lumière sur cette affaire et sur toutes les installations susceptibles de relâcher des produits dangereux dans l’atmosphère, d’autant plus que de l’iode 131 vient encore d’être détecté en mars à Svanhovd, dans le nord de la Norvège.

Source de la version anglaise : https://nuclear-news.net/2017/03/12/fuel-error-at-ife-halden-the-handling-of-the-incident-nrpa-report-in-english/

Pour lire l’intégralité de l’article : http://www.fukushima-blog.com/

Mar 25

DÉCHETS NUCLÉAIRES : LES APPROCHES OPPOSÉES DE L’ALLEMAGNE ET DE LA FRANCE

déchetsLe problème des déchets de l’industrie nucléaire déchaine des passions aussi bien en France qu’en Allemagne. Chez nos voisins – qui sont en pleine transition énergétique, avec l’arrêt progressif de toutes les centrales – le parlement fédéral a établi des règles : le choix d’un site de stockage des déchets nucléaires sera scientifique et sa recherche s’étendra jusqu’à 2030. La ministre de l’environnement allemand a été sans ambigüité : « Les déchets nucléaire doivent être tenus hors de l’environnement pendant un million d’année. Ce qui montre de manière explicite à quel point le recours à l’énergie nucléaire a été une erreur. »

Les lieux de stockage actuels sont en piètre état. Un des principaux centres de stockage du pays, « Asse II », en Basse-Saxe, a dû être évacué : en 2008, la presse allemande révélait la pénétration de près de 12 000 litres d’eau par jour dans la roche saline, ayant provoqué des effondrements de galeries. Des barils seraient même endommagés.

Mais c’est surtout l’ancienne mine de sel de Gorleben, également en Basse-Saxe et longtemps considérée comme le site de stockage idéal, qui cristallise les passions. Cette petite commune de 634 habitants située dans le nord-est de l’Allemagne est devenue le symbole même de la lutte anti-nucléaire, des militants campant même sur les voies ferrées amenant les déchets. C’est une véritable poudrière politique que l’actuel gouvernement veut neutraliser avec son projet de loi.

En cas de problèmes, les déchets doivent pouvoir être récupérés sur une durée de 500 ans. Le gouvernement estime à 2000 le nombre de « castors », ces conteneurs spéciaux devant être stockés. Mais personne n’en veut…

En France, le puissant lobby des nucléo-nuisibles sévit avec d’autant plus de virulence que leur cause recule dans l’opinion. Ainsi la justice a débouté jeudi en appel les antinucléaires qui demandaient la condamnation de l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs. Ces associations demandaient à la justice civile de condamner l’Andra pour avoir dissimulé et sous-estimé la présence d’une nappe phréatique présentant un intérêt particulier pour la géothermie. L’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) exclut en effet ce genre d’action en France lorsque cela peut représenter un intérêt particulier pour la géothermie. Jeudi, la cour a pourtant confirmé le premier jugement et estimé que les demandes de ces collectifs étaient bien recevables, mais les a déboutées car « l’examen attentif de leur argumentation ne permet pas de caractériser contre l’Andra la moindre faute. » Une victoire pour l’Agence nationale empêtrée dans de nombreuses procédures engagées par les opposants à son projet. Ceux-ci ne s’interdisent pas dans un avenir proche de saisir la Cour de cassation pour obtenir gain de cause.

Contrairement à ce qui se passe maintenant en Allemagne (recherche d’un site sur le strict critère scientifique), chez nous les nucléocrates n’ont pas choisi le site de Bure sur le critère technique de sa structure géologique, ce qui aurait été au moins scientifiquement honnête, mais sur un critère « d’acceptabilité par la population » ! Une population, ou plutôt des élus, des collectivités locales achetées à grands coups de subventions.

Le pognon – le nôtre ! – coule à flot dans le milieu nucléaire. La première estimation du projet de Bure, d’environ 15 milliards d’euros, a fait l’objet d’une « actualisation suite à l’approfondissement du travail technique ». La Cour des Comptes jugeait elle de son côté, dès 2009, que le coût pourrait atteindre près de 35 milliards d’euros. Bonjour la fiabilité !

La nocivité des nucléocrates se retrouve aussi dans un rapport publié par l’OPECST (Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologique), officine chargé d’informer le Parlement, qui préconise le stockage géologique profond, la valorisation et le recyclage des déchets radioactifs. Un rapport très favorable aux grands acteurs industriels du secteur.

Ce nouveau rapport de l’OPECST propose de « récupérer les matières énergétiques présentes dans les combustibles usés » pour les réutiliser, à court terme, dans les ERP, les réacteurs à eau pressurisée, dont le parc naturel actuel est doté. Ou, à long terme, de les recycler dans de nouveaux types de réacteur dits « à neutrons rapides ». Ce qui implique évidemment l’abandon de la sortie du nucléaire

Les ONG qui militent contre l’utilisation de l’atome dénoncent la partialité des deux députés ayant piloté sa rédaction, le député PS Christian Bataille et le sénateur UDI Christian Namy. Bataille, on le connaît bien, c’est le fer de lance du lobby nucléaire. Estampillé « nucléocrate » par l’ONG Sortir du nucléaire, il est à l’origine de la loi de 1991, une nouvelle fois votée en 2006, sur les déchets radioactifs. Il a organisé des colloques à l’Assemblée sponsorisés par… Areva, le spécialiste du combustible et du retraitement des déchets nucléaires, BNFL, son concurrent britannique, ou encore l’ANDRA, l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs ! Bonjour l’impartialité ! Tiens, au fait, il vient de rejoindre le clan des Macroniens…

Bure, késako ? Il s’agit de créer un centre de stockage des déchets atomiques résultant de l’activité des centrales électronucléaires. Pour ce faire, l’ANDRA (l’organisme en charge de cette réalisation) doit creuser dans le sous-sol argileux de Bure (petite localité de Lorraine) des puits d’accès, des galeries de circulation et des loges où seront entreposés pour des millénaires et des millénaires des conteneurs d’acier emplis des déchets nucléaires vitrifiés. À charge pour l’Andra de faire en sorte que ce stockage soit réversible, c’est-à-dire que – si l’avancement de la science le permet dans l’avenir – ces colis soient récupérables ! Ce qui n’est pas évident comme l’a montré un incendie dans une installation similaire aux États-Unis…

Bure, 93 habitants… C’est dans ce petit village de l’Est que l’État envisage de créer cette poubelle nucléaire. Poubelle où seront stockés – si le projet voit le jour – jusqu’à 80 000 m3 de déchets radioactifs ayant une durée de vie estimée entre quelques milliers d’années et plusieurs centaines de milliers d’années. Ces « colis » seront enfouis dans des couches d’argile, à 500 mètres sous terre, pendant au moins 120 ans. S’ils ne représenteront que 0,2 % du volume des déchets nucléaires produits, ils concentreront 98 % de la radioactivité émise par ces résidus.

Rien d’équivalent n’existe dans le monde. En Allemagne, ça vire au désastre. Aux États-Unis, c’est pareil avec les déboires à Yucca Mountains.

Au fait, ces déchets, où sont-ils actuellement ? Les plus radioactifs d’entre eux se trouvent à La Hague, Marcoule et Cadarache. Dans de simples bidons métalliques…

 http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/dechets-nucleaires-les-approches-191057

Sources :

http://www.humanite.fr/nucleaire-les-opposants-au-projet-cigeo-deboute-devant-la-justice-633875

http://www.la-croix.com/Actualite/Economie-Entreprises/Economie/Le-stockage-des-dechets-radioactifs-en-Allemagne-vire-au-desastre-_NG_-2010-02-08-546433

http://www.novethic.fr/lapres-petrole/energie-nucleaire/isr-rse/etats-unis-ou-stocker-les-dechets-nucleaires-a-haute-valeur-radioactive-142919.html

Mar 25

AREVA : LA CULTURE DE SÉCURITÉ DU CREUSOT JUGÉE INSUFFISANTE

ArevaLa qualité du contrôle d’EDF sur son fournisseur Areva, qui doit fabriquer les réacteurs de la nouvelle centrale nucléaire britannique d’Hinkley Point, est sujette à caution, estime l’Office britannique de régulation nucléaire (ONR) dans un document interne.

Après la découverte d’irrégularités à l’usine du Creusot l’an dernier, l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) française et plusieurs de ses homologues ont procédé à des inspections sur le site en décembre dernier.

Dans un compte-rendu de visite daté du 16 décembre, obtenu dans le cadre d’une requête pour publication de documents officiels et consulté par Reuters, l’ONR estime que la culture de l’usine du Creusot est insuffisante en matière de sécurité nucléaire et s’inquiète des conséquences potentielles sur le projet d’Hinkley Point.

L’ONR a confirmé vendredi la véracité de ce document et a déclaré avoir depuis décidé de mener une nouvelle série d’inspections auprès d’EDF et de sa chaîne de fournisseurs afin de s’assurer que la fabrication de tous les équipements est conforme aux standards requis.

Une porte-parole de l’ONR a déclaré que le régulateur procéderait à une enquête réglementaire d’ici la fin de l’année pour évaluer les progrès réalisés par EDF dans la supervision de la qualité de sa chaîne de fournisseurs.

Un haut responsable de l’ASN avait estimé récemment que les outils de production de la forge exploitée au Creusot sont sous-dimensionnés pour produire de gros composants nucléaires.

Article de Geert De Clercq à Paris et Karolin Schaps à Londres, version française Jean-Michel Bélot, édité par Benoît Van Overstraeten)

https://www.easybourse.com/international/news/1242405/la-culture-securite-creusot-areva-jugee-insuffisante.html

Mar 24

NUCLÉAIRE : WESTINGHOUSE PROCHE DE LA FAILLITE

ToshibaToshiba ne trouve pas de repreneur pour sa filiale américaine confrontée à une série de déboires industriels.

Onze ans après avoir pris le contrôle du fabricant américain de centrales nucléaires Westinghouse, Toshiba cherche à s’en séparer pour redresser une situation financière catastrophique en grande partie liée à ses déboires dans la construction de quatre réacteurs aux États-Unis. La vente de sa filiale – voire sa mise en faillite – préfigure peut-être la recomposition d’un secteur qui, à l’échelle mondiale, est toujours ébranlé par la catastrophe de Fukushima en mars 2011 et la concurrence d’autres sources de production d’électricité de plus en plus compétitives (gaz, éolien, solaire…).

L’hypothèse n’est désormais plus taboue : Westinghouse peut être placée rapidement sous la protection du chapitre XI de la loi américaine sur les faillites, qui permettrait sa restructuration. « Toutes les hypothèses sont envisageables », indiquait mi-mars le PDG de Toshiba, Satoshi Tsunakawa.

Jeudi 23 mars, le groupe a fait un pas de plus en mettant la pression sur le « board » de sa filiale américaine : « C’est fondamentalement une décision du conseil d’administration de Westinghouse. » Le titre a immédiatement gagné 7,8 % à la Bourse de Tokyo.

Dépréciations d’actifs importantes

Cette opération est le seul moyen pour Toshiba, selon certains analystes financiers, d’éviter d’autres pertes dans ses activités nucléaires américaines, le conglomérat souhaitant rester sur le marché japonais et abandonner les grands projets à l’international. Ses chantiers nucléaires aux États-Unis accusent une dérive des coûts et du calendrier – tout comme en Chine. De plus, Toshiba a découvert, mi-mars, de graves irrégularités dans l’acquisition par Westinghouse, fin 2015, du constructeur de réacteurs américain CB & I Stone & Webster. Un nouveau coup dur qui survient après la mise à jour en 2015 de falsifications comptables durant sept ans, au Japon cette fois.

Pour ses activités nucléaires aux États-Unis, Toshiba va devoir inscrire d’importantes dépréciations d’actifs, qu’il chiffre aujourd’hui à 5,8 milliards d’euros en attendant l’audit final de ses commissaires aux comptes. Le groupe se prépare, avec des conseillers et des avocats, à la faillite de Westinghouse, même si 80 % de l’activité de la filiale américaine provient d’activités moins cycliques que la construction de nouveaux réacteurs (maintenance de centrales, équipements, gestion du combustible nucléaire…). De leur côté, Scana Corp et Southern Co, les deux clients de Westinghouse pour les centrales de Géorgie et de Caroline du Sud, ont recruté leurs propres task forces de juristes, selon l’agence Reuters.

Pour l’instant, on ne se précipite pas pour racheter Westinghouse, l’un des plus beaux fleurons du patrimoine industriel américain depuis sa création en 1886. Les dirigeants de Toshiba ont un temps caressé un espoir : Kepco. L’électricien public sud-coréen a de grandes ambitions internationales depuis qu’il a remporté un contrat aux Émirats arabes unis (20 milliards de dollars, soit 18,5 milliards d’euros), en 2009, à la barbe d’une « équipe de France » menée par Areva. Las, le patron de Kepco, Cho Hwan-eik, a déclaré, mercredi 22 mars, qu’il n’a « aucun projet d’acquisition de la part de Toshiba », qui détient 87 % de Westinghouse.

Défiance généralisée

Les deux autres géants nippons du secteur n’auraient pas non plus marqué de signes d’intérêt. Hitachi a créé une coentreprise avec l’américain General Electric et Mitsubishi Heavy Industries a un partenariat important avec la filière nucléaire française (Areva-EDF), notamment dans le développement de l’Atmea, un réacteur de 1 100 mégawatts (MW) concurrent de l’AP1000 de Toshiba-Westinghouse. Quant au russe Rosatom ou aux chinois CNNC et CGN, on voit mal l’administration Trump leur ouvrir un secteur aussi sensible que le nucléaire civil, même si Washington avait accepté en 2006 que Westinghouse transfert toute la technologie de l’AP1000 à Pékin.

Cette défiance généralisée n’est pas de bon augure pour le nucléaire civil, devenu une industrie à très haut risque. Puissamment soutenus par leurs gouvernements, Rosatom, CGN, CNNC et Kepco sont à l’offensive dans le monde, poussant leurs pions en Turquie, en Égypte, en Afrique du Sud ou en Arabie saoudite, mais aussi en Asie et en Amérique latine. Ces groupes publics veulent aussi pénétrer en Europe de l’Ouest. Leur porte d’entrée est le Royaume-Uni, où trois consortiums prévoient de mettre en service une dizaine de réacteurs (16 000 MW au total) dans les quinze prochaines années.

Le consortium nippo-français NuGen créé par Toshiba (60 %) et Engie (40 %) devait installer trois réacteurs AP1000 : le premier a jeté l’éponge, le second s’apprête à le faire. Kepco négocie activement la reprise de la part du conglomérat japonais dans ce projet de 3 800 MW, a reconnu son PDG.

Restent Horizon Nuclear Power, détenu par Hitachi, et le partenariat franco-chinois EDF-CGN, qui a débuté la construction de deux EPR sur le site de Hinkley Point, dans le sud-ouest de l’Angleterre.

Article de Jean-Michel Bezat

Mar 24

BELGIQUE : LE REDÉMARRAGE DE TIHANGE 1 REPORTÉ AU 31 MAI, ANNONCE ENGIE ELECTRABEL

TihangeLe redémarrage du réacteur nucléaire Tihange 1 a été reporté au 31 mai, indique Engie Electrabel vendredi dans un communiqué. 

L’engin est à l’arrêt depuis septembre et devait reprendre fin mars, mais l’Agence fédérale de contrôle nucléaire (AFCN), qui doit donner son approbation, a demandé des analyses complémentaires. « Suite aux différents contacts intervenus ces derniers jours avec Bel V, la filiale technique de l’AFCN, et pour répondre à leurs attentes, il a été décidé de procéder à des analyses supplémentaires. Electrabel procèdera également à des travaux de consolidation des sols« , explique Electrabel dans un communiqué.

La date de redémarrage est une estimation et est susceptible d’être revue en fonction des informations disponibles, souligne le communiqué.

Le réacteur Tihange 1 est à l’arrêt depuis le 7 septembre à la suite d’un « incident de génie civil », selon Electrabel.

http://www.lalibre.be/actu/belgique/le-redemarrage-de-tihange-1-reporte-au-31-mai-annonce-engie-electrabel-58d4f3e3cd708bad3cd6f247

Mar 24

L’OBSERVATOIRE DU NUCLÉAIRE CONTESTE LES 3 ANS SUPPLÉMENTAIRES ACCORDÉS À EDF POUR CONSTRUIRE LE RÉACTEUR EPR DE FLAMANVILLE

EPREn 2007, le 1er ministre De Villepin pensait avoir vu large en accordant à EDF 10 ans pour construire l’EPR…
C’est par le biais d’un arrêté particulièrement discret que le gouvernement a accordé aujourd’hui à EDF, sans aucune raison valable, un délai supplémentaire de 3 ans pour construire le réacteur nucléaire EPR de Flamanville (Manche). Ce décret se contente de préciser qu’ « Au II de l’article 3 du décret du 10 avril 2007 susvisé, le mot : « dix » est remplacé par le mot : « treize« . »

En accordant à EDF dix ans pour construire un réacteur qui devait être achevé en quatre ans et demi, le premier ministre de l’époque, Dominique de Villepin, pensait avoir vu large. Mais c’était oublier l’incompétence généralisée de l’industrie nucléaire française, incapable de construire son propre réacteur.

En 2007, EDF ne se privait pas de railler Areva qui était déjà largement empêtrée dans son propre chantier EPR en Finlande : commencé en 2005, le réacteur devait entrer en service en 2009… mais il n’est toujours pas achevé à ce jour. Avec leur arrogance légendaire, les dirigeants d’EDF clamaient qu’ils allaient démontrer la « maestria » et la supériorité de leur entreprise, laquelle s’est en réalité tout autant ridiculisée qu’Areva.

C’est ainsi que la validité du décret de 2007 arrive à échéance sans que l’EPR de Flamanville ne soit achevé. Si la meilleure option serait incontestablement d’abandonner ce chantier (**), sa continuation devrait a minima faire l’objet d’une nouvelle procédure administrative, avec un nouveau débat national de la CNDP (***) et une nouvelle enquête publique, tant le contexte a changé en dix ans.

Mais EDF a pu compter sur un complice de poids, le premier ministre actuel Bernard Cazeneuve qui, faut-il le rappeler, était surnommé « le député du nucléaire » lorsqu’il était parlementaire. C’est une nouvelle démonstration de ce que les lobbyistes ne se content plus d’influencer les politiciens, ils prennent désormais carrément leur place et ce jusqu’à la tête du gouvernement.

Loin de demander des comptes à EDF qui gaspille pourtant par milliards l’argent des Français – annoncé à 2,8 milliards, le prix de l’EPR a déjà dépassé les 10 milliards… en attendant la facture finale – le premier ministre a donc accordé à EDF 3 ans de plus pour terminer son EPR.

En coopération avec d’autres organisations, l’Observatoire du nucléaire va contester en justice la légalité et la légitimité de ce délai.

Il est par ailleurs nécessaire de souligner la défaite totale du Président de la République François Hollande qui tenait avec l’EPR la possibilité de contraindre EDF à respecter la promesse présidentielle de fermer la centrale nucléaire de Fessenheim (Alsace) : il lui suffisait de dire à EDF « Vous fermez Fessenheim et je vous accorde le délai pour l’EPR ».

Au contraire, c’est EDF qui a dicté sa loi à M. Hollande en lui disant « Nous ne fermerons Fessenheim que si vous nous accordez d’abord le délai pour l’EPR ». Aussi incroyable que cela puisse paraitre, alors que c’est lui qui était en position de force, M. Hollande s’est soumis à EDF qui, de toute évidence, ne fermera pas la centrale de Fessenheim ou demandera sa réouverture immédiate dès le départ (imminent) de M Hollande…

(*) Journal officiel : http://bit.ly/2myLUKc

(**) Un réacteur qui n’est pas entré en service est immensément plus facile à démanteler

(***) Commission Nationale du Débat Public

http://www.observatoire-du-nucleaire.org/spip.php?article325

NDLR : il s’agit du Décret n° 2017-379 du 23 mars 2017 publié au JORF n°0071 de ce jour 24 mars 2017

Mar 24

GRAVE ACCIDENT NUCLÉAIRE CACHÉ EN EUROPE QUI SÉVIT TOUJOURS ET SILENCE DES AUTORITÉS

accident NorvègeAlerte : Contamination de l’Europe à l’iode131 en cours, suite à l’accident nucléaire en Norvège. Le 12 mars 2017 on apprend que la Norvège contamine toute l’Europe avec de l’iode 131 radioactive depuis plusieurs semaines .on évoque même fin octobre. Les autorités norvégiennes comme françaises pratiquent la rétention d’informations. Le cœur de réacteur atomique, comme à Fukushima, hors de contrôle…

De l’hydrogène radioactif s’accumulerait dans l’enceinte du réacteur !
L’exploitant et l’équivalent de notre ASN procèdent à des rejets radioactifs dans l’atmosphère pour éviter l’explosion et la catastrophe atomique européenne. Il s’agirait du réacteur de Halden (1).
La Norvège exploite 4 réacteurs de recherche à Kjeller : NORA (activé en 1961, arrêté en 1967), JEEP I (activé en 1951, arrêté en 1967), JEEP II (activé en 1966) et à Halden : HBWR – Halden Boiling Water Reactor (activé en 1959) à la frontière suédoise
(une ville d’environ 30 000 habitants et de 640 km2).
C’est depuis janvier 2017 qu’a été détectée une présence anormale d’iode 131 dans l’air ambiant en Europe.
Ce radionucléide artificiel, émetteur de rayonnements bêta et gamma, de période dite courte de 8,02 jours (c’est à dire d’une durée de contamination effective d’au moins … une année) se fixe sur la thyroïde, une glande qui joue un rôle crucial dans la croissance.
C’est la raison pour laquelle, les nourrissons et très jeunes enfants ainsi que les adolescents y sont particulièrement sensibles.
C’est un des produits de fission les plus redoutés lorsqu’il est relâché dans l’environnement.
Très mobiles car volatils, les isotopes radioactifs de l’iode se dispersent puis se déposent un peu partout puis sont captés par les feuilles des végétaux, puis absorbés par les racines, puis ingérés par les animaux ou les humains qui consomment alors des aliments contaminés.
La teneur en iode-131 doit être surveillée dans la chaîne alimentaire durant plusieurs semaines, le temps que ce radioélément cesse d’irradier.

Des contrôles de radioactivité du lait et des végétaux sont primordiaux en particulier les légumes à grandes feuilles comme les épinards et les laitues.
L’eau doit être également surveillée
D’autant que très radioactif l’iode-131 va voir sa radioactivité divisée par 1000 tous les 80 jours seulement.
Autrement dit la quantité d’iode-131 est divisée par 2 tous les 8 jours, par 2500 tous les trimestres et il faut attendre une année pleine pour qu’il n’en reste plus trace dans les aliments.
Si l’alerte avait été lancée suffisamment tôt par les autorités, des irradiations inutiles auraient pu être évitées dans la population par la prise de mesures de protection.
Mais dès le début les autorités européennes sont restées dans une incapacité à identifier l’origine de cette contamination radioactive et, comme lors des catastrophes nucléaires de Tchernobyl et Fukushima, ont privilégié le mensonge par omission et la poursuite de l’activité économique et financière.
L’Est montré du doigt… à tort

Très vite les autorités européennes ont indiqué que ces rejets radioactifs anormaux pouvaient provenir d’un centre de recherche situé en Hongrie (l’institut de production de radio-isotopes de Budapest) qui s’était déjà rendu coupable du 8 septembre au 16 novembre 2011 de tels rejets.
Mais sans certitude aucune.

Cet « Izotop Intezet » disposerait selon l’Autorité à l’Énergie Atomique Hongroise d’une autorisation de rejets annuels de 1 600 GBq soit 1 600 milliards de Becquerels d’iode 131.
Autorisation dont bénéficient aussi les installations nucléaires françaises (2).

Puis le réacteur de la centrale nucléaire de Krško, en Slovénie, fut suspecté.
Un avion « renifleur » états-unien a été dépêché, pour survoler l’Europe.
Depuis son déploiement le 17 février à Mildenhall, en Angleterre, le Boeing WC-135 Constant Phoenix de l’US Air Force a été repéré en moins de deux semaines au-dessus de la France, de la Méditerranée, de la mer du Nord, du Danemark et de la mer Baltique.
L’État-major français des armées n’a pas, dans un premier temps, « retrouvé le vol » pour ensuite finalement confirmer le passage du « nuke sniffer » sur notre territoire le 27 février, sans vouloir en dire plus.
Mais les déploiements en Europe de WC-135 ne sont « pas fréquents » selon l’historien militaire suisse Daniel Fuhrer qui travaille pour le Département fédéral de la défense :
 » il a été conçu pour surveiller les essais atomiques soviétiques durant la Guerre froide et a surtout servi ces dernières années au large de la Corée du Nord »
.

Parmi les autres spéculations, a été aussi envisagé un supposé essai nucléaire russe dans l’Arctique qui, pour certains, serait à l’origine des traces de l’iode 131 délétère.
Mais cette théorie et cette piste n’a convaincu que ceux qui voulaient y croire car nombre de spécialistes l’ont rejeté du fait que d’autres isotopes radioactifs (toujours concomitants à un essai atomique) n’avaient pas été détectés.
Une autre piste pointant l’Est serait d’anciens bâtiments ou sous-marins russes à propulsions nucléaires, qui ne fonctionnent pas très bien. Mais là encore : pas de preuve tangible.
Mais l’avion-renifleur états-unien est apparu sur des relevés radar au-dessus de la Baltique, non loin de l’enclave russe de Kaliningrad, coincée entre la Pologne et les pays baltes.
Puis un autre appareil américain, destiné lui à la reconnaissance et dont les missions sont beaucoup plus fréquentes que celles du WC-135, ne s’est pas caché de voler à quelques dizaines de kilomètres de Kaliningrad. Il est vrai que l’enclave, de plus en plus militarisée, cristallise les tensions croissantes entre l’OTAN et la Russie.
Pour les États-Unis c’était peut-être l’occasion de faire d’une pierre deux coups.
Les hypothèses vers l’Est font pschitt, l’Europe du Nord pointée du doigt
Ce n’est que le 13 février 2017 que l’IRSN (Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire) français a confirmé que « De l’iode 131, radionucléide d’origine artificielle, a été détecté, courant janvier 2017… en Europedont la France. Déjà cette contamination radioactive avait été mesurée sous forme d’aérosol (gaz) en Norvège, Finlande et Pologne (5,92 µBq/m microBecquerels par mètre cube) du 9 au 16 janvier, puis du 17 au 23 janvier en Tchéquie, en Allemagne du 16 au 30 janvier, puis du 18 au 26 janvier en France (0,31 µBq/m par exemple dans le Puy-de- Dôme) et du 17 au 24 janvier en Espagne.
Comme bon nombre d’installations nucléaires européennes sont autorisées à rejeter dans l’atmosphère de l’iode radioactive au quotidien : les conditions météorologiques des semaines de début d’année, à l’origine d’une forte pollution par les particules fines et propices à la stagnation des poussières dans les couches inférieures de l’atmosphère, furent alors mises en accusation.
Tout serait dans la normalité mortifère, seule la météo serait coupable. Il n’y aurait pas d’augmentation des rejets radioactifs mais une diminution des possibilités de dilution !
Dilution légale de radioactivité au demeurant permettant que les concentrations en polluants radioactifs ne soient plus détectables … mais en augmentant le nombre de citoyens exposés et victimes.
Finalement c’est un physicien nucléaire proche de l’Autorité norvégienne de protection contre les rayonnements (NRPA) qui début mars (le 3 mars) indique qu’ont eu lieu des rejets d’iode radioactif au cœur du réacteur de Halden lorsque l’IFE [Institut de technologie de l’énergie] intervenait sur du combustible endommagé dans la salle du réacteur.
L’opération a généré la libération de substances radioactives au travers du système de ventilation
Et s’est poursuivie le jour suivant. Alors que le NRPA (équivalent de l’ASN française) effectuait une inspection inopinée, les rejets radioactifs se poursuivant, la décision a été prise de fermer le système de ventilation pour limiter les rejets dans l’environnement. Mais cette disposition a, à son tour, engendré des problèmes encore plus graves.
L’air pressurisé a bloqué les vannes du système de refroidissement du réacteur en position d’ouverture, ce qui a empêché la circulation de l’eau de refroidissement.
Les jours suivants la sécurité du réacteur était dans un état plus que préoccupant
En Norvège : situation identique à celle de Fukushima, la France impliquée
Le CEA fait partie des organismes associés à la gestion du réacteur Norvégien de Halden.
Fonctionnant à l’uranium moyennement enrichi, le « combustible » (produit de fission atomique) de Halden est du MOX enrichi à 6% (comme celui du réacteur nucléaire n° 3 en perdition de la centrale nucléaire de Fukushima-Daiichi). Il est modéré à l’eau lourde ; il suffit donc de 9 assemblages fissiles pour obtenir sa divergence.

Toutes les autres positions dans le cœur sont libres pour accueillir des assemblages « expérimentaux ».
Contrepartie de cette structure « légère » : le pilotage du cœur est très délicat (tout comme les 28 réacteurs nucléaires français chargé en Mox).
Il arrive que le coefficient de vide devienne positif.

C’est probablement ce qui est arrivé : fusion d’au moins un assemblage du fait d’une caléfaction intempestive.
Des fluctuations de température dans le réacteur ont mis en évidence une augmentation du flux de neutrons dans le noyau et le danger de formation d’hydrogène.
C’est la même situation de formation d’hydrogène dans le noyau du réacteur qu’à Fukushima-Daïchi qui a engendré l’explosion et la catastrophe atomique.
Comme au Japon, il ne restait plus pour les techniciens qu’une solution désespérée : ouvrir à nouveau les vannes même si cela signifiait libérer la radioactivité sur le reste du pays et plus loin.
Tout comme à Fukushima les spécialistes de l’IFE n’ont pas compris la gravité de la situation.

Selon les responsables de cette unité atomique de recherche se serait une banale panne technique pendant la manutention du combustible qui a engendré l’accident nucléaire et la libération d’iode131 mais aussi d’iode132 radioactifs.
Une alarme a alors retenti et le personnel de la salle des machines a été évacué immédiatement après le début de l’incident.
Puis ils y sont revenus pour tenter d’identifier la cause et l’ampleur du volume de radioactivité.
Mais le mal était fait.
La NRPA fulmine.
Et impuissante, tout comme l’ASN l’est en France, de déclarer par la voix de son chef de la sécurité, Per Strand : « Nous allons étudier comment cela a pu se produire et pourquoi nous n’avons été avertis que le lendemain ».
Le traité de Non-prolifération nucléaire bafoué
L’IFE [Institut de technologie de l’énergie] aurait participé à un contournement illégal du TNP qui vise à empêcher/contrôler la prolifération nucléaire.
Il a reconnu, selon le Président de l’organisme citoyen « Bellona » Fredrik Hauge, avoir violé le contrôle des exportations de matières nucléaires en vendant son expertise au Brésil pour le développement d’armes nucléaires dont la finalité serait la mise au point d’un réacteur d’essai et de carburant pour des sous-marins.
Or un tel programme est soumis à déclaration et autorisation du Parlement et des instances internationales (souvenons-nous de l’Iran).
Si ces révélations étaient confirmées elles représenteraient une violation grave du TNP par un pays européen.
« Le fait que la Norvège contribue au premier sous-marin nucléaire d’attaque de l’Amérique latine est un scandale » a confirmé F.Hauge.

Et une autre interrogation sans réponse encore en découle : l’IFE norvégien pourrait-il être un des relais derrière lequel le Commissariat à l’Énergie Atomique agit ?
A ce jour la question nécessiterait investigations des médias et clarification des autorités.
Les rejets radioactifs continuent-ils ?
Les autorités sanitaires des pays concernés, dont la France, vont-elles encore garder un mutisme complice quitte à porter atteinte à la santé et à la vie de la population ?

Pour lire les notes (1) et (2) ainsi que les sources de cet article : https://blogs.mediapart.fr/cyril-graux/blog/220317/grave-accident-nucleaire-cache-en-europe-qui-sevit-toujours-et-silence-des-autorites

NDLR: cet article alarmiste doit être lu en considérant l’article de la CRIIRAD publié sur ce site hier 23 mars 2017

Mar 24

PRÉSIDENTIELLES : LE RÉSEAU « SORTIR DU NUCLÉAIRE » PASSE LES CANDIDATS AU COMPTEUR GEIGER !

candidats« Alors que la question très épineuse du nucléaire français semble trop souvent négligée par les programmes des candidats à la Présidentielle, nous avons remonté les dossiers de chacun d’entre eux afin de les passer sous la mesure attentive de notre compteur Geiger !

Présidentielles 2017 : épinglons les candidats pronucléaires !

La campagne présidentielle est officiellement lancée et nous vous proposons une plateforme de décryptage des positions de chaque candidat afin de vous permettre d’agir ! Interpellations sur les réseaux sociaux, collage d’autocollants sur les affiches des pro-nucléaires, diffusion de nos revendications… À vous de jouer ! »

Mode d’emploi : aller sur le site : http://www.sortirdunucleaire.org/Passons-les-candidats-au-compteur-Geiger?origine_sujet=EL201703

Faire défiler les photos des candidat(e)s en cliquant sur la flèche noire dans le rond jaune puis sur la mention « cliquez pour tester le candidat » sous la photo. Apparaîtront alors en dessous :

. Un texte résumant ses positions sur le nucléaire civil et militaire.

. Ce qu’il (ou elle) a dit (extraits de ses déclarations)

. Ce qu’il (ou elle) propose

Mar 23

CIGÉO : POTENTIEL GÉOTHERMIQUE DISSIMULÉ, LES ASSOCIATIONS ENVISAGENT DE SAISIR LA COUR DE CASSATION

Cour d'Appel Versailles23 mars 2017 : communiqué commun du Réseau “Sortir du nucléaire“, ASODEDRA, Bure Stop 55, CEDRA 52, Les Habitants Vigilants de Gondrecourt et MIRABEL-Lorraine Nature Environnement.

Pour pouvoir implanter CIGÉO, ce projet d’enfouissement des déchets radioactifs les plus dangereux, l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra) a, sciemment et au mépris de la sûreté, occulté le potentiel d’une importante ressource géothermique sous le village de Bure. En 2012, six associations ont assigné l’Andra en responsabilité pour faute afin de dénoncer ce mensonge. Alors que le Tribunal de grande instance de Nanterre ne s’était pas risqué à examiner le fond de l’affaire en déniant tout intérêt à agir aux associations, la Cour d’appel de Versailles, quant à elle, a refusé de prendre acte de la faute commise par l’Andra dans sa mission d’information. Mais la présence de la ressource géothermique est désormais indéniable. Un pourvoi en cassation est envisagé.

Une ressource géothermique dissimulée par l’Andra

Depuis 1976, des travaux du Bureau de Recherche Géologique et Minière (BRGM, Service géologique de l’État) attestent de la présence d’un important potentiel géothermique sous le village de Bure, où l’Andra veut implanter CIGÉO. Peu avant l’arrivée de l’Andra, en 1989, un forage pétrolier proche avait confirmé la présence d’eau abondante au niveau géothermique. Or, les règles de sûreté interdisent d’enfouir des déchets radioactifs à l’aplomb d’une ressource géologique exploitable, afin de prévenir tout risque d’intrusion. En effet, si celle-ci venait à être exploitée dans plusieurs siècles, une fois le site construit et oublié, la perforation des alvéoles de stockage aurait des conséquences désastreuses.

Pour pouvoir implanter CIGÉO à Bure, l’Andra a donc cherché, au mépris des règles de sûreté, à minimiser cette ressource géothermique. En 2008, elle a procédé à un forage sans respecter les règles de l’art, avec des équipements obstrués et une pompe de capacité réduite, qui ne pouvaient que donner des résultats médiocres. Communiquant sur un débit insuffisant, laissant de côté certains paramètres essentiels pour évaluer l’exploitabilité de la ressource et misant sur une méconnaissance des aspects techniques [voir note1], l’Andra a décrété que le potentiel géothermique de Bure ne présentait pas d’intérêt.

Pourtant, en octobre 2013, le cabinet suisse Géowatt a publié une étude à la demande du Comité Local d’Information et de Suivi (CLIS) de Bure, qui concluait clairement que cette ressource était exploitable : « Les ressources géothermiques….peuvent aujourd’hui être exploitées de manière économique… » (page 16 du rapport). Géowatt estimait qu’il était possible d’obtenir des débits d’exploitation comparables à ceux de la région parisienne et présentant un intérêt d’un point de vue économique. Non seulement l’Andra passe outre les règles de sûreté, mais elle compte priver la région d’une source d’énergie renouvelable abondante !

La justice refuse de reconnaître les manipulations de l’Andra

En décembre 2012, s’appuyant sur un dossier élaboré par plusieurs géologues pointant des omissions et soulignant des incohérences techniques, les associations Réseau “Sortir du nucléaire“, ASODEDRA, Bure Stop 55, CEDRA 52, Les Habitants Vigilants de Gondrecourt et MIRABEL-Lorraine Nature Environnement ont mis en demeure l’Andra de s’expliquer sur la dissimulation de cette ressource. L’Andra a alors reconnu que ce qu’elle avait écrit « port[ait] en effet à confusion », que la ressource était « banale plutôt que faible », « pas exceptionnelle », mais qu’elle était donc bien présente. En dépit de ces aveux, elle n’entendait pas en tirer conséquence. Les associations l’ont donc assignée en justice le 3 mai 2013.

À l’issue d’une première audience, qui s’est tenue le 5 janvier 2015, le Tribunal de grande instance de Nanterre a tout simplement refusé d’examiner le dossier sur le fond, se contentant de dénier aux associations l’intérêt à agir ! Les associations ont donc fait appel. Suite à l’audience qui s’est tenue le 2 février 2017, l’affaire a été mise en délibéré et la décision a été rendue ce 23 mars 2017.

La Cour d’appel de Versailles a refusé de prendre acte de la faute commise par l’Andra. Les associations envisagent de saisir la Cour de cassation. Mais n’en déplaisent à la justice et à l’Andra, la ressource géothermique est bien là. Au regard des risques encourus, la présence de ce potentiel géothermique empêche la réalisation de tout projet d’enfouissement. Dans ces conditions, les associations exigent l’abandon du projet CIGÉO.
Retrouvez le dossier complet : http://www.sortirdunucleaire.org/Un-potentiel-geothermique-cache
Contacts presse :

  • Maître Etienne Ambroselli – 06 09 30 80 67
  • Pour le Réseau “Sortir du nucléaire“ : Marie Frachisse – 07 62 58 01 23
  • Pour le CEDRA 52 : Michel Marie – 06 66 95 97 77
  • Pour la géologie : Antoine Godinot – 03 52 45 01 29

Chargée de communication ;

  • 06 64 66 01 23

Note 1 : L’Andra, qui affirmait qu’un débit de « 150 à 400 m3/h » aurait été nécessaire pour reconnaître un intérêt au potentiel géothermique de Bure, s’était bien gardée de dire que sa pompe ne pouvait dépasser 6m3/h… !!

http://www.sortirdunucleaire.org/Un-potentiel-geothermique-cache

Mar 23

L’ARRÊT DU RÉACTEUR 1 DE LA CENTRALE NUCLÉAIRE DE FLAMANVILLE PROLONGÉ DE DEUX MOIS

FlamanvilleL’arrêt du réacteur 1 de la centrale nucléaire de Flamanville (Manche), dû à un incident le 9 février, est prolongé de deux mois, jusqu’au 31 mai, a-t-on appris jeudi auprès du gestionnaire de réseau à haute tension RTE. EDF avait annoncé le 17 février que le réacteur était arrêté jusqu’au 31 mars.

Ce report est dû à des « dégradations complémentaires » qui n’avaient « pas (été) identifiées immédiatement« , après l’incident, a précisé jeudi le directeur de la centrale nucléaire Stéphane Brasseur lors d’une commission locale d’information (CLI) aux Pieux, près de Flamanville.

Le réacteur avait été arrêté le 9 février à la suite d’une « détonation » et d’un « départ de feu » dans la salle des machines, une zone non nucléaire. L’incident a entraîné « des dégradations qui nécessitent des interventions qui sont quand même relativement conséquentes« , a admis M. Brasseur. Mais il n’y a eu « aucun blessé ni personnel incommodé par quelque fumée que ce soit« , a ajouté M. Brasseur. Une vingtaine de personnes se trouvait dans la salle des machines au moment de l’événement, a-t-il précisé. 30 véhicules de secours et 70 pompiers avaient été mobilisés, uniquement par précaution selon EDF.

Pour l’industriel, il ne s’est pas agi « d’une explosion » comme indiqué alors par la préfecture, car il n’y avait « pas d’explosif« . Il y a eu une « détonation« , comparable à celle d’un avion qui passe le mur du son, a résumé M. Brasseur. « Il y a eu combustion de deux joints en néoprène avec des flammèches d’une dizaine de centimètres. Les fumées étaient noires car les joints étaient en néoprène« , a ajouté le directeur de la centrale. L’événement n’a eu « aucun impact sur la sûreté« , selon EDF.

En revanche « il y a eu un déferlement médiatique décalé par rapport à la situation. On a eu des appels téléphoniques de la terre entière« , a dit M. Brasseur. « Vous n’avez pas vu la panique que ça a déclenché sur Cherbourg« , a souligné pendant la réunion Patrick Luce, de FO, redoutant que les consignes de sûreté ne soient pas audibles en cas d’accident nucléaire.

Le réacteur 2 de la centrale, arrêté depuis lundi pour un autre problème technique, devrait lui redémarrer dans la journée, selon EDF. Un troisième réacteur, de type EPR est en construction à Flamanville. L’autorité de sûreté nucléaire (ASN) se prononcera « probablement dans le courant de l’été » sur sa cuve, sur laquelle des anomalies ont été détectées, a indiqué l’ASN à l’AFP jeudi.

http://www.connaissancedesenergies.org/afp/nucleaire-larret-du-reacteur-1-de-la-centrale-de-flamanville-prolonge-de-deux-mois-170323

Mar 23

CLARIFICATION DE LA CRIIRAD À PROPOS DES REJETS D’UN RÉACTEUR NUCLÉAIRE EN NORVÈGE

CRIIRADConfusion
Depuis quelques jours, circulent sur les réseaux sociaux, des messages très inquiétants comme “Alerte en ce jour (12 mars 2017) on apprend que la Norvège contamine toute l’Europe avec de l’iode 131 radioactive depuis plusieurs semaines (on évoque même fin octobre)…”. Il s’agit d’une confusion entre deux évènements :
De l’iode 131 (isotope radioactif artificiel) a été détecté à de faibles niveaux dans l’air ambiant de plusieurs pays européens en janvier 2017. L’origine exacte de cet iode 131 n’est pas connue et plusieurs hypothèses sont envisageables.

Voir communiqué CRIIRAD du 14 février 2017. ( CP  CRIIRAD 170214  I131 Europe.pdf )

Il y a eu un incident sur un réacteur nucléaire en Norvège en octobre 2016, mais il n’y a pas à notre connaissance d’incident ou accident nucléaire actuellement en Norvège et les stations de mesure dont les résultats sont publiés sur le site du réseau Européen EURDEP ( http://eurdepweb.jrc.ec.europa.eu/EurdepMap/Disclaimer.aspx ) ne montrent pas actuellement de radioactivité anormale en Norvège ou sur les pays proches.

Rejets d’iode 131 d’un réacteur Norvégien en octobre 2016

Il y a bien eu, le 24 octobre 2016 à 13H45 un incident significatif sur le réacteur nucléaire de l’IET à Halden au sud-est d’Oslo en Norvège, lors de manipulation du combustible usé. L’autorité Norvégienne de Protection Radiologique a signalé cet incident dans un communiqué du 25 octobre 2016.( http://www.nrpa.no/en/news/93461/accidental-release-of-radioactivity-from-the-institute-for-energy-technology-ife-in-halden-norway )
Cet incident, qui a conduit à évacuer le personnel de la centrale, a entrainé des rejets radioactifs à l’atmosphère. Les autorités norvégiennes ( http://www.nrpa.no/en/news/93463/questions-and-answers-regarding-the-incident-at-institute-for-energy-technology-in-halden-norway ) ont estimé le rejet à 150 millions de becquerels pour l’iode 131 et 24 millions de becquerels pour l’iode 132. A noter que le communiqué ne précise pas comment ces estimations ont été effectuées, ni leur niveau de fiabilité.

On peut s’étonner d’ailleurs du fait que les autorités n’aient pas fait état des autres substances radioactives susceptibles d’avoir été rejetées (tritium, carbone 14, gaz rares radioactifs).
Heureusement, la situation a pu être maîtrisée. Cet « incident » d’octobre 2016 pose de nombreuses questions sur le plan de la sûreté (origine de l’incident), du défaut de transparence (l’exploitant n’a déclaré l’incident que 20 heures après), des insuffisances de la métrologie (pas d’évaluation de l’ensemble des rejets radioactifs). L’ONG Norvégienne Bellona, ( http://bellona.org/news/nuclear-issues/radwaste-storage-at-nuclear-fuel-cycle-plants-in-russia/2004-01-norwegian-radiation-authorities-issue-lightning-fast-permit-for-reactivation-of-a-leaking-reactor ) avait fait part en 2004 d’inquiétudes sur la sûreté et dénoncé des fuites d’eau lourde et des rejets élevés de tritium (isotope radioactif de l’hydrogène).

En ce qui concerne les rejets d’iode 131 du 24 octobre 2016, en Norvège, les stations de mesure de l’iode 131 sous forme particulaire situées à Osteras, à une centaine de kilomètres au nord-ouest de Halden et à Arland, à 500 kilomètres au nord, n’avaient pas mis en évidence d’impact mesurable (données consultables sur le site EURDEP).

De l’iode 131 particulaire avait bien été détecté sur les filtres à air du 17 au 24 octobre 2016 avec des valeurs de l’ordre de 0,37 à 0,45 μBq/m3, mais la période de mesure s’arrêtait vers 6H du matin soit avant l’heure officielle des rejets. Dans les deux semaines suivantes, les niveaux d’iode 131 publiés restaient inférieurs aux limites de détection comprises entre < 0,3 μBq/m3 et < 3,6 μBq/m3.

Ces résultats posent un certain nombre de questions.

On peut s’étonner par exemple de l’absence d’échantillonnage pour la station d’Osteras pendant la période des rejets supposés. En effet les analyses portent sur un premier filtre pour la période du 17 au 24 octobre à 6H34, puis un second du 25 octobre à 11H30 au 26 octobre à 10H49. Il n’y a donc pas de mesure du 24 octobre à 6H35 au 25 octobre à 11H29 ?
On peut également déplorer l’absence de mesure de l’iode 131 sous forme gazeuse qui est dans de nombreux cas prépondérante par rapport à la forme particulaire. Et bien entendu, il convient de souligner que les stations de mesure sont à grande distance de la centrale et ne renseignent pas sur la contamination de l’air dans un rayon de quelques kilomètres.

A ce jour, rien ne permet de faire le lien entre les rejets d’iode 131 du réacteur de Halden en Norvège en octobre 2016 et la détection d’iode 131 dans l’atmosphère de plusieurs pays européens en janvier 2017.
Rappelons que la période physique de l’iode 131 est de 8 jours, l’activité de l’iode 131 rejeté le 24 octobre 2016 serait donc divisée par un facteur 1 300 au 15 janvier 2017. Par ailleurs, les niveaux d’iode 131 particulaire les plus élevés détectés en Europe en janvier 2017 étaient en Pologne (5,9 μBq/m3).

Il serait par contre souhaitable que des analyses indépendantes soient effectuées au voisinage du réacteur de Halden afin d’évaluer les niveaux d’exposition des riverains (analyses d’air, sol, précipitations et chaîne alimentaire).

Rédaction : Bruno CHAREYRON, ingénieur en physique nucléaire, directeur du laboratoire de la CRIIRAD avec le support technique de Jérémie MOTTE, ingénieur environnement, responsable du service Balises de la CRIIRAD.

Contact :

Mar 23

LANNION : “ACTION-ABOLITION DES ARMES NUCLÉAIRES ” RASSEMBLEMENT LE 27 MARS

ONULundi prochain 27 mars, malgré l’opposition de la France, commenceront à l’ONU les discussions pour un traité international visant à interdire les armes nucléaires. Honte à la France, qui fait partie de la minorité de pays qui a voté CONTRE ce projet d’interdiction des armes nucléaires ! 

Heureusement, 121 Parlementaires français se sont prononcés favorablement à une Proposition de Loi visant à l’organisation d’un référendum sur la participation de la France à ce projet d’abolition des armes nucléaires à l’ONU : « Voulez-vous que la France négocie et ratifie avec l’ensemble des États concernés un traité d’interdiction et d’élimination complète des armes nucléaires, sous un contrôle mutuel et international strict et efficace ? »

C’est pourquoi, LUNDI 27 MARS, plusieurs organisations appellent à une mobilisation :

1 – Pour appeler les candidats à l’élection présidentielle, futurs détenteurs du fameux bouton rouge, à se positionner pour un désarmement nucléaire de la France et pour soutenir cette initiative de traité international.

2 – Pour soutenir les 121 parlementaires français qui se sont déjà prononcés favorablement à la Proposition de Loi visant à l’organisation d’un référendum sur la participation de la France à l’abolition des armes nucléaires

3 – Pour interpeller directement notre Député qui, à ce jour, ne fait pas partie des 121 parlementaires engagés sur cette proposition de Loi.

SDN-TREGOR participera à cette mobilisation :

Rendez-vous Lundi 27 Mars à 18H30, partie HAUTE de la place du Marc’hallac’h à LANNION

http://7seizh.info/2017/03/22/lannion-action-abolition-armes-nucleaires-rassemblement-27-mars/

Mar 23

LE DÉBAT VU PAR LES ÉCOLOS : « LA TRANSITION EST PASSÉE AU DIXIÈME PLAN »

CandidatsLes cinq principaux candidats à l’élection présidentielle ont débattu pendant trois heures et demie… et évacué les questions environnementales en moins de dix minutes. Au Tank, à Paris, la quinzaine d’associations écolos et citoyennes qui ont assisté à la retransmission sont restées sur leur faim.

« La transition écologique est passée au dixième plan… » Après trois heures et demie à suivre attentivement les discussions, Célia Gautier, du Réseau action climat, replie enfin son écran d’ordinateur, dépitée. Comme elle, plus de 80 personnes, simples curieux ou membres d’une quinzaine d’associations comme Greenpeace, Sherpa et Emmaüs, se sont réunies au Tank pour assister au débat entre François Fillon (Les Républicains), Benoît Hamon (Parti socialiste), Marine Le Pen (Front national), Emmanuel Macron (En marche) et Jean-Luc Mélenchon (La France insoumise).

Damien Cahen, le directeur de cet espace de coworking du XIe arrondissement de Paris, s’attarde pour ranger les chaises et les bouteilles de bière vides : « Les débats étaient quand même très orientés sur la sécurité, peut-être parce qu’ils se sont déroulés sur TF1. Les candidats ont très peu parlé du numérique ou de la délinquance financière », regrette-t-il. Alexis Chailloux, de Greenpeace, partage sa déception. « Pendant le débat de la primaire de la droite, les candidats avaient consacré sept minutes à l’écologie. Là, c’était encore moins ! »

Seuls Jean-Luc Mélenchon, Benoît Hamon et Emmanuel Macron ont parlé d’environnement dès l’introduction. « Je serai le président écologiste dont on a besoin pour relever les défis actuels : changement climatique, menace sur les écosystèmes », a annoncé le candidat de la France insoumise en préambule, avant de s’engager pour la transition vers 100 % d’énergies renouvelables, la sortie du nucléaire et la fin de « l’agriculture chimique ». Emmanuel Macron s’est contenté d’évoquer le « changement climatique et environnemental » parmi les « menaces » qui pèsent selon lui sur le pays. Quant à Benoît Hamon, il a appelé les Français à être un peuple « soucieux du monde qu’[il laissera] à [ses] enfants »

Environnement : dissensions sur la sortie du nucléaire

Le débat sur l’environnement s’est concentré sur la question de la sortie du nucléaire et de la transition énergétique. Benoît Hamon a confirmé vouloir fermer « les centrales en fin de vie » et amorcer la transition vers les énergies renouvelables. Même volonté chez Jean-Luc Mélenchon : « En 1999, il s’en est fallu de peu pour que la centrale nucléaire du Blayais connaisse un accident majeur, a-t-il rappelé. Dans le prochain mandat, 18 réacteurs vont arriver au bout de leur durée de vie. Les caréner pour les prolonger va coûter 100 milliards d’euros. Je préfère mettre 50 milliards d’euros dans la transition énergétique ! »…

Pour lire l’intégralité de l’article : https://reporterre.net/Le-debat-vu-par-les-ecolos-La-transition-est-passee-au-dixieme-plan

Mar 22

UN ACCIDENT NUCLÉAIRE MAJEUR EST POSSIBLE

accident majeurL’histoire du nucléaire de par le monde est ponctuée d’incidents plus ou moins graves : il n’existe pas d’énergie nucléaire 100% sûre. La France est-elle suffisamment préparée pour protéger ces citoyens en cas d’accident nucléaire ? Fermetacentrale s’interroge…

Juste quelques semaines après le 6e anniversaire de l’accident nucléaire de Fukushima, alors qu’un tribunal japonais vient de reconnaître vendredi 17 mars la culpabilité de l’État et de la société Tepco dans cette catastrophe, force est de constater que la note est salée, les taux de radiations restent simplement effrayants et la situation loin d’être sous contrôle(1). Impossible aussi de ne pas évoquer Tchernobyl, dont le nuage radioactif épargnait miraculeusement la France, il y a plus de 30 ans… Aujourd’hui encore, le site se dote d’un nouveau sarcophage pour couvrir le réacteur n°4, car la radioactivité s’en échappe toujours.

La France, prête à affronter un accident nucléaire grave ?

Car oui, un accident nucléaire majeur est possible, même en France ! Le 18 janvier 2017, Pierre-Franck Chevet, président de l’Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN) annonçait même : « concernant les installations nucléaires, il y a un an, le contexte était préoccupant à moyen terme. Si je devais résumer ma pensée aujourd’hui, je dirais que le contexte est préoccupant. J’enlève ‘à moyen terme’».

Au niveau national,  nombreux sont les réacteurs qui vont passer le cap des 40 ans et demander une prolongation de leur durée de vie. Or,  les réacteurs nucléaires français ont été pensés et conçus pour une durée limite de 30 ans. Leur fermeture est donc un enjeu majeur alors que toute la filière est en grande difficulté financière et que l’ASN réclame des fermetures depuis plusieurs mois.

Parallèlement, les chantiers de construction de grandes installations nucléaires sont confrontés à des difficultés ou des retards (RJH, ITER, EPR (European Pressurized Reactor), etc.), dont un problème majeur de sûreté concernant la cuve de l’EPR de Flamanville, où un départ de feu entraînant une détonation s’est produit dans la salle des machines du réacteur n°1 début février 2017, et sur laquelle l’ASN doit rendre un avis mi-2017.

Soutenons Fermetacentrale

Fermetacentrale est un mouvement citoyen qui veut interpeller la classe politique et les candidats à l’élection présidentielle pour revendiquer l’indépendance et l’autonomie énergétique sur l’ensemble du territoire français.

2016 année noire pour le nucléaire français

Des anomalies techniques ont été détectées sur certains générateurs de vapeur des réacteurs d’EDF, si bien que douze réacteurs ont été mis à l’arrêt. D’autre part, il est avéré qu’Areva a falsifié des documents au Creusot, des pratiques totalement inacceptables dans la filière nucléaire, puisque pouvant entraîner un risque majeur pour tout le pays.

Dernièrement, la distribution de pastilles d’iode a été renforcée pour les citoyens résidant dans un rayon de 10 km autour des centrales du pays, ce qui laisse aussi à penser que des incidents non rapportés pourraient avoir lieu régulièrement dans nos centrales vieillissantes

Les propositions de Fermetacentrale

La sécurité des populations doit passer avant les enjeux financiers. Ainsi, il importe de ne pas prolonger la durée de vie des centrales nucléaires et de fermer les centrales en fin de vie, soit 19 réacteurs nucléaires sur les cinq prochaines années, et 14 autres sur les cinq suivantes.

Pallier à la perte de production électrique, le plan de démantèlement de ces réacteurs doit être accompagné d’un financement des énergies renouvelables sur cette même période.

http://www.consoglobe.com/un-accident-nucleaire-cg

Mar 22

LA CORÉE DU NORD RATE LE TEST D’UN MISSILE

CoréeLa Corée du Nord a raté, mercredi 22 mars, un nouvel essai de tir de missile, deux semaines après le lancement de quatre engins présenté par Pyongyang comme un exercice en vue d’une attaque contre les bases américaines au Japon, selon Séoul et Washington.

Le tir du missile a eu lieu à partir d’une base aérienne dans le port oriental de Wonsan, mais il « a vraisemblablement échoué », a affirmé le ministère de la défense sud-coréen dans un communiqué. « Nous sommes en train d’analyser le type de missile utilisé ». L’armée américaine a confirmé le ratage, déclarant que l’engin avait explosé peu après son lancement.

La Corée du Nord a tiré récemment une salve de quatre missiles balistiques dont trois ont fini leur course dangereusement près du Japon, Pyongyang expliquant qu’il s’agissait d’un exercice en vue d’une attaque contre les bases américaines dans l’archipel.

Dimanche, le dirigeant nord-coréen, Kim Jong-un, a supervisé en personne l’essai « réussi » de ce qui a été présenté par Pyongyang comme étant un nouveau moteur de fusée ; engin qui peut aisément être modifié afin d’être utilisé sur un missile. Séoul juge qu’il s’agit là du signe que la Corée du Nord fait des « progrès significatifs » dans le domaine balistique.

La Corée du Nord procède à ces tests divers au moment où Washington et Séoul mènent leurs exercices militaires annuels conjoints. Ces manœuvres ne manquent jamais d’irriter Pyongyang, qui les considère comme la répétition générale d’une invasion. L’émissaire des États-Unis pour le programme nucléaire nord-coréen, Joseph Yun, doit aussi rencontrer son homologue sud-coréen à Séoul pour discuter de la réponse à apporter au programme militaire de Pyongyang.

Changement de stratégie à Washington

Le test de moteur de dimanche était apparemment destiné à coïncider avec la tournée en Asie du nouveau secrétaire d’État américain, Rex Tillerson, qui a prévenu que les tensions régionales avaient atteint « des niveaux dangereux ».

Constatant « l’échec » de la politique menée jusqu’à présent pour convaincre Pyongyang de renoncer à ses ambitions nucléaires, Washington a décidé de tourner la page de la politique de « patience stratégique » en cours sous l’administration Obama, a annoncé M. Tillerson. Une action militaire américaine est une « option sur la table » en cas d’escalade, a-t-il averti.

Pyongyang assure que son programme est purement défensif face à des « ennemis hostiles », y compris la Corée du Sud et les États-Unis. La Corée du Nord n’a pas testé pour l’instant d’ICBM (missile balistique intercontinental), capable de franchir l’océan Pacifique.

Son missile de longue portée Musudan a une portée théorique allant de 2 500 à 4 000 kilomètres, lui permettant d’atteindre la Corée du Sud ou le Japon, et dans la fourchette haute, les bases militaires américaines de l’île de Guam..

Cet engin a été testé huit fois en 2016, une seule fois avec succès. En juin, un Musudan tiré à partir de la côte orientale de la péninsule a parcouru 400 kilomètres et a été salué par Kim Jong-un comme la preuve que son pays pouvait frapper des bases américaines « sur le théâtre d’opérations du Pacifique ».

D’après le journal New York Times, le gouvernement américain de l’ancien président Barack Obama avait intensifié ses cyberattaques contre la Corée du Nord afin de saboter ses missiles avant ou juste après leur lancement.

http://www.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2017/03/22/la-coree-du-nord-rate-le-test-d-un-missile_5098718_3216.html

Mar 21

TAIPEI COMPTE SORTIR TOTALEMENT DU NUCLÉ AIRE D’ICI 2025

TapeiLa présidente de la République de Chine, Tsai Ing-wen, a réitéré l’engagement du gouvernement d’arrêter d’ici 2025 l’utilisation de l’énergie nucléaire pour la production d’électricité dans l’île.

Cette dernière a réitéré son engagement le 11 mars, lors du 6ème anniversaire de la catastrophe nucléaire de Fukushima au Japon. A cette occasion près de 5 000 personnes ont défilé à Taipei pour demander au gouvernement d’accélérer la sortie du nucléaire.

« En 2025, Taiwan ne dépendra plus de l’énergie nucléaire et aura adopté des énergies propres et renouvelables » a indiqué la cheffe de l’État sur sa page Facebook.

Cette dernière a assuré que « des efforts sont accomplis pour développer les énergies renouvelables, a-t-elle ajouté, indiquant que leur production avait augmenté de 21,2% entre 2015 et 2016, totalisant un record de 12,69 milliards de kilowatts-heures ».

Le gouvernement a récemment amendé la loi sur l’électricité pour favoriser le développement des énergies vertes, avec l’objectif qu’elles représentent 20% de la production électrique en 2025.

Selon un communiqué publié sur le site du gouvernement, Tsai Ing-wen a évoqué « la vision d’un pays comptant des centaines d’éoliennes sur ses côtes et au large » , et équipé de « panneaux solaires qui couvriront les toits, les usines, les terres inutilisées et les retenues d’eau ».

Cette dernière a évoqué le développement de sources renouvelables comme la géothermie et le biogaz. Pour sa part, le porte-parole du gouvernement, Hsu Kuo-yung, a indiqué que le gouvernement allait détailler les mesures envisagées en mai.

http://www.chine-magazine.com/taipei-compte-sortir-totalement-nucleaire-dici-2025/

Mar 21

L’IRAN EST “COMPLÈTEMENT PRÊT” À RELANCER SON PROGRAMME NUCLÉAIRE

IranAccusant les États-Unis de violer l’accord de 2015, Zarif affirme que le nouveau programme serait plus sophistiqué que le précédent.

Le ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif a prévenu lundi que Téhéran était « complètement prêt » à relancer son programme nucléaire si les États-Unis ne tiennent pas leurs engagements pris dans l’accord nucléaire de juillet 2015.

 « Si les États-Unis créent une situation où la poursuite de [l’accord nucléaire] nuirait aux intérêts nationaux de Téhéran, alors l’Iran est totalement prêt à revenir à la situation antérieure [à l’accord], encore plus puissamment qu’auparavant », a déclaré Zarif selon les médias iraniens.

Le ministre s’est adressé aux journalistes à Ispahan, dans le centre de l’Iran.

Pendant sa campagne électorale, le président américain Donald Trump et beaucoup d’élus américains ont promis de revenir sur l’accord une fois au pouvoir. Depuis l’élection, l’administration Trump a cependant signalé une approche plus douce, mais n’a pas donné de détails sur sa nouvelle politique.

Ce mois-ci, Yukiya Amano, le chef de l’AIEA, a déclaré que « la nouvelle administration américaine a juste commencé et ils étudient ce dossier », mais qu’il « est encore très prématuré pour eux de se prononcer. »

Lundi à Ispahan, Zarif a déclaré que l’Iran était « engagé par les promesses qu’il a faites » et que le Guide suprême iranien, Ali Khamenei, avait stipulé que l’Iran « ne va pas les briser », selon l’agence de presse officielle de la République islamique.

Il a cependant prévenu qu’il pourrait le faire très rapidement si les accords échouaient, et que le programme nucléaire restauré serait plus sophistiqué que celui qui a été gelé par l’accord en 2015.

« Pendant les deux derniers mois, avec les efforts faits par des scientifiques et des experts iraniens compétents, nous avons réussi [à rendre] opérationnelles des centrifugeuses plus sophistiquées, qui n’étaient qu’une idée au moment de l’approbation » de l’accord nucléaire, a déclaré Zarif.

L’agence de presse Mehr l’a cité déclarant que les nouvelles centrifugeuses « enrichiront de l’uranium 20 fois plus vite et plus efficacement », et que « le savoir-faire technique a à présent été intégré ».

Il a accusé les États-Unis de n’avoir pas tenu leurs engagements à plusieurs reprises, mais a déclaré que « s’en tenir à l’accord est toujours justifiable pour l’Iran » pour des raisons économiques.

L’Iran a toujours démenti chercher à obtenir des armes nucléaires, affirmant que ses activités étaient purement pacifiques. La communauté internationale s’oppose vivement à cette notion, et a imposé des sanctions strictes à l’Iran pendant la majorité de la dernière décennie, jusqu’à ce que Téhéran accepte d’interrompre son programme par l’accord de 2015.

Les autres signataires de l’accord, le Royaume-Uni, la Chine, la France, la Russie et l’Allemagne, s’opposent à sa suspension.

L’AFP a contribué à cet article.

http://fr.timesofisrael.com/liran-est-completement-pret-a-relancer-son-programme-nucleaire/

Mar 21

ISRAËL : REPORT DU PRONONCÉ DE LA PEINE CONTRE MORDECHAI VANUNU

IsraëlLe lanceur d’alerte sur le nucléaire, libéré en 2004 après 18 ans de prison pour avoir divulgué des secrets nucléaires à un journal, attend une nouvelle peine

Le tribunal a reporté lundi sa décision sur la peine à infliger à Mordechai Vanunu, lanceur d’alerte sur le présumé programme nucléaire militaire de son pays, pour avoir violé les termes de sa liberté conditionnelle.

Condamné à 18 ans de prison pour trahison et espionnage en 1986, Vanunu, aujourd’hui âgé de 62 ans, avait été libéré en 2004 après avoir purgé la totalité de sa peine. Mais sa libération était assortie de restrictions.

En janvier, il avait été reconnu coupable d’avoir violé les termes de sa remise en liberté en rencontrant deux Américains à Jérusalem en 2013. Sa défense a assuré qu’il ne s’agissait que d’une conversation de « quelques minutes » dans un café avec des médecins en visite.

Il avait toutefois été blanchi de deux autres chefs d’accusation.

Lundi, le tribunal devait fixer la peine pour l’unique violation reconnue mais la cour ne s’est pas prononcée. Le juge Yaron Mientkavich a toutefois dit envisager des travaux d’intérêt général.

« Je savais que je ne retournerai pas en prison car je n’ai pas été reconnu coupable pour toutes les charges » retenues par l’accusation, a déclaré Vanunu à l’AFP en marge de l’audience.

Il a ajouté que 30 ans après avoir travaillé dans le domaine nucléaire, il n’avait plus aucun secret à dévoiler.

« Tous les secrets nucléaires ont été révélés, tout est sur internet », a-t-il affirmé.

Vanunu a déjà été emprisonné à deux reprises depuis sa libération pour avoir manqué aux termes de sa remise en liberté.

Il s’était fait connaître du grand public en 1986 en révélant au journal anglais The Sunday Times des détails sur le supposé programme nucléaire militaire israélien, dont des photographies prises à l’intérieur de la centrale nucléaire de Dimona dans le Néguev.

Il avait été enlevé par les services secrets israéliens à Rome, où il avait été attiré par une agente israélienne simulant une relation sentimentale, puis jugé en Israël.

Il lui est interdit d’émigrer parce qu’il est toujours considéré comme représentant une menace pour la sécurité nationale.

Israël est considéré comme le seul pays doté de l’arme nucléaire au Moyen Orient, mais entretient une politique dite d’ambiguïté nucléaire, en ne confirmant ni ne démentant l’existence de son arsenal.

http://fr.timesofisrael.com/report-du-prononce-de-la-peine-contre-mordechai-vanunu/

Mar 20

TRAVAIL AU NOIR SUR LE CHANTIER DE L’EPR DE FLAMANVILLE : BOUYGUES CONDAMNÉE À 29.950 EUROS D’AMENDE!

BouyguesLa société Bouygues a été condamnée lundi par la cour d’appel de Caen à 29 950 euros d’amende pour travail au dissimulé sur le chantier de l’EPR de Flamanville. Une amende plus lourde que lors du premier procès.

C’est tout juste en dessous de 30 000 euros, seuil au-delà duquel le géant du BTP n’aurait pu accéder à certains marchés publics.

Lors du premier procès, le groupe avait été condamné à 25.000 euros d’amende. C’est donc une amende plus lourde. Mais elle reste inférieure aux 50.000 euros d’amende que l’avocat général avait réclamé lors de l’audience de trois jours en novembre 2016. La cour d’appel de Caen a préféré une inscription au casier judiciaire, estimant que c’était une publicité suffisante.

Le groupe Bouygues est coupable d’avoir fait travailler sans les déclarer sur le chantier du réacteur nucléaire, 460 salariés polonais et roumains entre 2008 et 2012. Le manque à gagner pour l’URSSAF, en termes de cotisations sociales, est estimé entre 10 millions et 12 millions d’euros.

La société Quille (rebaptisée depuis Bouygues Bâtiment Grand Ouest), est relaxée par la cour alors qu’elle avait été condamnée à 5.000 euros d’amende lors du premier procès. Devant la cour d’appel de Caen, l’avocat général avait réclamé 10.000 euros d’amende.

Trois autres sociétés devant la justice

Trois autres sociétés étaient également visées dans ce dossier, à commencer par Elco, une entreprise roumaine, qui avait fourni 297 salariés pour le chantier de l’EPR de Flamanville. C’est cette dernière qui est la plus lourdement condamnée. Elle devra payer 60 000 euros d’amende.

La cour estime qu’elle n’a pas fait de déclaration préalable à l’embauche et auprès des organismes sociaux. L’avocate de cette société roumaine a déjà fait savoir qu’elle allait se pourvoir en cassation.

La société Quille (qui depuis a changé de nom) est relaxée. Elle avait été condamnée à 5.000 euros d’amende lors du premier procès. En appel, l’avocat général avait réclamé 10.000 euros. Enfin, la société nantaise Welbond voit sa peine confirmée par la cour d’appel de Caen. Elle devra payer 15.000 euros d’amende.

https://www.francebleu.fr/infos/faits-divers-justice/travail-au-noir-sur-le-chantier-de-l-epr-de-flamanville-bouygues-condamne-29-950-euros-d-amende-p-1490016282

NDLR : 29 950 € d’amende mais 12 millions d’économisés, n’est-ce pas encourager la fraude ?

« Selon que vous serez puissant ou misérable,
Les jugements de cour vous rendront blanc ou noir
. » (Les animaux malades de la peste de Jean de la Fontaine)

Mar 20

NUCLÉAIRE: ET SI ON PARLAIT INCERTITUDES?

MédiapartFaut-il réduire la part du nucléaire en France ? En plein campagne présidentielle, deux nouvelles études proposent des conclusions opposées, basées sur des chiffrages aussi précis que différents. Ces divergences révèlent surtout l’existence d’incertitudes majeures autour de l’atome. Nous proposons une analyse permettant de définir une stratégie nationale robuste face à ces incertitudes.

Une étude diffusée le 13 mars par l’Institut Montaigne présente le nucléaire comme la seule option « rationnelle », et évalue à 217 milliards d’ici 2035 le coût d’une sortie de l’atome[1]. Quatre jours plus tard, une réponse publiée sur le site « Décrypter l’énergie » estime au contraire que la sortie du nucléaire représenterait un bénéfice de 24 milliards[2]. Le grand écart dans cette bataille de chiffres est surtout révélateur des incertitudes considérables qui entourent la filière. C’est seulement en prenant pleinement acte des nombreuses inconnues qu’il sera possible de faire progresser le dialogue et d’établir une feuille de route pour l’industrie nucléaire française.

Rappelons que l’année a été riche en rebondissements pour la filière nucléaire. Après le démantèlement d’Areva, criblée de dettes, un audit interne à l’entreprise a mis à jour deux anomalies génériques. La première concerne des irrégularités qui « s’apparent à des falsifications »[3] constatées dans plus de 400 dossiers de fabrication de composants. La seconde a trait à des inquiétudes sur la résistance des cuves – élément central et impossible à remplacer – des réacteurs en fonctionnement. Plusieurs centrales nucléaires ont été arrêtées pour inspection cet hiver, allant jusqu’à faire planer le risque d’un possible black-out du système électrique français. Ces anomalies ont touché jusqu’à la cuve de l’EPR de Flamanville, faisant craindre de nouveaux reports pour un chantier qui devait initialement s’achever en 2012, mais ne cesse d’accumuler les retards et les surcoûts. Tous ces éléments ne peuvent que raviver la controverse sur les risques et les coûts réels de cette énergie. 

Or, les centrales nucléaires françaises atteignent aujourd’hui 40 ans, leur durée de vie initialement prévue. (NDLR : elles étaient prévues pour 30 ans et non 40 ! voir : http://www.connaissancedesenergies.org/fiche-pedagogique/parc-nucleaire-francais)

La question du futur de l’atome est donc à nouveau sur la table, après quarante ans d’une histoire héritée du premier choc pétrolier. EDF estime pouvoir rénover les réacteurs actuels afin de les prolonger jusqu’à 60 ans, grâce à une opération dite de « Grand Carénage » estimée à 100 milliards d’euros. Faut-il rénover ces centrales ? Ou plutôt, combien de centrales faut-il rénover, et lesquelles ?

Trois sources d’incertitude

Avec un chiffre de 217 milliards d’euros, l’Institut Montaigne propose une réponse sans équivoque à ces questions : la rénovation complète serait la seule option économiquement sensée. Mais comment leur chiffre est-il élaboré ? En regardant en détail le rapport, on peut voir que plus de 80% de ce montant (179 milliards) provient de l’évaluation qui est faite du surcoût des renouvelables par rapport au nucléaire. Cette évaluation est fondée sur trois hypothèses principales : le coût de production de l’électricité nucléaire, le coût de production des énergies renouvelables et le niveau de la demande. Or, ces trois hypothèses nous paraissent critiquables car sujettes à de fortes incertitudes.

La première incertitude concerne le coût de production de l’électricité provenant des centrales nucléaires rénovées. EDF et l’Institut Montaigne l’évaluent à 40 euro/MWh. Notons que cette valeur est issue d’un audit interne d’EDF, qui est ainsi juge et partie (la Cour des Comptes, qui a communiqué sur le sujet, ne fait que reprendre les estimations d’EDF, et confirme elle-même ne pas avoir l’expertise technique pour vérifier ces dires). Que penser de cette estimation ? On ne peut que rappeler ici la dérive des coûts de l’EPR de Flamanville : évaluée initialement à 3,5 milliards d’euros, la facture a dépassé les 10,5 milliards, soit une multiplication par 3 – et le chantier n’est pas encore achevé. Autre cas d’étude, le coût de démantèlement du réacteur expérimental de Brennilis a été multiplié par un facteur 20 par rapport aux estimations initiales [4]. L’ampleur des écarts entre prévision et réalisation met en évidence l’incertitude majeure, voire l’incertitude radicale [5], à laquelle sont soumis les mégaprojets de construction d’une centrale nucléaire.
Cette incertitude est renforcée par la question du coût lié l’assurance face aux accidents nucléaires. Celui-ci devrait être égal à la criticité du nucléaire, c’est-à-dire à la probabilité d’un accident, multiplié par le dommage causé. Mais quel est la probabilité d’un accident pour des centrales vieillissantes, et dont certaines pièces (dont la cuve) ne peuvent être remplacées ? Difficile à dire. Dans tous les cas, le hiatus entre les estimations de risques avancées par les ingénieurs et le nombre d’accidents majeurs effectivement observés (Three Miles Island, Tchernobyl, Fukushima) permet de poser la question. Et comment quantifier le dommage ? Quel coût associer à une vie humaine, à l’environnement ? 

La deuxième incertitude concerne le coût des technologies renouvelables. Ceux des panneaux solaires photovoltaïques ont été divisés en quelques années de façon vertigineuse, et cette technologie vient même de remporter plusieurs appels d’offre face à des centrales à gaz ou au charbon. L’éolien sur mer et sur terre ont également progressé de façon bien plus rapide que ne le prévoyaient les experts. Il convient donc d’être prudent sur ces valeurs jusqu’à l’horizon 2035.
En outre, la différence de coût entre les énergies renouvelables et le nucléaire dépend beaucoup de la quantité de renouvelables installée. Pour simplifier, on peut dire que les premières éoliennes prennent les meilleurs emplacements – ceux avec un vent fort et constant –  et la variabilité de leur production peut être gérée par les barrages hydrauliques et autres sources de flexibilité déjà présentes dans le système. À l’inverse, les dernières éoliennes s’implantent sur de mauvais emplacements et sont peu productives, donc très coûteuses rapportées à l’énergie produite. (NDLR : l’effet de taille croissante des éoliennes est négligé dans cette étude alors qu’il fait plus que compenser les emplacements légèrement moins performants). Ce phénomène des « coûts croissants » est essentiel à comprendre car il permet de sortir d’une vision binaire (« faut-il du renouvelable ou bien du nucléaire ? ») pour passer à la question du juste dosage (« combien d’éoliennes et de panneaux solaires, en quelle proportion ? »).

Enfin, la troisième incertitude concerne le niveau de la demande d’électricité à satisfaire. Cette demande est très dépendante de l’activité économique, qui est extrêmement difficile à anticiper à moyen terme. La chute brutale et imprévue de la demande liée à la crise de 2008 en témoigne. Plusieurs facteurs contribuent cependant à une baisse tendancielle de cette demande : les améliorations continues en efficacité énergétique, la rénovation thermique des bâtiments ou encore la sortie du chauffage électrique dans le bâtiment neuf. À quoi bon, alors, prolonger tous les réacteurs dans un système électrique déjà en situation de surcapacité des moyens de production ? Mais il est également possible que l’électrification des usages et le développement du véhicule électrique offrent un relais de croissance aux producteurs d’électricité – autant d’incertitudes à l’horizon 2035.

Définir une stratégie robuste

Face à toutes ces incertitudes, choisir arbitrairement des valeurs précises et les combiner pour aboutir à un chiffrage de coût ne peut qu’aboutir à un rejet ou un dialogue de sourds. L’absence d’estimations fiables de coûts fait toucher ici aux limites de l’analyse coût-bénéfice standard.
Face à toutes ces incertitudes, le véritable enjeu consiste alors à définir une stratégie robuste, c’est-à-dire une stratégie offrant un coût le plus faible possible dans le plus grand nombre de futurs envisageables. Nous avons mené ce travail au laboratoire de recherche en économie du CIRED[6], en examinant tous les risques et les incertitudes liées aux coûts des technologies, à la demande et au prix du CO2.

Notre travail de recherche permet tout d’abord de montrer que toutes les stratégies présentes dans le débat actuel – allant d’une rénovation complète à une fermeture des centrales à 40 ans – peuvent trouver une justification sur la base d’hypothèses plausibles en termes de coûts et de risques. Il n’est donc pas question de tuer le débat et de considérer comme « irrationnel » tel ou tel programme. Mais, au vu des estimations actuelles, nous concluons qu’une stratégie robuste consisterait à fermer sept à quatorze réacteurs, les plus anciens – Fessenheim en tête[7]. Cette stratégie permet notamment de réduire le risque lié à une baisse de la demande ou à un éventuel dérapage des coûts de rénovation.
Il s’agit pour nous de la meilleure stratégie aujourd’hui, compte-tenu des informations disponibles. Définir une telle stratégie est crucial pour permettre à EDF de planifier et d’engager – ou non – les travaux de rénovation de son parc. Mais ce travail est amené à être actualisé fréquemment pour intégrer les nouvelles données.

Cette conclusion propose une nouvelle option par rapport aux programmes électoraux des candidats à l’élection présidentielle, qu’il s’agisse de la sortie progressive défendue par le candidat de la France Insoumise, du taux de 50% de nucléaire dans la production en 2025 soutenue par les candidats du PS et d’En Marche – ce qui reviendrait à fermer plus de 20 réacteurs -, ou de la rénovation de l’ensemble du parc proposée par les candidats du FN et des LR.

Raisonner au-delà des seuls coûts directs

Enfin, ce résultat s’inscrit dans un contexte plus général de facteurs qui convergent pour défendre l’idée qu’une rénovation complète n’est pas la seule option possible. Il est essentiel de sortir de la seule approche par les coûts directs et de prendre en compte ces éléments afin définir une stratégie nationale cohérente pour notre production d’électricité.

Tout d’abord, nous observons une surcapacité des moyens de production en France et en Europe, qui asphyxie les finances des opérateurs de centrales. Fermer quelques réacteurs permettrait de faire remonter les prix du marché, et ainsi donner un peu d’air à ces opérateurs.

Ensuite, EDF se heurte à un obstacle majeur : l’ampleur des investissements nécessaires pour mener de front l’opération de Grand Carénage et achever la construction de ses réacteurs EPR en France et au Royaume-Uni. La démission du directeur financier du groupe, en mai dernier[8], a souligné la difficulté de réunir ces fonds. Quelques fermetures permettraient de réduire et lisser dans le temps les montants à avancer pour la rénovation. Elles relâcheraient également les tensions autour de la main-d’œuvre qualifiée, dont la possible pénurie a été soulignée par la Cour des Comptes[9].

Enfin, la diversification de nos sources de production aurait le double effet de favoriser l’essor des énergies renouvelables et de réduire le risque systémique intrinsèque à l’utilisation d’un parc standardisé. 

On peut d’ailleurs noter qu’EDF semble ouvrir véritablement la porte à la fermeture des réacteurs de Fessenheim. Nous ne parlons pas ici de la déclaration du Conseil d’Administration d’EDF du 24 janvier, qui n’a en fait acté qu’un report du vote[10]. Nous nous appuyons plutôt sur le fait que le groupe EDF répartit les provisions pour démantèlement et gestion des déchets sur 60 ans de fonctionnement pour toutes les centrales ; sauf pour Fessenheim, où les provisions sont établies pour 40 ans[11]. Serait-ce un signe ?

Conclusion

Les batailles de chiffres sur le coût de la sortie du nucléaire sont en grande partie le reflet des incertitudes qui entourent cette filière, notamment concernant le coût de rénovation des centrales, la compétitivité croissante des énergies renouvelables et le spectre d’une situation de surcapacité prolongée.

Face aux possibles aléas, l’enjeu est alors de déterminer une stratégie nationale robuste, qui tienne compte des capacités financières et de la disponibilité d’une main-d’œuvre qualifiée. Fermer une dizaine de réacteurs nous semble aujourd’hui l’option répondant le mieux à ces différents critères.

Mais autant que le résultat, c’est l’approche qui nous paraît ici primordiale. « La seule certitude que j’ai, c’est d’être dans le doute » : cette maxime d’humilité de Pierre Desproges invite à accepter la grande part d’incertain et à l’intégrer dans toute discussion et analyse. C’est la première étape indispensable pour reconnaitre qu’un débat sur le futur de l’atome est légitime, et ainsi sortir d’une vision binaire opposant nucléaire et renouvelables. Plutôt que de masquer ces incertitudes irréductibles par des chiffres toujours plus précis, il sera alors possible de nous en saisir à bras-le-corps pour réfléchir ensemble à une stratégie nationale pour notre production d’électricité.

Pour lire les notes : https://blogs.mediapart.fr/quentin-perrier/blog/190317/nucleaire-et-si-parlait-incertitudes

NDLR : cette étude est exclusivement économique. La pollution radioactive permanente (et autorisée) n’est même pas évoquée alors qu’elle devrait suffire à elle seule à prendre la décision d’abandonner au plus vite cette industrie nucléaire qui pollue chaque jour un peu plus notre terre pour des milliers d’années. Et je ne parle pas des déchets que nous ne savons pas gérer et dont le volume augmente de jour en jour !

Enfin, il y aura toujours du soleil et du vent mais de l’uranium, certainement pas !

La technologie nucléaire est donc condamnée à terme. Puisqu’il faudra changer un jour ou l’autre, pourquoi investir dans une technologie en fin de vie ?

Mar 19

DÉCOUVREZ LE SITE « FERME TA CENTRALE » ! MOUVEMENT POUR UNE FRANCE À L’ÉNERGIE PROPRE ET SÛRE

fermetacentraleNous avons décidé de lancer un mouvement… ferme ta centrale nucléaire (www.fermetacentrale.org). Alors que nous rentrons en période électorale en ce début d’année 2017, c’est le moment où jamais pour s’engager vers un nouveau modèle de société. Notre modèle énergétique, au bord de la faillite, doit évoluer rapidement si on ne veut pas en payer le prix. Le modèle électrique est aujourd’hui centralisé de toute part : un acteur prédominant que les contribuables renflouent régulièrement, un parc nucléaire vieillissant qui représente 75% de notre production d’électricité, les prix de l’électricité décidés dans un bureau feutré par une élite loin des réalités… Mener la transition énergétique, c’est décider que ce modèle n’est plus adapté aux besoins de la société d’aujourd’hui. Cette transition vers du 100% renouvelable est un enjeu scientifique, politique, électoral et financier. Le consommateur et le citoyen sont les grands oubliés de ce débat. Il est inacceptable qu’ils ne soient ni entendus, ni écoutés. La transition énergétique est un enjeu de société qui concerne les 67 millions de français ainsi que l’ensemble des générations qui nous suivront.

Nous souhaitons, aux côtés de nombreuses associations, groupements, producteurs d’énergie renouvelable, faire bouger les lignes pour entamer le grand chantier de la sortie du nucléaire. Notre ambition est aujourd’hui que ce mouvement permette aux citoyens de choisir de consommer une énergie locale issue des énergies renouvelables de sa région, et de dire non au nucléaire. Que vous soyez, en Ile de France, en Occitanie, en Nouvelle Aquitaine, en Provence-Alpes-Côte d’Azur, en Auvergne-Rhône-Alpes, en Bourgogne-Franche-Comté, en Grand Est, en Centre-Val de Loire, en Normandie, en Hauts-de-France, en Pays de la Loire ou en Bretagne, vous êtes tous concernés par la présence d’une centrale trop proche de chez vous, qui risque un jour de mettre en péril votre territoire.

À travers notre démarche, nous voulons proposer un nouveau modèle, viable et durable qui remette au centre le citoyen. « Fermetacentrale » est un mouvement qui veut interpeller la classe politique et les candidats à l’élection présidentielle pour revendiquer l’indépendance et l’autonomie énergétique sur l’ensemble du territoire français.

8 propositions portées dans un manifeste et sur « fermetacentrale.org » pour

8 actions rapides à mettre en place dès l’arrivée du prochain Président de la
République.

8 pétitions dans les

8 régions de France qui sont concernées directement par la fermeture des centrales nucléaires sur « fermetacentrale.org ». L’ensemble des pétitions et des propositions seront présentées au bureau de campagne des candidats, toute étiquette politique confondue.

Pour lire la suite et en particulier les 8 propositions :

https://fermetacentrale.org/wp-content/uploads/2017/02/fermetacentrale-livre-blanc.pdf

Mar 19

ARMES NUCLÉAIRES POUR LE JAPON ET LA CORÉE DU SUD? PROPOS «IRRESPONSABLES», SELON MOSCOU

SputnikLe Conseil de la Fédération de Russie (Sénat russe) a qualifié d’«irresponsables» les allégations du secrétaire d’État américain Rex Tillerson sur la possibilité de voir des armes nucléaires tomber aux mains du Japon et de la Corée du Sud en vue de contrer la Corée du Nord.

Les allégations du secrétaire d’État américain Rex Tillerson portant sur la volonté de Washington d’installer de nouveaux dispositifs de défense antimissile au Japon et en Corée du Sud en dépit des réticences exprimées par Pékin sont irresponsables, a déclaré Viktor Ozerov, président du comité pour la défense du Conseil de la Fédération (chambre haute du parlement russe).

« De telles décisions sont irresponsables. Compte tenu de la menace terroriste actuelle, il est hors de question que des armes nucléaires soient disséminées sur le globe terrestre », a-t-il relevé.

Pour rappel, la Corée du Nord ambitionne de longue date de devenir une puissance nucléaire. Elle a mené son premier essai nucléaire souterrain en 2006, faisant fi de l’opposition de la communauté internationale. Depuis, elle a mené quatre autres essais, dont deux en 2016.

La Corée du Nord a essuyé plusieurs volées de sanctions de l’Onu qui n’ont rien fait pour la dissuader de poursuivre sur la voie militaire. Le 6 mars, elle a tiré une salve de missiles balistiques dont trois ont fini leur course en mer près de l’archipel nippon.

« Face à cette menace qui ne cesse de grandir, il est clair qu’une nouvelle approche est nécessaire », a plaidé M. Tillerson, réitérant la promesse de Washington de soutenir ses alliés japonais et sud-coréen en cas d’attaque.

Le président Donald Trump, alors en campagne, avait inquiété la région en laissant entendre que le Japon et la Corée du Sud devaient en faire plus pour leur propre défense.

https://fr.sputniknews.com/international/201703191030520235-armes-nucleaires-japon-coree-sud-critiques-moscou/

NDLR : Sputnik est un service d’information multi-média lancé officiellement par la Russie

Mar 19

EDF PROPOSE DE NOUVELLES SOLUTIONS POUR REDÉMARRER QUATRE RÉACTEURS NUCLÉAIRES

Générateur vapeurLe groupe EDF a proposé la semaine dernière de nouvelles solutions pour tenter de faire redémarrer quatre réacteurs nucléaires en France, leur inactivité coûtant à la compagnie près de 1,5 milliards d’euros par an.

EDF emploie de nouvelles techniques pour tenter de faire redémarrer quatre réacteurs nucléaires qui sont en arrêt depuis des mois à cause d’une série de problèmes, d’après ce qu’a déclaré un haut responsable de la compagnie.

EDF a dû fermer deux des réacteurs suite à la découverte de problèmes de production et de falsification de documents par une fonderie de son fournisseur Areva, tandis que les deux autres réacteurs ont été fermés suite à un problème de scellement et suite à un accident.

Les pénuries de production d’électricité ont fait augmenter le prix de l’électricité, nuisent à la sécurité d’approvisionnement de la France et coûtent à EDF une moyenne d’un million d’euros de revenus perdus par réacteur par jour, soit près de 1,5 milliards d’euros sur une base annuelle.

Nous pensons que nous allons obtenir l’approbation pour redémarrer les 4 centrales à la date prévue.

Philippe Sasseigne, le directeur des 58 centrales nucléaires françaises d’EDF, a déclaré que le groupe avait trouvé plusieurs nouvelles techniques et que les quatre centrales pourraient redémarrer cette année si ses propositions obtiennent le feu vert de l’Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN).

« Nous pensons que nous allons obtenir l’approbation pour redémarrer les quatre centrales à la date prévue » a déclaré Philippe Sasseigne. Le calendrier de redémarrage court entre Juin et Novembre.

L’un des problèmes les plus pressants d’EDF est la fermeture de Creusot Forge d’Areva, qui est sous le coup d’une enquête de l’ASN et qui ne devrait pas reprendre sa production avant l’été.

Creusot Forge est le principal fournisseur de générateurs de vapeur d’EDF, qui transforme la chaleur d’un réacteur en vapeur qui fait tourner ses turbines électriques. Chaque réacteur d’EDF est refroidi par trois à quatre générateurs de vapeur, et chaque année le groupe doit en remplacer un ou deux.

Ces grands récipients en acier ‘ qui ont une durée de vie de 30 ans à plus ‘ contiennent des milliers de tubes individuels qui développent progressivement des fuites et doivent être bouchés.

En octobre, un générateur de vapeur d’Areva devait être installé sur le réacteur Gravelines 5 d’EDF dans le nord de la France, mais son installation a été retardée car il présentait plusieurs anomalies. Il devrait pouvoir redémarrer le 30 Juin.

Philippe Sasseigne a déclaré que l’ASN avait autorisé le mois dernier EDF à réparer toute fuite dans les tubes en insérant de nouveaux tubes plus petits. Ce procédé est déjà pratiqué aux États-Unis, en Suède et en Belgique et peut rallonger la durée de vie de ces pièces de deux ans.

EDF ne prévoit pas d’utiliser cette procédure sur d’autres centrales, bien que cela serait envisageable si nécessaire.

Le réacteur n°2 de la centrale de Fessenheim dans le nord-est de la France a également été arrêté depuis le mois de Juin après qu’Areva ait découvert que l’un de ses générateurs de vapeur présentait des concentrations plus élevées que prévues de carbone, ce qui pouvait fragiliser son acier.

EDF ne prévoit pas de réparer ou de remplacer ce générateur de vapeur mais espère convaincre l’ASN que le réacteur Fessenheim 2 peut fonctionner sans danger.

http://www.actualites-news-environnement.com/36074-EDF-reacteurs-nucleaires.html

Note du Réseau Sortir du Nucléaire à l’article ci-dessus :

« Les pénuries de production d’électricité ont fait augmenter le prix de l’électricité, nuisent à la sécurité d’approvisionnement de la France et coûtent à EDF une moyenne d’un million d’euros de revenus perdus par réacteur par jour, soit près de 1,5 milliards d’euros sur une base annuelle.« 

Avant d’être électricien, le premier métier d’EDF est celui d’illusionniste professionnel : en effet les 4 réacteurs arrêtés correspondent, au mégawatt près, à la production qui a été rajoutée au réseau électrique français suite à l’arrêt, il y a presque cinq ans, de l’usine d’enrichissement de combustible Georges Besse 1. Tout le monde sait cela, en dehors de politiques qui ont fait semblant de croire à cette fable de menace sur la sécurité d’approvisionnement pour ne pas arrêter Fessenheim tant que Flamanville 3 n’aurait pas démarré.

« Nous pensons que nous allons obtenir l’approbation pour redémarrer les quatre centrales à la date prévue » a déclaré Philippe Sasseigne.

Monsieur Sasseigne s’imagine que l’ASN va poursuivre sa politique laxiste à l’égard d’EDF : il ignore que depuis le 11 mars 2017, les citoyens se sont hissés à bonne hauteur de la connaissance du gendarme du nucléaire grâce au livre de Nozomi Shihiro « la farce cachée du nucléaire« . La récréation est terminée…

Mar 19

LA CORÉE DU NORD A TESTÉ UN NOUVEAU MOTEUR DE FUSÉE

CoréeLa Corée du Nord a testé un nouveau moteur de fusée, en présence de son leader Kim Jong-Un, semblant ainsi saluer l’arrivée du secrétaire d’État américain Rex Tillerson à Pékin, où la Chine et les États-Unis ont largement évoqué le programme nucléaire de Pyongyang samedi. « Le monde va bientôt réaliser la signification de la victoire historique que nous avons signée aujourd’hui« , a souligné le chef du régime nord-coréen, cité dimanche par KCNA, l’agence de presse officielle nord-coréenne. Ce test avait visiblement été programmé pour coïncider avec l’arrivée à Pékin, samedi, du nouveau chef de la diplomatie américaine. A quelques heures de sa rencontre dimanche avec le président chinois Xi Jinping, Rex Tillerson a assuré que Pékin et Washington allaient « travailler ensemble pour voir si (ils pourraient) amener le gouvernement de Pyongyang à changer de position (…) et s’écarter du développement d’armes nucléaires« . Dans la capitale nord-coréenne, on se félicite en tout cas de ce test fructueux: « Le développement et la mise au point d’un moteur à haute poussée nouvelle génération va aider à consolider les bases scientifiques et technologiques qui nous permettront d’atteindre le niveau mondial en matière de lanceurs de satellites et d’intervention dans l’espace« , a ainsi souligné KCNA. « Le leader (Kim) a souligné que le succès de ce test est un événement d’une signification historique et il a déclaré qu’il s’agissait d’une renaissance pour le programme de fusées du pays« , a insisté l’agence.

Plus de patience

Ces moteurs pour fusées pouvant facilement être adaptés pour propulser des missiles, de nombreux observateurs pensent qu’en fait le programme nord-coréen en matière de lanceurs de satellites n’est qu’une feuille de vigne cachant la réalité, c’est-à-dire les tests dans le domaine militaire. Avant de mettre le pied en Chine, Rex Tillerson était passé par le Japon et la Corée du Sud. Dans le cadre de cette tournée en Asie, le chef de la diplomatie américaine a notamment insisté sur le fait que les États-Unis n’allaient plus suivre la politique de « patience stratégique » mise précédemment en œuvre par Washington envers le régime de Pyongyang, politique qui selon lui a échoué. A ce sujet, il a souligné qu’une opération militaire américaine était notamment « une option sur la table« . Ces déclarations de M. Tillerson répondaient notamment aux deux essais nucléaires de Pyongyang en 2016, ainsi qu’aux récents tirs de missiles effectués par le régime nord-coréen, tirs présentés comme des tests avant d’éventuelles frappes sur les bases américaines au Japon.

Satellites géostationnaires

Le dernier test d’une fusée lanceuse de satellites par la Corée du Nord avait eu lieu en septembre 2016, test là aussi réalisé en la présence de Kim Jong-Un. Le leader de Pyongyang avait alors plaidé pour que son pays « puisse disposer de satellites géostationnaires d’ici deux ans« . Pour qu’un satellite puisse être installé en orbite géostationnaire il lui faut être propulsé à une attitude de 36.000 km, et la Corée du Nord a démontré ses progrès dans ce secteur en développant des missiles balistiques intercontinentaux qui pourraient atteindre la côte est américaine, a souligné le professeur Yang Moo-Jin, de l’université des études nord-coréennes. « La Corée du Nord sous-entend clairement qu’elle va prochainement lancer une nouvelle fusée capable de transporter des satellites, depuis son site de Sohae« , a ajouté M. Yang auprès de l’AFP. Mais, selon lui, le régime de Pyongyang pourrait aussi tester en secret un missile balistique intercontinental, et ce depuis un lanceur mobile. « Ce test serait programmé pour coïncider avec la visite du président chinois Xi Jinping aux États-Unis« , ainsi qu’avec l’anniversaire de de la fondation de l’armée nord-coréenne, a précisé M. Yang, en évoquant la rencontre envisagée entre M. Xi et son homologue américain Donald Trump en avril, rencontre toujours en négociations. Ce sommet aurait lieu à Mar-a-Lago, en Floride, dans la luxueuse résidence de week-end du milliardaire républicain.

http://en.c4defence.com/AFP/Cor%C3%A9eNord-USA-Chine-d%C3%A9fense-nucl%C3%A9aire-diplomatiePREV/26444/3

Mar 18

LES MILITANTS ANTI-NUCLÉAIRES OCCUPENT LES PONTS DE LYON

LyonSix ans après la catastrophe nucléaire de Fukushima, les militants antinucléaires de la région se sont donné rendez-vous à Lyon ce samedi. Ils appellent les responsables politiques à entamer un processus de transition énergétique afin de sortir du nucléaire et de fermer les centrales. Celle du Bugey notamment

« Ici, nous sommes à 35 kilomètres de la centrale du Bugey ». Cet administrateur du réseau Sortir du nucléaire posté sur le pont de la Guillotière, côté berges, appelle à la fermeture de la centrale de l’Ain. « Comme d’autres en France, elle est vieillissante, elle a des fuites, des incontinences », dénonce-t-il. Réunis à l’appel du collectif Stop Bugey, les militants soulignent la proximité de l’agglomération en cas d’incident majeur au Bugey. Une centrale qui fait peur jusqu’en Suisse. Candidate EELV aux législatives dans la 3e circonscription du Rhône, Fanny Dubot tractait avec les militants de la Guillotière dans la grisaille de ce samedi après-midi. « Une partie de l’agglomération se situe dans le rayon des 30 kilomètres de la centrale du Bugey, ce qui a de quoi inquiéter« , glisse-t-elle.

Quid de l’emploi ?

Pour sensibiliser les passants les militants brandissent des pancartes rappelant les douloureuses expériences de Tchernobyl et Fukushima, il y a six ans presque jour pour jour. Et pour bien se faire remarquer ils se sont installés sur plusieurs ponts du Rhône, du pont Morand à celui de l’Université. Une manière de rappeler que le cours d’eau qui serpente entre quatre centrales en 200 kilomètres pourrait être gravement impacté en cas d’incident.

Les militants refusent « le chantage à l’emploi » de certains responsables lorsqu’on évoque la sortie du nucléaire. Ils s’inscrivent ainsi contre le discours récemment tenu par la maire de Pierrelatte Marie-Pierre Mouton (LR) sur France 2. « Rien que le démantèlement, cela produit des emplois« , sans parler « des métiers crées par les énergies renouvelables« , arguent les militants. 

La journée de mobilisation s’achèvera vers 17h30, place Louis Pradel avec la diffusion d’un film de sensibilisation centré sur Fukushima. Des victimes de la catastrophe japonaise prendront ensuite la parole.

http://www.lyoncapitale.fr/Journal/Lyon/Actualite/Environnement/Les-militants-anti-nucleaire-occupent-les-ponts-de-Lyon

Mar 18

LE SECRÉTAIRE D’ÉTAT AMÉRICAIN REX TILLERSON VEUT S’ALLIER AVEC LA CHINE SUR LE NUCLÉAIRE

Rex TillersonLe secrétaire d’État américain Rex Tillerson a prôné samedi un rapprochement de la coopération entre les États-Unis et la Chine pour intervenir relativement au programme nucléaire de la Corée du Nord, en marge de sa première rencontre avec des diplomates chinois.

La visite de Rex Tillerson à Pékin survient au lendemain de l’avertissement qu’il a lancé, à partir de la Corée du Sud, d’une possible intervention militaire préventive des États-Unis contre la Corée du Nord. Il avait fait valoir qu’une telle mesure pourrait être mise de l’avant si la menace que comporte le programme nucléaire du pays asiatique atteint un niveau jugé suffisamment élevé pour nécessiter une prise d’action.

La Chine, qui est la source de soutien première de la Corée du Nord tant sur le plan diplomatique qu’économique, n’a pas directement répondu à l’appel lancé par M. Tillerson samedi.

Le secrétaire d’État américain a insisté sur la nécessité d’une relation avec la Chine «axée sur les résultats» après s’être entretenu avec le ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi.

Tillerson a soutenu que son homologue et lui se sont mis d’accord sur l’importance de «corriger le cap» emprunté par Pyongyang avec son programme nucléaire, insistant du même coup sur le l’urgence qu’exige selon lui la situation.

De son côté, le ministre Wang a réitéré l’appel de la Chine pour un dialogue entre les États-Unis et la Corée du Nord. Il a par le fait même dit considérer la visite de M. Tillerson comme un pas important qui est franchi en vue de l’éventuelle rencontre entre le président chinois, Xi Jinping, et son homologue américain, Donald Trump, prévue pour plus tard ce mois-ci.

Plus tard dans la journée, M. Tillerson a rencontré Yang Jiechi, un haut conseiller du président Xi. Il doit également rencontrer le président lui-même dimanche matin avant son retour aux États-Unis.

http://journalmetro.com/monde/1104872/tillerson-veut-sallier-avec-la-chine-sur-le-nucleaire/

 

Mar 18

FRANÇOIS HOLLANDE SIGNE UN ACCORD DE DÉVELOPPEMENT DE LA POLYNÉSIE

FritchFrançois Hollande a signé vendredi avec le président de la Polynésie française Édouard Fritch un accord pour le développement de cette collectivité territoriale, qui contient des mesures sur les conséquences des essais nucléaires et le développement économique et social.

Les deux hommes ont signé un texte baptisé « accord de l’Élysée« , préalable au texte final, « l’accord de Papeete« , qui ne pourra être ratifié officiellement qu’après le passage du texte devant l’Assemblée territoriale de Polynésie, le Conseil économique, social et culturel (CESC) de Polynésie, et le Syndicat de Promotion des Communes de la Polynésie Française (SPCPF).

L’accord final ne sera donc pas ratifié par François Hollande mais par son successeur.

Cet accord fait suite à la visite du chef de l’État en Polynésie, en février 2016. Il avait invité le gouvernement local et les élus « à travailler ensemble à ce qu’on pourrait appeler l’accord de Papeete pour le développement de la Polynésie française dans la République« .

« C’est un accord d’abord politique« , a insisté vendredi François Hollande, « qui met la Polynésie pleinement dans la République. Cette place ne doit jamais être remise en cause« .

Le texte « s’ouvre très symboliquement sur la reconnaissance du fait nucléaire et de ses conséquences », a expliqué Edouard Fritch. De 1966 à 1996, les atolls de Mururoa et Fangataufa ont été le théâtre de 193 essais nucléaires, qui ont eu des effets sur la santé et l’environnement des populations.

L’accord prévoit l’amélioration de l’indemnisation des victimes des essais nucléaires, la sanctuarisation « au niveau de 2011 » de la Dotation Globale d’Autonomie (DGA), destinée à la reconversion économique de la Polynésie après la fin des essais nucléaires, ou encore l’appui financier au service d’oncologie du Centre Hospitalier de la Polynésie française.

La mesure de simplification des procédures d’indemnisation pour les victimes des essais a d’ailleurs été intégrée dans la loi égalité réelle outre-mer, adoptée en mars. « C’est un texte irréversible », parce qu’adopté à l’unanimité, a insisté François Hollande.

« Vous nous avez entendus« , a déclaré Édouard Fritch à François Hollande. « Les Polynésiens se rappelleront de votre mandature comme étant celle d’un président de la République qui a compris leurs aspirations et qui a été à leurs côtés. Il n’y en a pas eu beaucoup, je peux vous le dire« , a-t-il déclaré.

Pour lire l’intégralité de l’article : http://www.connaissancedesenergies.org/afp/francois-hollande-signe-un-accord-de-developpement-de-la-polynesie-170317-0

Mar 18

LES GRANDES PUISSANCES MODERNISENT LEURS ARMES NUCLÉAIRES

moderniserWashington, Moscou, Londres, Paris et Pékin se sont lancés dans le renouvellement de leurs armements atomiques. Les pays dotés de capacités nucléaires non déclarées augmentent leurs arsenaux tactiques.

Des armes toujours capables de provoquer l’apocalypse, mais plus précises, plus petites, plus furtives : les arsenaux atomiques entrent dans une nouvelle ère. Les cinq pays qui en sont « dotés » au sens des traités internationaux – le « P5 », formé par les États-Unis, la Russie, la France, le Royaume-Uni et la Chine – se lancent dans un renouvellement général de leurs forces nucléaires. Les autres – Israël, l’Inde, le Pakistan et la Corée du Nord – acquièrent des capacités diversifiées.

Tandis qu’aux Nations unies (ONU), de premières négociations s’ouvrent le 27 mars en vue d’un traité d’interdiction pure et simple des armements nucléaires, ces plans de modernisation visent, à l’horizon 2060-2080, la pérennité des arsenaux qui doivent rester « sûrs, sécurisés et fiables »…

Pour lire l’intégralité de l’article de Nathalie Guibert : http://www.lemonde.fr/international/article/2017/03/17/nucleaire-cure-de-jouvence-pour-les-arsenaux_5096180_3210.html

Mar 18

VISION D’APOCALYPSE : DES CENTAINES DE VIDÉOS D’ESSAIS NUCLÉAIRES ATMOSPHÉRIQUES DÉCLASSIFIÉES

BombePubliées par un laboratoire américain sur Youtube, les vidéos donnent un rare aperçu de la puissance dévastatrice de l’arme atomique. Elles montrent les tests nucléaires conduits dans l’atmosphère par les États-Unis, pendant la guerre froide.

Le gouvernement américain a déclassifié quelques 750 vidéos de 210 essais nucléaires atmosphériques qu’il a conduit en pleine guerre froide, entre 1945 et 1962, dans l’État du Nevada et dans les îles du Pacifique. Peu après la crise de Cuba, ce type d’essai a été interdit, ne laissant plus que la possibilité de faire des tests souterrains.

Les documents étaient jusqu’à présent classés secrets défense.

Après cinq ans de travail, c’est le laboratoire national de Lawrence Livermore (LLNL) dirigé par le physicien Greg Spriggs qui a restauré et digitalisé les films, dont certains étaient dans un très mauvais état. Le LLNL est lié au département américain de l’Énergie et a notamment pour mission d’élaborer des armes nucléaires.

«Le but est de préserver le contenu de ces films avant qu’il ne soit perdu pour toujours», explique Greg Spriggs dans un communiqué. Le physicien espère que les scientifiques pourront en tirer des données exploitables, et ainsi affiner la qualité des mesures réalisées par leurs prédécesseurs.

«Un des succès de ce projet est que nous obtenons des réponses», se réjouit Greg Springgs, expliquant avoir déjà fait de nouvelles découvertes sur les détonations.

Mais le scientifique espère surtout que montrer la puissance dévastatrice d’une telle arme aura un pouvoir dissuasif. «Nous espérons n’avoir jamais à utiliser encore une fois l’arme nucléaire», confie-t-il.

A l’heure actuelle, le LLNL a localisé 6 500 films et en a numérisé 4 200. Le laboratoire a publié sur YouTube un premier échantillon d’une soixantaine de films.

Pour visualiser quelques explosions :

https://francais.rt.com/international/35374-vision-apocalypse-centaines-videos-dessais-nucleaires-americains-declassifiees-video

Mar 17

LA COMMISSION EUROPÉENNE AUTORISE LA BELGIQUE À INDEMNISER ENGIE-ELECTRABEL

BelgiqueIl s’agit d’une indemnisation pour la prolongation des centrales nucléaires.

La Commission européenne a donné son feu vert vendredi au projet de la Belgique d’indemniser Engie-Electrabel et EDF Belgique pour les risques financiers potentiels liés à l’exploitation à long terme des réacteurs nucléaires de Tihange 1, Doel 1 et Doel 2, estimant que ce soutien n’était pas contraire aux règles européennes en matière d’aides d’État. La ministre de l’Energie, Marie Christine Marghem, s’en réjouit.
Les États membres sont laissés libres, par les traités européens, de définir comment ils s’approvisionnent en énergie, et donc de décider d’investir dans le nucléaire. La Belgique a décidé, en 2014 et 2015, de prolonger de dix ans l’exploitation des centrales nucléaires et a promis des compensations à Engie-Electrabel et EDF Belgique si ses plans changeaient dans les dix prochaines années. À l’issue de son appréciation, la Commission a jugé que « les garanties d’investissement procurent un avantage économique à Engie-Electrabel et à EDF, qui va au-delà de ce à quoi celles-ci auraient pu prétendre au titre de la législation belge en général« .
Les règles de l’UE disposent que de telles aides d’État doivent être limitées et proportionnées aux objectifs poursuivis. La Commission a cependant conclu que la Belgique avait démontré que les mesures évitaient toute distorsion injustifiée du marché énergétique belge. « J’accueille très positivement cette décision de la Commission européenne. Il est aujourd’hui démontré que le raisonnement suivi par le gouvernement belge ne conférait aucun cadeau à Electrabel« , a réagi Marie Christine Marghem vendredi après-midi. « Cette nouvelle étape franchie, nous poursuivons l’élaboration, avec mes collègues régionaux, du Pacte énergétique qui offrira à la Belgique un cadre énergétique pérenne« .

http://5minutes.rtl.lu/grande-region/laune/1016729.html

Mar 17

HAMON VEUT LANCER LA FERMETURE DE « PLUS D’UNE DIZAINE » DE CENTRALES NUCLÉAIRES

B HamonLe candidat socialiste Benoît Hamon a promis vendredi sur RTL d’engager, s’il est élu, la « fermeture de toutes les centrales (nucléaires) qui arrivent en fin de vie« , soit « plus d’une dizaine » sur le quinquennat.
« J’engagerai la fermeture de toutes les centrales qui arrivent en fin de vie. Je le ferai parce que ça coûte très cher de prolonger leur espérance de vie (…) Cela fait à peu près, sur le quinquennat, plus d’une dizaine« , a déclaré M. Hamon, qui veut porter à 50% la part des énergies renouvelables dans le mix énergétique d’ici 2025 (avec un objectif de 100% en 2050).
Pour le candidat socialiste, « on n’a pas fermé Fessenheim parce qu’on a choisi de ne pas fermer Fessenheim » durant le quinquennat, contrairement à la promesse de François Hollande en 2012.
M. Hamon a souligné que le coût du « maintien ou (du) prolongement de l’espérance de vie de nos réacteurs nucléaires » est estimé à « 60 milliards d’euros qui renchérissent le coût de l’électricité produite par le nucléaire« , et « le rapprochent de facto du coût de l’électricité produite par des énergies renouvelables« .
EDF a estimé à 51 milliards d’euros les investissements nécessaires pour maintenir les 58 réacteurs français (« grand carénage« ).
Interrogé sur les disparitions d’emplois liées à ces décisions, M. Hamon a affirmé que ses inquiétudes ne portaient « pas sur celles et ceux qui travaillent dans les centrales nucléaires« , et qui auront fort à faire avec le démantèlement.
Elles consistent plutôt « à savoir si nous arriverons à former suffisamment de salariés pour opérer cette transition vers un modèle énergétique qui soit à la fois sobre en terme d’impact sur l’environnement mais aussi beaucoup plus sobre vis-à-vis des risques qui existent« .
La loi relative à la transition énergétique pour la croissance verte (LTECV) publiée le 18 août 2015 prévoit de porter la part des énergies renouvelables à 23% de la consommation finale brute d’énergie en 2020 et à 32% de la consommation finale brute d’énergie en 2030, et de porter la part du nucléaire dans la production d’électricité à 50% à l’horizon 2025.

http://www.romandie.com/news/Nucleaire-Hamon-veut-lancer-la-fermeture-de-plus-dune-dizaine-de-centrales/780990.rom