UN NOUVEAU CONVOI DE MOX PRÉVU LE 7 SEPTEMBRE AU DÉPART DE CHERBOURG SELON GREENPEACE

Un nouveau transport de Mox au départ de Cherbourg vers le Japon est programmé cette semaine, selon Greenpeace. L’ONG estime que ce transport d’une matière hautement radioactive est encore plus dangereux compte tenu du contexte actuel. Le précédent avait eu lieu l’an dernier à la même période.

Le MOX, un combustible nucléaire contenant notamment du plutonium, devrait quitter l’usine Orano de La Hague dans la nuit de mardi à mercredi, selon Greenpeace. Le convoi prendra la direction du port de Cherbourg. Une ordonnance du président du tribunal judiciaire de Cherbourg interdit « à quiconque » de « perturber » l’acheminement de ce MOX depuis l’usine jusqu’au port. Ce chargement sensible prendra ensuite la mer direction le Japon.

Orano, le spécialiste du retraitement nucléaire, avait confirmé au mois d’août l’organisation d’un tel transport sans donner plus de précisions. Interrogé récemment par l’AFP, l’entreprise française a simplement indiqué que du MOX partirait « prochainement » de Cherbourg. « Les navires spécialisés Pacific Egret et Pacific Heron de la compagnie maritime britannique PNTL » (Pacific Nuclear Transport Limited) y participeront.

Cette opération s’accompagne de strictes mesures de sécurité. Il est interdit d’approcher à moins de 250 mètres du convoi routier. Concernant les navires assurant le transport, il est interdit de s’en approcher à moins de 300 mètres dans le port de Cherbourg, et à moins de 500 mètres en mer dans la limite des eaux territoriales françaises. Ces interdictions sont assorties d’une astreinte de 75.000 euros par personne et par infraction constatée.

« Complètement irresponsable« , selon Greenpeace

Comme l’an dernier à la même époque, Greenpeace tire la sonnette d’alarme. L’organisation l’estime même encore plus dangereuse au regard du contexte actuel, « dans un monde aujourd’hui extrêmement déstabilisé, en crise aussi bien avec la Russie qu’aujourd’hui avec la Chine et Taïwan, transporter des matières aussi dangereuses d’un point de vue de la prolifération nucléaire est complètement irresponsable« .

L’industriel bat ses accusations en brèche. « Orano et ses partenaires industriels ont une longue expérience de ce type de transport entre l’Europe et le Japon« , souligne le groupe français. « Le plutonium contenu dans le MOX n’est pas le même que celui utilisé par les militaires« , affirme l’entreprise. De son côté, Greenpeace assure qu’on « peut parfaitement » fabriquer une bombe avec ce plutonium. Et de citer « l’AIEA (Agence internationale de l’énergie atomique) l’a dit » pour soutenir son propos.

Un huitième transport pour le Japon

Il s’agit du huitième transport de MOX de France vers le Japon. Le dernier départ de MOX de Cherbourg pour le Japon date du 8 septembre 2021. Le MOX qui va partir pour le Japon a été fabriqué à partir de combustibles irradiés dans des centrales nucléaires japonaises.

Selon Orano, le MOX est un combustible nucléaire qui permet le recyclage de combustibles usés. Il est en effet fabriqué à partir de matières issues des combustibles irradiés dans les centrales pour fabriquer de l’électricité. Il ne représente que 10% du combustible utilisé dans les centrales françaises, selon Orano.

Par CM avec AFP, publié le 05/09/2022 à 07h51, mis à jour le 05/09/2022 à 10h20

Photo en titre : Lors de l’embarquement de deux emballages Mox pour le Japon, quai des Flamands à Cherbourg-en-Cotentin, 8 septembre 2021. Un nouveau transport est prévu, selon Greenpeace, le 7 septembre 2022 • © PIERRE COQUELIN / FRANCE-BLEU COTENTIN

https://france3-regions.francetvinfo.fr/normandie/manche/cherbourg-cotentin/un-nouveau-convoi-de-mox-prevu-le-7-septembre-au-depart-de-cherbourg-selon-greenpeace-2606648.html

NUCLÉAIRE EN SUISSE : LES FOURNISSEURS D’ÉNERGIE NE VEULENT PAS DE NOUVELLES CENTRALES

Plusieurs compagnies d’électricité restent sceptiques face à l’initiative populaire qui veut relancer le nucléaire.

Les fournisseurs d’énergie s’opposent à la construction de nouvelles centrales nucléaires exigée par une initiative populaire dont la récolte des signatures a été lancée cette semaine.

«La construction d’une nouvelle centrale nucléaire n’est actuellement pas réaliste d’un point de vue économique», indique ainsi BKW dans le journal alémanique «SonntagsZeitung».

Les coûts et les incertitudes seraient importants, appuie Axpo. Les délais poseraient également problème. «Même si des investisseurs pouvaient être trouvés, il faudrait de nombreuses années avant qu’une nouvelle centrale nucléaire ne puisse être raccordée au réseau», indique un porte-parole du distributeur d’énergie.

Les centrales nucléaires sont des «technologies de transition» pour avoir le temps de se réorienter vers les énergies renouvelables, rappelle encore Alpiq.

Par ATS, publié le 04.09.2022 à 09h13

Photo en titre : La centrale nucléaire de Gösgen, à Däniken (SO), le 25 janvier 2022. KEYSTONE/Gaetan Bally

https://www.tdg.ch/les-fournisseurs-denergie-ne-veulent-pas-de-nouvelles-centrales-nucleaires-739553881907

17 SEPTEMBRE, ACTION « RONDS-POINTS » AUTOUR DE BUGEY !

Nouvelle action sur les ronds-points de la région Samedi 17 Septembre de 9 h à 12 h 30 :

  • pour clamer un NON déterminé aux EPR envisagés sur le site de Bugey
  • et pour revendiquer l’arrêt des 4 réacteurs vieillissants qui menacent la région.

Cliquer sur le plan pour l’agrandir

Manifestation organisée par l’association Sortir Du Nucléaire Bugey sur les ronds-points de :
  – Bourg-en-Bresse
  – Meyzieu/Villette d’Anthon
  – Bourgoin-Jallieu
  – Belley

Voir lieux précis sur l’affiche ci-dessous

N’hésitez pas à nous rejoindre !

Nous avons besoin de chacun et chacune pour nous opposer à cette politique insensée de poursuite du nucléaire à tout-va, alors que la raison veut que l’on arrête cette énergie mortifère, financièrement exorbitante et émettrice de CO2 *pour développer au maximum les énergies renouvelables !

* émettrice de CO2 car il faut prendre en compte toute la filière (extraction du minerai au Niger (entre autre), transports, enrichissement, stockage, gestion technique, pollution, ET gestion des déchets insurmontable…

La presse sera conviée vers 10 h 30.

Pour plus de renseignements, contacter Jean-Pierre au 06 81 09 75 87.

https://www.stop-bugey.org/

L’ICAN COMMUNIQUE SUR LE TRAITÉ DE NON-PROLIFÉRATION NUCLÉAIRE

Tardivement dans la soirée du 26 août aux Nations unies (New York), le président Zlauvinen de la 10ème Conférence d’examen du Traité de non-prolifération nucléaire donne un dernier coup de marteau. La sentence est tombée, cette conférence est un nouvel échec.

Certes, c’est bien la diplomatie russe qui n’a pas accepté les conclusions et recommandations du document final, jugeant le langage discriminatoire à son encontre, trop favorable à l’Ukraine, avec en plus une non-reconnaissance de sa souveraineté sur les installations nucléaires de Zaporijjia. 

Mais soyons très clair depuis l’ouverture de la conférence (1er août), tous les États dotés d’armes nucléaires – États-Unis, Russie, Chine, France, Royaume-Uni – sans exception, n’ont cessé à travers leurs interventions d’entacher la crédibilité de l’architecture de non-prolifération et de maîtrise des armements, en diminuant ou en expurgeant toutes mesures sur le désarmement trop contraignante et radicale à leur goût. 

Nous avions déjà alerté dans nos communications du danger de cet échec et de la responsabilité portée par les États dotés, dont la France, car ils poursuivent tous une politique de modernisation et de renouvellement de leur arsenaux nucléaires. 

Au lendemain de cet échec, notre Campagne ICAN France appelle :

  • La France à agir dans l’esprit et dans la lettre du TNP en mettant en œuvre de « bonne foi » l’article 6 de ce traité engage les États membres « à poursuivre de bonne foi des négociations sur des mesures efficaces relatives à la cessation de la course aux armements nucléaires à une date rapprochée et au désarmement nucléaire » ;
  • La France à réaliser les obligations acceptées dans le document final de 1995, 2000 et 2010, comme par exemple « adopter des mesures de désarmement concrètes » et « réduire encore le rôle et l’importance des armes nucléaires dans tous les concepts, doctrines et politiques militaires et de sécurité » ;
  • Les parlementaires des commissions défense et affaires étrangères, dans la perspective de la nouvelle loi de programmation militaire, à ouvrir un débat public sur la politique de dissuasion (coût, respect du droit international, pertinence en terme de défense…) et sur les conséquences humanitaires en cas d’emploi d’armes nucléaires – volontaire ou accidentel – pour la population française ;
  • Les parlementaires à soutenir le Traité sur l’interdiction des armes nucléaires, en rejoignant la trentaine d’élu.e.s français.e.s (1 800 dans le monde) qui ont signé « l’Appel des parlementaires », mis en place par notre campagne, pour promouvoir cette nouvelle norme du droit international.

Vous pouvez également retrouver notre tribune « Armement nucléaire: «La Russie n’est pas seule responsable de l’échec de la conférence du TNP » publiée dans le journal L’Opinion ce 2 septembre.

APPEL :

Engageons les villes à soutenir le Traité sur l’interdiction des armes nucléaires

C’est avec un très grand plaisir que nous saluons l’arrivée de Bordeaux dans la liste des signataires de notre Appel des villes pour soutenir le Traité sur l’interdiction des armes nucléaires. Une signature réalisée lors d’une cérémonie, le 6 août à l’occasion de la commémoration du drame de Hiroshima. 

Soixante quatre villes françaises (519 dans le monde) ont signé cet Appel pour montrer leur opposition aux armes nucléaires.

Mais, nous avons besoin de vous pour engager de nouvelles villes, pour ouvrir le débat, faire pression sur les élue·e·s. Qui de mieux que vous pour solliciter votre Maire ? Oui, vous avez le pouvoir de changer les choses en soumettant une demande de signature de l’Appel à votre Maire. 

Chaque nouvelle signature nous permet de progresser dans notre campagne sur la nécessité d’engager un vaste débat public afin de remettre en cause cette politique de dissuasion nucléaire.

Vous trouverez ici sur cette page des documents pour engager la démarche et surtout pour vous accompagner jusqu’à la cérémonie de signature.

Vous connaissez vos conseillers municipaux, votre maire, adressez-lui un courrier – email (généralement disponible sur le site des mairies).

Alors, la prochaine ville sera-t-elle la vôtre ?

Message reçu le 4 septembre à 07h31

Retrouver l’association ICAN ((International Campaign to Abolish Nuclear Weapons) sur le site : http://icanfrance.org/

LA CENTRALE NUCLÉAIRE DE ZAPORIJJIA ENCORE «DÉCONNECTÉE» DU RÉSEAU ÉLECTRIQUE MALGRÉ LA PRÉSENCE DE L’AIEA

La centrale nucléaire ukrainienne de Zaporijjia, occupée par les forces russes, a «de nouveau perdu la connexion» au réseau électrique, a annoncé samedi l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), dont des experts se trouvent sur place.

La déconnexion de la centrale, qui s’était déjà produite le 25 août, est survenue «après de nouveaux bombardements dans la zone», selon l’AIEA. La centrale continue cependant à fonctionner «grâce à une ligne de secours» qui l’alimente, permettant ainsi le refroidissement du combustible nucléaire, précise l’AIEA.

Une perte totale d’alimentation de la centrale – si le courant arrivant depuis l’extérieur est coupé et que les groupes électrogènes de secours ne fonctionnent pas – risquerait d’entraîner une surchauffe des installations.

Depuis des semaines, des bombardements visent régulièrement le site de la centrale, dont s’accusent mutuellement la Russie et l’Ukraine, au risque d’une catastrophe nucléaire majeure. Les frappes et les combats se sont également poursuivis ailleurs en Ukraine ce samedi.

Plus de 50 explosions près de la frontière avec la Russie

Dans le Donbass (est) que convoite Moscou, principale ligne de front, «l’armée russe attaque dans les directions de Bakhmout et Avdiïvka», a indiqué l’armée ukrainienne dans un communiqué, qui a fait aussi état de «cinq frappes» de l’aviation ukrainienne près de Donetsk et Pivdenny.

Dans le centre, des frappes russes ont tué un garçon de neuf ans et blessé gravement 10 personnes à Zelenodolsk, dans la région de Dnipropetrovsk (centre), selon les autorités ukrainiennes, qui ont également signalé des «bombardements intenses dans la région de Novgorod-Siversk» (nord), près de la frontière russe, avec «plus de 50 explosions», sans victime.

Plus tôt dans la journée, lors d’un entretien téléphonique, «le président Erdogan a déclaré (à Vladimir Poutine) que la Turquie peut jouer un rôle de facilitation sur la centrale nucléaire de Zaporijjia, comme elle l’a fait pour l’accord sur les céréales» en juillet, a indiqué la présidence turque dans un communiqué.

Le Kremlin a confirmé une discussion entre MM. Poutine et Erdogan, indiquant qu’ils avaient confirmé vouloir «accroître leurs liens économiques et commerciaux», via «des projets stratégiques communs dans le domaine de l’énergie». Le communiqué turc ne précise pas si Ankara a également proposé formellement sa médiation à l’Ukraine.

Turquie : après les céréales, le nucléaire ?

La Turquie veut présenter une proposition prévoyant, comme elle l’avait fait pour l’accord sur les céréales, la création à Istanbul d’un bureau dédié au dialogue entre des organisations internationales, la Russie et l’Ukraine pour trouver un point d’entente sur la question du contrôle technique et des inspections de la centrale.

La Turquie entretient de bonnes relations tant avec Moscou que Kiev. Si Ankara a fourni à l’Ukraine des drones militaires, elle a refusé de se joindre aux sanctions occidentales contre la Russie après l’invasion de l’Ukraine.

En juillet, un accord entre la Russie et l’Ukraine obtenu à la suite d’une médiation turque avait permis la reprise des exportations de blé ukrainiennes, entravées par le blocus maritime russe imposé à Kiev en mer Noire.

La situation de la centrale de Zaporijjia, tombée aux mains des troupes russes en mars, peu après le lancement par Moscou de son invasion de l’Ukraine, inquiète de nombreux dirigeants internationaux.

Dans son point quotidien sur les opérations en Ukraine, le ministère russe de la Défense a affirmé ce samedi que les troupes de Moscou avaient «repoussé» la veille une tentative d’assaut amphibie des forces ukrainiennes qui ont «encore une fois essayé de s’emparer» de la centrale.

Vendredi, Kiev avait indiqué avoir frappé une base russe à Energodar, ville voisine de la centrale, d’où elle accuse la Russie d’avoir retiré ses armements avant son inspection jeudi par une équipe de l’AIEA.

Après l’inspection, le directeur de l’AIEA, Rafael Grossi, avait dit jeudi avoir constaté que «l’intégrité physique» de la centrale avait été «violée à plusieurs reprises». C’est «quelque chose qui ne peut pas continuer à se produire», avait-il ajouté, sans nommer la partie responsable.

Par La Voix du Nord, publié le 3 septembre 2022 à 21h01

Photo en titre : La centrale de Zaporijjia

https://www.lavoixdunord.fr/1223948/article/2022-09-03/ukraine-la-centrale-nucleaire-de-zaporijjia-une-nouvelle-fois-deconnectee-du

AU DÉPART DU PORT DE CHERBOURG, UN TRANSPORT IMMINENT DE COMBUSTIBLE NUCLÉAIRE VERS LE JAPON

Un transport de combustible Mox va prochainement partir du port de Cherbourg (Manche), vers la centrale de Takahama au Japon. Le tribunal a interdit toute action de blocage.

Comme Orano l’avait annoncé au début du mois d’août 2022, un transport de combustible Mox de la France vers le Japon va se dérouler « prochainement ». Pour des raisons de sécurité, la date effective du départ du convoi n’a pas été divulguée.

Toutefois, le port de départ de ce huitième transport de Mox entre les deux pays est désormais connu : il s’agit de Cherbourg (Manche). Deux navires, le Pacific Egret et le Pacific Heron, seront chargés de transporter les containers.

À lire aussi : Nucléaire. Orano la Hague : de nouveaux emplacements pour les rebuts de Mox

Grosse amende

Le convoi prendra la direction de la centrale de Takahama, « commandé par l’électricien japonais Kansai Epco pour les réacteurs 3 et 4 ».

À noter que le tribunal de Cherbourg a rendu une ordonnance pour interdire toute action de blocage. Cette ordonnance stipule qu’il est interdit de s’approcher du convoi pour des raisons de sécurité, avec des limites fixées à 250 mètres sur terre et 300 mètres dans l’enceinte du port, sous peine d’une amende de 75 000 euros.

Le dernier convoi de Mox remonte à l’année dernière, dans la nuit du 7 au 8 septembre 2021. Deux bateaux de l’entreprise anglaise PNTL, Pacific Heron et Pacific Grebe, avaient permis l’acheminement des containers à destination de la même centrale nucléaire.

Par Alexis Gotthold, publié le 2 septembre 2022 à 21h21

Photo en titre : Comme l’année dernière, le port de Cherbourg sera le point de départ d’un convoi de Mox en direction du Japon. (©Jean-Paul BARBIER/La Presse de la Manche)

https://actu.fr/normandie/cherbourg-en-cotentin_50129/au-depart-du-port-de-cherbourg-un-transport-imminent-de-combustible-nucleaire-vers-le-japon_53552981.html

UKRAINE : GROSSI ENTEND REMETTRE SON RAPPORT SUR ZAPORIJJIA EN DÉBUT DE SEMAINE

VIENNE/KYIV (Reuters) – Le chef de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), Rafael Grossi, a annoncé vendredi que six membres de l’agence onusienne étaient restés à la centrale nucléaire de Zaporijjia et qu’il rendrait compte de sa mission d’inspection en début de semaine, alors que Kyiv a dénoncé des « interférences » russes.

S’exprimant pendant une conférence de presse à son retour à Vienne, en Autriche, Rafael Grossi a dit que la délégation de l’AIEA avait eu accès à tout ce qu’elle avait demandé pendant son inspection de 24 heures dans la centrale du sud-est de l’Ukraine occupée par l’armée russe.

Il a précisé qu’il n’avait pas eu de contact avec les militaires russes et qu’il n’avait pas pu leur poser de questions, alors que Moscou et Kyiv s’accusent mutuellement depuis des semaines de bombarder la centrale située près de la ligne de front.

Rafael Grossi a indiqué que six des quatorze membres de la délégation étaient restés sur place et que deux d’entre eux y demeureraient sur la durée, après le départ des quatre autres prévu la semaine prochaine. Moscou avait donné son accord sur ce point plus tôt dans la journée.

Le directeur général de l’AIEA a dit prévoir de rendre son rapport sur la sûreté de la plus grande centrale nucléaire d’Europe en début de semaine prochaine.

L’Onu, l’Ukraine et ses alliés occidentaux ont appelé à de multiples reprises à une démilitarisation de la centrale de Zaporijjia pour éviter tout risque de catastrophe nucléaire, une mesure rejetée par la Russie qui refuse d’en abandonner le contrôle alors qu’elle ambitionnerait au contraire d’en rediriger l’électricité vers les régions qu’elle contrôle, à commencer par la Crimée annexée en 2014.

ENERGOATOM DÉNONCE DES OBSTRUCTIONS RUSSES

Alors que Kyiv a dénoncé ces dernières semaines la présence d’armes russes dans le périmètre de la centrale, l’énergéticien public ukrainien Energoatom a affirmé que la Russie n’avait pas autorisé la délégation onusienne à « pénétrer dans le centre de crise où sont actuellement stationnés les soldats russes que les inspecteurs de l’AIEA ne sont pas supposés voir« .

« Les occupants (russes) mentent et déforment les faits, qu’il s’agisse des preuves qui attestent de leurs bombardements de la centrale ou de leurs conséquences sur les infrastructures » de la centrale, peut-on lire dans un communiqué d’Energoatom mis en ligne sur la messagerie Telegram.

« Il est évident que dans de telles conditions, cela sera difficile pour l’AIEA d’effectuer une évaluation objective de la situation. »

Sur ce point, Rafael Grossi a déclaré à son retour à Vienne, où se trouve le siège de l’AIEA, que le centre de crise avait été déplacé dans une autre pièce sans que cela ait de conséquences sur le bon fonctionnement de la centrale.

Le directeur général de l’AIEA avait déclaré jeudi à son arrivée à Zaporijjia que les inspecteurs de l’agence onusienne se devaient de fournir une évaluation impartiale, neutre et techniquement solide de la situation sur le terrain.

Située dans la ville d’Enerhodar, à environ 120 kilomètres de la ville de Zaporijjia dont elle tire son nom, la centrale nucléaire est tombée sous le contrôle de la Russie début mars, peu après le lancement de l’offensive en Ukraine, mais son fonctionnement reste assuré par des techniciens ukrainiens d’Energoatom, sous la supervision des forces russes.

ZELENSKY PROMET DE L’ÉLECTRICITÉ À L’EUROPE

Les abords de la centrale, à une dizaine de kilomètres de territoires encore sous contrôle ukrainiens, sur l’autre rive du fleuve Dniepr, font l’objet depuis plusieurs semaines de bombardements récurrents dont Russes et Ukrainiens se rejettent la responsabilité, alimentant les craintes d’une catastrophe nucléaire et incitant plusieurs pays et organisations internationales à réclamer l’instauration d’une zone démilitarisée.

En dépit des difficultés liées à la présence de troupes russes sur le site, la mission de l’AIEA reste importante et aura un rôle à jouer, a estimé le président ukrainien Volodimir Zelensky vendredi dans un message vidéo diffusé lors du forum Ambrosetti, qui réunit chaque année des responsables politiques, des économistes et des entrepreneurs à Cernobbio, dans le nord de l’Italie.

« Nous avons tout fait pour garantir que l’AIEA puisse accéder à la centrale de Zaporijjia et je pense que cette mission pourrait encore jouer un rôle« , a déclaré Volodimir Zelensky.

« Malheureusement nous n’avons pas encore entendu l’essentiel de l’AIEA, c’est-à-dire un appel à la Russie à démilitariser la centrale« , a-t-il ajouté.

Alors que l’Union européenne et la Russie sont engagées dans un bras de fer économique autour du gaz, attisant les craintes de rationnement énergétique et de récession dans plusieurs pays, le président ukrainien a souligné que la sécurisation de la centrale et son retour à un fonctionnement normal permettrait d’aider l’Europe dans un contexte de crise énergétique.

« L’Ukraine est prête à augmenter ses exportations d’électricité vers les pays de l’Union européenne« , a-t-il précisé.

Reportage de François Murphy à Vienne et Pavel Polityuk à Kyiv, avec Valentina Za et Elvira Pollina à Cernobbio, Italie ; version française Myriam Rivet et Tangi Salaün

© Reuters 2022

Par Hélène Chauwin, publié le 02/09/2022 à 21h21

https://www.zonebourse.com/cours/devise/US-DOLLAR-RUSSIAN-ROUBL-2370597/actualite/Grossi-entend-remettre-son-rapport-sur-Zaporijjia-en-debut-de-semaine-41680126/

LA CENTRALE NUCLÉAIRE DU BLAYAIS EN SOUS RÉGIME POURRA-T-ELLE FOURNIR SUFFISAMMENT D’ÉLECTRICITÉ CET HIVER ?

Le gouvernement n’exclut pas « des coupures d’électricité » en France cet hiver. En Gironde, la centrale du Blayais est à peine à la moitié de ses capacités. Elle fournit pourtant 65 % des besoins en électricité de la région.

Depuis le 18 juin dernier, l’unité de production n°1 est arrêtée à Braud-et-Saint-Louis en Gironde. Une inspection est en cours. Selon le Grand carénage, EDF devra vérifier ses quatre réacteurs en dix ans. Lancé en 2014, ce vaste programme industriel a pour principal objectif d’améliorer la sûreté et de prolonger le fonctionnement des réacteurs de plus de quarante ans.  

Or, la centrale du Blayais a mis en service sa première unité de production en 1981, les trois autres en 1983, soit bientôt quarante ans pour les dernières. Le site a donc été intégré à Grand Carénage. EDF veut y installer de « nouveaux matériels plus sûrs, plus performants et à réaliser de nombreuses opérations de maintenance pour que les quatre réacteurs de la centrale tendent vers le niveau de sûreté des réacteurs de dernière génération » indique-t-elle sur son site. De grands chantiers ont été lancés l’an dernier :  « la rehausse de la digue de protection des installations, l’installation d’une source supplémentaire en eau pour chaque réacteur et la construction d’un bâtiment d’accueil de 500 salariés partenaires » détaille le dossier de presse. 

© France 3 Aquitaine

Mais pour pouvoir exploiter le site dix années supplémentaires, il faut aussi procéder à des visites décennales des réacteurs. Le premier, le plus ancien, est en cours d’inspection. Le 2, 3  et 4 suivront  jusqu’en 2025, à raison d’un par an. « Pendant chaque visite décennale », indique EDF,  « un grand nombre de vérifications de matériels et d’opérations de maintenance vont être réalisées. Parmi ces activités, le test d’étanchéité du bâtiment réacteur sera réalisé, des inspections seront menées sur la cuve du réacteur, des systèmes de refroidissement supplémentaires vont être installés et un récupérateur de corium prendra place sous le bâtiment réacteur« . 

L’Agence de sûreté nucléaire scrutera le résultat de cet examen approfondi et donnera ou pas l’autorisation d’exploiter le réacteur dix années de plus. 

Le réacteur n°1 est censé redémarrer le 15 décembre après six mois d’arrêt. Juste avant la période de consommation hivernale, le moment le plus critique pour EDF qui a dû stopper douze de ses réacteurs en France pour des problèmes de corrosion et doit aussi programmer des opérations de maintenance décalées en raison de la pandémie de Covid.

À Braud-et-Saint-Louis, c’est le cas du réacteur trois, arrêté « dans le cadre de sa maintenance  programmée« .

La centrale nucléaire du Blayais. 05/03/21. • © F3 Aquitaine

Deux réacteurs à l’arrêt et un troisième au ralenti. Depuis le 23 juillet 2022, les équipes de la centrale du Blayais ont procédé à la baisse de production de l’unité de production n°4. « Cette baisse de production, qui va durer plusieurs semaines, permet d’optimiser la gestion du combustible contenu dans ce réacteur« . peut-on lire sur le site de la centrale

La centrale du blayais atteint aujourd’hui à peine la moitié de sa capacité de production. Si elle devrait retrouver un régime plus ambitieux cet hiver, elle est l’un des plus anciens sites nucléaires de France. Menacée de fermeture, elle joue surtout son avenir. 

Par Hélène Chauwin, publié le 02/09/2022 à 17h30

Photo en titre : La centrale du Blayais à l’Estuaire de la Gironde. 04/06/20. • © GEORGES GOBET / AFP

https://france3-regions.francetvinfo.fr/nouvelle-aquitaine/gironde/la-centrale-nucleaire-du-blayais-en-sous-regime-pourra-t-elle-fournir-suffisamment-d-electricite-cet-hiver-2605712.html

LE RÉACTEUR CRUAS 4 D’EDF HORS SERVICE APRÈS UN ARRÊT AUTOMATIQUE

EDF a mis hors service vendredi matin son réacteur Cruas 4 de 900 mégawatts (MW), situé dans le sud de la France, après un arrêt automatique conforme aux systèmes de sécurité et de protection, a indiqué l’énergéticien dans une obligation en ligne.

Des équipes sont actuellement mobilisées pour déterminer la cause de la panne, a déclaré EDF.

Elle a précisé que l’arrêt n’avait pas d’impact sur la sécurité des installations ou sur l’environnement, et a déclaré être en discussion régulière avec l’autorité de sûreté nucléaire française.

Le réacteur devrait être remis en service samedi, selon les données du gestionnaire de réseau RTE.

La disponibilité nucléaire française est actuellement à un niveau très réduit de 42 % de la capacité installée. [POWER/FR]

Publié le 2 septembre à 11h46

https://www.zonebourse.com/cours/action/ELECTRICITE-DE-FRANCE-4998/actualite/Le-reacteur-Cruas-4-d-EDF-hors-service-apres-un-arret-automatique-41678260/

NUCLÉAIRE : « EDF S’EST ENGAGÉE À REDÉMARRER TOUS LES RÉACTEURS À L’ARRÊT POUR CET HIVER », ASSURE LE GOUVERNEMENT

Agnès Pannier-Runacher a confirmé qu’EDF s’était engagée à rouvrir toutes ses centrales nucléaires cet hiver.

À partir du mois d’octobre, « quasiment chaque semaine, de nouvelles centrales » seront rouvertes, a assuré la ministre de la Transition énergétique.

Sur 56 réacteurs nucléaires, 32 sont actuellement à l’arrêt. Pas de bon augure avant l’hiver qui arrive, alors que les prix de l’électricité s’envolent. Mais ce vendredi, à l’issue d’un Conseil de défense consacré à la crise de l’énergie, la ministre de la Transition énergétique, Agnès Pannier-Runacher, a indiqué qu’EDF s’était « engagé à redémarrer tous les réacteurs pour cet hiver »

Actuellement, 32 réacteurs sont à l’arrêt pour corrosion sous contrainte ou maintenance. Une situation qui n’alarmait pas la ministre. « Le calendrier a été fait de manière à protéger la production pendant l’hiver, c’est pour ça qu’aujourd’hui un maximum de centrales sont fermées. De même, la maintenance démarrera après la fin de la période d’hiver. Ce calendrier vise à protéger le cœur de la saison, c’est pour ça que nous avons un nombre élevé de centrales fermées aujourd’hui », a expliqué Agnès Pannier-Runacher. À partir du mois d’octobre, « quasiment chaque semaine, de nouvelles centrales » seront rouvertes, a-t-elle ajouté, confiante dans le fait que les 32 centrales à l’arrêt pourront être rallumées.

Ce sera plus facile pour les centrales en maintenance, moins pour celles victimes de corrosion sous contrainte. « Ils ont démarré les actions et ils doivent nous confirmer que ce qu’ils avaient prévu se déroule conformément à leurs prévisions », a-t-elle déclaré. 

Lire aussi : Crise de l’énergie : Emmanuel Macron a-t-il réellement fermé 14 réacteurs nucléaires ?

« Je compte vraiment sur EDF pour assurer son programme de redémarrage dans les prochaines semaines, dans les prochains mois, et ça nous éviterait de devoir redémarrer une centrale à charbon », avait averti la Première ministre Élisabeth Borne ce jeudi sur France-Inter.

Par J.F., (Source : TF1 Info), publié le 2 septembre 2022 à 16h34

Photo en titre : Agnès Pannier-Runacher, alors secrétaire d’Etat à l’industrie, à Paris, le 18 novembre 2021.

https://www.tf1info.fr/politique/crise-de-l-energie-nucleaire-edf-s-est-engage-a-redemarrer-tous-les-reacteurs-a-l-arret-pour-cet-hiver-assure-le-gouvernement-2231125.html

LES RÉPERCUSSIONS AU LIBAN DE L’ACCORD NUCLÉAIRE AVEC L’IRAN

Les observateurs qui suivent de près le dossier nucléaire iranien s’accordent à confirmer que l’élaboration de l’accord est achevée, et qu’il ne reste plus qu’à décider du timing de son annonce. La date peut être proche, comme elle pourrait aussi ne pas être fixée pour bientôt, et ceci pour plusieurs raisons.

Alors qu’il est devenu clair que les Israéliens font pression en dernière minute pour empêcher la signature de cet accord, les Européens, eux, sont occupés à le promouvoir en raison de leur besoin urgent en pétrole iranien.

Au Liban, tout le monde attend de pied ferme les répercussions de cette entente. Alors que certains craignent que l’influence, la puissance et l’autorité du Hezbollah ne continuent de croître, d’autres excluent que l’accord en question ait des répercussions directes, puisque la crise majeure actuelle au Liban est de nature économique, qui laisse la communauté internationale de glace, cette dernière ayant choisi d’agir selon la règle du « débrouillez-vous comme vous pouvez« .

Une personnalité politique libanaise ayant suivi de près la signature de l’accord nucléaire à l’époque de l’ancien président américain Barack Obama, raconte à Ici Beyrouth comment les monarchies du Golfe  et le Liban officiel – qui participait aux réunions de l’Assemblée générale des Nations unies – ont accueilli avec surprise la nouvelle de la signature de l’accord entre Téhéran et Washington. Cette personnalité, qui faisait alors partie de la délégation libanaise à New York, indique que cette annonce avait provoqué un grand mécontentement parmi les dirigeants des pays du Golfe qui participaient aux sessions de l’Assemblée, et qui n’avaient pas été préalablement avertis de la date à laquelle l’accord allait être signé. Par conséquent, il ne semble pas improbable qu’aujourd’hui, à tout moment, la signature de l’accord sur le nucléaire soit annoncée à l’improviste, puisque toutes les informations confirment que de grands progrès ont été réalisés dans ce domaine.

Pression israélienne 

L’ancien ambassadeur du Liban à Washington, Riad Tabbara, estime que « malgré les nombreux obstacles surmontés par les négociations, qui sont à un stade très avancé, il reste des facteurs importants sur lesquels il n’y a toujours pas eu de consensus« . Il explique que, « ces facteurs sont liés aux milices affiliées à l’Iran dans la région, car (comme c’était le cas avec le précédent accord sous l’ère Obama) le nouvel accord doit porter sur les relations de l’Iran avec les pays voisins« . Il a affirmé à Ici Beyrouth que « les Israéliens font pression pour empêcher la signature de l’accord, et que les responsables multiplient les visites à Washington pour avertir d’un scénario peu favorable« . Il a précisé que le document est lié à la libération des fonds saisis par l’Iran, en particulier appartenant à la Corée du Sud, ainsi qu’une « autorisation d’exporter 50 millions de barils de pétrole par jour, ce qui enrichira le pays, avec pour résultat de renforcer son rôle et son influence dans les pays de la région. En conséquence, l’Iran sera capable d’augmenter le financement de ses milices dans la région« .

Riad Tabbara exclut que l’accord ait des répercussions directes sur la scène libanaise, comme l’option de remettre au Hezbollah les rênes du pays. L’ancien ambassadeur estime que « les circonstances sont aujourd’hui complètement différentes, et le parti chiite, contrairement à ce qui se dit, est incapable d’imposer son autorité totale à l’intérieur du Liban, sinon il l’aurait fait en nommant un président de la République de son choix« .  Et d’ajouter: « Chaque parti au Liban bénéficie d’un droit de veto et d’obstruction, et personne n’est en mesure de contrôler pleinement le pays, même le Hezbollah, dont le pouvoir et l’influence peuvent être accrus par l’accord nucléaire, car son financement sera susceptible d’augmenter. Mais tout ceci ne sera pas aussi fatal pour le Liban, pour la simple raison qu’Israël ne permettra pas cet état de fait« .

Des compromis qui englobent la région… et le Liban ?

Le général à la retraite et proche du parti pro-iranien, Amine Hoteit, estime pour sa part que « l’accord sera le début d’une phase de compromis dans la région, y compris au Liban« , et ses premières répercussions risquent d’être ressenties sur le dossier présidentiel. Cela se mettra en place en « entravant la route aux candidats des différents axes au profit de candidats dits de consensus« .  Il ajoute dans une interview à Ici Beyrouth: « Lorsque nous parlons de compromis qui affecteront la région, nous n’impliquons pas que ceci se produira demain, mais plutôt dans un délai de deux à cinq ans« .

Amine Hoteit exclut que le résultat de l’accord favorisera un parti politique libanais au détriment d’un autre, soulignant que « le pays bénéficiera sans aucun doute de cet accord, car des compromis potentiels régionaux se traduiront à travers une certaine stabilité qui se reflètera automatiquement sur nous« . « En revanche, ce qui est certain, c’est que l’accord sera dénué d’impact significatif sur les armements de l’Iran dans la région« , ajoute-t-il.

Concernant les raids aériens lancés par l’armée américaine le mardi 23 août contre des groupes soutenus par l’Iran à Deir el-Zor en Syrie, Amine Hoteit explique: « Ce genre d’attaques est considéré comme chose normale dans les négociations, et c’est une étape qui précède la signature. C’est ce que l’on appelle négocier  » sous la pression du   feu « , dans le but de parfaire les termes de la négociation, mais cela ne portera pas atteinte à l’accord« .

Les armes de l’Iran maintenues…

Par ailleurs, le professeur de sciences politiques à l’Université américaine de Beyrouth, Hilal Khachane, considère « que la crise actuelle au Liban est principalement financière et économique, et c’est une crise dont l’Iran n’est pas responsable, contrairement à de nombreuses autres crises« . Le professeur clarifie ses propos: « Une stabilité régionale peut conduire à la stabilité du Liban. Mais, soyons clairs sur un point essentiel: aucun pays ne se soucie du Liban au vu de la corruption qui y sévit, et suite à l’effondrement qui dure depuis trois ans, et où aucune autorité n’a été capable d’entreprendre des réformes sérieuses. Au contraire, l’État et le système ne font que drainer l’argent des déposants dans les banques« .

Hilal Khashan souligne qu’aujourd’hui, la priorité de l’Iran n’est pas de posséder la bombe atomique en tant que telle. « Ce qui lui importe vraiment, c’est de disposer de la technologie nécessaire lui permettant de fabriquer une bombe en deux ou trois semaines. Le plus fondamental pour l’Iran en ce moment, c’est de préserver son arsenal militaire dans la région à travers lequel il poursuivrait l’expansion de la pensée Khomeyniste, et assurer sa mainmise sur les pays voisins« , souligne-t-il. Le professeur affirme que « le Moyen-Orient est devenu une région qui ne préoccupe plus les États-Unis, confortés par l’omniprésence d’Israël« . Et Hilal Khachane de conclure: « Au final, l’Iran veut lutter contre la montée en puissance industrielle de la Chine dans l’économie mondiale. De ce fait, il s’est engagé à forger des alliances avec les pays voisins, et en fait son cheval de bataille dans l’étape actuelle« .

Par Paula Astih, publié le 1er septembre 2022 à 20h59, dernière modification le 1er septembre 2022 à 22h46

https://icibeyrouth.com/liban/118105

AIEA: L’INTÉGRITÉ DE LA CENTRALE DE ZAPORIJIA EN UKRAINE A ÉTÉ VIOLÉE

Nous avons accompli quelque chose de très important aujourd’hui. (…) Faites savoir au monde que l’AIEA [Agence internationale de l’énergie atomique] reste à Zaporijia », a déclaré jeudi le directeur de l’organisation, selon une vidéo publiée par le média russe RIA Novosti. À l’issue de la première journée d’inspection de la centrale nucléaire occupée par les forces russes, Rafael Mariano Grossi a constaté que « l’intégrité physique de la centrale a été violée à plusieurs reprises ». Cela « ne peut pas continuer », a-t-il ajouté à son retour dans le territoire contrôlé par Kiev. (Le Monde du 2 septembre 2022)

Quesako ?

L’intégrité d’un réacteur nucléaire:

En Août 2022 et à l’occasion de la guerre en Ukraine l’AIEA a averti que plusieurs des 7 piliers de la sûreté nucléaire avaient déjà été mis en danger lors des incidents à la centrale nucléaire de Zaporizhzhya, la plus grande centrale nucléaire. L’AIEA a rappelé ces sept piliers :

  1. L’intégrité physique des installations – qu’il s’agisse des réacteurs, des bassins de combustible ou des entrepôts de déchets radioactifs – doit être maintenue ;
  2. Tous les systèmes et équipements de sûreté et de sécurité doivent être entièrement fonctionnels à tout moment ;
  3. Le personnel d’exploitation doit être en mesure de remplir ses fonctions de sûreté et de sécurité et avoir la capacité de prendre des décisions sans pression indue ;
  4. Il doit y avoir une alimentation électrique hors site sécurisée à partir du réseau pour tous les sites nucléaires ;
  5. Il doit y avoir des chaînes d’approvisionnement logistiques et des transports ininterrompus vers et depuis les sites ;
  6. Il doit y avoir des systèmes efficaces de surveillance des rayonnements sur site et hors site et des mesures de préparation et d’intervention en cas d’urgence ;
  7. Il doit y avoir des communications fiables avec le régulateur et les autres.

La notion de défense en profondeur :

Pour l’IRSN:

Dans un Réacteur à Eau sous Pression (REP), la prise en compte du concept de défense en profondeur implique l’existence de 3 barrières de confinement des produits radioactifs contenus dans le cœur du réacteur:

  1. La gaine qui enveloppe les crayons de combustible retient les produits radioactifs créés dans les pastilles de combustible. Une mauvaise évacuation de la chaleur entraînerait la rupture des gaines, voire la fusion plus ou moins importante des pastilles.
  2. Le circuit primaire : les crayons combustibles sont constamment refroidis par l’eau primaire qui circule en circuit fermé entre le cœur et les boucles des générateurs de vapeur. Le circuit primaire constitue une deuxième enveloppe capable de retenir la dispersion des produits radioactifs contenus dans le combustible si les gaines sont défaillantes.
  3. L’enceinte de confinement : elle est constituée par le bâtiment en béton qui abrite le circuit primaire.

Source IRSN:  https://www.irsn.fr/FR/connaissances/Installations_nucleaires/La_surete_Nucleaire/risque-nucleaire/demarche-prevention/Pages/2-barrieres-de-confinement.aspx#.YxGVRuxByqB

Par André JACQUES, (CRILAN), publié le 2 septembre 2022

https://crilan.fr/

UKRAINE : QU’EST-CE QUE L’AIEA, L’AGENCE ONUSIENNE EN MISSION POUR SÉCURISER LA CENTRALE DE ZAPORIJIA ?

Une délégation d’experts de l’Agence internationale de l’Énergie Atomique est présente en Ukraine depuis le début de la semaine. Ils sont missionnés pour inspecter le site de la centrale nucléaire de Zaporijia.

L’organisation onusienne promeut, depuis sa création en 1957, une « utilisation sûre, sécurisée et pacifique des technologies nucléaires« .

Elle pourrait enfin apaiser les tensions autour de la centrale nucléaire de Zaporijia. Une délégation d’experts de l’Agence internationale de l’Énergie Atomique (AIEA), emmenée par son directeur Rafael Mariano Grossi est arrivée, ce jeudi 1er septembre, sur le site de la plus grande centrale nucléaire d’Europe, dans le sud de l’Ukraine. Face au « risque de catastrophe nucléaire », l’agence onusienne espère sécuriser la zone.

Car la centrale, aux mains des Russes depuis plusieurs semaines, est régulièrement bombardée – russes et ukrainiens se rejetant la responsabilité à ce sujet. Elle a même été déconnectée, un temps, du réseau électrique ukrainien. Face à ces menaces, l’AIEA compte y « mener des activités de sûreté et de sécurité nucléaire, et de garanties », détaille-t-elle dans un tweet.

Une mission qui répond à l’objectif premier du gendarme du nucléaire, de promouvoir « l’utilisation sûre, sécurisée et pacifique des technologies nucléaires ». On vous en dit plus sur cette organisation intergouvernementale et indépendante, fondée en 1957 et basée à Vienne, qui compte, au 2 mars 2022, 175 États membres. 

Un cadre règlementaire, mais pas de pouvoir contraignant

Dans sa fiche de mission, sur son site, l’AIEA rappelle tout d’abord qu’elle sert de « point de focalisation mondial pour la coopération sur le nucléaire ». L’organisme aide ses États membres à « planifier et à utiliser la science et la technologie nucléaires à diverses fins pacifiques ». Elle « facilite le transfert de ces technologies aux États membres en développement ». À cela, s’ajoute un cadre réglementaire. L’agence élabore « des normes de sûreté nucléaire, qui fournissent un système de principes fondamentaux de sûreté », dont elle peut vérifier la bonne application avec son fameux « système d’inspection ». L’AIEA n’a pas de pouvoir contraignant juridiquement, même en temps de crise, et ne peut formuler que des résolutions.

Lire aussi : Centrale de Zaporijia : des habitants dans l’angoisse

C’est ce qu’elle devrait faire pour la centrale de Zaporijia, l’Ukraine et la Russie étant membres de l’AIEA. Les experts déployés sur place ce jeudi espèrent accomplir plusieurs objectifs. À savoir : « évaluer les dommages physiques » ; « déterminer la fonctionnalité des systèmes de sûreté et de sécurité » et « évaluer les conditions de travail du personnel » – la centrale étant toujours exploitée par son personnel ukrainien. 

L’AIEA compte enfin « effectuer des activités de sauvegardes urgentes », suite aux bombardements, incendies, et à la déconnexion du réseau. Outre la formulation de recommandations, l’AIEA pourrait, à la suite de sa mission, mettre en place, comme elle l’avait fait pour l’Iran, un système de surveillance à long terme, pour s’assurer de la bonne exploitation du site. Mais tout dépend du bon vouloir des acteurs en place.

Par Sébastie MASTRANDREAS, publié le 1er septembre 2022 à 18h14, mis à jour à 18h32

Photo en titre : Rafaelo Grossi, directeur général de l’AIEA

https://www.tf1info.fr/international/guerre-en-ukraine-tout-savoir-sur-l-aiea-agence-internationale-de-l-energie-atomique-onu-en-mission-pour-securiser-la-centrale-nucleaire-de-zaporijia-2231013.html

NUCLÉAIRE : BORIS JOHNSON ANNONCE 700 MILLIONS DE LIVRES DE FINANCEMENT POUR SIZEWELL C

Le Premier ministre britannique sur le départ Boris Johnson a annoncé jeudi un financement public de 700 millions de livres pour le projet de centrale nucléaire Sizewell C, qui devrait coûter plusieurs dizaines de milliards de livres au total. «Nous mettons 700 millions de livres dans le projet», ce qui représente «juste une partie» de la somme de 1,7 milliard de livres déjà prévue dans les orientations budgétaires du gouvernement et qui pourrait être affectée au projet, a annoncé Boris Johnson jeudi dans un discours sur l’énergie.

Les médias britanniques avaient déjà indiqué la semaine dernière que Boris Johnson avait donné son feu vert au financement de Sizewell C. Ce projet, qui devrait coûter entre 20 et 30 milliards de livres, avait été approuvé en juillet par Londres. Mais en pleine course pour désigner un successeur à Boris Johnson à Downing Street, des critiques avaient aussitôt dénoncé un investissement qui risque de peser sur la marge de manœuvre de Liz Truss, candidate favorite face à son adversaire Rishi Sunak.

À lire aussi : Royaume-Uni: un automne de crise attend le successeur de Boris Johnson

Sizewell C est un projet comportant deux réacteurs EPR d’une puissance de 3,2 GW porté par l’électricien français EDF, avec initialement le groupe chinois CGN en investisseur minoritaire, même si le gouvernement britannique semble désormais réticent à voir des investisseurs chinois présents dans un projet jugé stratégique. La centrale envisagée devrait donner lieu à des appels à capitaux privés et dans lequel le gouvernement britannique pourrait prendre 20%, selon la presse.

Le Royaume-Uni, qui s’est engagé à atteindre la neutralité carbone en 2050, veut accélérer le développement de l’énergie nucléaire, qui ne diffuse pas de CO2 dans l’atmosphère, alors que beaucoup de ses 15 réacteurs actuels sont en fin de vie et que jusqu’à huit nouveaux réacteurs sont prévus d’ici 2050. Boris Johnson a critiqué jeudi la «paralysie» du secteur au Royaume-Uni depuis des années, dénonçant la «myopie» et la «vision à court terme» de plusieurs prédécesseurs travaillistes, se disant toutefois confiant que le prochain Premier ministre continuera le développement de la filière.

«Le nucléaire a toujours l’air cher à construire et à exploiter quand on commence, mais regardez les conséquences de la guerre de (Vladimir) Poutine: (l’énergie atomique) est certainement moins chère, comparé aux hydrocarbures» qui ont flambé avec le conflit, a-t-il fait valoir. Londres avait déjà annoncé en janvier injecter 100 millions de livres supplémentaires pour le développement de Sizewell C et pour «attirer d’autres financements d’investisseurs privés». Le projet fait aussi l’objet d’un recours en justice de la part d’opposants qui décrient son impact sur l’environnement.

Par Le Figaro avec AFP, publié le 1er septembre 2022

Photo en titre : Ce projet, qui devrait coûter entre 20 et 30 milliards de livres, avait été approuvé en juillet par Londres. ANDREW BOYERS / REUTERS

Pour retrouver et écouter cet article (2mn33s), cliquer sur :

https://www.lefigaro.fr/flash-eco/nucleaire-boris-johnson-annonce-700-millions-de-livres-de-financement-pour-sizewell-c-20220901

GUERRE EN UKRAINE : UN RÉACTEUR NUCLÉAIRE À ZAPORIJJIA ARRÊTÉ À CAUSE DES BOMBARDEMENTS

Alors qu’une inspection est attendue à la centrale nucléaire de Zaporijjia, l’un de ses réacteurs a été arrêté en raison de bombardements, ce jeudi 1er septembre 2022.

Un réacteur nucléaire à la centrale nucléaire de Zaporijjia (sud de l’Ukraine), a été arrêté en raison de bombardements russes, a indiqué jeudi 1er septembre 2022 l’opérateur ukrainien des centrales atomiques Energoatom alors qu’une inspection de l’AIEA est attendue sur le site.

Le système d’urgence activé

À 1 h 57 GMT, à la suite d’« un bombardement à l’aide de mortier sur le site de la centrale de Zaporijjia, le système d’urgence a été activé et l’unité numéro 5, arrêtée », a indiqué Energoatom dans un communiqué sur Telegram.

Ce jeudi 1er septembre, le directeur de l’AIEA a confirmé sa visite à la centrale de Zaporijjia malgré les « activités militaires ». « Nous allons commencer immédiatement l’évaluation de la situation sécuritaire à la centrale », a-t-il ajouté.

Ukraine et Russie s’accusent toujours mutuellement de ces bombardements, ce jeudi matin encore.

Par Ouest-France avec AFP, publié le 01/09/2022 à 11h34

Photo en titre : La centrale nucléaire de Zaporijjia, photographiée le 22 août 2022. | ALEXANDER ERMOCHENKO / REUTERS

https://www.ouest-france.fr/monde/guerre-en-ukraine/guerre-en-ukraine-un-reacteur-nucleaire-a-zaporijjia-arrete-a-cause-des-bombardements-dc204190-29d7-11ed-bd3f-f86da3bd80f7

CENTRALES NUCLÉAIRES À L’ARRÊT : BORNE MET LA PRESSION SUR EDF POUR ÉVITER « DE DEVOIR REDÉMARRER UNE CENTRALE À CHARBON »

Trente-deux réacteurs nucléaires français sont à l’arrêt pour des opérations de maintenance programmées ou suite à des problèmes de corrosion qui n’étaient pas prévus. Une situation qui déplaît au gouvernement à quelques mois de l’hiver.

Élisabeth Borne a demandé ce jeudi 1er septembre à EDF de tenir son calendrier de maintenance de réacteurs nucléaires pour éviter à la France de devoir redémarrer une centrale à charbon, face au risque de pénurie d’électricité cet hiver.

« Je compte vraiment sur EDF pour assurer son programme de redémarrage dans les prochaines semaines, dans les prochains mois, et ça nous éviterait de devoir redémarrer une centrale à charbon », a déclaré la cheffe du gouvernement sur France-Inter.

Seuls 24 des 56 réacteurs du parc nucléaire d’EDF sont actuellement en service, les autres étant à l’arrêt pour des opérations de maintenance programmées ou suite à des problèmes de corrosion qui n’étaient pas prévus.

Élisabeth Borne a également indiqué qu’elle comptait sur les Français et les entreprises pour faire des économies de consommation d’énergie afin de ne pas devoir recourir à des coupures de courant tournantes par quartiers, appelées délestages.

Borne répond aux critiques

La Première ministre a répondu aux critiques lundi du PDG sortant d’EDF Jean-Bernard Lévy sur le manque d’anticipation du gouvernement pour former du personnel compétent dans le secteur nucléaire. « On n’a pas dévié, depuis 2017 on demande à EDF de mettre en œuvre son programme de maintenance lourde, de recruter des compétences », a affirmé Élisabeth Borne.

« Ce n’est pas parce qu’on a fermé deux réacteurs [à Fessenheim, NDLR] suite aux décisions prises sous le quinquennat de M. Hollande, qu’on n’a pas assuré EDF qu’il faudrait continuer à produire de l’énergie nucléaire », a-t-elle ajouté.

« Entretemps, on a acté qu’on allait construire des nouveaux réacteurs, mais sur le parc existant, c’est très clair, il n’y a jamais eu aucune ambiguïté. Évidemment, il faut prolonger ce parc, il faut assurer les opérations de maintenance nécessaires et recruter », a martelé la cheffe du gouvernement.

Élisabeth Borne a enfin confirmé que le recrutement du nouveau patron d’EDF était « en cours de finalisation », sans donner de date pour une annonce. Ce changement de tête intervient au moment où l’État a engagé la renationalisation à 100 % du groupe.

Par  L’Obs avec AFP, publié le 1er septembre 2022 à 10h29, mis à jour le 1er septembre 2022 à 10h59

Photo en titre : Élisabeth Borne, le 27 août à Metz. (JEAN-CHRISTOPHE VERHAEGEN / AFP)

https://www.nouvelobs.com/politique/20220901.OBS62622/centrales-nucleaires-a-l-arret-borne-met-la-pression-sur-edf-pour-eviter-de-devoir-redemarrer-une-centrale-a-charbon.html

GUERRE EN UKRAINE : « IL EXISTE DES CAPTURES DE MESURE DE LA RADIOACTIVITÉ TOUT AUTOUR DE LA CENTRALE DE ZAPORIJIA »

Emmanuelle Galichet, enseignante-chercheuse en physique nucléaire au CNAM, a répondu à vos questions sur la sûreté du site, avant une inspection de l’AIEA.

Les inspecteurs de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) sont arrivés, mercredi 31 août, dans la ville de Zaporijia, à environ cinquante kilomètres à vol d’oiseau de la centrale, qu’ils doivent rejoindre, le lendemain, pour vérifier son état de fonctionnement, alors qu’elle est la cible de bombardements depuis des semaines. Une situation qui alimente les craintes de la communauté internationale et a ravivé le spectre d’une catastrophe nucléaire.

Lire aussi : Guerre en Ukraine en direct : l’AIEA, qui sera demain à la centrale de Zaporijia, veut y établir « une présence permanente »

Rico : Quel est le but de la mission des experts de l’AIEA ? Pourquoi se rendent-ils sur place ?

Le but de la mission des experts de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) est technique. Elle va faire un état des lieux général de l’installation (systèmes de sûreté, site d’entreposage des déchets radioactifs, etc.) et également vérifier les conditions de travail de l’exploitant. Il est important qu’ils se rendent sur place, car ce sera la première fois que nous aurons une évaluation indépendante de l’état de l’installation. Nous aurons, enfin, un état des lieux technique objectif.

Saxifrage : Je me posais une question sur les garanties de sécurité pour les agents de l’AIEA : sont-elles bien définies ? Car ces agents, qui ne sont que des civils, prennent quand même de sacrés risques en se rendant dans une zone de conflit.

Vous avez raison, ils prennent de grands risques. Il faut souligner leur immense courage. Cependant, je pense que les deux belligérants n’ont aucun intérêt à mettre les experts dans une situation périlleuse. Ils sont totalement neutres et poursuivent une mission technique et d’appui. S’ils sont partis, c’est que les conditions de sécurité étaient réunies.

Lire aussi : Zaporijia : une centrale nucléaire au cœur de la guerre

Jacques68 : Ne serait-il pas possible de déterminer des périmètres de no man’s land autour de toutes les centrales nucléaires de la planète ?

Si je comprends bien votre question : vous voudriez avoir un périmètre de sécurité autour des centrales ? Cela existe déjà. En outre, le cadre légal international (convention de Genève et son protocole additionnel) stipule que les installations nucléaires ne doivent pas être prises pour cibles dans une guerre. Je pense que les instances internationales vont réfléchir à des obligations plus importantes, à l’avenir.

Pierre : Quelles infos avons-nous de l’état de la centrale ? Comment être sûr qu’il n’y a pas déjà des fuites radioactives ?

Il y a une veille européenne sur les rejets de radioactivité dans l’atmosphère. En France, c’est l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) qui en est chargée. La centrale de Zaporijia fait partie de la zone de surveillance. Donc il existe des captures de mesure de la radioactivité tout autour de la centrale de Zaporijia et en Ukraine. Par conséquent, s’il y a ne serait-ce qu’une infinitésimale augmentation de la radioactivité, l’IRSN le verra et en informera les autorités. Pour l’instant, les informations que nous avons sur l’état de la centrale nous permettent de dire qu’il n’y a eu aucun rejet anormal de radioactivité.

Cam : Concrètement, il se passe quoi s’il y a un accident ? À quel point le risque est réel/important ?

Le risque d’accident majeur sur la centrale de Zaporijia est un accident de fusion de cœur si elle perd la totalité de ses alimentations électriques. C’est le risque le plus important qui existe en termes de dangerosité. Pour autant, il est très improbable, car la centrale possède vingt groupes électrogènes avec environ une semaine à dix jours d’autonomie de carburant et cinq lignes électriques extérieures. Il y a donc du temps pour réagir sur ce point.

Dans le cas de l’accident de fusion du cœur, il me semble très improbable d’avoir la création d’un nuage radioactif. Le corium (mélange de combustible fondu et des structures métalliques de soutien du combustible dans le cœur) est très hautement radioactif et toxique. Il peut percer le génie civil sous le cœur, si rien n’est fait. Au moment de l’accident de Fukushima (le plus proche de ce que l’on pourrait imaginer ici), l’explosion a été due à l’hydrogène qui au contact de l’air peut s’enflammer et exploser. Depuis le REX [retour d’expérience] a permis de rajouter des recombineurs d’hydrogène dans l’enceinte de confinement. Donc le risque d’explosion me semble totalement improbable.

Les autres risques, il me semble, sont sur les zones de stockage de déchets radioactifs à l’air libre. Leur radioactivité a beaucoup diminué. C’est pour cette raison qu’ils sont à l’air libre. Si les conteneurs très robustes dans lesquels ils sont entreposés venaient à céder, il y aura une dissémination de radioactivité autour de la zone de stockage. Encore une fois, pas de nuage radioactif dans la haute atmosphère.

Un membre de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), devant l’hôtel Hyatt, à Kiev, le 31 août 2022, avant de se rendre à la centrale nucléaire de Zaporijia, occupée par les Russes, dans le sud de l’Ukraine. SERGEI CHUZAVKOV / AFP

Guigui38 : En cas d’accident nucléaire à la centrale de Zaporijia, quel serait l’impact sur les populations autour de la centrale, ainsi que sur la population française ? Peut-on se préparer à un tel accident ? Et comment ?

Je pense que la population française n’a rien à craindre. Nous sommes loin de Zaporijia. Pour les populations autour de la centrale, s’il arrivait que, malgré toutes les barrières de défense de la centrale, il y ait un dégagement de radioactivité, il faudra mettre à l’abri la population et prendre des pastilles d’iode. Mais encore une fois, il me semble que c’est hautement improbable. Les deux belligérants connaissent parfaitement la centrale et n’ont aucun intérêt à ce qu’il y ait un accident. C’est une centrale jeune qui produit énormément d’électricité vitale pour toutes et tous.

CR : La concordance entre la mission de l’AIEA et de la contre-offensive ukrainienne est troublante. Comment s’assurer qu’elle est indépendante et non instrumentalisée ? De quelles nationalités sont ces membres ?

Je ne suis pas experte en géopolitique. Les nationalités des membres de la mission sont publiques. Je sais qu’il n’y a ni Américain ni Anglais. Une Française fait partie de la mission. Toutes et tous sont des employés de l’AIEA et ne représentent en rien leur pays. L’AIEA est totalement neutre.

Lire aussi : Guerre en Ukraine : à Zaporijia, la vie sous la menace nucléaire (Article réservé à nos abonnés)

Terry : À qui est destiné le rapport qui sera fait par l’AIEA suite à leur inspection ?

Le rapport sera public. C’est extrêmement important. Cela permet d’avoir confiance dans la neutralité de l’Agence. Son directeur, Rafael Grossi, y tient beaucoup. Il a plusieurs fois répété la qualité d’indépendance de l’AIEA.

Claire : La mission de l’AIEA peut-elle imposer des changements dans la gouvernance de la centrale ? Peut-elle demander ou imposer un retrait des militaires russes et de tout leur matériel entreposé dans la centrale ?

La mission de l’AIEA est d’ordre technique. Elle a pour but d’éviter un accident nucléaire. Je ne crois pas qu’elle puisse exiger de telles choses. Pour autant, je pense que le poids moral et charismatique de son directeur permettra de calmer les deux belligérants.

Julien : Si un jour un tel conflit arrivait en France, nos centrales sont-elles étudiées pour résister à des bombardements ?

Aucune démonstration de sûreté dans le monde n’a pris en compte une situation de guerre. Pour autant, les enceintes de confinement des centrales françaises et ukrainiennes sont dimensionnées pour résister à des chutes d’avions, des séismes, de la foudre qui tombe, etc. Celles de Zaporijia sont en béton armé précontraint de un mètre d’épaisseur et possèdent une peau d’étanchéité métallique. Les experts pensent qu’elles doivent résister à un certain nombre de tirs de missiles.

Je pense que les protections des centrales françaises (comme celles des centrales ukrainiennes) permettent d’écarter une possible dégradation du bâtiment du réacteur et un scénario catastrophe avec relâchement de radioactivité hors du bâtiment en cas de tirs.

Lire aussi : Jean-Marie Guéhenno : « Il est urgent qu’Emmanuel Macron lance une réflexion sur les leçons de la guerre en Ukraine » (Article réservé à nos abonnés)

Une image satellite de la centrale nucléaire de Zaporijia, le 19 août. MAXAR TECHNOLOGIES / VIA AFP

Filou : Qu’est-ce qui différencie Zaporijia de Tchernobyl du point de vue de la sûreté nucléaire ?

Il y a énormément de différences entre les deux centrales. Ce n’est pas la même filière puisque Tchernobyl est une filière à graphite et Zaporijia une filière à eau légère. En termes de sûreté, et sans rentrer trop dans les détails de la physique du cœur :

  • pas d’enceinte de confinement à Tchernobyl ;
  • le temps d’insertion des barres de contrôle (qui permettent de stopper les réactions de fission en absorbant les neutrons, particules indispensables à la réaction en chaîne) trop long à Tchernobyl ;
  • pas de graphite qui peut s’enflammer à Zaporijia ;
  • à Tchernobyl, le réacteur datait des années 1970, et celui de Zaporijia date du milieu des années 1980. Donc toute la sûreté nucléaire est mieux réfléchie au fur et à mesure que le retour d’expérience est pris en compte ;
  • Zaporijia a aussi bénéficié du retour d’expérience de Fukushima et, en particulier, le rajout de redondances sur les systèmes de sûreté, les recombineurs d’hydrogène, les modifications pour la tenue aux séismes, etc. ;
  • argument plus technique : le coefficient de température positif à Tchernobyl alors qu’il est négatif dans les centrales à eau légère. Cela permet d’étouffer la réaction en chaîne de fission de manière naturelle dans le cas où il est négatif. Un coefficient positif signifie que, lorsque la température du cœur augmente, la puissance augmente et ainsi de suite. Ce n’est pas une caractéristique intéressante du point de vue de la sûreté.

Xji : Vous semblez très optimiste… Ne faudrait-il pas précisément travailler les scénarios hautement improbables ? Et donc les plus catastrophiques.

Vous avez raison ! Je pense que les autorités de sûreté mondiales vont prendre en compte rapidement le retour d’expérience de cette situation inédite. Je ne serai pas surprise que les prochaines démonstrations de sûreté prendront en compte le risque de guerre. En tout cas, je pense que c’est nécessaire.

Par Le Monde, publié le 31 août 2022 à 14h16, mis à jour à 17h14

https://www.lemonde.fr/international/article/2022/08/31/guerre-en-ukraine-il-existe-des-captures-de-mesure-de-la-radioactivite-tout-autour-de-la-centrale-de-zaporijia_6139664_3210.html

TRICASTIN : SUR DÉROGATION, LA CENTRALE NUCLÉAIRE A REJETÉ DE L’EAU PLUS CHAUDE QU’AUTORISÉ

EXCEPTION: La centrale du Tricastin (Drôme) a utilisé une autorisation spéciale du 7 au 15 août

Les eaux rejetées dans le Rhône par la centrale nucléaire du Tricastin (Drôme) ont dépassé la température maximale autorisée à neuf reprises en août. Pour chacune de ces journées, l’usine avait cependant l’autorisation de déroger à la règle. L’Autorité de Sûreté nucléaire lui avait en effet accordé une dérogation, indique France Bleu Drôme Ardèche.

Quatre autres centrales nucléaires françaises bénéficient d’une permission similaire : celles de Bugey (Ain), Saint-Alban (Isère), Golfech (Tarn-et-Garonne) et Le Blayais (Gironde). Les dérogations sont pour l’instant valables jusqu’au 11 septembre prochain. Elles ont été accordées en raison de la sécheresse et des chaleurs extrêmes.

Elles ont fait grimper la température des rivières et ont diminué leur niveau, obligeant les centrales à limiter leur activité ou à rejeter une eau plus chaude. Entre le 7 et le 15 août derniers, la température du liquide utilisé pour refroidir Tricastin était de 28,62 °C en moyenne au moment de son arrivée dans le canal. La limite est habituellement de 28 °C.

Par 20 Minutes avec agence, publié le 29/08/22 à 18h11

Photo en titre : L’eau utilisée pour refroidir la centrale de Tricastin est rejetée dans le Rhône. — falco / Pixabay

https://www.20minutes.fr/planete/3343047-20220829-tricastin-sur-derogation-la-centrale-nucleaire-a-rejete-de-l-eau-plus-chaude-qu-autorise

NDLR : et ce n’est qu’un début ! Le régime des dérogations a de beaux jours devant lui dans les prochaines années !!

INTENSES COMBATS DANS LE SUD DE L’UKRAINE, MENACE NUCLÉAIRE À ZAPORIJIA… LE POINT SUR LA SITUATION

Plusieurs détonations ont été entendues dans la région de Kherson, alors que des combats intenses font rage.

Retour sur les faits marquants de ces dernières 24 heures.

C’est le 188ème jour du conflit en Ukraine et les combats ne perdent pas en intensité entre les forces armées ukrainiennes et russes. Sur le front, la ville de Kharkiv est au cœur du combat, tout comme la région de Kherson, avec de nombreuses explosions en cours au fil de la journée. Sur le plan économique et diplomatique, le géant du gaz russe Gazprom a annoncé qu’il ne livrerait plus de gaz au géant français Engie.

Plusieurs morts dans des bombardements

Quatre morts à Kharkiv. Au moins quatre personnes ont été tuées et quatre autres blessées mardi dans des bombardements russes ayant visé le centre de Kharkiv (nord-est), la deuxième ville d’Ukraine, a annoncé le gouverneur régional. « Les occupants russes ont bombardé les quartiers du centre de Kharkiv. Il y a des dégâts », a annoncé Oleg Synegoubov en annonçant le bilan des victimes sur Telegram, appelant les habitants à se mettre à l’abri.

Explosions massives dans la région de Kherson.

Des « combats intenses » entre les forces ukrainiennes et l’armée russe se déroulent dans la « quasi totalité » de la région occupée de Kherson, où les troupes de Kiev ont lancé une contre-offensive, a annoncé mardi la présidence ukrainienne. « De puissantes explosions ont eu lieu toute la journée de lundi et toute la nuit dans la région de Kherson. De violents combats se déroulent sur la quasi-totalité du territoire de la région », a indiqué la présidence dans son briefing matinal, ajoutant que les troupes ukrainiennes « ont lancé des actions offensives dans diverses directions ».

Gazprom suspend ses livraisons à Engie

Gazprom coupe l’alimentation à Engie. Le géant russe Gazprom a annoncé mardi qu’il allait suspendre entièrement ses livraisons de gaz au groupe français Engie à partir de jeudi, du fait du non-paiement par ce dernier de l’intégralité des livraisons effectuées en juillet. « Gazprom Export a notifié Engie d’une suspension complète des livraisons de gaz à partir du 1er septembre 2022 jusqu’à la réception en intégralité des sommes financières dues pour les livraisons », a indiqué le groupe russe dans un communiqué publié mardi soir sur son compte Telegram. Dans un communiqué de presse, le groupe français indique que l’entreprise a sécurité des volumes nécessaires pour assurer l’approvisionnement de ses clients.

Une demande de comprimés d’iode par l’Ukraine.

Bruxelles a reçu du gouvernement ukrainien une demande de fourniture de comprimés d’iodure de potassium à titre préventif en vue d’accroître le niveau de protection autour de la centrale nucléaire de Zaporijia. « Ces comprimés seraient utilisés dans des scénarios limités afin d’éviter que l’iode radioactif inhalé ou ingéré ne soit absorbé par la thyroïde », précise ce mardi la Commission européenne. « Le Centre de coordination de la réaction d’urgence de l’UE a répondu à la demande de l’Ukraine en lui envoyant rapidement cinq millions de comprimés d’iodure de potassium provenant des réserves d’urgence rescEU. D’une valeur totale de plus de 500 000 euros, cette aide sera acheminée à partir de la réserve rescEU hébergée par l’Allemagne. »

Lire aussi : Ukraine : un cadre russe, ancien député ukrainien pro-Zelensky, tué par balles

Odessa au patrimoine mondial de l’UNESCO ?

L’Ukraine a annoncé mardi sa décision de demander l’inscription sur la liste du patrimoine mondial du centre historique d’Odessa, réputé pour son architecture, a annoncé l’Unesco. Le ministre de la Culture et de l’Information ukrainien, Oleksandre 

Par Dylan VEERASAMY avec AFP, publié le 31 août à 6h28

https://www.tf1info.fr/international/video-guerre-ukraine-russie-intenses-combats-dans-le-sud-de-l-ukraine-menace-nucleaire-a-zaporijia-le-point-sur-la-situation-mercredi-31-aout-2022-2230856.html

UKRAINE : DANS QUEL ÉTAT EST LA CENTRALE NUCLÉAIRE DE ZAPORIJJIA ?

L’Agence internationale de l’énergie atomique va inspecter la centrale nucléaire de Zaporijjia, en Ukraine. Aujourd’hui sous contrôle russe, elle a été endommagée par la guerre, faisant craindre l’éventualité d’un grave accident.

« Cette mission sera la plus difficile de l’histoire de l’AIEA [l’Agence internationale de l’énergie atomique », a estimé le ministre des Affaires étrangères ukrainien Dmytro Kouleba en apprenant la nouvelle. Une délégation de treize experts conduite par le président de l’agence onusienne Rafael Grossi a pris la route, lundi 29 août 2022, vers la centrale nucléaire ukrainienne de Zaporijjia. Elle devrait arriver à destination « au plus tard cette semaine », a précisé M. Grossi sur Twitter. Objectif : évaluer les dégâts matériels, les conditions de travail du personnel et l’état des systèmes de sécurité de la centrale, et assurer le suivi du matériel nucléaire. Ceci, alors que plusieurs semaines d’incessants bombardements, dont la Russie et l’Ukraine se rejettent la responsabilité, accroissent la menace d’une catastrophe nucléaire.

Grossi réclamait depuis des mois qu’une délégation de l’AIEA puisse accéder à la centrale. Les négociations pour obtenir cette visite se sont révélées un exercice diplomatique de haut vol, l’installation étant située très près de la ligne de front — quasiment à cheval entre la partie du pays où l’Ukraine est toujours souveraine, au nord et à l’ouest, et celle passée sous occupation russe, au sud et à l’est.

« Nous attendions cette mission depuis longtemps »

Longtemps, la Russie a exigé que la délégation onusienne passe par la zone contrôlée par ses troupes, ce que refusait l’Ukraine au motif que cela légitimerait l’occupation russe. La situation s’est finalement débloquée mi-août, quand Vladimir Poutine a accepté que M. Grossi et son équipe accèdent à la centrale par les territoires ukrainiens. Vendredi 26 août, devant le risque d’escalade, Volodymyr Zelensky pressait l’agence onusienne d’envoyer une délégation. « Nous attendions cette mission depuis longtemps. Nous considérons qu’elle est nécessaire, a pour sa part réagi le Kremlin par son porte-parole Dmitri Peskov, qui a appelé à « faire pression sur la partie ukrainienne pour qu’elle cesse de mettre en danger le continent européen en bombardant la centrale ».

Reste à savoir si les experts de l’ONU pourront travailler dans de bonnes conditions. L’opérateur ukrainien Energoatom a en effet affirmé que les forces russes, « se préparant à l’arrivée de la mission de l’AIEA, mettent la pression sur le personnel [ukrainien] de la centrale pour les empêcher de révéler des preuves des crimes de l’occupant ».

La centrale la plus puissante d’Europe

La centrale nucléaire de Zaporijjia, la plus puissante d’Europe, compte six réacteurs d’une puissance unitaire de 1 000 mégawatts (MW). Elle assurait 20 % de la production d’électricité du pays avant que les Russes ne s’en emparent le 4 mars dernier. Depuis, deux réacteurs sont toujours en fonctionnement et conduits par des travailleurs ukrainiens, mais sous le contrôle des troupes envoyées par Moscou.

Lire aussi:  Ukraine : la tension monte autour de la centrale nucléaire de Zaporijjia

La situation est « très risquée et dangereuse », a averti le président ukrainien Volodymyr Zelensky vendredi 26 août à Kiev. La principale menace est la perte de refroidissement de la centrale. En effet, le cœur des réacteurs et les piscines d’entreposage des combustibles neufs et usés ont un besoin impératif d’être constamment rafraîchis sous peine d’accident. Pour cela, deux ingrédients vitaux : l’eau, pour alimenter les circuits de refroidissement, et l’électricité, pour faire tourner les pompes et les circuits de sûreté.

D’autres risques d’accident ont été identifiés par les experts internationaux : que les bombardements endommagent les installations, lesquelles n’ont pas été conçues pour résister à un conflit armé ; que la pression exercée par les troupes russes sur les travailleurs ukrainiens soit telle que ces derniers commettent des erreurs de pilotage…

Lire aussi:  Nucléaire en Ukraine : le point sur les risques

Depuis jeudi 25 août, au moins un de ces scénarios catastrophe a failli se réaliser : les deux réacteurs ont dû être arrêtés par mesure de sécurité après que des bombardements aient entraîné des dommages sur les lignes électriques qui leur apportent le courant nécessaire au fonctionnement de ces équipements. Les diesels de secours ont dû prendre le relais le temps qu’ils soient reconnectés au réseau quelques heures plus tard.

« Des risques de fuite d’hydrogène et de pulvérisation de substances radioactives »

Depuis, difficile de se faire une idée de l’état de la sûreté dans la centrale. Samedi 27 août, son exploitant, Energoatom, a indiqué que les bombardements avaient « endommagé […] l’infrastructure de la centrale » et qu’il existait « des risques de fuite d’hydrogène et de pulvérisation de substances radioactives ».

« Actuellement, le personnel technique surveille l’état technique de la centrale nucléaire et assure son fonctionnement. La situation en matière de radiations dans la zone de la centrale nucléaire reste normale », a pour sa part assuré le porte-parole du ministère russe de la Défense Igor Konashenkov dimanche 29 août.

Pastilles d’iode

Plusieurs pays se préparent néanmoins au pire. La mairie de Zaporijjia a indiqué distribuer depuis le 23 août des comprimés d’iode aux habitants dans un rayon de 50 kilomètres autour de la centrale. La Roumanie, qui avait mené une première campagne de distribution d’iode à sa population en mars dernier, a relancé cette opération la semaine dernière et a envoyé près d’un million de doses à la Moldavie.

Pour l’heure, aucune mesure de ce type n’a été prévue en France. « Dans le pire des scénarios, où toute la radioactivité d’un réacteur de la centrale la plus à l’ouest de l’Ukraine est rejetée à l’extérieur, nous avons trouvé, sur mille séquences météorologiques étudiées issues des dix dernières années, un cas où une partie du territoire français pourrait potentiellement être concernée par des niveaux de radioactivité qui justifieraient une prise de comprimés d’iode », a justifié au journal Le Monde Philippe Dubiau, directeur délégué à la crise auprès du directeur général de l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN).

Par Émilie Massemin, publié le 30 août 2022 à 09h32, mis à jour le 30 août 2022 à 14h25

https://reporterre.net/Ukraine-dans-quel-etat-est-la-centrale-nucleaire-de-Zaporijja

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COMMENT LES HABITANTS DE ZAPORIJIA SE PRÉPARENT À UN POSSIBLE ACCIDENT NUCLÉAIRE

Distribution de comprimés d’iode, plan d’évacuation…Les populations autour de la centrale nucléaire de Zaporijia s’organisent face à l’éventualité d’un incident.

Ils se préparent au pire. Aux alentours de Zaporijia, où la plus grande centrale nucléaire d’Europe doit faire l’objet d’une inspection de l’Agence internationale de l’énergie atomique, les habitants envisagent tous les scénarios. Y compris celui d’un accident nucléaire, alors que la centrale est le théâtre de bombardements depuis plusieurs semaines.

Au centre médical de Tomakivka à moins de 30 kilomètres de la centrale par exemple, 32.000 comprimés d’iode sont arrivés. Le but de ces petites pastilles: protéger la thyroïde en cas d’émission radioactive. Elles seront distribuées à la population au cours des prochains jours.

« Nous les avons préparées pour chaque centre d’émission. Les comprimés sont produits à Kiev. Nous donnons des notices à chaque personne, ils vont savoir quand, et comment les prendre« , précise Nina Starostenko, la directrice du centre médical.

Un plan élaboré avant la guerre, mais des moyens insuffisants

Dans la ville de Tomakivka tout est prévu en cas d’incident: les habitants ont par exemple pour instruction de se rassembler dans certains lieux, comme le lycée agricole où 3760 personnes pourront se réfugier.

Le directeur de l’établissement a pensé à tout, jusqu’à la table où enregistrer le nom des évacués. Une organisation bien rodée, même si les bombardements quotidiens dans le secteur de la centrale font redouter le pire.

« Ce plan d’évacuation a été élaboré avant la guerre. Cela a été développé en temps de paix, et maintenant c’est totalement différent, nous devons prendre ça en considération. C’est très difficile mais nous devons le faire« , affirme Inna Kutsenko, responsable du plan d’évacuation de Tomakivka.

« J’essaie de lui dire que tout va bien se passer »

Loin d’arranger ce type de craintes, la mairie de Tomakivka assure qu’elle manque de moyens pour faire face à la menace nucléaire. Les personnes en charge des évacuations n’ont par exemple pas de masques ni suffisamment de combinaisons de protection, selon l’adjointe à la mairie Tamara Scherbyak.

Dans les rues de la ville forcément, la centrale et les bombardements sont sur toutes les lèvres. Même au cœur des discussions, entre un père et son fils de cinq ans.

« Je lui explique la situation, il n’a pas peur« , assure Olexandr, « mais je ne veux pas qu’il pense qu’on parle de choses graves. On en parle mais d’une façon positive. J’essaie de lui dire que tout va bien se passer. »

Au total à Zaporijia et ses alentours, ce sont près de 50.000 personnes qu’il faudra évacuer en cas d’incident, auxquels il faut rajouter 1500 déplacés. Une difficulté supplémentaire pour les autorités locales.

Par Jérémie Paire, publié le 30 août 2022

Pour retrouver cet article et les vidéos qui l’accompagnent, cliquer sur: https://www.msn.com/fr-fr/actualite/france/comment-les-habitants-de-zaporijia-se-pr%C3%A9parent-%C3%A0-un-possible-accident-nucl%C3%A9aire/ar-AA11fRmg?ocid=EMMX

RAISI EXCLUT DE RÉÉDITER L’ACCORD NUCLÉAIRE SI L’AIEA NE MET PAS FIN À SON ENQUÊTE SUR LE PROGRAMME NUCLÉAIRE IRANIEN

Le dirigeant perse durcit la position de Téhéran et refuse de rencontrer Biden en marge de l’Assemblée générale des Nations unies.

La réédition de l’accord nucléaire semble imminente. Cela peut être une question d’heures, de jours ou de semaines. Mais il pourrait aussi être reporté à novembre, après les élections de mi-mandat aux États-Unis, ou même ne pas être forgé après 17 mois de négociations. Plusieurs questions n’ayant pas encore été résolues, les parties retardent leurs réponses afin d’amplifier les concessions des autres et de dévaloriser les leurs. Il n’y a pas de faux pas, seulement un cadre de négociation miné par les demandes et les pressions extérieures. 

Le président iranien Ebrahim Raisi est apparu lundi lors d’une conférence de presse atypique devant une dizaine de médias nationaux et internationaux pour, entre autres, actualiser la position de Téhéran sur la réactivation du Plan d’action global conjoint (JCPOA), signé en 2015 et abandonné par les États-Unis en 2018. Le projet présenté il y a quinze jours par l’Union européenne a relancé un accord qui ne tenait qu’à un fil. Aujourd’hui, Washington et Téhéran s’échangent des réponses écrites, « se renvoyant la balle« , sans finaliser leur approbation définitive. 

L’Iran a ajouté trois conditions au texte de Bruxelles : retirer l’étiquette d' »organisation terroriste » aux Gardiens de la révolution islamique, la branche d’élite de l’armée iranienne en contact étroit avec des milices régionales partageant les mêmes idées ; s’assurer que les États-Unis maintiennent leur engagement en cas de changement de régime ; et s’assurer que le gouvernement iranien ne pourra pas modifier sa position en cas de changement de régime. Les États-Unis devraient maintenir leur engagement en cas de changement d’administration hostile au JCPOA, une clause plus dissuasive que restrictive sur le papier ; et mettre fin à l’enquête de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) sur les traces d’uranium découvertes dans trois installations iraniennes non déclarées.

PHOTO/IRANIAN GOVERNMENT  –   Le président iranien Ebrahim Raisi apparaît devant les médias nationaux et internationaux à l’occasion du premier anniversaire de son entrée en fonction PUBLICIDAD

Le dirigeant perse, peu enclin au début de son discours à commenter les négociations en cours pour reprendre l’accord nucléaire, a insisté sur cette dernière prémisse pour parvenir à un accord : « Sans résoudre ces problèmes [la résolution des questions de garanties entre l’Iran et l’AIEA], il est inutile de parvenir à un accord« . Raisi faisait allusion à la surveillance du programme nucléaire iranien par l’agence onusienne depuis 2015, date à laquelle le régime des ayatollahs a accepté les termes du JCPOA en échange de la levée des sanctions, et a exigé son achèvement immédiat pour le signer.  

En tant que signataire du traité de non-prolifération nucléaire, l’Iran est tenu de justifier ses essais, mais il a « déclaré à maintes reprises que les armes n’avaient pas leur place dans sa doctrine nucléaire« . « Le Leader de la Révolution islamique a fréquemment annoncé que l’acquisition de telles armes est religieusement interdite« , a réitéré Raisi dans des propos rapportés par l’agence de presse étatique Mehr. Sur un ton de défi, le dirigeant perse a souligné que personne ne peut « priver la nation iranienne de son droit inaliénable à accéder à la technologie nucléaire pacifique« .

Après le départ forcé de Trump de Washington, Téhéran a commencé à renier les termes de l’accord nucléaire et a rapidement fait avancer son projet atomique, qui est maintenant à un stade avancé. Selon les dernières données publiées par l’AIEA, la République islamique possède quelque 3 800 kilos d’uranium enrichi à plus de 60 % de pureté, un niveau jamais atteint par les autorités perses depuis le début de son programme nucléaire en 2003, ce qui, selon les experts, le placerait à près de 90 % en état d’être traité.  

L’apparition publique du président a coïncidé avec le premier anniversaire de son entrée en fonction. Fin août 2021, l’ancien chef du pouvoir judiciaire a officiellement remplacé Hassan Rohani à l’issue d’une élection frauduleuse, moins compétitive que d’habitude, au cours de laquelle les dirigeants du régime ont opposé leur veto à des centaines de pré-candidats pour sélectionner sept candidats pro-gouvernementaux. Raisi, un partisan de la ligne dure, était pratiquement assuré de la victoire en tant que successeur possible de l’octogénaire Guide suprême Ali Khamenei.

PHOTO/IRANIAN GOVERNMENT  –   Le président iranien Ebrahim Raisi apparaît devant les médias nationaux et internationaux à l’occasion du premier anniversaire de son entrée en fonction

L’ancien chef du pouvoir judiciaire, qui a été impliqué dans les exécutions extrajudiciaires de prisonniers politiques dans les années 1980, a clairement indiqué que l’équipe de négociation iranienne à Vienne, dirigée par Ali Bagheri Kani, ne quittera pas la table des négociations. D’autre part, Raisi a reproché à l’Agence internationale de l’énergie atomique, dirigée par le diplomate argentin Rafael Grossi, de faire échouer l’accord si ses exigences ne sont pas satisfaites. 

L’objectif de Téhéran est de voir levée une grande partie des sanctions qui pèsent sur son économie en difficulté. « Les négociations portent sur la levée des sanctions« , a déclaré Raisi lors d’une conférence de presse. « Ceux qui ont abandonné leurs engagements doivent revenir et remplir leurs obligations. Dans ces négociations, nous mettons l’accent sur la levée des sanctions« . À cet égard, Raisi a déclaré que l’Iran a pu accéder à certains de ses actifs en Irak, jusqu’alors gelés par les sanctions américaines. 

Interrogé sur une éventuelle rencontre avec le président américain Joe Biden en marge de l’Assemblée générale des Nations unies en septembre, Raisi a répondu par un « non » laconique. « Il n’y a aucun avantage à une rencontre entre nous et lui« , a conclu l’ayatollah, qui a également proféré une menace à l’égard d’Israël. « Ils verront s’il reste quelque chose du régime sioniste ou non« , a-t-il déclaré, si les autorités hébraïques continuent de lancer des attaques contre de hauts responsables iraniens. 

Par Álvaro Escalonilla   , publié le 30 août 2022

Photo en titre : PHOTO/IRANIAN GOVERNMENT  –   Le président iranien Ebrahim Raisi apparaît devant les médias nationaux et internationaux à l’occasion du premier anniversaire de son entrée en fonction

https://atalayar.com/fr/content/raisi-exclut-de-reediter-laccord-nucleaire-si-laiea-ne-met-pas-fin-son-enquete-sur-le

APPEL-DU-COLLECTIF-DES-MARCHES-POUR-LA-PAIX-POUR-LE-21-SEPTEMBRE-2022

Faisons de la Journée internationale de la Paix une grande journée de mobilisation pour la Paix !

Stop toutes les guerres ! Stop la guerre en Ukraine ! NON à la guerre nucléaire ! Stop la misère ! Non à une économie de guerre ! Justice sociale ! Respect de la vie et de de la planète 


Lorsque la guerre se développe tous azimuts, que les dépenses militaires augmentent comme jamais dans l’histoire de l’humanité (2013 milliards de dollars en 2021), que la menace d’utilisation possible des armes nucléaires réapparaît, et que la paix mondiale est menacée, il est urgent d’agir pour dire stop, ça suffit !

Alors qu’une nouvelle guerre, lancée par la Russie, se développe en plein cœur de l’Europe, avec comme protagonistes non seulement la Russie et l’Ukraine, mais aussi les USA et l’OTAN, une extension mondiale de la guerre n’est pas à exclure. Il est urgent d’affirmer notre solidarité car nos destins sont liés !

Il est donc urgent de se mobiliser pour obtenir des politiques sociales, économiques, culturelles, nationales et internationales de paix s’inspirant de la Charte des Nations Unies et respectueuses de tous les droits humains. L’enjeu c’est la construction d’une Europe et d’un monde de justice, de solidarité, de fraternité, de Paix et de sécurité commune, à laquelle nous aspirons tous et toutes !

Partout dans le monde, des appels se développent pour faire de la Journée internationale de la Paix du 21 septembre 2022 une grande journée de mobilisations pour la paix.

Partout, en France, face aux défis auxquels nous sommes confrontés, c’est le moment de faire entendre nos exigences en faveur de la paix, du climat, du respect de la planète, du désarmement nucléaire, de la justice sociale, du vivre ensemble en paix, de l’amitié entre les peuples et les individus. Non à une économie de guerre, oui à la satisfaction des besoins sociaux (santé, protection sociale, petite enfance, éducation et recherche, retraites, personnes âgées, …)

Aucune de nos différences de conviction, d’appartenance ou de sensibilités philosophiques, politiques, religieuses, syndicales ou autres ne doivent faire obstacle à l’expression de cette aspiration commune.

Osons la Paix ! Agissons pour la Paix ! Gagnons la Paix! Soyons solidaires, nos destins sont liés ! Plus jamais la guerre, Plus jamais Hiroshima !

Le 21 septembre 2022 partout en France, marchons pour la Paix !

Publié le 30 août 2022

https://crilan.fr/appel-du-collectif-des-marches-pour-la-paix-pour-le-21-septembre-2022/

LE RÉACTEUR NUCLÉAIRE FINLANDAIS OLKILUOTO 3 DE RETOUR SUR LE RÉSEAU APRÈS UNE PERTURBATION

Le nouveau réacteur nucléaire finlandais Olkiluoto 3 s’est reconnecté au réseau national tard dans la journée de lundi après une panne de 11 heures causée par une erreur de mesure dans un régulateur de tension, a déclaré l’opérateur TVO.

Le nouveau réacteur, dont la mise en service a été très retardée, a repris ses essais de production le 28 août après des travaux de maintenance et de modernisation, ce qui a fait naître l’espoir qu’il entrerait en service régulier le 10 décembre, car sa production est très recherchée en raison de la crise énergétique en Europe.

« La mise en service a repris« , a déclaré TVO dans un tweet lundi.

En construction depuis 2005, la centrale OL3 de 1 600 mégawatts (MW) devait initialement entrer en service en 2009, mais elle a connu plusieurs incidents techniques qui ont entraîné des retards coûteux et une longue bataille juridique.

Par © Zonebourse avec Reuters 2022, publié le 30 août 2022 à 00h01

https://www.zonebourse.com/cours/action/NATIONAL-GRID-PLC-34973324/actualite/Le-reacteur-nucleaire-finlandais-Olkiluoto-3-de-retour-sur-le-reseau-apres-une-perturbation-41643876/

UNE ÉQUIPE DE L’AIEA SE REND À LA CENTRALE NUCLÉAIRE DE ZAPORIJIA

Des membres de l’Agence internationale de l’énergie atomique se dirigent vers la centrale pour « protéger la sécurité de l’Ukraine ».

Le directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a annoncé lundi matin être en route vers la centrale nucléaire ukrainienne de Zaporijia, cible ces dernières semaines de frappes. « Le jour est venu, la mission de l’AIEA vers Zaporijia est désormais en route. Nous devons protéger la sécurité de l’Ukraine et de la plus grande centrale d’Europe », a écrit Rafael Grossi sur Twitter, précisant que la mission arriverait sur place « plus tard cette semaine ».

Dans une photo accompagnant son message, le chef de l’AIEA pose avec une équipe d’une dizaine de personnes, arborant casquettes et gilets au logo de l’instance onusienne. Rafael Grossi réclamait depuis plusieurs mois de pouvoir se rendre sur les lieux, avertissant du « risque réel de catastrophe nucléaire ». La centrale de Zaporijia, où sont situés six des quinze réacteurs ukrainiens, a été prise par les troupes russes début mars, peu après le lancement de l’invasion le 24 février, et se trouve près de la ligne de front dans le Sud. Kiev et Moscou s’accusent mutuellement de procéder à des bombardements à proximité du complexe, près de la ville d’Energodar, sur le fleuve Dniepr, et de mettre ainsi le site en péril. L’opérateur ukrainien Energoatom a mis en garde samedi contre des risques de fuites radioactives et d’incendie après de nouvelles frappes.

La mission « la plus dure de l’histoire de l’AIEA »

Ces dernières semaines, Zaporijia cristallise les inquiétudes des Occidentaux. L’ONU a appelé à cesser toute activité militaire aux alentours. Initialement, l’Ukraine craignait qu’une telle visite ne légitime l’occupation russe du site aux yeux de la communauté internationale, avant de finalement soutenir l’idée d’une mission de l’AIEA.

À lire aussi : Guerre en Ukraine – Poutine et Macron : 14 dialogues de sourds

Devant cette « dangereuse » situation, le président Volodymyr Zelensky avait pressé vendredi le gendarme onusien du nucléaire d’envoyer au plus vite une équipe. Entre jeudi et vendredi, la centrale et ses six réacteurs de 1 000 mégawatts chacun ont été « totalement déconnectés » du réseau national à cause de dommages sur les lignes électriques, selon Kiev, avant d’être reconnectés et remis en route. Vladimir Poutine a accepté l’organisation d’une mission passant « par l’Ukraine » et non par la Russie, ce qu’il exigeait auparavant, avait fait savoir la présidence française mi-août à l’issue d’un entretien téléphonique d’Emmanuel Macron avec le président russe. « Cette mission sera la plus dure de l’histoire de l’AIEA en raison de l’activité de combat menée par la Russie sur le terrain, mais aussi de la façon évidente dont la Russie essaie de légitimer sa présence » sur place, a affirmé le ministre des Affaires étrangères Dmytro Kouleba lors d’un déplacement à Stockholm.

La Russie appelle à faire « pression » sur l’Ukraine

De son côté, le Kremlin a appelé lundi la communauté internationale à faire « pression » sur les forces ukrainiennes pour réduire la tension autour de la centrale de Zaporijia, que Moscou et Kiev s’accusent mutuellement de bombarder.

« Tous les pays ont l’obligation de faire pression sur la partie ukrainienne pour qu’elle cesse de mettre en danger le continent européen en bombardant la centrale nucléaire de Zaporijia et les zones adjacentes », a déclaré le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov. Il a qualifié par ailleurs de « nécessaire » la mission d’inspection de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) attendue cette semaine.

Source AFP, publié le 29/08/2022 à 07h27 – Modifié le 29/08/2022 à 12h24

Photo en titre : L’Ukraine a récemment fait part de son inquiétude face aux risques des bombardements autour de la centrale. © ED JONES / AFP

https://www.lepoint.fr/monde/une-equipe-de-l-aiea-se-rend-a-la-centrale-nucleaire-de-zaporijia-29-08-2022-2487628_24.php

NON-PROLIFÉRATION NUCLÉAIRE : LA FRANCE ACCUSE LA RUSSIE DE « BLOCAGE »

La France accuse la Russie de « bloquer » les discussions dans le cadre de l’examen du Traité de non-prolifération des armes nucléaires.

La France dénonce, dans un communiqué de l’Élysée, le « blocage » par la Russie des négociations autour de la non-prolifération nucléaire. 

« Malgré d’intenses consultations, la conférence n’a pu aboutir à l’adoption d’un document final consensuel. Un seul État porte toute la responsabilité du blocage, la Russie, qui ne voulait pas voir la situation des installations nucléaires ukrainiennes qu’elle occupe évoquée par les États parties au TNP« , déclare l’Élysée. 

La France rappelle à ce titre son « soutien aux autorités légitimes et souveraines de l’Ukraine » et « condamne l’attitude russe« .

Des déclarations faites alors que l’attention est portée sur les risques autour de la centrale ukrainienne de Zaporijia, contrôlée par les Russes.

L’opérateur des centrales nucléaires ukrainiennes Energoatom a averti que la centrale atomique de Zaporijia fonctionnait désormais avec des risques de fuites radioactives et d’incendie, à la suite de bombardements dont Ukrainiens et Russes s’accusent mutuellement depuis plusieurs semaines.

Les troupes russes ont bombardé le site « à plusieurs reprises au cours de la dernière journée », a affirmé la compagnie nationale ukrainienne. « L’infrastructure de la centrale a été endommagée et il existe des risques de fuite d’hydrogène et de pulvérisation de substances radioactives« , a-t-elle dit, faisant état d’« un risque d’incendie élevé ».

Par La rédaction de TF1info, publié le 29 août 2022 à 6h45, mis à jour 15h58

https://www.tf1info.fr/international/en-direct-video-guerre-ukraine-russie-zelensky-et-poutine-centrale-nucleaire-de-zaporijjia-crimee-les-informations-de-lundi-29-aout-2022-2230620.html

FIN DE L’ABONDANCE, TAXATION DES SUPERPROFITS, NUCLÉAIRE … LE DISCOURS OFFENSIF DE JEAN-LUC MÉLENCHON LORS DES UNIVERSITÉS D’ÉTÉ DE LA GAUCHE

Jean-Luc Mélenchon a pris la parole lors du dernier jour des universités d’été de la NUPES, à Châteauneuf-sur-Isère, dans la Drôme. Le leader des insoumis, s’est montré offensif sur les questions économiques et environnementales.

Les universités d’été de La France insoumise, du PS et des communistes se poursuivent. Ce dimanche, le leader de La France insoumise a pris la parole pour le dernier jour de l’université d’été du parti de gauche, les «Amphis d’été», dans la Drôme.

Lors de son discours, Jean-Luc Mélenchon s’est montré incisif sur les questions environnementales, appelant à agir «sans jouer sur la peur» et appelant à passer à la «bifurcation écologique». 

Il a également maintenu sa ligne hostile au nucléaire : «Il faut cesser de mentir aux Français. Le nucléaire n’est pas une énergie sûre, le danger s’est accru dès lors qu’il y a eu la canicule et la sécheresse». De ce fait, l’ancien député des Bouches-du-Rhône a pointé du doigt l’absence d’écoute quant à d’éventuelles alternatives au nucléaire. 

L’ancien candidat à l’élection présidentielle a appelé à «taxer les profiteurs de crise», en lien à la proposition de loi de la Nupes, rejetée par le Sénat cet été, sur la taxation des superprofits.

Un appel à manifester mi-octobre

Jugeant qu’Emmanuel Macron avait «choisi l’affrontement», Jean-Luc Mélenchon a appelé à manifester mi-octobre contre la politique du gouvernement dans «une belle marche commune». «Nous allons tous ensemble commencer à préfigurer ce nouveau Front populaire dont nous avons besoin dans ce pays pour renverser la table», a-t-il déclaré à son auditoire. 

En outre, ce dernier s’est voulu rassurant quant à l’union de la gauche a vanté «l’émulation plutôt que la compétition» entre les différents partis qui compose la Nupes, affirmant que le plus important était «d’aller dans la même direction».

Par CNEWS, publié le 28/08/2022 à 10h56, mis à jour le 28/08/2022 à 15h45

Photo en titre : JEFF PACHOUD / AFP

https://www.cnews.fr/france/2022-08-28/nupes-suivez-en-direct-le-discours-de-rentree-de-jean-luc-melenchon-1258865

SUISSE : UN COMITÉ DE DROITE VA LANCER UNE INITIATIVE POUR RELANCER LE NUCLÉAIRE

Les Suisses pourraient à nouveau se prononcer sur les centrales nucléaires. Un comité d’élus de partis de droite et de représentants de l’économie va lancer une initiative visant à lever l’interdiction de construire de nouvelles centrales nucléaires en Suisse, fait savoir la presse dominicale. Un débat sur l’atome qui va crisper les fronts politiques à un an des élections fédérales.

Intitulé « De l’électricité pour tous en tout temps. Stop au black-out« , l’initiative populaire veut inscrire dans la Constitution que « toute forme de production d’électricité respectueuse du climat est autorisée ».

La collecte de signatures doit commencer la semaine prochaine, selon Le Matin Dimanche et la SonntagsZeitung et le texte de l’initiative sera publié mardi dans la Feuille fédérale officielle

Ce texte pourrait trouver un important soutien à droite. Il y a un an, l’UDC avait en effet annoncé vouloir relancer le nucléaire, y voyant un « pilier fiable» de l’approvisionnement de la Suisse. Et, en février, l’assemblée du PLR a adopté une résolution visant à ne pas fermer la porte à l’atome, certes au terme d’un débat sous tension.

À gauche, en revanche, on demeure fermement opposé au nucléaire, alors que Le Centre, qui pourrait jouer les arbitres dans ce débat, est plus discret sur le sujet.

Lire aussi: L’UDC se positionne sur le dossier énergétique et veut relancer le nucléaire et Le PLR ne veut pas fermer la porte à l’énergie nucléaire

Ne pas « interdire bêtement certaines technologies »

La stratégie énergétique de la Suisse, qui mise sur les importations en hiver, est un échec, indique dans les journaux dominicaux Vanessa Meury, présidente du Club Énergie Suisse, l’association à l’origine de l’initiative.

Et cette membre des Jeunes UDC d’expliquer la prise de position du comité: « Selon l’Office fédéral de la protection de la population, une pénurie d’électricité représente le risque le plus important, le plus coûteux et le plus dangereux pour la Suisse. Au lieu d’interdire bêtement certaines technologies, notre pays a besoin d’un approvisionnement en électricité sûr, respectueux de l’environnement et du climat, financièrement abordable et autonome. »

Les précisions de Valérie Gillioz dans le 12h45:

La revue de presse de Valérie Gillioz, correspondante à Berne. / 12h45 / 1 min. / aujourd’hui à 12:45

Pour Vanessa Meury, construire une centrale en Suisse serait tout à fait possible si on lève l’interdiction: « La preuve, c’est qu’à l’étranger, plus de 50 réacteurs sont en construction et il existe de nouvelles technologies. Quant à la durée, si la Suisse s’en donne les moyens, elle peut raccourcir les délais. En fonction de la taille de la centrale, il est possible d’en avoir une en huit à quinze ans. »

Interrogé par la RTS à ce sujet au printemps, le président du Conseil des États, le PLR de Glaris Thomas Hefti, estimait qu’il fallait « sortir des préjugés sur le nucléaire« . Et d’ajouter: « On a arrêté une centrale, mais on en a toujours quatre et il faut dire que c’est une énergie qui n’émet pas de CO2. Même si elle a des inconvénients et si les centrales qu’on a datent du siècle passé (…) il faut peut-être avoir l’esprit plus ouvert qu’on l’avait les 20 ou 30 dernières années. »

Revoir l’interview de Thomas Hefti dans La Matinale:

L’invité de La Matinale – Thomas Hefti, président du Conseil des États / La Matinale / 11 min. / le 17 mars 2022

Lire aussi: Thomas Hefti: « Sur le nucléaire, il faut peut-être avoir l’esprit plus ouvert « 

La gauche s’insurge

Une alliance interpartis de parlementaires rejette « fermement » l’initiative sur le nucléaire qui va être lancée. Des conseillers nationaux PLR (Jacqueline de Quattro VD), du Centre (son président Gerhard Pfister ZG), du PS (Roger Nordmann VD), des Verts (Bastien Girod GE) et des Vert’libéraux (Jürg Grossen BE) défendent la Stratégie énergétique 2050, adoptée il y a cinq ans par les électeurs.

Interrogé dans Le Matin Dimanche, le chef du groupe socialiste aux Chambres fédérales Roger Nordmann pointe du doigt les dangers du nucléaire, relevant que « 3% des centrales finissent leur vie par une avarie grave ». Le Vaudois estime toutefois que le texte « n’a aucune chance », notamment parce que compte tenu des votes nécessaires, des recours et des délais liés aux travaux, il ne serait pas possible de compter sur une nouvelle centrale avant 2067. Et de souligner enfin le problème des déchets, qui n’est toujours pas résolu.

Sur Twitter, la conseillères aux États Adèle Thorens (Verts/VD) s’est de son côté insurgée, estimant que d’autres solutions existent: « Nos enfants et descendants devront déjà supporter les conséquences irréversibles de la crise climatique, faut-il encore leur léguer plus de déchets toxiques sur des milliers d’années? »

Interdiction depuis 2017

La construction de nouvelles centrales atomiques est interdite en Suisse depuis 2017 après une votation populaire. Et les quatre centrales nucléaires en activité voient leur date de fermeture se rapprocher, en partie pour une question de rentabilité, puisque leurs propriétaires doivent investir toujours plus pour garantir la sécurité.

Ce printemps toutefois, plusieurs organisations économiques avaient proposé de prolonger la durée de vie des centrales encore en fonction, quitte à financer les réparations avec l’argent public.

Également membre du comité d’initiative, l’ancien président du Forum nucléaire suisse Bruno Pellaud juge qu’il est possible de maintenir en activité les centrales actuelles, le temps d’en construire une nouvelle. « Aujourd’hui, on comprend bien leur comportement technique. Une durée de vie de soixante ou septante ans est réalisable en toute sécurité. »

Par boi avec ats, publié le 28 août 2022 à 12h07 modifié à 14h39

Photo en titre : Les Suisses pourraient à nouveau se prononcer sur les centrales nucléaires

Pour retrouver cet article et les 2 vidéos, cliquer sur: https://www.rts.ch/info/suisse/13339565-un-comite-de-droite-va-lancer-une-initiative-pour-relancer-le-nucleaire.html

UKRAINE : LES FRAPPES SE POURSUIVENT SUR NIKOPOL, EN FACE DE LA CENTRALE NUCLÉAIRE DE ZAPORIJJIA

Les villes de Nikopol et de Marhanets, situées à une dizaine de kilomètres seulement de la centrale de Zaporijjia ont été ciblées par des obus russes samedi après-midi et dans la soirée, selon le maire de Nikopol.

L’inquiétude grandit dans la zone, alors que le site de la centrale nucléaire a été frappé de nouveau samedi. La Russie et l’Ukraine, continuent de se rejeter la responsabilité de ces bombardements. Suivez en direct les derniers développements de la journée.

7 h 25 : face à la centrale de Zaporijjia, la ville de Nikopol touchée par des obus

Sur la rive opposée de la centrale de Zaporijjia, les villes de Nikopol et de Marhanets ont été ciblées par des obus russes samedi après-midi et dans la soirée, a déclaré le maire de Nikopol, Yevhen Yevtushenko sur Telegram.

Ces deux villes, encore aux mains des ukrainiens, sont situées chacune à 10 kilomètres de la centrale, de l’autre côté du fleuve Dniepr. Samedi, le porte-parole du ministère russe de la Défense, Igor Konashenkov, a déclaré que les forces ukrainiennes avaient tiré sur la centrale nucléaire depuis cette même ville de Marhanets. Au cours de la journée écoulée, 17 obus ukrainiens ont touché la centrale, dont quatre ont touché le toit d’un bâtiment qui stocke le combustible nucléaire, a-t-il déclaré.

Ukrainiens et Russes se rejettent la responsabilité des frappes sur la centrale de Zaporijjia, dont le site a été ciblé par de nouveaux bombardements vendredi et samedi.

Par FRANCE 24 , avec AFP, publié le 28/08/2022 à 08h54

Photo en titre : Un soldat russe surveille une zone de la centrale nucléaire de Zaporijjia en Ukraine, le 1er mai 2022 © AP (Archive)

https://www.france24.com/fr/europe/20220828-en-direct-les-frappes-se-poursuivent-sur-nikopol-en-face-de-la-centrale-nucl%C3%A9aire-de-zaporijjia

ALERTE PRESSE : ÉCHEC DE LA 10ÈME CONFÉRENCE D’EXAMEN DU TNP À L’ONU : LE MONDE SE RAPPROCHE ENCORE PLUS DU DANGER NUCLÉAIRE !

Après quatre semaines de négociations, la 10ème conférence d’examen du Traité de non-prolifération nucléaire (TNP) s’est achevée, sans avoir réussi à répondre à l’urgence du moment et à la nécessité d’agir en matière de désarmement. Bien que la raison de cet échec repose sur le refus du document final par la Russie, les cinq États dotés d’armes nucléaires – États-Unis, Russie, Chine, France, Royaume-Uni – ont montré leur manque de volonté de mettre en œuvre leurs obligations en matière de désarmement nucléaire. Plus que jamais ce régime est largement fissuré.

Il fut donc impossible de dégager un consensus sur un document final, permettant alors de renforcer la mise en œuvre du TNP, et ce en raison des objections de la Russie à l’égard notamment de paragraphes reconnaissant la souveraineté de l’Ukraine sur la centrale nucléaire de Zaporijjia. « Pour la première fois, un conflit est venu directement interférer dans la vie du TNP » note Patrice Bouveret.

Depuis 2010, les négociations échouent à faire avancer et à mettre en œuvre les obligations existantes du TNP que doivent remplir les États dotés. Pour la première fois en effet, depuis son entrée en vigueur en 1970, deux conférences d’examen consécutives, (la dernière étant en 2015), ne parviennent pas à réunir de consensus et ce principalement en raison de désaccord sur les questions du désarmement nucléaire. Ce traité, considéré comme la pierre angulaire de la non-prolifération et du désarmement nucléaires, se fissure et perd ainsi en crédibilité au fil des années.

Pour Jean-Marie Collin « c’est une véritable occasion manquée de renforcer la sécurité mondiale, alors que tous les États dotés, dont la France, sont lancés dans une course aux armements nucléaires. Plus que jamais cet échec, résultat des puissances nucléaires, montre l’importance du Traité sur l’interdiction des armes nucléaires (TIAN) porté par de plus en plus d’États et qui comporte un plan d’action concret pour réaliser le désarmement nucléaire ».

Au lendemain de cet échec, notre Campagne ICAN France appelle :

  • La France à agir dans l’esprit et dans la lettre du TNP en mettant en œuvre de « bonne foi » l’article 6 de ce traité qui « engage à poursuivre le désarmement nucléaire » ;
  • La France à réaliser les obligations acceptées dans le document final de 1995, 2000 et 2010, comme par exemple « adopter des mesures de désarmement concrètes » et « réduire encore le rôle et l’importance des armes nucléaires dans tous les concepts, doctrines et politiques militaires et de sécurité » ;
  • Les parlementaires des commissions défense et affaires étrangères, à la veille d’une nouvelle loi de programmation militaire, à ouvrir un débat public sur la politique de dissuasion (coût, respect du droit international, pertinence en terme de défense…) et sur les conséquences humanitaires en cas d’emploi d’armes nucléaires pour la population française ;
  • Les parlementaires à soutenir le Traité sur l’interdiction des armes nucléaires, en rejoignant la trentaine d’élu.e.s français.e.s (1 800 dans le monde) qui ont signé « l’Appel des parlementaires », mis en place par notre campagne, pour promouvoir cette nouvelle norme du droit international.

Publié le 27 août 2022

http://icanfrance.org/alerte-presse-echec-conference-dexamen-tnp-onu-monde-rapproche-encore-plus-danger-nucleaire/

UKRAINE: RISQUE DE «PULVÉRISATION DE SUBSTANCES RADIOACTIVES» À LA CENTRALE NUCLÉAIRE DE ZAPORIJJIA

Il existe un risque de « pulvérisation de substances radioactives » à la centrale nucléaire ukrainienne de Zaporijjia, occupée par les troupes russes, a averti, samedi 27 août, l’opérateur public ukrainien Energoatom.

D’après Energoatom, les troupes russes ont « bombardé à plusieurs reprises au cours de la dernière journée » le site. « L’infrastructure de la centrale a été endommagée, et il existe des risques de fuite d’hydrogène et de pulvérisation de substances radioactives », a indiqué la compagnie ukrainienne  sur Telegram, ajoutant qu’il y avait « un risque d’incendie élevé ». Et, depuis samedi midi (9h TU), la centrale « fonctionne avec le risque de violer les normes de sécurité en matière de radiations et d’incendie », signale Energoatom.

Dix-sept obus

La Russie, de son côté, a également accusé l’Ukraine de bombardements sur Zaporijjia au cours des dernières 24 heures. Dans un communiqué, le ministère russe de la Défense a assuré que l’artillerie ukrainienne avait tiré dix-sept obus sur l’enceinte de la centrale, la plus grande d’Europe. « Quatre (obus) sont tombés sur le toit du bâtiment spécial n°1, où se trouvent 168 assemblages de combustible nucléaire américain de la firme Westinghouse », a-t-il précisé, ajoutant que les obus restants s’étaient écrasés à trente mètres d’un dépôt de combustible usagé et près d’un autre contenant du « combustible frais ».

Selon l’armée russe, l’armée ukrainienne procède à ces tirs depuis les alentours de la ville de Marhanet, qui fait face à la centrale, sur la rive opposée du fleuve Dniepr toujours contrôlée par Kiev. L’AFP n’a pas pu vérifier ces déclarations de source indépendante. La centrale de Zaporijjia, où sont situés six des quinze réacteurs ukrainiens, a été prise par les troupes russes début mars, peu après le lancement de l’invasion le 24 février, et se trouve près de la ligne de front dans le Sud.

Accusations mutuelles

Kiev et Moscou s’accusent mutuellement de procéder à des bombardements à proximité du complexe, lui-même proche de la ville d’Energodar sur le fleuve Dniepr. Le jeudi 25 août, la centrale a été coupée du réseau électrique ukrainien pour la première fois depuis sa mise en service il y a quatre décennies, en raison des « actions des envahisseurs », selon Energoatom.

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a déclaré que la coupure de courant avait été provoquée par le bombardement russe de la dernière ligne électrique active reliant la centrale au réseau. La centrale a été remise en service vendredi après-midi, mais M. Zelensky a prévenu que « le pire scénario est constamment provoqué par les forces russes ». L’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) demande instamment l’envoi d’une mission à la centrale « dès que possible pour aider à stabiliser la situation en matière de sûreté et de sécurité nucléaires ».

►À lire aussi Guerre en Ukraine: Volodymyr Zelensky évoque le péril autour de la centrale de Zaporijjia

Par RFI, publié le 27/08/2022 à 12h48

Photo en titre : Un soldat russe en patrouille autour de la centrale nucléaire de Zaporijjia, le 1er mai 2022 (image d’illustration). © Andrey Borodulin, AFP

https://www.rfi.fr/fr/en-bref/20220827-ukraine-risque-de-pulv%C3%A9risation-de-substances-radioactives-%C3%A0-la-centrale-de-zaporijjia

UN MIX ÉNERGÉTIQUE 100% RENOUVELABLE EST-IL VRAIMENT RENTABLE ?

Selon Mark Jacobson, un chercheur de l’université de Stanford, 145 pays pourraient couvrir leurs besoins quotidiens grâce aux énergies renouvelables. Les investissements à consentir se rembourseraient en seulement 6 ans.

On s’imagine souvent que l’écologie coûte cher et va forcément détruire l’emploi. Or, c’est faux. Ce qui est vrai, c’est que c’est l’inaction contre le changement climatique qui entraînera une baisse de PIB et de lourdes pertes d’emploi.

C’est ce que démontre Mark Jacobson, professeur et directeur du programme Énergie et Atmosphère de l’université de Stanford (Californie, États-Unis), dans une nouvelle étude publiée dans la revue Energy & Environmental Science.

À lire aussi:  La transition énergétique créera 4 fois plus d’emplois qu’elle n’en détruira

Les thèses du professeur Jacobson ne sont pas nouvelles. Déjà en 2015, cet ingénieur réputé démontrait par a+b que le monde pourrait couvrir l’intégralité de ses besoins énergétiques (y compris le transport et le chauffage) par une savante combinaison 100 % WWS (comprenez Wind Water Sun, soit éolien, hydraulique et solaire).

Dans sa dernière publication, Mark Jacobson montre que 145 pays pourraient couvrir la totalité de leurs besoins en énergie par l’énergie solaire, éolienne, hydraulique et par le stockage. La feuille de route plaide pour une transition énergétique réalisée à 100 %, idéalement pour 2035, mais pas plus tard que 2050. Le cap de 80 % de cette transition énergétique pourrait déjà être atteint en 2030 quel que soit le scenario, comme le montrent les graphiques suivants :

   

Graphiques : ligne du temps d’une transition à 100% éolien-solaire-hydraulique pour 145 pays à l’horizon 2035 (premier graphique) ou en 2050 (second graphique), avec une réalisation à 80% en 2030 dans les deux cas. Les chiffres mettent également en évidence 5 sources de réduction de la demande d’énergie pendant toute la période considérée. (Cliquer pour agrandir)

Les investissements nécessaires à cette transition seraient remboursés en 6 ans à peine. Une telle transition coûterait moins cher à terme que de conserver le système énergétique actuel.

« Au niveau mondial, la combinaison éolien-hydraulique-solaire permet de réduire de 56,4% la consommation d’énergie finale, de 62,7% les coûts énergétiques privés annuels (soit de 17,2 à 6,4 milliards d’euros par an), et de 92% les coûts sociaux annuels liés à l’énergie (de 80,5 à 6,4 milliards d’euros par an) pour un coût en valeur actuelle s’élevant à 59,5 milliards d’euros. L’association éolien-hydraulique-solaire nécessite en effet moins d’énergie, est moins coûteuse et crée davantage d’emplois que le maintien du système actuel » affirme Mark Jacobson dans sa dernière publication.

À lire aussi: Quel sera le mix énergétique idéal en 2050 ?

Une méthodologie bien éprouvée

La dernière étude de Mark Jacobson, intitulée « Low-cost solutions to global warming, air pollution, and energy insecurity for 145 countries » (« Les solutions économiques au réchauffement climatique, à la pollution de l’air et à l’insécurité énergétique pour 145 pays », en français), s’appuie sur ses derniers travaux, met à jour les données sur la consommation énergétique, et prend en compte les incertitudes liées à l’évolution du prix du stockage de l’énergie par batterie, ainsi que le développement de nouvelles technologies, telles que le vehicle-to-grid.

Toutes les technologies renouvelables sont prises en compte dans l’étude, y compris l’énergie houlomotrice et marémotrice, la géothermie, la biomasse, le solaire à concentration, le stockage d’électricité, de chaleur, de froid et d’hydrogène. Les 145 pays ont été regroupés en 24 groupes régionaux qui couvrent 99,7% des émissions mondiales de CO2.

À lire aussi:  100% de renouvelables en France, c’est possible : le rapport qui fâche EDF, le lobby et le président

Le tout est calculé grâce à un modèle informatique (appelé Loadmatch) qui permet d’équilibrer, pour chaque région, la demande variable d’énergie avec l’offre variable d’énergie, la capacité de stockage, et la couverture des besoins (demand response) toutes les 30 secondes.

Jacobson et son équipe ne sont pas les seuls scientifiques à expliquer que le 100% renouvelable est possible.

À travers le monde, des dizaines d’équipes universitaires ont démontré la même chose. Même l’IEA (l’Agence Internationale pour l’Énergie) a étudié la faisabilité de la neutralité carbone et est arrivée à la conclusion que cet objectif est possible dans la grande majorité des pays. En fait, il n’existe à notre connaissance aucune étude scientifique sérieuse qui démontre, chiffres à l’appui, que le zéro-carbone n’est pas possible.

Certains secteurs en difficulté

Les impacts du passage à une économie verte sur la création d’emplois se feront sentir différemment en fonction des secteurs.

Bien sûr, les secteurs fortement émetteurs de CO2 vont connaître des bouleversements profonds. L’extraction minière, l’exploitation des énergies fossiles, l’agriculture intensive, l’aviation et l’automobile, risquent de subir de lourdes pertes d’emplois s’ils ne se réorientent pas vers des activités plus durables.

Carlos Tavares, le patron du groupe Stellantis, affirmait l’année dernière que 5 emplois thermiques deviendront 3 emplois électriques. L’Europe et les États-Unis pourraient donc perdre plus de 400 000 emplois uniquement du fait de l’électrification du parc automobile.

À lire aussi:  France : l’ADEME enfonce le clou sur l’intérêt des énergies renouvelables

Paradoxalement, Tesla, qui a des usines aux États-Unis, en Chine et à Berlin, emploie près de 100 000 personnes dans le monde. Selon Sarah Gondy, conseillère technique au sein de l’unité des emplois verts à l’OIT (Organisation Internationale du Travail), la mise en place de l’Accord de Paris devrait générer une perte totale de 6 millions d’emplois, mais en créer 24 millions au niveau mondial d’ici 2030.

Si l’on prend en compte l’économie circulaire et la consommation, on arrive à un résultat net de 26 millions d’emplois d’ici 2030 dans le monde. Ces chiffres rejoignent ceux de Mark Jacobson, qui affirme que l’association solaire-éolien-hydraulique-stockage créera davantage d’emplois que le maintien du mix énergétique actuel. Au niveau mondial, Mark Jacobson estime qu’une telle transition créerait 28 millions d’emplois en plus qu’elle n’en détruirait.

Seuls la Russie, le Canada et certains pays d’Afrique, dont les économies sont fortement dépendantes des énergies fossiles, subiraient des pertes d’emplois nettes.

À lire aussi: travaillerez-vous demain dans le domaine des énergies propres ?

Par Bruno CLAESSENS, publié le 26 Août 2022

À propos de l’auteur Bruno CLAESSENS

Bruno Claessens est spécialiste en énergies renouvelables depuis 2008. Après avoir été conseiller éolien pendant 8 ans auprès du gouvernement wallon, il développe à présent des projets éoliens terrestres pour une société privée en Wallonie. Il est également président de l’association www.amperes.be qui vise à promouvoir la mobilité électrique, propre et responsable.

https://www.revolution-energetique.com/un-mix-energetique-100-renouvelable-est-il-vraiment-rentable/

NDLR: Vous voyez bien que le nucléaire est non seulement INUTILE et DANGEREUX  mais aussi plus cher que les renouvelables qui , EUX, permettent  une véritable  indépendance énergétique et une moindre exposition en cas de guerre (voir en Ukraine avec la centrale nucléaire de Zaporijjia). Avec le nucléaire, 20 bombes, même pas nucléaires mais bien placées et la France est à genoux sur le plan électrique!!!

ALERTE PRESSE – CONFÉRENCE D’EXAMEN DU TNP À L’ONU : VERS UN ÉCHEC ?

Dans une ambiance de guerre et de tensions internationales, la 10e Conférence d’examen (RevCon) du Traité de non-prolifération nucléaire (TNP) entame ses dernières heures. La possibilité ce vendredi 26 août de l’adoption d’un document final, après un mois de négociations, semble très complexe ! Pourtant, cela représenterait un renforcement de la sécurité internationale.

Les États ont donc jusqu’à vendredi 26 août 18 h (heure de New York), pour adopter un document final, qui manifesterait le succès de cette conférence et redonnerait un peu de force à ce régime juridique. Cependant, comme les RevCon précédentes ont pu le souligner (notamment en 1995, en 2000 et en 2010), les mesures acceptées (obligations de désarmer, diminution de la centralité de la dissuasion, réduction du rôle des armes nucléaires dans les doctrines de sécurité…) ne furent jamais réalisées par les États dotés de l’arme nucléaire (États-Unis, Russie, Chine, France et Royaume-Uni). Par exemple, la France agit totalement à rebours en poursuivant la modernisation et le renouvellement complet de ses deux composantes nucléaires.

Actuellement, le draft disponible contient des éléments que l’on peut qualifier de positifs sur les conséquences humanitaires des armes nucléaires mais ICAN France regrette que :

  • Les différents engagements proposés sur le désarmement ne sont assortis d’aucun calendrier précis ; contrairement au Plan d’action de Vienne, acté lors de la première réunion du Traité sur l’interdiction des armes nucléaires (TIAN) ;
  • Il n’y a aucune condamnation claire de toute menace d’utilisation d’armes nucléaires, implicites ou explicites. Une absence en raison, d’une part, d’une Russie qui ne veut pas « s’autocritiquer » suite aux multiples menaces exercées par elle depuis son invasion de l’Ukraine (tant en 2014 qu’en 2022) et, d’autre part, le simple fait de développer une politique de dissuasion induit — pour toutes les puissances nucléaires — la mise en œuvre d’une menace d’emploi permanente ;
  • S’il est indiqué que « la conférence reconnaît que le TIAN a été adopté le 7 juillet 2017 » et « reconnaît en outre son entrée en vigueur le 22 janvier 2021 » comme la tenue de sa première Réunion (Vienne, 22/24 juin 2022), le langage utilisé reste léger au vu de l’impact de ce nouveau traité dans le régime mondial de non-prolifération et sa complémentarité avec le TNP ;
  • Le paragraphe sur la création d’une zone exempte d’armes nucléaires et d’autres armes de destruction massive au Moyen-Orient est extrêmement faible et ne laisse en rien présager une volonté d’agir dans ce sens par les États dotés d’armes nucléaires.

Les négociations vont encore se poursuivre ces deux derniers jours et donc tout est encore possible sur l’acceptation ou non d’un document final. Cependant, une réelle crainte fait à nouveau jour pour les États non dotés, comme pour ICAN France : que signifierait l’obtention d’un tel texte, si au cours des années qui suivent (comme ce fut le cas par le passé) les puissances nucléaires n’agissent pas en respectant leur engagement ? Cette réalité a déjà entamé la crédibilité du TNP, et il ne faudrait pas que cela se poursuive. Car si ce régime devait un jour faillir totalement, la faute n’en incomberait pas aux États non dotés d’armes nucléaires (qui soutiennent dans leur majorité le TIAN), mais bien aux États-Unis, à la Russie, à la Chine, à la France et au Royaume-Uni.

Par ICAN, publié le 25 août 2022

http://icanfrance.org/alerte-presse-conference-examen-tnp-onu-echec/

JAPON : L’EXTRACTION DU COMBUSTIBLE FONDU DE FUKUSHIMA DE NOUVEAU REPORTÉE

Tepco a annoncé qu’il ne commencerait finalement à extraire le combustible fondu qu’à partir de fin 2023 ou début 2024, alors que l’opération était prévue pour cette année. Le groupe invoque la nécessité d’avoir un « temps de préparation supplémentaire » pour des raisons de sécurité.

Le retrait du combustible fondu et d’autres débris radioactifs d’un des réacteurs de la centrale de Fukushima devait débuter cette année, après un premier report par rapport à l’objectif initial de 2021. Mais, pour des raisons de sécurités, Tepco (Tokyo Electric Power Company), opérateur de la centrale nucléaire, a annoncé un nouveau report jeudi.

Le producteur d’électricité a déclaré avoir besoin d’une « période de préparation supplémentaire » de douze à dix-huit mois « pour améliorer la sécurité et assurer le succès » des recherches à l’intérieur des réacteurs et la récupération du combustible fondu qui a coulé au fond des enceintes de confinement des réacteurs lors de l’accident nucléaire de 2011. Cela signifie que l’extraction ne devrait pas commencer avant fin 2023 ou début 2024.

Lire aussi : Fukushima : les robots japonais n’ont toujours pas attaqué le cœur du chantier

Des ingénieurs sont en train d’achever les préparatifs en vue de l’utilisation d’un bras robotique spécialement conçu pour cette mission ultra-délicate, notamment en ajustant sa vitesse et sa précision, a précisé Tepco. Développé au Royaume-Uni par Veolia Nuclear Solutions et Mitsubishi Heavy Industries, ce bras robotique de plus de 20 mètres de long a été livré en juillet après un retard dû à la pandémie de Covid.

Un démantèlement de plusieurs de décennies

Tepco, le gouvernement japonais et une multitude d’entreprises d’ingénierie travaillent au démantèlement des réacteurs endommagés à Fukushima, qui devrait durer trente à quarante ans. Le coût total du démantèlement est estimé à 8.000 milliards de yens (63,5 milliards d’euros), que Tepco dit pouvoir couvrir. Mais ce montant déjà énorme ne comprend pas le coût du traitement et d’élimination des eaux contaminées sur le site de la centrale, qui doivent être progressivement déversées et diluées dans l’océan sur plusieurs décennies sous la supervision de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA).

Lire aussi : Le Japon donne un nouveau coup d’accélérateur à sa relance nucléaire

Cette annonce intervient alors que le gouvernement japonais cherche à relancer la production d’énergie nucléaire sur son sol. Le Premier ministre Fumio Kishida a annoncé mercredi qu’une réflexion allait être lancée sur la construction éventuelle de « réacteurs nucléaires de nouvelle génération ». Une réponse à la crise énergétique actuelle.

Par Les Échos avec AFP, publié le 26 août 2022 à 11h57

Photo en titre : Le coût total du démantèlement de la centrale de Fukushima est estimé à plus de 60 milliards d’euros. (Atsushi Taketazu/AP/SIPA)

https://www.lesechos.fr/monde/asie-pacifique/japon-lextraction-du-combustible-fondu-de-fukushima-de-nouveau-reportee-1783943

EDF : « IL EST VRAIMENT URGENT » DE « SORTIR DE CETTE DÉPENDANCE AU PARC NUCLÉAIRE QUI NOUS FRAGILISE DE PLUS EN PLUS », ALERTE UN EXPERT

Yves Marignac plaide entre autres pour une diversification de notre système électrique et une maîtrise de notre consommation d’électricité, mais aussi le développement des énergies renouvelables.

« Il est vraiment urgent » de « sortir de cette dépendance au parc nucléaire qui nous fragilise de plus en plus », a alerté jeudi 25 août sur franceinfo Yves Marignac, consultant sur le nucléaire et la transition énergétique au sein du groupe négaWatt. EDF a annoncé le prolongement de l’arrêt de quatre réacteurs, affectés par des problèmes de corrosion, pendant plusieurs semaines cet automne.

franceinfo : En quoi consistent les problèmes de corrosion dont parle EDF ?

Yves Marignac : Il s’agit de problèmes touchant l’intérieur de circuits essentiels pour la sûreté, notamment celui qui sert à refroidir un réacteur en cas d’urgence. Ce sont donc des équipements dont la défaillance n’est pas envisageable. Et la capacité d’EDF à redémarrer les réacteurs suppose deux choses : la première, c’est de réparer, c’est-à-dire de disposer des pièces et des opérateurs pour refaire les soudures. La deuxième, c’est de pouvoir garantir, comme le demande l’Autorité de sûreté nucléaire, qu’une surveillance pourra être menée afin de détecter toute réapparition éventuelle de ces corrosions. Pour le moment, EDF ne dispose pas d’un procédé qualifié pour le faire.

32 réacteurs français sur 56 sont aujourd’hui à l’arrêt. Cela a-t-il un impact sur la production d’électricité ?

Oui, cela a un impact majeur. EDF indique que la production d’électricité sur l’année sera probablement de 280 térawatt-heure, alors que la production attendue d’un parc nucléaire français fonctionnant normalement est de 430 térawatt-heure. Il va donc pratiquement tomber à 50%, ce qui est extrêmement bas et historiquement inédit. Cela pose d’énormes problèmes pour l’approvisionnement électrique à court terme, et surtout de grandes inquiétudes pour l’approvisionnement cet hiver.

Risque-t-on des coupures d’électricité cet hiver ?

Tout dépendra d’éventuelles vagues de froid, puisqu’il y a une très grande sensibilité du système électrique français aux besoins de chauffage. Le moindre degré en moins l’hiver tire tout de suite sur les besoins de production. Donc il n’y aura probablement pas de risque de coupure au sens d’un black out total, mais des situations de coupures organisées, pour faire face à une situation de pénurie temporaire d’électricité, sont tout à fait possible.

Quelles conclusions faut-il tirer de cette situation, selon vous ?

La première conclusion est la dépendance croissante de notre sécurité électrique à un parc nucléaire qui connaît un niveau historiquement inédit de défaillance, mais qui au fil des années voit ses performances se dégrader. Il est donc nécessaire de diversifier notre système électrique, de travailler avant tout à la maîtrise de notre consommation d’électricité, d’améliorer l’efficacité de nos équipements et surtout de notre parc de bâtiments. Il faut aussi développer les énergies renouvelables, puisqu’il ne s’agit pas de dépendre davantage des énergies fossiles. Tous ces sujets sont connus depuis longtemps, et les gouvernements successifs ont accumulé du retard. Il est vraiment urgent d’accélérer la mise en œuvre de cette transition et de sortir de cette dépendance au parc nucléaire, qui nous fragilise de plus en plus.

Par franceinfo, Radio France, publié le 25/08/2022 à 19h56, mis à jour le 26/08/2022 à 09h18

Photo en titre : Le siège d’EDF à La Défense. Illustration. (MAXIME GRUSS / HANS LUCAS / AFP)

https://www.francetvinfo.fr/societe/nucleaire/edf-il-est-vraiment-urgent-de-sortir-de-cette-dependance-au-parc-nucleaire-qui-nous-fragilise-de-plus-en-plus-alerte-un-expert_5326075.html

EN PLEINE GUERRE, LA FRANCE REÇOIT DE L’URANIUM RUSSE

Une livraison qui fait désordre, au lendemain de l’exhortation d’Emmanuel Macron de ne faire preuve d’« aucune faiblesse, aucun esprit de compromission » à l’égard de l’agresseur de l’Ukraine. La France a reçu 52 fûts d’uranium enrichi provenant de Russie, le 24 août.

La cargaison, expédiée de Saint-Pétersbourg, a été déchargée le matin du cargo Mikhail Dudin, selon un communiqué de Greenpeace du 25 août. Elle a ensuite été chargée à bord de camions à destination de la vallée du Rhône, où se trouvent les sites nucléaires de Pierrelatte et de Romans-sur-Isère, où sont fabriqués les combustibles nucléaires alimentant les centrales françaises.

« Alors qu’Emmanuel Macron prononce de beaux discours sur les efforts engagés pour soutenir l’Ukraine et se targue d’une position ferme vis-à-vis de la Russie, l’industrie nucléaire française continue son business « as usual » en toute discrétion, a taclé Yannick Rousselet, expert en sûreté nucléaire pour Greenpeace France. L’industrie nucléaire française ne devrait pas bénéficier de passe-droit pour continuer son commerce avec la Russie et ces importations scandaleuses doivent cesser immédiatement. »

En mars dernier, l’ONG avait publié une note sur les multiples liens entre les industries nucléaires française et russe. On peut y lire que la France a importé 19 245 tonnes d’uranium naturel et 8 213 tonnes d’uranium enrichi de Russie entre 2000 et 2020. En outre, depuis le début des années 2000, près de la moitié de l’uranium utilisé en France provient du Kazakhstan, pays de la sphère d’influence russe.

Publié le 25 août 2022 à 15h14

Photo en titre : Wikimedia Commons/CC0

https://reporterre.net/En-pleine-guerre-la-France-recoit-de-l-uranium-russe?utm_source=newsletter&utm_medium=email&utm_campaign=nl_quotidienne

NDLR : je ne dois pas avoir la même conception de l’indépendance énergétique que les défenseurs du nucléaire, Macron en tête, claironnent en permanence !

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UKRAINE-LA CENTRALE DE ZAPORIJJIA DE NOUVEAU RELIÉE AU RÉSEAU ÉLECTRIQUE, DIT L’AIEA

KYIV, 25 août (Reuters) – Le dernier câble alimentant en électricité la centrale nucléaire ukrainienne de Zaporijjia, passée sous contrôle russe, fonctionne à nouveau après des interruptions dans la journée, a déclaré jeudi l’Agence internationale de l’énergie atomique, qui dit avoir été informée par l’Ukraine.

« L’Ukraine a informé l’AIEA que la ZNPP, la plus grande centrale nucléaire d’Europe, a perdu la connexion avec le réseau électrique au moins à deux reprises au cours de la journée mais qu’elle était de nouveau alimentée actuellement« , a déclaré l’AIEA dans un communiqué, en précisant qu’elle ne disposait pas dans l’immédiat d’informations sur la cause directe de ces pannes.

Energoatom, le gestionnaire du parc nucléaire ukrainien, avait auparavant déclaré que les deux réacteurs encore en activité de Zaporijjia avaient été déconnectés du réseau, des incendies à proximité ayant endommagé les câbles électriques.

Selon Energoatom, le feu a pris dans une centrale à charbon située près de la centrale et a endommagé les câbles qui la relient au réseau électrique ukrainien.

« En conséquence, les deux unités de production électrique de la centrale ont été déconnectés du réseau« , a ajouté Energoatom dans un communiqué publié sur Telegram.

L’armée russe a pris le contrôle de la centrale de Zaporijjia dès les premières semaines de son offensive militaire en Ukraine, lancée en février.

Les abords du site subissent depuis plusieurs semaines des bombardements réguliers, dont la Russie et l’Ukraine se rejettent la responsabilité, ce qui suscite des craintes de catastrophe nucléaire.

Le directeur général de l’AIEA, Rafael Grossi, a déclaré jeudi que l’agence onusienne était « très très proche » de pouvoir accéder à la centrale.

Reportage Natalia Zinets et Max Hunder, avec François Murphy à Vienne, version française Marc Angrand et Bertrand Boucey, édité par Sophie Louet

Publié le 25/08/2022 à 18h50, © Reuters 2022

Photo en titre : Photo: KEYSTONE/AP

https://www.zonebourse.com/cours/devise/US-DOLLAR-RUSSIAN-ROUBL-2370597/actualite/Ukraine-La-centrale-de-Zaporijjia-de-nouveau-reliee-au-reseau-electrique-dit-l-AIEA-41555900/

CORROSION : EDF PROLONGE L’ARRÊT DE CINQ RÉACTEURS NUCLÉAIRES EN PLEINE CRISE DE L’ÉNERGIE

EDF a fait savoir ce jeudi que plusieurs réacteurs nucléaires seront remis en service plus tard que prévu, ce qui entraînera un plus grand déficit d’approvisionnement en électricité pour octobre, novembre et décembre. L’annonce a immédiatement fait bondir les cours sur les marchés, qui atteignaient déjà des niveaux inédits au moment où la France s’inquiète d’un manque de production électrique cet hiver.

L’étau se resserre, et les chances de passer l’hiver sans coupures s’amincissent. En effet, alors qu’EDF a déjà largement abaissé ses prévisions de production nucléaire pour cet hiver, avec 280 à 300 térawattheures (TWh) seulement générés cette année (contre environ 400 en temps « normal »), le fournisseur historique a fait savoir ce jeudi que cinq réacteurs verront leur arrêt prolongé de plusieurs semaines.

De quoi alarmer un peu plus le marché, qui anticipe un manque d’électricité en France dans les prochains mois. Résultat : le mégawattheure (MWh) s’échange désormais à plus de 1.500 euros sur la bourse EEX pour le 1er trimestre 2023, contre environ 50 euros avant la crise.

Et pour cause, plusieurs centrales font face à un défaut de corrosion dont l’origine et l’ampleur restent inconnues, et qui a déjà obligé EDF à mettre à l’arrêt 12 réacteurs nucléaires. Concrètement, quatre réacteurs dont la fermeture sera prolongée le seront pour cette raison : Cattenom 1, 2 et 3, ainsi que Penly 1, dont les remises sur le réseau sont respectivement prévues les 1er novembre, le 1er décembre, le 14 novembre et le 23 janvier. Cela représentera ainsi 3 gigawatts de moins pour le réseau en octobre, 2 GW en novembre et 700 mégawatts en décembre, sur les quelque 61 GW de capacité du parc français.

« La raison est simple : nous avions élaboré un programme de contrôle et de réparation des réacteurs touchés par le défaut de corrosion soumis à l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN), que cette dernière avait validé dans les grandes lignes. Mais les analyses de résultats des derniers examens sur ces quatre réacteurs nous permettent de préciser le calendrier de programme de réparation », explique-t-on chez l’électricien.

Quant au cinquième réacteur dont l’arrêt est maintenu, il s’agit de Bugey 2, non touché par un défaut de corrosion mais qui devra subir des « opérations de maintenance ».

Les objectifs de production restent maintenus

Pour autant, ces prolongations « n’auront pas d’impact sur les prévisions de production nucléaire », même si celle-ci se situerait« plutôt sur le bas de la fourchette », soit autour de 280 TWh, explique à La Tribune un porte-parole. « On remplira les objectifs », insiste-t-il. De fait, pour faire face à la hausse de la consommation, EDF prévoit toujours de remettre en service environ 40 GW d’ici à fin décembre, alors que 32 réacteurs nucléaires sur 56 sont aujourd’hui arrêtés.

Il n’empêche que la situation inquiète. Car le pays disposera de très peu de marges, et pourrait voir la situation lui échapper en cas de forte demande, notamment si l’hiver s’avère plus froid que prévu. Par ailleurs, ce problème d’indisponibilité des centrales nucléaires ne sera pas réglé demain : EDF devra contrôler l’ensemble de son parc d’ici à 2025 par ultrasons pour rechercher d’éventuelles traces du défaut de corrosion, en priorisant les zones les plus sensibles des réacteurs de 1.450 MW (les plus puissants) et certains de 1.300 MW.

Enfin, l’indisponibilité historique de ses réacteurs pourrait coûter très cher à EDF lui-même, au moment où l’énergéticien public gagne de plus en plus de clients, effrayés par l’impact possible de la crise de l’énergie sur leurs factures et désireux de se voir protégés par le bouclier tarifaire. De fait, pour assumer ces nouveaux arrivants, le groupe devra racheter de nombreux électrons sur les marchés à terme, tirés à la hausse par ses propres déboires. Pour l’instant, EDF estime l’impact de la corrosion sous contrainte sur le bénéfice avant intérêts, impôts, dépréciations et amortissements (Ebitda) à 24 milliards d’euros environ cette année, a précisé fin juillet le PDG d’EDF, Jean-Bernard Lévy.

Par Marine Godelier , publié le 25 août 2022 à 17h53

Photo en titre : 32 réacteurs sur les 56 que compte le parc nucléaire français sont aujourd’hui à l’arrêt. (Crédits : Reuters)

https://www.latribune.fr/entreprises-finance/industrie/energie-environnement/corrosion-edf-prolonge-l-arret-de-cinq-reacteurs-nucleaires-en-pleine-crise-de-l-energie-928596.html

EDF PROLONGE L’ARRÊT DE QUATRE RÉACTEURS NUCLÉAIRES, MAUVAISE NOUVELLE POUR L’APPROVISIONNEMENT ET LES PRIX

Le groupe conserve sa prévision de production nucléaire pour 2022.

Quatre réacteurs nucléaires, affectés par des problèmes de corrosion, verront leur arrêt prolongé de plusieurs semaines cet automne, un retard qui pourrait tendre un peu plus l’approvisionnement électrique du pays et nourrir une flambée des prix déjà inédite.

Le prix de l’électricité en France ne cesse de monter depuis plusieurs mois, battant des records absolus: il a atteint jeudi 900 euros le mégawattheure, pour livraison l’an prochain, contre moins de 100 euros il y a un an, et moins de 50 euros ordinairement dans les années précédentes. EDF, qui a publié mercredi soir ce nouveau calendrier, maintient sa prévision de production nucléaire pour 2022 entre 280 et 300 térawattheures (TWh), mais reconnaît que la production atteindrait «probablement» le bas de cette fourchette, via un porte-parole jeudi.

À lire aussi : EDF subit une perte historique de 5,3 milliards

Cette prolongation est liée à «une meilleure estimation» du temps nécessaire à mener les investigations et travaux de réparation, ajoute-t-il. Entre opérations de maintenance prévues et arrêts liés à ce sujet de corrosion, 32 réacteurs nucléaires étaient jeudi à l’arrêt, sur un total de 56. La découverte depuis quelques mois de problèmes de corrosion sous contrainte a entraîné la mise à l’arrêt de 12 réacteurs, les autres étant arrêtés pour des maintenances prévues.

Ces problèmes de corrosion ont été détectés ou soupçonnés au niveau de soudures des coudes des tuyauteries d’injection de sécurité (RIS) – qui permettent de refroidir le réacteur en cas d’accident – reliées au circuit primaire. Cette corrosion dite «sous contrainte» se traduit par des petites fissures. EDF a proposé une méthode pour vérifier et régler ces problèmes, validée fin juillet par l’Autorité de sûreté nucléaire, qui a donné son accord pour que le groupe contrôle l’ensemble de ses réacteurs d’ici à 2025, par ultrasons. Les quatre réacteurs concernés par la prolongation des arrêts sont: Cattenom 1 (remise sur le réseau désormais prévue le 1er novembre), Cattenom 3 (11 décembre), Cattenom 4 (14 novembre), et Penly 1 (23 janvier 2023).

Des délestages en dernier recours

La production nucléaire d’EDF est déjà à un niveau historiquement faible, ce qui a contribué à une hausse sans précédent des prix de gros de l’électricité. De nombreux autres réacteurs sont en maintenance pour rattraper les retards imposés par la période de confinement liée au Covid. EDF avait déjà dû réviser mi-mai son estimation de production nucléaire annuelle. Pour autant, mi-juillet, devant le Sénat, un haut responsable d’EDF s’était voulu rassurant, évoquant de «très fortes chances» de passer l’hiver sans délestage.

À lire aussi : L’État sort EDF de la Bourse pour 9,7 milliards d’euros

«Il n’y a pas eu de black-out en France depuis 1978 et même si on est dans une situation très difficile, il y a quand même de très fortes chances que nous passions l’hiver sans délestage», avait déclaré Marc Benayoun, directeur exécutif d’EDF chargé du pôle clients, services et territoires, et a fortiori «si les stocks de gaz sont normalement remplis». Jeudi, la France avait rempli à 90% ses stocks de gaz pour l’hiver, selon la plateforme européenne Agregated Gas Storage Inventory (AGSI), et était en bonne route pour tenir ses objectifs de 100% afin d’affronter cet hiver de potentielles pénuries liées à la guerre en Ukraine. Lors d’un point presse jeudi sur les ressources électriques, le ministère de la Transition énergétique a pour sa part jugé que le délestage serait «uniquement une solution de dernier recours».

Par Le Figaro avec AFP, publié le 25 août 2022

Photo en titre : L’approvisionnement électrique est sous haute tension. olrat / stock.adobe.com

Pour retrouver cet article ou l’écouter (1mn24s), cliquer sur : https://www.lefigaro.fr/conjoncture/corrosion-edf-va-prolonger-l-arret-de-cinq-reacteurs-nucleaires-de-plusieurs-semaines-20220825

ZAPORIJIA: COMMENT LES RUSSES ONT PRÉPARÉ LA DÉCONNEXION DE LA CENTRALE DU RÉSEAU UKRAINIEN

L’agence nucléaire ukrainienne a annoncé jeudi que la Russie avait déconnecté la centrale nucléaire de Zaporijia du réseau national. Dès mercredi, dans un entretien au Guardian, le patron d’Energoatom dévoilait la feuille de route des Russes pour détourner l’électricité du site. Une manœuvre qui mettrait selon lui en danger son système de refroidissement.

Le communiqué de l’agence atomique ukrainienne, est tombé dans l’après-midi de ce jeudi sur la plateforme Telegram. « Les deux réacteurs de la centrale en fonctionnement ont été déconnectés du réseau. En conséquence, les actions des envahisseurs ont provoqué une déconnexion totale de la centrale nucléaire de Zaporijia du réseau électrique, pour la première fois dans son histoire« , proclame gravement le texte.

Une annonce qui inquiète d’autant plus que ces dernières semaines, les frappes se sont multipliées sur ce site hautement stratégique, pris par les Russes et que les Ukrainiens entendent regagner. Ces tensions laissent redouter un accident nucléaire à la communauté internationale, et la déconnexion effective de la centrale renforce encore ces craintes.

La veille, Petro Kotin, patron d’Energoatom, l’agence atomique ukrainienne, avait prévenu que l’envahisseur se préparait bien à soustraire la centrale nucléaire de Zaporijia – la plus grande d’Europe – au réseau national et européen pour nourrir en électricité les territoires détenus par la Russie. Il a même révélé mercredi au Guardian les plans échafaudés pour y parvenir, qu’il dit tenir des employés du site.

Feuille de route

« La condition préliminaire du plan est d’endommager gravement les lignes qui connectent la centrale de Zaporijia au système ukrainien. Ils viennent de commencer, de lancer les bombardements pour couper ces lignes« , a-t-il affirmé.

Ainsi, alors que Russes et Ukrainiens se tiennent mutuellement pour responsables des frappes ayant récemment visé l’endroit dernièrement, l’explication de Petro Kotin pourrait éclairer les éventuelles motivations russes pour cibler une installation pourtant occupée par leurs soldats.

Les affres de la guerre ont déjà largement rempli leur office. D’après le communiqué d’Energoatom ce jeudi, les six réacteurs que compte la centrale sont désormais hors service. Sur les quatre lignes principales permettant de relier la centrale nucléaire de Zaporijia au réseau ukrainien, trois avaient été neutralisées auparavant selon Petro Kotin. Quant aux trois lignes de secours, deux ont subi le même sort.

Une transition périlleuse

Il ne s’agit pas là d’un simple vandalisme et l’affaire laisse craindre bien davantage qu’un détournement énergétique. En effet, déconnecter la centrale revient à s’en remettre pour un temps à une seule source électrique et par conséquent, à mettre en péril tout son système de refroidissement. De quoi accroître la peur d’un accident nucléaire.

La phase de transition d’un réseau à un autre serait particulièrement dangereuse. « On ne peut pas passer de l’un à l’autre immédiatement. Il vous faut d’abord tout éteindre d’un côté, avant de commencer la bascule de l’autre. Pendant cette déconnexion, la centrale ne sera connectée à aucune source de courant« , a souligné Petro Kotin.

Or, comme l’a également mis en valeur le patron du nucléaire ukrainien, il suffirait de 90 minutes sans électricité pour que le site atteigne une température préoccupante… voire pour qu’une fusion débute dans ses turbines.

« Campagne de terreur »

Le comportement des Russes sur place angoisse Petro Kotin pour une autre raison. D’après les informations que lui auraient transmises le personnel, les véhicules de l’armée d’occupation entravent les accès aux turbines encore en marche: avec, dans le détail, 14 engins dans le hall de l’une, et au moins six dans le hall de la seconde. Autant dire qu’en cas d’incendie, les pompiers ne pourraient pas s’approcher du foyer.

Enfin, le directeur d’Energoatom a évoqué une « campagne de terreur » contre le personnel ukrainien. En effet, si les soldats russes se sont rendus maîtres de la centrale dès le 4 mars, ce sont toujours les opérateurs d’origine – des Ukrainiens donc – qui y travaillent. Petro Kotin a assuré que 200 d’entre eux avaient été placés en détention, un homme battu à mort et un dernier grièvement blessé.

La communauté internationale se mobilise pour s’assurer de la sécurité de la centrale nucléaire. Ce jeudi, quelques heures avant l’annonce de sa « déconnexion totale » par les Ukrainiens, Rafael Mariano Grossi, directeur de l’Agence internationale de l’énergie atomique, s’est félicité auprès de France 24 d’avoir pu décrocher un « accord de principe » entre les belligérants et leurs partenaires pour une visite d’inspection de ce site si sensible.

Par Robin Verner, Journaliste BFMTV, publié le 25/08/2022 à 17h08

https://www.bfmtv.com/international/zaporijia-comment-les-russes-ont-prepare-la-deconnexion-de-la-centrale-du-reseau-ukrainien_AV-202208250434.html

EN UKRAINE, ZAPORIJIA : LA CENTRALE « TOTALEMENT DÉCONNECTÉE » DU RÉSEAU

La centrale nucléaire de Zaporijia, sous contrôle russe et dont les environs ont été la cible de plusieurs bombardements, est « totalement déconnectée » du réseau à la suite de l’endommagement des lignes de communication. « Les deux réacteurs de la centrale en fonctionnement ont été déconnectés du réseau. Par conséquent, les actions des envahisseurs ont provoqué une déconnexion totale de la centrale nucléaire de Zaporijia du réseau électrique, pour la première fois de son histoire », annonce l’opérateur ukrainien Energoatom sur Telegram.

Selon l’opérateur ukrainien, des incendies sur le territoire de la centrale thermique de Zaporijia, située à proximité de la centrale nucléaire, dans le sud de l’Ukraine, ont provoqué par deux fois la déconnexion de la dernière (quatrième) ligne de communication reliant le site au réseau électrique. « Trois autres lignes de communication avaient été précédemment endommagées lors d’attaques terroristes » russes, poursuit Energoatom. L’approvisionnement en électricité de la centrale nucléaire en elle-même est assuré depuis la centrale thermique, selon la même source. « Des opérations sont en cours pour connecter un réacteur au réseau », a-t-elle ajouté.

En mars, la centrale de Tchernobyl avait été complètement déconnectée du réseau électrique en raison d’actions militaires russes, ravivant les craintes liées à l’état des installations.

Publié le 25 août 2022 à 15h48

https://www.lemonde.fr/international/live/2022/08/25/guerre-en-ukraine-en-direct-la-centrale-nucleaire-de-zaporijia-totalement-deconnectee-du-reseau_6138958_3210.html

NDLR: l’accident nucléaire se rapproche…

NUCLÉAIRE ET CLIMAT : L’HUMANITÉ EST CONFRONTÉE À DEUX MENACES EXISTENTIELLES – NOAM CHOMSKY

Nous vivons une époque dangereuse et déconcertante. L’humanité est confrontée à deux menaces existentielles qui pourraient mettre fin à la civilisation telle que nous la connaissons — ainsi qu’à toute autre forme de vie sur Terre. Pourtant, dans le cas du réchauffement de la planète et des armes nucléaires, la coopération internationale fait cruellement défaut. Pire encore, en ce qui concerne les armes nucléaires, depuis l’invasion de l’Ukraine par la Russie, la tendance est à la banalisation de l’idée d’une guerre nucléaire. En fait, comme l’affirme Noam Chomsky dans cet entretien en exclusivité avec Truthout, la dénégation de la réalité de la menace d’annihilation nucléaire a atteint des niveaux très dangereux et « les instruments visant à réduire la menace de guerre finale sont jetés aux orties ». Pourtant, il n’est pas nécessaire qu’il en soit ainsi.

« La vie humaine est encore présente, souligne Chomsky. Les moyens de protéger l’humanité de la menace existentielle que constituent les armes nucléaires sont réalistes. »

Chomsky est professeur émérite du département de linguistique et de philosophie du MIT, professeur lauréat de linguistique [Le titre de professeur lauréat est décerné aux universitaires les plus éminents en reconnaissance de leurs réalisations et de leur contribution exceptionnelle à leur domaine d’études et à leur université, NdT] et titulaire de la chaire Agnese Nelms Haury du programme sur l’environnement et la justice sociale de l’université d’Arizona. Il est l’un des chercheurs les plus fréquemment cités dans le monde et un intellectuel reconnu considéré par des millions de personnes comme un trésor national et international, Chomsky a publié plus de 150 ouvrages sur la linguistique, la pensée politique et sociale, l’économie politique, l’étude des médias, la politique étrangère des États-Unis et les affaires mondiales. Ses derniers livres sont The Secrets of Words (avec Andrea Moro ; MIT Press, 2022) (Le mystère des mots, non traduit) ; The Withdrawal : Iraq, Libya, Afghanistan, and the Fragility of U.S. Power (avec Vijay Prashad (Le repli : Irak, Libye, Afghanistan, et la fragilité de la puissance américaine, non traduit ); The New Press, 2022) ; et The Precipice : Neoliberalism, the Pandemic and the Urgent Need for Social Change (avec C. J. Polychroniou ; Haymarket Books, 2021) (Le Précipice : néolibéralisme, pandémie et urgence d’un changement social, non traduit).

C.J. Polychroniou : Noam, l’invasion de l’Ukraine par la Russie a engendré plusieurs conséquences inattendues et imprévues. L’une d’elles, dont on ne débat pas autant qu’il le faudrait, est que l’utilisation des arsenaux nucléaires, certes avec des performances plus faibles, est presque banalisée. En effet, au cours de cette guerre, nous avons entendu plusieurs scénarios expliquant comment la Russie pourrait utiliser des armes nucléaires et, dans les premiers jours de l’invasion, le président russe Vladimir Poutine a même donné l’ordre de placer les forces nucléaires de son pays en état d’alerte maximale. Et le mois dernier, il a déclaré que la Russie utiliserait des armes nucléaires pour défendre sa souveraineté, soulignant que « l’ère du monde unipolaire » avait pris fin. D’un autre côté, des personnes comme Francis Fukuyama affirment que la possibilité d’une guerre nucléaire « n’est pas quelque chose dont on devrait s’inquiéter », parce qu’il y a de multiples possibilités de s’arrêter avant d’en arriver là. Comment en sommes-nous arrivés à une telle attitude de nonchalance vis-à-vis des armes nucléaires ?

Noam Chomsky : Avant d’aborder les questions importantes soulevées, nous devons garder fermement à l’esprit une préoccupation impérieuse : les grandes puissances trouveront un moyen de coopérer pour résoudre les problèmes critiques d’aujourd’hui, sinon le naufrage de la société humaine sera si extrême que plus personne ne s’en souciera. Tout le reste devient caduc quand on reconnaît ce fait fondamental concernant le monde contemporain, qui est vraisemblablement la dernière étape de l’histoire de l’humanité. On ne saurait le répéter trop souvent ou trop fermement.

Dans le Toronto Star, la journaliste et analyste politique chevronnée Linda McQuaig a écrit qu’elle venait d’entendre « ce qui m’a paru être probablement la remarque la plus stupide jamais prononcée à la télévision. Et je sais que la barre est haute ».

McQuaig faisait référence au « célèbre politologue américain Francis Fukuyama » et à son commentaire que vous venez de citer. Pour le dire simplement, « il n’y a pas lieu de s’inquiéter au sujet de la guerre nucléaire. Croyez-moi sur parole. »

Pour défendre la « remarque probablement la plus stupide jamais prononcée à la télévision », nous pourrions faire valoir qu’elle est non seulement utilisée de façon courante, mais qu’elle est en fait implicite dans la politique officielle des États-Unis. En avril dernier, le secrétaire à la défense Lloyd Austin a déclaré que l’objectif de Washington en Ukraine était « de voir la Russie affaiblie au point qu’elle ne puisse plus faire le genre de choses qu’elle a faites en envahissant l’Ukraine ». Il a été admonesté par le président, mais « les responsables ont reconnu que c’était effectivement la stratégie à long terme, même si Biden ne voulait pas provoquer publiquement Poutine pour le pousser à une escalade ».

La stratégie à long terme consiste donc à poursuivre la guerre afin d’affaiblir la Russie, et ce à un degré considérablement plus radical que le traitement infligé à l’Allemagne à Versailles il y a un siècle, lequel n’a pas atteint l’objectif proclamé.

La stratégie à long terme a été réaffirmée avec suffisamment de clarté lors du récent sommet de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN), qui a abouti à un nouveau « concept stratégique » reposant sur un principe fondamental : pas de diplomatie en ce qui concerne l’Ukraine, mais simplement la guerre pour « affaiblir la Russie ».

Il n’est pas nécessaire d’être grand clerc pour comprendre que cela se rapproche de ce qui pourrait être la remarque la plus stupide jamais formulée. L’hypothèse tacite est que, pendant que les États-Unis et leurs alliés s’emploient à affaiblir suffisamment la Russie, les dirigeants russes se tiendront tranquilles, s’abstenant de recourir aux armes de pointe dont nous savons tous que la Russie dispose.

Croyez nous sur parole.

Peut-être, mais c’est un sacré pari, non seulement pour le sort des Ukrainiens, mais aussi pour bien d’autres.

Pour défendre davantage cette folie colossale, nous pourrions ajouter que c’est le bon sens qui prévaut. Il est communément admis que nous pouvons ignorer le bilan choquant des 75 dernières années, lequel démontre avec une clarté magistrale que c’est un quasi-miracle que nous ayons échappé à la guerre nucléaire — une guerre qui sera finale si de grandes puissances sont impliquées.

Les exemples sont légion. Pour n’en citer qu’un, certaines des études les plus minutieuses et les plus sophistiquées concernant l’opinion publique et les grandes questions sont menées par le programme de communication sur le changement climatique de l’université de Yale. Bien que le climat soit le principal objet de leurs préoccupations, les études ont une portée beaucoup plus large.

L’étude la plus récente, qui vient d’être publiée, pose 29 grandes questions d’actualité et demande aux sujets de les classer en fonction de leur importance dans la perspective des élections de novembre prochain. La guerre nucléaire n’est pas mentionnée. La menace est grave et croissante, et il est facile d’élaborer des scénarios des plus plausibles qui conduiraient à une escalade menant tout droit à la destruction finale. Mais nos dirigeants et nos « célèbres politologues » nous assurent, que ce soit explicitement ou implicitement : « Inutile de vous inquiéter, croyez-nous sur parole. »

Ce qui est exclu de l’étude est assez terrifiant. Ce qui y est inclus l’est à peine moins. « Sur les 29 questions que nous avons posées, rapportent les directeurs du sondage, les électeurs inscrits ont globalement indiqué que le réchauffement climatique était la 24ème question la plus importante en matière d’enjeu électoral. »

Ce n’est que la question la plus importante qui se soit jamais posée dans l’histoire de l’humanité, au même titre que la guerre nucléaire.

Si on y regarde de plus près, les choses sont encore pires. Les Républicains pourraient bien remporter le Congrès dans quelques mois. Leurs dirigeants ne cachent pas leur intention de trouver des moyens de s’accrocher de façon quasi permanente au pouvoir politique, sans tenir aucun compte de la volonté populaire, et ils pourraient y parvenir avec l’aide de la Cour suprême ultra-réactionnaire. Le parti — l’appeler ainsi est lui faire honneur — a été 100 % négationniste concernant le réchauffement climatique depuis qu’il a cédé à la charge du conglomérat Koch en 2009, et ses dirigeants ont entraîné la base électorale. Dans l’étude de Yale, les Républicains modérés ont placé le réchauffement climatique en 28ème position sur les 29 options proposées. Les autres l’ont classé 29ème.

Les deux questions les plus importantes de l’histoire de l’humanité, littéralement des questions de survie, pourraient bientôt ne plus être à l’ordre du jour dans l’État le plus puissant de l’histoire de l’humanité, perpétuant ainsi la funeste expérience des quatre années Trump.

Pas totalement exclues, bien sûr. Il existe des voix raisonnables, dont certaines jouissent d’un prestige et d’une expérience considérables. Il y a dix ans, quatre d’entre eux — William Perry, Henry Kissinger, George Shultz et Sam Nunn — ont rédigé une tribune pour le Wall Street Journal appelant à « infléchir la dépendance du monde vis-à-vis des armes nucléaires, à empêcher leur prolifération dans des mains potentiellement dangereuses et, finalement, à les éliminer comme source de menace pour le monde ».

Mais ils ne sont pas isolés. Le mois dernier (21-23 juin), les États signataires du Traité de 2017 sur l’interdiction des armes nucléaires (TPNW) se sont réunis pour la première fois. Invoquant une « rhétorique nucléaire de plus en plus véhémente », ils ont publié la déclaration de Vienne, qui condamne toute tentative d’utilisation d’armes nucléaires comme étant une violation du droit international, notamment de la Charte des Nations unies. La déclaration exige « qu’en aucune circonstance, les États dotés d’armes nucléaires ne devront utiliser, ou menacer d’utiliser des armes nucléaires, c’est valable pour tous ces États, sans aucune exception ».

Les États nucléarisés ont refusé d’adhérer au traité, mais cela peut changer sous la pression populaire, comme nous l’avons souvent vu auparavant.

Rester des observateurs passifs, satisfaits d’être de simples instruments entre les mains des puissants n’est pas une nécessité. Il s’agit bien d’un choix, et non d’une fatalité.

En août, aura lieu la 10ème conférence de révision du traité de non-prolifération nucléaire (TNP). Elle pourrait être l’occasion pour une opinion publique bien structurée d’exiger une adhésion à ses principes, qui appellent à des engagements « de bonne foi » pour éliminer le fléau des armes nucléaires de la Terre et, ce faisant, pour réduire fortement les énormes menaces qu’elles représentent.

Voilà qui ne se produira pas si les deux questions les plus importantes de l’histoire de l’humanité sont évacuées, l’une presque complètement tandis que l’autre ne suscite qu’une fraction de l’intérêt qu’elle requiert si l’on veut que le monde soit vivable.

Rester des observateurs passifs, satisfaits d’être de simples instruments entre les mains des puissants n’est pas une nécessité. Il s’agit bien d’un choix, et non d’une fatalité.

Récemment, lors d’une interview accordée à CNN, le président ukrainien Volodymyr Zelenskyy a mis en garde le monde entier en affirmant que le risque que la Russie utilise des armes nucléaires en Ukraine devait être pris au sérieux. Toutefois, à diverses occasions, il a lui-même laissé entendre que l’Ukraine pourrait développer des armes nucléaires, bien que le pays soit signataire du traité de non-prolifération nucléaire. Je ne sais pas si l’Ukraine a les capacités de développer un programme d’armement nucléaire, mais cela ne serait-il pas parfaitement suicidaire ?

Complètement suicidaire. La moindre des tentatives, même la plus timide, entraînerait des représailles sévères, puis mènerait à une escalade. Mais à la lumière du niveau de bon sens affiché par les dirigeants du monde, est-ce vraiment impensable ?

Poutine a ouvertement déclaré que la Russie était ouverte au dialogue sur la non-prolifération nucléaire, mais du point de vue des États-Unis, il semble bien que l’invasion de l’Ukraine par la Russie a porté atteinte au traité de non-prolifération nucléaire. J’aimerais avoir vos commentaires sur cette question.

Rappelons la principale source d’inquiétude : Les grandes puissances trouveront un moyen de coopérer pour résoudre les problèmes critiques d’aujourd’hui, sinon le naufrage de la société humaine sera si extrême que plus personne ne s’en souciera.

Il s’ensuit que chaque possibilité de dialogue doit être sérieusement envisagée et, dans la mesure du possible, recherchée. De fait, il est possible de privilégier le dialogue dans un cadre international, lors de la prochaine conférence de révision du TNP. Ou alors, on peut tout simplement rejeter cette option comme étant impensable, en adoptant la position de l’Occident à la conférence du G20 la semaine dernière, au cours de laquelle le ministre russe des affaires étrangères, Sergey Lavrov, a été traité « comme un putois à la fête d’un centre de villégiature tropical, il a été évité par beaucoup, mais pas par tous ».

Cette dernière précision n’est pas sans importance. Parmi ceux qui ne se sont pas joints à l’Occident pour esquiver le putois, on trouve le pays organisateur, les indonésiens, qui l’ont favorablement accueilli, et un certain nombre d’autres pays : La Chine, l’Inde, le Brésil, la Turquie, l’Argentine et d’autres, ainsi que l’Indonésie. Cela soulève une fois de plus la question de savoir qui est isolé dans le nouvel ordre mondial qui se dessine.

Ce n’est pas une question futile, et personne ne la passe sous silence. Des réflexions sérieuses sont menées à ce sujet au plus près des centres de pouvoir. C’est le cas de l’analyse de l’évolution de l’ordre mondial réalisée par Graham Fuller, ancien vice-président du Conseil national du renseignement à la CIA, en charge des analyses du renseignement mondial. Ses travaux soulèvent des questions qui méritent de retenir toute notre attention.

Fuller ne se fait aucune illusion quant à la nature et aux origines de la guerre. La responsabilité première incombe aux responsables de l’agression criminelle, Poutine et son entourage. Il ne devrait y avoir absolument aucune controverse à ce sujet. Mais « la responsabilité subsidiaire incombe aux États-Unis (OTAN) qui ont délibérément provoqué une guerre avec la Russie en imposant implacablement leur organisation militaire hostile, et ce, en dépit des avertissements répétés de Moscou quant au franchissement des lignes rouges, et cela jusqu’aux portes mêmes de la Russie. Cette guerre n’aurait aucune raison d’être si on avait consenti à une neutralité ukrainienne, à la manière de la Finlande et de l’Autriche. Au lieu de cela, Washington a prôné une nette défaite russe. »

Fuller voit le conflit non pas comme une « guerre ukraino-russe, mais comme une guerre américano-russe menée par procuration jusqu’au dernier Ukrainien… Et la plupart des autres pays du monde — Amérique latine, Inde, Moyen-Orient et Afrique — ne trouvent que peu d’intérêts personnels dans cette guerre fondamentalement américaine contre la Russie ».

Ceux qui ont refusé de bouder la Russie lors de la conférence du G20 ont fermement condamné l’invasion mais n’ont pas pris trop au sérieux la prétendue indignation des États-Unis et de leurs alliés. Il est fort probable qu’ils se demandaient si les États-Unis avaient été traités comme des parias lorsqu’ils commettaient leurs multiples exploits criminels violents, sur lesquels il n’est pas nécessaire de revenir. Pour nombre d’entre eux, ces souvenirs sont amplifiés par une réalité vécue, violente et hideuse. Comment peut-on s’attendre à ce qu’ils accordent la moindre attention aux déclarations de grands principes émanant des principaux responsables des violations de ces principes, qui bénéficient toujours d’une complète immunité à l’exception de vagues remontrances ponctuelles ?

L’Europe est déjà très pénalisée, poursuit Fuller, et devra, tôt ou tard, « reprendre ses achats d’énergie russe bon marché ». Elle n’a guère d’autre option réaliste. « La Russie est au seuil de sa porte et la logique d’une relation économique naturelle avec la Russie sera finalement décisive. » En outre, « l’Europe peut encore moins se permettre de verser dans une confrontation avec la Chine — une menace perçue principalement par Washington mais peu convaincante pour de nombreux États européens et une grande partie du monde ». Il en coûtera très cher à l’Europe si elle se coupe de l’initiative chinoise Belt and Road (Nouvelle route de la soie), « qui est probablement le projet économique et géopolitique le plus ambitieux de l’histoire du monde », qui traverse la Russie et « relie déjà la Chine à l’Europe par voie ferroviaire et maritime… La fin de la guerre en Ukraine amènera l’Europe à reconsidérer sérieusement les avantages que représente pour elle le soutien de la tentative désespérée de Washington de maintenir son hégémonie mondiale

Une autre conséquence de ce pari désespéré est qu’il est tout à fait vraisemblable que la configuration géopolitique de la Russie penche désormais résolument du côté de l’Eurasie… Les élites russes n’ont plus d’autre choix que d’accepter que leur avenir économique se joue dans le Pacifique, puisque Vladivostok n’est qu’à une ou deux heures de vol des gigantesques économies de Pékin, Tokyo et Séoul. Désormais, et de manière déterminante, la Chine et la Russie ont été amenées à se rapprocher encore davantage, essentiellement en raison de leur souci commun de bloquer la capacité d’intervention militaire et économique unilatérale des États-Unis dans le monde entier. L’idée que les États-Unis puissent réussir à scinder la coopération russo-chinoise justement induite par eux est un fantasme. La Russie est une nation brillante sur le plan scientifique, elle dispose d’une énergie abondante, elle est riche en minerais et métaux rares, et le réchauffement climatique va accroître le potentiel agricole de la Sibérie. La Chine quant à elle dispose de capitaux, de marchés et de main-d’œuvre pour contribuer à ce qui devient un partenariat naturel couvrant toute l’Eurasie.

Fuller est loin d’être isolé sur cette position : « Une fois de plus, le concept d’Eurasie est au cœur de la géopolitique », lit-on en gros titre dans le journal londonien l’Economist. On y fait le bilan du regain d’intérêt pour le principe de Halford Mackinder, fondateur de la géopolitique moderne, à savoir que le contrôle du cœur de l’Asie centrale est la clé du contrôle du monde. Ces conceptions prennent une nouvelle forme alors que la guerre en Ukraine remodèle le paysage stratégique mondial d’une manière qui pourrait s’avérer radicale.

La « corruption extrême » des médias, écrit Fuller, est l’une des caractéristiques les plus inquiétantes de la crise actuelle : « Au beau milieu d’un virulent déferlement de propagande anti-russe comme je n’en ai jamais vu du temps de mes jours de combattant de la guerre froide, ces jours-ci, tout analyste sérieux se doit de fouiller à fond pour avoir une compréhension objective de ce qui se passe réellement en Ukraine. »

Voilà un conseil tout à fait judicieux. Mais il y a plus. Les forces qui façonnent l’ordre mondial ne sont pas figées. L’activité humaine est toujours là. Cela implique avant tout l’action d’une opinion publique organisée qui exige la fin des postures cyniques et un engagement sérieux pour saisir les occasions de dialogue et de compromis qui existent. Les alternatives sont trop sombres pour être envisagées.

La campagne pour le désarmement nucléaire remonte à la fin des années 1950. Pourtant, les perspectives en la matière sont ténues, voire inexistantes. En effet, pour parvenir au désarmement nucléaire, il faut que les États-nations se fassent confiance, ce qui dans le monde réel est un événement dont la probabilité est nulle, mais il est également extrêmement peu probable que le génie de la connaissance nucléaire puisse un jour être remis dans la lampe. Alors, que faut-il faire ? Quels sont les moyens les plus réalistes pour éviter la guerre nucléaire ?

Des moyens tout à fait pertinents existent afin de réduire la probabilité d’une guerre finale — une fois encore, c’est là le terme approprié pour désigner une guerre nucléaire impliquant de grandes puissances. Le plus immédiat consiste à mettre en place un véritable système de contrôle des armements. Les éléments d’un tel système avaient été péniblement élaborés dès le traité Open Skies d’Eisenhower en 1955 — démantelé par Trump en mai 2020 alors qu’il était occupé à fourbir son boulet de démolition. Il y a eu d’autres avancées importantes, notamment le traité Reagan-Gorbatchev sur les forces nucléaires à portée intermédiaire (FNI) en 1987, lequel a considérablement réduit la menace de déclenchement d’une guerre finale en Europe — et, ne l’oublions pas, traité qui avait été suscité par de gigantesques manifestations populaires antinucléaires en Europe et aux États-Unis. Une autre avancée a été apportée par le traité sur les missiles antibalistiques de 1972, que les deux parties ont reconnu comme étant un « facteur déterminant pour freiner la course aux armes stratégiques offensives ».

Le traité sur les missiles antibalistiques (ABM) a été démantelé par George W. Bush, le traité INF par Trump.

À la fin des années Trump, il restait très peu de choses en dehors du traité New START, que Biden a pu sauver de la démolition à quelques jours près, littéralement. Ce traité arrivait à expiration peu après son investiture.

Il y a plus, comme la destruction par Trump de l’accord conjoint (PAGC) sur le programme nucléaire iranien en violation du Conseil de sécurité de l’ONU, qui l’avait approuvé, une autre contribution des Républicains modernes à la destruction mondiale.

L’une des grandes tragédies de la guerre en Ukraine est que les instruments permettant de réduire la menace d’une guerre terminale sont jetés aux orties. En effet, les États-Unis ne sauraient daigner revenir à des accords avec le putois de la fête. La tragédie est renforcée par le retour imminent aux pleins pouvoirs du parti des naufrageurs.

Néanmoins, le même style de mobilisation de masse que ceux qui ont permis de faire des progrès décisifs dans le sens de la raison peut de nouveau être efficace. Cela signifie d’abord faire revivre le régime de contrôle des armes qui est en lambeaux, et ensuite aller bien au-delà.

D’autres mesures pourraient être prises dès maintenant si des pressions populaires suffisantes étaient exercées. Dans les semaines à venir, en fait, lors de la conférence du TNP en août. Au-delà des actions visant à faire progresser le TPNW et les objectifs déclarés du TNP lui-même, il existe d’autres possibilités. Une des questions cruciales qui sera probablement soulevée de nouveau lors de la conférence est celle d’une zone exempte d’armes nucléaires (ZEAN) au Moyen-Orient. Cela pourrait constituer un pas important vers la sécurité internationale. Les pressions populaires pourraient contribuer à sa réalisation.

La création d’une zone exempte d’armes nucléaires au Moyen-Orient est régulièrement évoquée lors des sessions de révision du TNP, avant tout à l’initiative des États arabes, qui ont même menacé de se retirer du TNP si des mesures n’étaient pas prises pour la mettre en place. Cette mesure bénéficie d’un soutien mondial quasi unanime, mais est toujours bloquée par Washington, et tout récemment par Obama lors de la conférence de 2015.

Pour rappeler une fois de plus les faits fondamentaux, l’appel à la création d’une zone exempte d’armes nucléaires au Moyen-Orient est soutenu par les États arabes, l’Iran et les pays en voie de développement du Sud, le G-77, désormais élargi à 134 pays, soit la grande majorité du monde. L’Europe ne soulève aucune objection. Le veto unilatéral des États-Unis est accompagné de diverses justifications, faciles à écarter. On comprend très bien les véritables raisons : il n’est pas question que le gigantesque dispositif d’armement nucléaire israélien, le seul de la région, soit soumis à une réglementation internationale. Il n’en est pas question, comme le faisait récemment remarquer l’équipe éditoriale du New York Times en appelant à un « Golfe Persique exempt d’armes nucléaires » — Golfe Persique, et non Moyen-Orient. Une zone exempte d’armes nucléaires dans le golfe Persique, selon les rédacteurs, serait « une façon d’avancer en ce qui concerne la question de l’Iran », lequel est encore une fois en train de causer des problèmes en se conformant au consensus unanime (consensus hormis le Maître).

Les États-Unis refusent de reconnaître officiellement les installations d’armement nucléaire d’Israël, probablement parce que cela remettrait en question la légalité, selon la loi américaine, de toute l’aide que l’Amérique apporte à Israël. C’est une porte que les deux partis politiques tiennent à garder bien fermée, mais comme l’opinion publique a visiblement évolué sur la question, il y a quelques brèches dans cette position rigide. La représentante au Congrès Betty McCollum a, par exemple, déclenché une grande ire pour avoir soutenu une législation visant à interdire à Israël d’utiliser l’aide militaire américaine pour attaquer des enfants palestiniens.

La création de zones exemptes d’armes nucléaires est un pas important vers la réduction de la menace des armes nucléaires, indépendamment du symbole que représente le rejet mondial de ces réalisations monstrueuses de l’ingéniosité humaine. Plus exactement, ce serait un pas important si elles pouvaient être mises en place. Malheureusement, elles sont bloquées par l’insistance des États-Unis à y maintenir des installations d’armes nucléaires, des questions que nous avons déjà abordées.

Tout cela pourrait être à l’ordre du jour, dès maintenant, comme moyen de faire face à la menace finale.

Mais au-delà de tout cela, il y a la préoccupation majeure : pour le répéter encore une fois, les grandes puissances trouveront un moyen de coopérer pour résoudre les problèmes critiques d’aujourd’hui, sinon rien d’autre n’aura d’importance.

C.J. Polychroniou est économiste politique/scientifique politique, auteur et journaliste. Il a enseigné et travaillé dans de nombreuses universités et centres de recherche en Europe et aux États-Unis. Actuellement, ses principaux intérêts de recherche portent sur l’intégration économique européenne, la mondialisation, le changement climatique, l’économie politique ainsi que la politique des États-Unis et la déconstruction du projet politico-économique du néolibéralisme. Il contribue régulièrement à Truthout et est membre du Public Intellectual Project de Truthout. Il a publié de nombreux livres et plus de 1000 articles qui sont parus dans une variété de revues, de magazines, de journaux et de sites d’information populaires. Nombre de ses publications ont été traduites en plusieurs langues étrangères, notamment en arabe, chinois, croate, espagnol, français, grec, italien, néerlandais, portugais, russe et turc. Ses derniers livres sont Optimism Over Despair : Noam Chomsky On Capitalism, Empire, and Social Change (2017); Climate Crisis and the Global Green New Deal : The Political Economy of Saving the Planet (avec Noam Chomsky et Robert Pollin comme principaux auteurs) ; The Precipice : Neoliberalism, the Pandemic, and the Urgent Need for Radical Change, une anthologie d’entretiens avec Chomsky publiée à l’origine sur Truthout et rassemblée par Haymarket Books ( 2021); et Economics and the Left: Interviews with Progressive Economist (2021).

Source : Truthout, C.J. Polychroniou, Noam Chomsky, 13-07-2022

Traduit par les lecteurs du site Les-Crises, publié le 25 août 2022

Photo en titre : Des soldats de la 1ère Raider Brigade de l’armée américaine devant des chars, terrain d’entraînement de Grafenwoehr, en Allemagne, le 13 juillet 2022. LENNART PREISS / GETTY IMAGES

Nous vous proposons cet article afin d’élargir votre champ de réflexion. Cela ne signifie pas forcément que nous approuvions la vision développée ici. Dans tous les cas, notre responsabilité s’arrête aux propos que nous reportons ici.

https://www.les-crises.fr/nucleaire-et-climat-l-humanite-est-confrontee-a-deux-menaces-existentielles-noam-chomsky/

« LES RISQUES SONT RÉELS »: L’AIEA SE PRÉPARE À UNE VISITE DE LA CENTRALE NUCLÉAIRE DE ZAPORIJIA

L’Agence internationale de l’énergie atomique s’inquiète des conséquences possibles de l’occupation de la centrale nucléaire ukrainienne de Zaporijia par les soldats russes. Son directeur a toutefois annoncé sur France 24 l’obtention d’un « accord de principe » entre belligérants pour que l’agence puisse visiter le site.

C’est une enclave de l’armée russe, nichée dans un territoire que contrôlent encore les soldats ukrainiens. Et pour le Kremlin, cette prise de guerre – qui remonte déjà au 4 mars – est cruciale: il s’agit de la centrale nucléaire de Zaporijia. Tandis que les deux camps se disputent le terrain, les bombardements, frappes, et assauts qui s’y sont déroulé ces dernières semaines font craindre une catastrophe à la communauté internationale.

« Les risques sont réels« , a commenté ce jeudi Rafael Mariano Grossi, directeur de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), invité de France 24.

« Il y a eu des attaques, des bombardements« , a-t-il rappelé, assurant même: « Les opérations militaires se sont aggravées. » Des attaques dont il a souligné qu’elles étaient « inacceptables« .

De surcroît, la menace tient aussi selon lui à l’alliage instable entre l’envahisseur et le personnel exerçant sur les lieux: « C’est une installation importante, c’est la centrale la plus grande d’Europe qui est occupée par les forces russes, mais où ce sont les opérateurs ukrainiens qui opèrent donc déjà c’est une situation sans précédent. »

Rafael Mariano Grossi a relevé un dernier péril: « Il existe toujours la possibilité d’une interruption de l’approvisionnement électrique de la centrale qui pourrait mener à l’interruption du système de refroidissement de la centrale.« 

Une visite imminente de l’AIEA

Le directeur de l’AIEA, qui s’est entretenu avec Emmanuel Macron dans la matinée, était toutefois porteur d’une bonne nouvelle. Son agence a finalement obtenu l' »accord de principe » des deux ennemis mais aussi des institutions internationales pour se rendre sur place.

« C’est pour très vite, d’ici quelques jours« , a-t-il promis. « Il n’y a plus de blocage, il y a eu des doutes, des objections politiques des deux côtés mais nous en sommes arrivés à un stade où nous sommes tout près d’une acceptation totale des deux côtés« , a-t-il expliqué.

Sa récente intervention au Conseil de sécurité de l’ONU lui a permis de mesurer le consensus autour de l’importance de sa mission. « Tout le monde disait une chose : ‘L’agence doit y aller’. On en arrive à un point où on ne peut pas risquer, en plus du drame de la guerre, un accident nucléaire« , a lancé Rafael Mariano Grossi.

Les enjeux de l’inspection

Outre la prévention d’un tel cataclysme, le directeur de l’AIEA a listé les enjeux de cette visite d’inspection imminente. En premier lieu, il s’agira d’attribuer la paternité des bombardements perpétrés sur la centrale alors que Russes et Ukrainiens s’en rejettent la responsabilité. « Des accusations mutuelles se croisent. De là, la nécessité de la présence de l’inspecteur nucléaire globale qui est l’agence« , a-t-il observé.

D’après le dirigeant argentin, cette présence pourra de plus décourager ces agressions: « La manière de stabiliser la situation, c’est d’avoir une présence internationale sur place. Le président Macron a été en contact avec le président Zelensky, le président Poutine et moi-même. On a essayé de trouver le minimum politique pour entamer la partie technique. »

En avoir le cœur net

Il existe encore d’autres inquiétudes autour des menées russes dans la centrale de Zaporijia. Les Ukrainiens soupçonnent Moscou d’y entreposer des armes lourdes, ou de vouloir la soustraire au réseau électrique ukrainien et européen pour alimenter la Crimée. « Laissez-moi y aller et on verra. C’est une de mes tâches de constater si c’est vrai ou pas« , s’est borné à rétorquer sur ces points Rafael Mariano Grossi.

Enfin, il a précisé la forme que prendrait les conclusions de cette visite – laissant transparaître la fonction purement consultative de celle-ci: « On fait un rapport, on aura des recommandations pour la communauté internationale, en espérant que les parties y donneront suite. »

Par Robin Verner, Journaliste BFMTV, publié le 25/08/2022 à 15h09

Photo en titre : Rafael Mariano Grossi, directeur de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), en mai 2022 à Tokyo (Japon). – Philip Fong

https://www.bfmtv.com/international/asie/russie/les-risques-sont-reels-l-aiea-se-prepare-a-une-visite-de-la-centrale-nucleaire-de-zaporija_AN-202208250380.html

COMMENT LE NUCLÉAIRE PLOMBE LA FRANCE DANS LA CRISE ÉNERGÉTIQUE

La France a longtemps bénéficié de tarifs de l’électricité inférieurs à ses voisins grâce au nucléaire. Mais la sous-disponibilité actuelle de son parc l’expose désormais à un violent retour de bâton.

La guerre engagée par la Russie de Vladimir Poutine contre l’Ukraine le 24 février a déclenché une crise énergétique majeure en Europe avec le risque que notre continent soit confronté à une pénurie de gaz l’hiver prochain. D’ores et déjà, le prix du gaz comme celui du pétrole, marchés sur lesquels la Russie figure parmi les premiers exportateurs, se sont envolés, pénalisant lourdement l’activité économique. L’Allemagne et les pays d’Europe centrale et orientale, très dépendants du gaz russe, sont évidemment aux premières loges.

Et la France dans tout ça ? Peu dépendante du gaz russe et dotée d’une imposante capacité nucléaire pour produire son électricité, elle devrait logiquement être relativement épargnée, même si ses automobilistes souffrent comme les autres quand ils doivent faire le plein. Sauf que ce n’est pas le cas : elle figure au contraire parmi les pays européens les plus affectés par cette crise énergétique majeure.

Un indice de cette forte vulnérabilité énergétique se situe sur les marchés à terme de l’électricité, là où les acteurs achètent à l’avance de l’énergie électrique à d’autres producteurs quand ils pensent qu’ils risquent de ne pas en produire assez pour servir leurs clients. Il ne s’agit donc pas du prix de revient de toute la production d’électricité du pays, mais seulement celui de la part qui risque de manquer dans les prochains mois.

Sur ce terrain, la situation est très tendue dans toute l’Europe : le gaz naturel ne représente « que » de l’ordre de 20 % de la production d’électricité en Europe, mais son renchérissement déjà considérable et sa pénurie probable soumettent partout le système électrique à un défi majeur. Et cela d’autant plus que l’électricité se stocke très mal : s’il en manque beaucoup à un instant T, c’est le blackout, tout s’arrête.

Explosion des prix

Avant la crise actuelle, un MWh d’électricité en « base », comme disent les spécialistes, celle dont on a besoin en permanence, s’échangeait habituellement autour de 50 euros sur ces marchés à terme.

Aujourd’hui, pour recevoir de l’électricité au quatrième trimestre 2022, les acteurs espagnols, qui sont ceux qui s’en tirent le mieux, devront payer le MWh 155 euros, trois fois plus cher. Viennent ensuite les pays nordiques, qui disposent d’un potentiel hydroélectrique très important, et la Pologne, qui peut s’appuyer sur son charbon pour produire son électricité.

La plupart des autres Européens, notamment l’Allemagne, devront payer le MWh autour de 500 euros, dix fois plus cher qu’avant la crise. Un surcoût considérable qui traduit la gravité de la situation.

Mais un pays fait exception : la France. Pour disposer d’un MWh dans l’Hexagone au quatrième trimestre, il en coûtera en effet 910 euros, quasiment vingt fois plus qu’avant la crise actuelle. C’est chez nous que la pénurie risque d’être la plus aiguë et les surcoûts les plus importants…

Comment est-ce possible ? L’explication vient des défaillances de notre parc nucléaire, qui a longtemps fourni une électricité abondante et à bas coût, mais qui place aujourd’hui le pays dans une position exceptionnelle et peu glorieuse.

La France compte en effet 56 réacteurs nucléaires. En mai, 29 d’entre eux étaient à l’arrêt et sur 61,4 GW de puissance installée, moins de 30 étaient disponibles. À cause du Covid, des arrêts de maintenance ont dû être reportés et se sont accumulés ces derniers mois. Sur les 32 réacteurs les plus anciens, il faut effectuer une visite des 40 ans nécessitant une mise à l’arrêt de longue durée pour réaliser de nombreux contrôles avant qu’on les laisse continuer à produire.

Une stratégie risquée

Surtout, des problèmes de corrosion inquiétants ont été découverts fin 2021 dans le circuit de refroidissement des réacteurs les plus récents, qui sont aussi les plus puissants. Aujourd’hui, douze de ces réacteurs sont à l’arrêt pour cette raison. Cette situation risque fortement de se prolonger pendant plusieurs années, tant les interventions lourdes dans ce milieu hautement radioactif sont difficiles à concevoir et à mettre en œuvre.

Autrement dit, le fait pour la France d’avoir tout misé depuis des décennies sur le nucléaire, loin de nous apporter les bénéfices tant vantés par le lobby favorable au nucléaire, fragilise au contraire gravement l’économie française au pire moment. Ce qui va entraîner des surcoûts colossaux pour le pays, même si, dans l’immédiat, le consommateur ne va pas s’en rendre forcément compte parce que ces surcoûts seront essentiellement absorbés par les contribuables (qui sont bien sûr en réalité les mêmes que les consommateurs) via le sauvetage par l’État d’EDF, entreprise placée par la crise dans une situation de quasi-faillite.

Nous ne sommes d’ailleurs pas les seuls à subir le contrecoup de cette défaillance majeure du nucléaire français : elle pénalise aussi tous nos voisins en aggravant de façon significative les tensions sur le système électrique européen au pire moment, faisant ainsi le jeu de Vladimir Poutine.

Bref, avec le tout nucléaire, nous avons mis tous nos œufs dans le même panier et l’addition va être salée dans la crise énergétique.

Par William Desmonts, publié le 24 août 2022 (Abonnez-vous pour commenter son article) 

https://www.alternatives-economiques.fr/nucleaire-plombe-france-crise-energetique/00104275

PATRICE BOUVERET*, COFONDATEUR DE L’OBSERVATOIRE DES ARMEMENTS : «LA SORTIE DU CONTENTIEUX NUCLÉAIRE DEVRAIT S’APPUYER SUR DES AVANCÉES CONCRÈTES»

La relance de la coopération bilatérale escomptée à la faveur de la visite officielle que doit effectuer le président Macron en Algérie du 25 au 27 de ce mois est subordonnée au règlement des contentieux et différends qui l’obèrent, dont le dossier nucléaire.

Avec Patrice Bouveret, directeur de l’Observatoire des armements et co-porte-parole d’ICAN-France, nous revenons sur le sujet et sur les voies et moyens de sa résolution.

Comment expliquez-vous que la situation relative aux essais nucléaires en Polynésie a évolué, notamment en ce qui concerne l’ouverture des archives et le nombre de personnes contaminées indemnisées, alors que vis-à-vis de l’Algérie rien ne semble bouger ?

Deux principales raisons expliquent, me semble-t-il, la différence de traitement opéré par l’État français dans la gestion du dossier des conséquences sanitaires et environnementales des 210 explosions nucléaires qu’elle a réalisées du 13 février 1960 au 26 janvier 1966, dont 17 au Sahara algérien et 193 en Polynésie.

La première est d’ordre politique : l’Algérie, après une longue et douloureuse guerre, a obtenu son indépendance il y a 60 ans, alors que la Polynésie est toujours une colonie que la France tient à conserver dans son orbite, car elle lui permet d’avoir une implantation dans le Pacifique et de bénéficier notamment d’une immense zone maritime.

La gestion des conséquences des essais nucléaires en Algérie ne peut s’inscrire que dans le cadre de négociations et d’accords entre les deux gouvernements. Cette question fait partie d’un lourd contentieux «colonial» entre les deux pays aux multiples volets, dont elle n’est qu’une des facettes d’autant plus complexe, qu’elle implique une part de responsabilité pour chacun des États.

En effet, dans le cadre des accords d’Évian, qui définissent les conditions de l’indépendance et mettent fin à la colonisation de l’Algérie, la France a obtenu la possibilité de poursuivre ses essais durant 5 années supplémentaires, mais rien n’a été acté de manière précise sur les conditions de son retrait du Sahara et de la remise des bases militaires qu’elle occupait.

Le bon sens aurait voulu que les militaires français emmènent avec eux tout le matériel utilisé ainsi que les déchets notamment radioactifs générés par les explosions. Cela n’a pas été le cas. Ils ont creusé des trous dans le sable pour les enfouir, comme nous l’avons souligné dans notre étude «Sous le sable, la radioactivité !

« Les déchets des essais nucléaires français en Algérie. Analyse au regard du Traité sur l’interdiction des armes nucléaires», co-publiée en juillet 2020 par l’Observatoire des armements et ICAN France avec le soutien de la Fondation Heinrich Böll. Par contre, aucune information n’a été transmise alors aux autorités algériennes à ce sujet. Toutes les archives ont été rapatriées en France et classées «secret-défense».

La seconde raison tient à l’impact des luttes sociales et politiques menées par les populations, les associations de victimes pour obtenir réparation. Car le gouvernement français a toujours rechigné à reconnaître sa responsabilité. Pour lui, les essais étaient propres.

Ce n’est que suite aux pressions exercées par la société civile qu’il a été contraint à prendre des mesures de réparation et d’indemnisation. Ce qui a pris de nombreuses années. En effet, l’Observatoire des armements a commencé à partir du début des années 1990 à alerter sur les conséquences des essais pour le personnel et les populations d’Algérie et de Polynésie, notamment suite à la publication de témoignages recueillis au Sahara par une députée européenne écologiste, Mme Solange Fernex, et aussi de témoignages sur les atolls polynésiens recueillis par une équipe de médecins.

En 2001, se sont créées les associations, Moruroa e tatou en Polynésie regroupant les anciens travailleurs, et Aven en métropole regroupant les personnels et leurs amis. En Algérie, un ancien militaire a essayé lui aussi en 2001 de regrouper les victimes en associations, mais sans y arriver. Des associations se sont créées beaucoup plus tardivement dans le Sud algérien, mais sans réussir à avoir un impact sur la prise en charge. Des chercheurs ont également alerté sur la situation.

Il y a également des raisons plus conjoncturelles comme le fait que les essais en Algérie au nombre de 17 ont duré seulement de 1960 à 1966, dont 4 ans alors que l’Algérie était indépendante, tandis que la Polynésie a subi 193 essais sur une durée de 30 ans, donc leur impact social et environnemental est de fait plus conséquent et concerne un nombre nettement plus grand de personnes. Il y a aussi des considérations plus prosaïques notamment de prise en charge financière des coûts importants que cela représente.

Ceci dit, sur le plan de la prise en charge des victimes, d’un point de vue théorique, la «loi de reconnaissance et d’indemnisation des victimes des essais nucléaires de la France», dite «loi Morin», du nom du ministre de la Défense de l’époque, entrée en vigueur le 5 janvier 2010, ne fait aucune différence sur l’origine géographique des victimes.

Les trois conditions pour déposer un dossier de demande d’indemnisation sont : 1/ d’avoir résidé sur les zones définies par décret où se sont déroulés les essais ; 2/ durant une période comprise entre le début et la fin des essais ; et 3/ d’avoir contracté une des 23 pathologies reconnues comme potentiellement radio-induites listées par décret.

Dans la pratique, c’est beaucoup plus compliqué. Les dossiers doivent se faire en langue française, les démarches se font essentiellement par internet, il faut fournir nombre de documents administratifs, dossiers médicaux difficiles à obtenir. En Polynésie, les associations aident les populations, des équipes socio-médicales ont également été envoyées sur place pour favoriser le montage de dossiers.

– Il semblerait que le groupe de travail algéro-français mis en place en 2008 et qui s’est réuni au printemps 2021 à Paris n’a toujours pas rendu public de rapport d’activité ni de propositions concernant la réhabilitation des sites contaminés, ni en matière de prise en charge des victimes. Qu’est-ce qui motive le black-out autour de ce dossier qui pèse sur la relation algéro-française ?

En février 2007, le gouvernement algérien avait organisé un grand colloque international à Alger sur les essais nucléaires qui avait soulevé la question et suscité un écho médiatique important des deux côtés de la rive méditerranéenne.

Aussi, lors de la visite du président Nicolas Sarkozy en Algérie, à l’invitation de son homologue Abdelaziz Bouteflika, en décembre de la même année, il a été décidé la constitution d’un groupe de travail chargé d’établir un état des lieux et de faire des recommandations.

Mais il s’agissait pour les deux Présidents surtout de montrer que la question avait été entendue, mais la volonté politique de résoudre le problème n’était pas au rendez-vous. Ce groupe de travail a bien été mis en place. Dix-sept séances de travail auraient eu lieu, mais sans aucun résultat, ni compte-rendu public des travaux.

Depuis son arrivée au pouvoir en 2017, Emmanuel Macron a manifesté son souhait de faire bouger les lignes pour rétablir et renforcer les relations entre les deux pays et initié un certain nombre de gestes sur plusieurs sujets liés à la guerre d’Algérie – sauf à propos des essais nucléaires, malgré la recommandation figurant dans le rapport demandé à Benjamin Stora – tout en critiquant l’usage fait par l’Algérie de la «rente» mémorielle. Ne devrait-il pas plutôt s’interroger sur le comportement de la France vis-à-vis de la gestion de la mémoire ?

Ne pourrions-nous pas parler «d’effet miroir» ? En refusant d’ouvrir les archives sur les essais nucléaires, de remettre les cartes demandées par l’Algérie depuis de nombreuses années, la France alimente largement cette gestion «confisquée» de la «rente» mémorielle. Ce refus vient renforcer l’idée qu’il y a des secrets «honteux» que la France refuse de dévoiler, que ce soit sur l’importance des retombées et des zones concernées, transformant, par exemple, les populations en cobayes ou du matériel enfoui dans le sable.

La remise des archives concernant les conséquences des essais nucléaires et leur ouverture au public viendrait «déminer» les critiques de l’Algérie vis-à-vis de la France. Elle permettrait aussi aux chercheurs, journalistes, associations de produire des dossiers, d’alimenter le débat à partir des faits. Une situation d’autant plus incompréhensible qu’il a accepté que les archives des essais en Polynésie soient progressivement déclassifiées pour être accessibles au public. Seule une forte pression citoyenne permettra que des avancées puissent avoir lieu.

– La signature par l’Algérie du Traité d’interdiction des armes nucléaires le 20 septembre 2020 n’augure-t-elle pas d’une possible avancée dans la résolution de ce douloureux contentieux qui n’a que trop perduré ?

L’Algérie au sein des Nations unies s’est impliquée régulièrement en faveur du désarmement et de l’élimination des armes nucléaires. C’est pourquoi elle a participé aux travaux d’approche ainsi qu’aux négociations en 2017 du Traité sur l’interdiction des armes nucléaires (TIAN). Elle a contribué fortement à ce que ce dernier intègre en son sein la prise en charge des personnes affectées ainsi qu’à la contamination de l’environnement suite à l’utilisation passée des armes et des essais nucléaires.

Préoccupations intégrées dans les articles 6 et 7 du traité, une première dans le cadre d’un traité international. L’Algérie a signé le TIAN dès son ouverture à la signature à l’ONU, soit le 20 septembre 2020. Mais, à ce jour, elle ne l’a toujours pas ratifié, c’est-à-dire intégré dans son droit national. Procédure qui la conduirait alors à prendre en charge elle-même les réparations, avec l’assistance possible des autres États parties au TIAN. Or, l’Algérie souhaite que ce soit la France qui assume les conséquences des essais qu’elle a réalisés sur son territoire. Mais la France refuse de rejoindre le TIAN.

La situation semble donc bloquée de ce point de vue. Cette ratification par l’Algérie serait une étape importante, car elle créerait une pression supplémentaire sur la France en manifestant la volonté des autorités algériennes de renforcer la prise en charge sanitaire pour les populations et la réhabilitation de l’environnement. Elle soulignerait aux yeux de l’opinion publique internationale le refus de la France d’assumer ses responsabilités en la matière.

Ce qui augure surtout d’une possible avancée, c’est la création en juin 2021 d’une «Agence nationale de réhabilitation des anciens sites d’essais et d’explosions nucléaires français dans le Sud algérien». Reste à savoir maintenant, bien sûr, quels moyens humains et financiers seront alloués à cet «établissement public à caractère industriel et commercial, doté de la personnalité morale et de l’autonomie financière […] placé sous la tutelle du ministre chargé de l’Énergie» selon l’article 2 du décret l’instaurant.

Mais il s’agit là d’un premier pas indispensable pour entrer dans le vif du sujet : à savoir le nettoyage des sites empoisonnés. À la lecture du décret de mise en œuvre de cette agence, il faut souligner que celle-ci ne concerne pas la prise en charge des conséquences sanitaires pour les populations qui, elle, est déjà prévue dans le cadre de la loi Morin évoquée précédemment. Cela correspond également à la préférence manifestée par l’Algérie pour un règlement global collectif et non une prise en charge individuelle des victimes.

– L’Algérie qui a pris part en juin dernier (du 21 au 23) à la première assemblée du TIAN qui s’est déroulée à Vienne en tant qu’observateur a été un des États (ou situations) mis en avant au cours de cette réunion, notamment par le CICR, avec la réalisation par K. Moussaoui d’un film sur les essais nucléaires. Aussi le point n°20 de la déclaration finale de la rencontre de Vienne mentionne qu’il faut «Engager et promouvoir l’échange d’informations avec les États non parties au traité qui ont utilisé ou testé des armes nucléaires, ou tout autre dispositif explosif nucléaire, sur l’aide qu’ils apportent aux États parties touchés aux fins de l’assistance aux victimes et de la remise en état de l’environnement». Ce qui pointe la responsabilité de l’État français sur les retombées négatives de ses essais en Algérie ?

La première réunion des États parties au Traité sur l’interdiction des armes nucléaires (TIAN) – qui s’est déroulée à l’ONU à Vienne du 21 au 23 juin 2022 – a permis de rappeler la nouveauté et l’importance de ce traité entré en vigueur le 22 janvier 2021. Il intègre pour la première fois, dans le droit international, la nécessité pour les pays ayant subi une explosion nucléaire de prendre en charge les victimes et de réhabiliter l’environnement impacté.

C’est pourquoi lors de cette réunion, il a été mis en avant les impacts des essais nucléaires dans le monde et en particulier ceux réalisés par la France en Algérie à travers le documentaire de Karim Moussaoui diffusé par le Comité international de la Croix-Rouge. La France a également été pointée du doigt par les témoignages de deux Polynésiennes.

L’Algérie a participé comme État observateur, mais pas la France qui a refusé d’être présente à cette réunion internationale, malgré les nombreuses demandes émanant de la société civile comme de différents responsables et élu-e-s.

La seconde réunion des États parties au TIAN a été programmée pour le mois de novembre 2023 au siège de l’ONU à New York. Nous espérons que d’ici là l’Algérie aura ratifié le traité, ce qui lui donnera plus de poids et de légitimité encore dans ses demandes de réparation des dégâts commis par la France sur son sol.

– Toujours au cours de cette rencontre du TIAN à Vienne, la présidente du Croissant-Rouge algérien, Mme Hamlaoui Ibtissem, a demandé officiellement à la France de remettre les cartes des sites des déchets nucléaires français. N’est-ce pas que l’heure n’est plus à la fuite en avant et qu’il est temps de rendre justice aux victimes ? Et la visite du président Macron serait l’occasion pour ce faire, comme ce fut le cas à Papeete le 27 juillet 2021, lorsqu’il a reconnu la dette de la France envers la Polynésie française pour les essais nucléaires réalisés de 1966 à 1996 dans le Pacifique

L’implication du Croissant-Rouge algérien dans la prise en compte des victimes des essais nucléaires français est importante, car il vient conforter les demandes des différentes organisations qui, en Algérie comme en France, réclament l’ouverture des archives, la remise des cartes d’enfouissement des déchets nucléaires et la prise en charge spécifiques des victimes.

La reconnaissance de la dette de la France envers la Polynésie pour le développement de son arsenal nucléaire par Emmanuel Macron, lors de sa visite en Polynésie fin juillet 2021, s’inscrivait dans un processus beaucoup plus ancien d’interpellation du gouvernement par les associations, comme l’Observatoire des armements, l’Aven, Moruroa e tatou, 193, ICAN France, mais aussi de chercheurs, de journalistes, empêchés dans leur travail de Vérité et Justice.

Vis-à-vis de l’Algérie, Emmanuel Macron a depuis le début de son mandat manifesté le souhait de «relancer les relations bilatérales», d’«apaiser les mémoires». Dans ce cadre, il a demandé à l’historien Benjamin Stora un rapport qui liste les problèmes et propose des pistes. Le président Macron a déjà pris plusieurs initiatives, mais aucune ne concerne les conséquences des essais nucléaires.

D’où l’attente est grande qu’il profite de ce déplacement durant 3 jours pour reconnaître la dette de la France envers l’Algérie concernant son arme nucléaire et qu’il annonce des initiatives concrètes à l’égal de ce qu’il a fait pour la Polynésie, comme l’ouverture des archives de la période des essais nucléaires, la remise des documents les concernant à l’Algérie, la revitalisation de la commission mixte entre les deux pays et la publication des résultats de leurs travaux, l’envoi d’une commission indépendante chargée d’évaluer la radioactivité dans la région, la mise en place d’une procédure spécifique pour permettre d’indemniser les populations algériennes impactées par les essais…

La sortie du contentieux nucléaire et la redéfinition des relations apaisées, constructives entre l’Algérie et la France ne pourront se contenter de belles déclarations. Elles devront aussi s’appuyer sur des avancées concrètes. Cinquante-six ans après le dernier essai nucléaire français au Sahara, il est plus que temps ! 

* Patrice Bouveret, cofondateur de l’Observatoire des armements, centre d’expertise indépendant, créé en 1984 à Lyon. Pour en savoir plus : www.obsarm.org

Par Nadjia Bouzeghrane, publié le 24/08/2022, mis à jour à 13h06

Photo en titre : Patrice Bouveret, photo : D. R.

https://elwatan-dz.com/patrice-bouveret-cofondateur-de-lobservatoire-des-armements-la-sortie-du-contentieux-nucleaire-devrait-sappuyer-sur-des-avancees-concretes

PRIX DE L’ÉLECTRICITÉ : L’OUVERTURE DU MARCHÉ À LA CONCURRENCE POUR FAIRE BAISSER LES TARIFS EST-ELLE UN ÉCHEC ?

L’arrivée de nouveaux acteurs privés pour concurrencer EDF, encadrée par une loi depuis plus de dix ans, avait pour but d’offrir des prix compétitifs aux consommateurs. Mais le dispositif montre aujourd’hui ses limites.

Coup de chaud sur les prix de l’électricité. Au mois de juillet, le prix du kilowattheure a grimpé de 20%, selon l’indice des prix publié par le site de comparaison d’offres en énergie Selectra. Pour la moyenne des 10% des offres les plus chères, notamment chez les distributeurs privés concurrents d’EDF, l’augmentation sur un mois est même vertigineuse (29,44 centimes d’euro le 1er juillet contre 45,46 centimes le 1er août, soit +54%).

Cette explosion des tarifs a fait bondir Fabien Gay, sénateur PCF de Seine-Saint-Denis. Sur Twitter, l’élu communiste a fustigé, jeudi 18 août, « la libéralisation du secteur de l’énergie [qui] devait faire baisser les prix ». Alors, Fabien Gay a-t-il raison de considérer que l’ouverture du marché de l’énergie à la concurrence a été un échec ?

Dans un échange avec Agnès Pannier-Runacher, ministre de la Transition énergétique, le sénateur a précisé l’objet de sa critique : l’Accès régulé à l’énergie nucléaire historique (Arenh), le dispositif qui a pérennisé l’ouverture d’EDF à la concurrence. Pour comprendre ce système, il faut revenir en 2010, lorsque la loi Nome (Nouvelle organisation du marché de l’électricité), qui encadre l’Arenh, a été mise en place.

L’Arenh pour permettre à de nouveaux acteurs d’émerger

En application d’une directive européenne imposant de mettre en œuvre dans l’Hexagone une concurrence réelle et équitable entre les fournisseurs d’électricité, la loi Nome a entrepris il y a douze ans de remettre en cause la position dominante d’EDF sur le marché de l’énergie.

Bien que la libéralisation du secteur ait commencé dès 1999, l’opérateur public dispose encore en 2010 d’un avantage historique sur tous ses concurrents potentiels : « Un parc nucléaire largement amorti, c’est-à-dire payé par les Français depuis les années 1970″, explique à franceinfo l’économiste Jacques Percebois, spécialiste de l’énergie. « Les concurrents d’EDF ne pouvaient pas rivaliser car ils vendaient de l’électricité produite à partir du pétrole ou du gaz. Or, l’électricité issue des énergies fossiles était plus chère que l’électricité nucléaire », résume le directeur du Centre de recherche en économie et droit de l’énergie (Creden).

Pour contrebalancer cet avantage, la loi Nome a instauré le dispositif de l’Arenh, qui oblige EDF à vendre à prix coûtant à ses concurrents un quart de sa production (soit près de 100 térawattheure). Le fournisseur d’énergie historique est ainsi contraint de céder une grosse quantité de son électricité nucléaire à la concurrence à un tarif régulé s’élevant depuis le 11 mars à 46,20 euros par mégawattheure, un prix cassé par rapport au marché, où le mégawattheure s’échangeait le 22 août à plus de… 600 euros.

En contrepartie de ce prix subventionné, les opérateurs concurrents se sont engagés à répercuter dans leurs tarifs au consommateur le rabais accordé. Avec pour objectif, selon un communiqué du Conseil des ministres publié en 2010, « que tout fournisseur soit à même de proposer un prix compétitif à ses clients ».

Mais pour Fabien Gay, les opérateurs ne « jouent pas le jeu » et ne « répercutent » pas la réduction tarifaire que leur procure l’Arenh. Le sénateur déplore par exemple avoir reçu plusieurs signalements contre Ohm Énergie, un distributeur privé qui « augmentera [le prix] de ses abonnements de 60% en septembre« , selon lui. La loi pour le pouvoir d’achat votée en juillet a pourtant encore amélioré les conditions offertes au secteur privé en portant le volume d’Arenh de 100 à 120 térawattheure. 

« Les prix s’envolent depuis août 2021 »

Contacté par franceinfo, le cabinet d’Agnès Pannier-Runacher ne constate pas, pour le moment, de manquements importants sur l’Arenh. Selon « la Commission de régulation de l’énergie (CRE) », l’agence chargée de surveiller le marché des fournisseurs d’énergie, « la très grande majorité des consommateurs sont protégés, les fournisseurs ayant bien répercuté le bouclier tarifaire et la mise à disposition de volumes supplémentaires d’Arenh en 2022 ». Le ministère de la Transition énergétique précise cependant que « la ministre a demandé à la CRE d’examiner les cas relayés sur les réseaux sociaux (pour) s’assurer du respect des règles du jeu.« 

De son côté, François Joubert, directeur général de Ohm Énergie, se défend auprès de franceinfo de toute « arnaque » mais confirme bien une « augmentation de prix élevée, de l’ordre de 60% ». Le patron de ce fournisseur d’électricité justifie cette hausse par des « conditions de marché » jamais vues depuis « trente ans », avec un prix du mégawattheure atteignant les « 1 000 euros pour cet hiver » (dans son dernier rapport publié en juillet, la CRE déclare un prix du mégawattheure à 918 euros pour le premier trimestre 2023).

« À partir d’août 2021, les prix se sont envolés », confirme Jacques Percebois, en raison de « la reprise économique en Chine et dans le monde » qui entraîne une « forte demande d’électricité ». Sans compter que « le nucléaire n’est pas au rendez-vous » avec « la moitié des centrales à l’arrêt » en France, notamment en raison de problèmes d’entretien.  À cela, il faut ajouter la guerre en Ukraine qui fait craindre un risque de pénurie sur le gaz, utilisé pour la production des centrales électriques thermiques.

« Les distributeurs n’ont pas joué le jeu »

Or, le dispositif de l’Arenh n’a pas vocation à protéger entièrement les fournisseurs privés des fluctuations des prix sur le marché de l’énergie. La demande d’Arenh des opérateurs, environ 160 térawattheure, est en effet supérieure au plafond légal fixé par les pouvoirs publics (120 térawattheure). De fait, l’Arenh, avec son tarif réduit, ne couvre que « 50% de la consommation » des clients des fournisseurs privés, explique Jacques Percebois. Ce qui oblige donc ces opérateurs à se fournir pour moitié sur le marché de gros, où les prix ont explosé. Mais si l’inflation actuelle est en grande partie causée par les conditions de marché, il apparaît également que l’Arenh n’a pas fonctionné comme prévu à cause de certains effets « pervers », selon l’économiste.

En 2011, l’objectif affiché par les pouvoirs publics est non seulement de favoriser l’émergence de fournisseurs alternatifs à EDF, mais aussi de les encourager à devenir des producteurs d’énergie, en investissant notamment dans de nouvelles centrales ou d’autres moyens de production d’électricité. Mais, pour la plupart, « les distributeurs n’ont pas joué le jeu. À part Engie et Total Énergie, les opérateurs privés n’ont pas augmenté leur capacité de production », déplore Jacques Percebois.

Ce manque d’investissements explique « qu’aujourd’hui, nous soyons en sous-capacité« , estime l’économiste. « On voit bien que les concurrents [d’EDF] sont simplement des traders qui achètent et vendent leur électricité sans installer de la puissance de production qui aurait fait d’eux de vrais acteurs du marché », commente de son côté Alain André, secrétaire général de FO Énergie et mine. 

Une addition à plus de 8 milliards pour EDF

Autre effet néfaste : l’augmentation du volume d’Arenh de 100 à 120 térawattheure, confirmée lors du vote de la loi pour le pouvoir d’achat en juillet, va coûter très cher à EDF. Le fournisseur public doit désormais acheter, sur le marché, les 20 térawattheure supplémentaires demandés, à un prix de 257 euros le mégawattheure. Pour ensuite être obligé de les revendre à ses concurrents au tarif régulé de 46,20 euros. Pour couvrir ses pertes, EDF réclame à l’État une indemnisation s’élevant à 8,34 milliards d’euros, selon un communiqué publié le 9 août. Une situation « folle » qui fait de l’Arenh un système « complétement abscons« , juge Fabien Gay.

Le ministère de la Transition énergétique estime cependant que l’augmentation du volume d’Arenh a « permis de limiter la quantité d’énergie achetée par les fournisseurs alternatifs sur les marchés et ainsi de réduire la hausse répercutée sur les factures d’électricité de leurs clients ». Reste qu’en ne développant pas leurs propres capacités de production, les concurrents d’EDF, qui sont en quelque sorte subventionnés par le fournisseur historique français, contribuent à la pénurie actuelle d’électricité et donc à l’inflation des prix.

« Quand vous revendez deux fois le même produit par des intermédiaires, vous avez [mécaniquement] une augmentation des prix », rappelle Erwann Tison, économiste libéral à l’Institut Sapiens, qui s’interroge, comme d’autres, sur le bien-fondé de l’ouverture de ce marché à la concurrence.

Par franceinfo France Télévisions, publié le 24/08/2022 à 06h56, mis à jour le 24/08/2022 à 07h05

Photo en titre : La centrale nucléaire de Golfech, dans le Tarn-et-Garonne, le 21 juillet 2022. (JEAN-MARC BARRERE / HANS LUCAS / AFP)

https://www.francetvinfo.fr/economie/inflation/vrai-ou-fake-prix-de-l-electricite-l-ouverture-du-marche-a-la-concurrence-pour-faire-baisser-les-tarifs-est-elle-un-echec_5320186.html

NDLR : La création de l’Arenh a été imposée par l’union Européenne au nom de la sacro-sainte « concurrence libre et non faussée », un des dogmes fondateur du libéralisme économique.

« ON PEUT ENVISAGER POUR ZAPORIJIA DES SCÉNARIOS CONDUISANT À DES REJETS BIEN PLUS IMPORTANTS QU’À FUKUSHIMA »

Six mois après le début de l’invasion russe, Bruno Chareyron, ingénieur en physique nucléaire et directeur du laboratoire de la Commission de recherche et d’information indépendantes sur la radioactivité (Criirad), et Emmanuel Grynszpan, journaliste au service International du Monde, ont répondu à vos questions sur la centrale de Zaporijia et les risques nucléaires, dans un tchat.

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AlainR69 : Comment pourrait se dérouler une visite sereine de l’AIEA [Agence internationale de l’énergie atomique] avec les armements de la Russie présents sur site ? Vont-ils les retirer avant cette visite ? Sous quel délai la visite pourrait avoir lieu ?

Emmanuel Grynszpan : Les Russes refusent de démilitariser la centrale. Ils vont sans doute dissimuler leurs armes ou les éloigner des points les plus sensibles de la centrale pour que les inspecteurs ne les voient pas. La visite sera strictement encadrée par l’armée russe. Les délais ne sont pas connus pour l’instant.

Bibi : Pourriez-vous expliquer les différences de type de réacteurs nucléaires ?

Bruno Chareyron : Les six réacteurs de la centrale de Zaporijia, d’un point de vue « sûreté nucléaire », se rapprochent des réacteurs exploités en France. Ils disposent en particulier d’une enceinte de confinement relativement robuste. Une catastrophe nucléaire sur ce type de réacteurs ne conduirait pas à des mécanismes de rejets radioactifs identiques à celui du réacteur numéro 4 de Tchernobyl, en 1986 (feu de graphite, par exemple, absence d’enceinte de confinement, etc.). Cependant on peut envisager sérieusement des scénarios d’accident à Zaporijia conduisant à des rejets de type Fukushima (la perte des capacités de refroidissement a conduit à la fusion de trois cœurs avec explosion hydrogène et rejets massifs à l’atmosphère et dans l’océan). Pour Fukushima, la contamination a été très significative bien au-delà de 20 kilomètres. On peut envisager pour Zaporijia des scénarios conduisant à des rejets bien plus importants encore (sabotages, tir de projectile avec pénétrateur spécifique sur les réacteurs, explosion de matériaux sur le site, perte totale des capacités de refroidissement nominales et de secours sur les six réacteurs).


Romain : Une question sur le risque de bombardement. J’ai cru comprendre que les centrales nucléaires de l’ère soviétique ont été bâties pour résister justement à ce type d’attaques. Quand est-il vraiment ?

B.G. : Dans les centrales soviétiques, les réacteurs sont protégés par des murs en béton armés très épais pouvant probablement résister à des obus ou roquettes de petits calibres. Mais la centrale est un organisme complexe où la destruction d’éléments sensibles peut provoquer une chaîne d’incidents débouchant sur une catastrophe. D’autre part, si le personnel subit des pertes, cela peut aussi conduire à une catastrophe. Enfin, il existe le risque que des projectiles touchent des matières radioactives usées qui sont stockées à proximité des réacteurs en attendant leur retraitement. Ces déchets sont beaucoup moins protégés que le réacteur et peuvent provoquer une contamination massive autour de la centrale s’ils sont libérés dans l’atmosphère par un incendie.

Amandine : Bien qu’il soit évidemment impossible de déloger l’armée russe de la centrale de Zaporijia sans provoquer de catastrophe nucléaire, les Ukrainiens ne pourraient-ils pas faire un siège ou du moins bloquer les voies d’approvisionnement de l’armée russe installée dans la centrale jusqu’à ce qu’elle se rende ?

E.G. : Le siège de la centrale augmenterait aussi le risque d’une catastrophe, car il aurait un impact grave sur le travail du personnel de la centrale. L’Ukraine d’autre part n’a pas été en mesure, depuis le début du conflit, de mener une contre-offensive de large envergure. Il n’est pas exclu que l’Ukraine finisse par trouver les moyens militaires de chasser l’envahisseur russe.

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Willym18 : Ne peut-on pas imaginer une mission internationale (ou de casques bleus) qui sécuriserait la centrale de Zaporijia en fournissant de manière égale chaque camp en électricité ?

E.G. : C’est une proposition qui a été faite par la partie ukrainienne, il y a quelque temps déjà. Elle n’a pas été suivie d’effet car le déploiement d’une mission internationale de l’ONU est une opération très complexe diplomatiquement et logistiquement. Cela peut prendre des mois alors que le problème est urgent.

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Nico de Toulon : Pourquoi à l’ONU les pays occidentaux n’exigent pas le retrait des troupes russes comme unique solution à la préservation de la centrale nucléaire, tout simplement ? Ça paraît tellement évident comme argument ! On n’entend ces pays que demander des demi-mesures j’ai l’impression…

E.G. : C’est précisément ce qu’a demandé Emmanuel Macron ce matin, tout comme d’autres responsables politiques occidentaux, le patron de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) et le secrétaire général de l’Organisation des Nations unies (ONU). Tous demandent une démilitarisation de la centrale, mais la Russie considère précisément la centrale comme une prise de guerre et ne donnera probablement pas suite si elle n’est pas contrainte par des moyens diplomatiques ou militaires.

Luckyjack : Concernant la centrale nucléaire de Zaporijia, qui fait actuellement l’objet d’un chantage de la part de la Russie à destination des Ukrainiens mais également des Européens, quelles seraient les conséquences d’un incident pour la Russie ? Peut-on envisager qu’elle soit détruite si les troupes russes ne peuvent plus la tenir ?

B.C. : Les risques d’accident grave sur la centrale de Zaporijia sont très élevés pour de multiples raisons. Les bombardements conduisent à des dégâts qui portent atteinte à la sûreté, par exemple l’endommagement de lignes à Haute Tension (actuellement il n’y aurait plus qu’une ligne 750 kV sur quatre et la ligne de 330 kV a encore été endommagée puis rétablie). Mais aussi la situation d’occupation militaire et de guerre sur le site entraîne un état de stress et de désorganisation du travail inacceptable. De nombreux salariés ont quitté la région, ceux qui restent travaillent sous la menace, etc… . Rappelons que l’accident nucléaire de TMI en 1979 aux USA et la catastrophe de Tchernobyl en 1986 en Ukraine sont en partie dues à des erreurs humaines. Par ailleurs, la maintenance ne peut plus être effectuée correctement depuis des semaines à Zaporijia. En cas d’accident grave concernant l’un des six réacteurs de Zaporijia (ou l’entreposage de plus de quatre mille assemblages de combustible irradiés sur une aire non bunkérisée), les rejets radioactifs pourraient bien sûr entraîner des retombées sur le territoire russe. Cela dépend de la nature de l’accident, de l’intensité et de la durée des rejets et de la direction des vents (ainsi que des précipitations) pendant les rejets.

Kiev, Ukraine, le 23 août 2022. Des centaines de drapeaux, représentant chacun une personne tuée par l’armée russe, sont plantés sur une pelouse de la place Maïdan – place de l’indépendance à Kiev. LAURENT VAN DER STOCKT POUR « LE MONDE »

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Phi : En plus de Tchernobyl et de Zaporijia, l’Ukraine possède deux autres centrales nucléaires : quelle est la situation de celles-ci ? Quelle est leur vulnérabilité respective ?

B.C. : La situation de guerre entraîne des risques spécifiques sur pratiquement toutes les installations nucléaires d’Ukraine (les sites de Tchernobyl et les quatre centrales nucléaires en exploitation). D’autres centrales que celles de Zaporidjia auraient été « survolées » par des missiles et des tirs auraient été effectués à moins de 20-30 km de la centrale « Sud Ukraine ». À noter que deux réacteurs 400 MWe de la centrale de Rovno ne présentent pas de garanties de confinement équivalentes à celles des autres réacteurs. Il ne faut pas oublier non plus les nombreuses installations de traitement et entreposage de déchets radioactifs (un site de ce type a par exemple subi des dommages du fait de bombardements à Kiev au début du conflit). Ni les installations de recherche (la source de neutrons de l’institut de physique de Kharkiv a subi de très nombreux dommages depuis pratiquement le début du conflit). A priori, à notre connaissance ces dégâts n’auraient pas conduit pour l’instant à des rejets radioactifs notables, d’après le suivi de la situation radiologique de la Criirad.

Sur le plan radiologique il faut penser aussi aux sources radioactives qui ne sont plus gérées correctement et peuvent être dispersées, aux installations contenant des matières à radioactivité naturelle élevée atteintes par des tirs (par exemple cendres de centrales thermiques), au matériel militaire qui peut contenir des substances radioactives (pénétrateurs à l’uranium appauvri, thorium), etc.

Morlar : Comment peut-on renvoyer dos à dos la Russie et l’Ukraine pour le bombardement de la centrale ? Il est évident que c’est l’Ukraine qui envoie les obus, les Russes sont-ils assez fous pour subir leur propre bombardement ?

E.G. : Souvenez-vous que l’armée russe a tiré des obus sur la centrale lors de l’assaut du 4 mars. Le monde entier a vu les images du bombardement effectué par les tanks et les obusiers russes pour neutraliser la petite unité ukrainienne qui assurait sa sécurité (c’est-à-dire une protection contre une éventuelle attaque terroriste). D’autre part, il existe de nombreuses vidéos prouvant que la Russie concentre des moyens militaires au sein de la centrale, notamment dans un immense hangar abritant la turbine d’un réacteur. Il est probable que l’armée russe stocke des munitions dans l’enceinte de la centrale (je n’ai pas dit dans les bâtiments abritant les réacteurs) afin de tirer depuis la centrale vers Nikopol et Marhanets. Des villes qui sont bombardées depuis plusieurs mois.

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KB : Existe-t-il des options techniques pour minimiser le risque de rejets radioactifs et pour sécuriser davantage la centrale, en tenant compte du contexte actuel ? Son arrêt contribuerait-il à accroître la sécurité ?

Art : Une mise en arrêt de la centrale nucléaire serait-elle de nature à limiter le risque de catastrophe lié à une atteinte aux réacteurs ? Est-ce possible dans les faits ?

B.C. : La priorité absolue est de démilitariser la zone dans un vaste périmètre, mais les atteintes à la sûreté liées aux dégâts causés par les tirs et à la désorganisation du travail pour les équipes de maintenance et de conduite des réacteurs ne vont pas se résoudre facilement. Dans la mesure du possible, arrêter les réacteurs (actuellement deux sur six sont en production) est une façon de réduire les risques (diminution de la quantité de matière radioactive présente sur le site par décroissance des radionucléides à très courte période, moindre difficulté à refroidir les installations, etc.), mais il faut dans tous les cas maintenir les fonctions de refroidissement des réacteurs piscines de désactivation des combustibles irradiés, donc avoir des sources d’électricité fiable, des moyens de pompage d’eau de refroidissement opérationnels et des hommes capables de prendre rapidement les bonnes décisions et de les mettre en œuvre. Rappelons que la mise à l’arrêt d’un réacteur nucléaire n’est pas une opération simple et qu’elle présente des risques spécifiques si elle n’est pas effectuée correctement

Jibiji : Qui profite de l’électricité produite par la centrale ? Qu’adviendrait-il si les lignes de transmission étaient complètement coupées ?

B.G. : La centrale alimente le réseau ukrainien. L’un des enjeux des combats autour de la centrale est pour les Russes de couper l’approvisionnement vers l’Ukraine en bombardant les lignes de haute tension. Ce qui peut aussi déclencher des problèmes graves au niveau de la centrale. La Russie souhaite confisquer l’électricité de la centrale pour alimenter la zone qu’elle occupe en Ukraine et jusqu’à la Crimée (qui souffre d’un grave déficit d’électricité). Pour ce faire, la Russie tente de raccorder le réseau sud à la centrale. J’ignore dans quels délais c’est faisable, mais il est probable que l’Ukraine détruise ces infrastructures. C’est aussi probablement une des raisons pour lesquels des explosions retentissent autour de la centrale.

Rick : Est-ce que les deux parties ne jouent pas à la stratégie du fou pour mobiliser leurs soutiens au mépris de toute l’Europe, ce qui expliquerait la « demande de retenue » s’appliquant aussi aux Ukrainiens ?

B.G. : Oui la Russie joue depuis le début à la stratégie du fou à travers les menaces nucléaires énoncées par Vladimir Poutine, l’assaut extrêmement risqué contre la centrale de Zaporijjia le 4 mars, etc. Est-ce que l’Ukraine fait de même ? L’Ukraine cherche à reprendre le contrôle de son territoire et n’a pas intérêt à laisser un Etat hostile en possession d’une centrale nucléaire. Les options de l’Ukraine pour récupérer cette centrale sont très limitées.

Par Le Monde, publié le 24 août 2022 à 16h30

Photo en titre : La centrale nucléaire de Zaporijia, en Ukraine, contrôlée par l’armée russe, le 22 août 2022. ALEXANDER ERMOCHENKO / REUTERS

https://www.lemonde.fr/international/article/2022/08/24/on-peut-envisager-pour-zaporijia-des-scenarios-conduisant-a-des-rejets-bien-plus-importants-qu-a-fukushima_6138903_3210.html

Message du Monde : Lire tous nos articles, analyses et reportages sur la guerre en Ukraine

ÉNERGIE : COMMENT LA SÉCHERESSE AFFECTE LES PRODUCTIONS NUCLÉAIRE ET HYDRAULIQUE EN EUROPE

Le premier Conseil des ministres de la « rentrée 2022 » promet d’évoquer le problème du dérèglement climatique. Il faut dire que le sujet est brûlant, les récentes sécheresses en Europe ayant eu un impact sur tous les domaines, de l’alimentation aux transports en passant par l’environnement.

Des réservoirs hydroélectriques à sec

La production d’énergie en Europe est également touchée. Comme le montre notre graphique, la production d’électricité d’origine hydraulique entre janvier et juillet 2022 a diminué d’environ 20 % comparativement à la même période en 2021.

Cela s’explique en partie par l’assèchement des réservoirs hydroélectriques dans les pays comme l’Italie, la Serbie et le Monténégro. Selon Bloomberg, la Norvège, qui est généralement un grand producteur d’hydroélectricité, a même pris des mesures pour réduire les exportations afin de pouvoir remplir en priorité les réservoirs à faible niveau d’eau pour maintenir sa production nationale.

Ce graphique montre l’électricité produite en Europe entre janvier et juillet 2022 en TWh – STATISTA

Des eaux trop chaudes pour refroidir les réacteurs nucléaires

La production d’énergie nucléaire a également diminué depuis 2021. Cette baisse est notamment causée par la fermeture de plusieurs centrales nucléaires françaises due aux températures du Rhône et de la Garonne, trop élevées pour refroidir les réacteurs. La France dépend à 70 % de l’énergie nucléaire en étant un important exportateur d’électricité, qui fournit généralement de l’électricité à l’Italie, à l’Allemagne et au Royaume-Uni.

Il faut préciser ici que les centrales nucléaires françaises sont également confrontées à d’autres obstacles : un nombre considérable de centrales du pays ont dû être arrêtées récemment en raison de pannes et de problèmes de maintenance retardés par la pandémie. Ces raisons combinées impliquent, selon Wired, que la puissance hydroélectrique du pays a diminué de près de 50%.

Par 20 Minutes avec Statista, publié le 24/08/22 à 14h35, mis à jour le 24/08/22 à 14h35

ÉLECTRICITÉ : Chaque semaine, « 20 Minutes » met en lumière une infographie créée par son partenaire Statista.

Photo en titre : La sécheresse a un effet négatif sur la production d’énergie en Europe — icon0com / Pexels

https://www.20minutes.fr/planete/3340879-20220824-energie-comment-secheresse-affecte-productions-nucleaire-hydraulique-europe

Voir aussi Notre dossier « SÉCHERESSE »

LA CENTRALE NUCLÉAIRE DE BLAYE AUTORISÉE À REJETER DES EAUX PLUS CHAUDES QUE LA NORMALE À CAUSE DE LA CHALEUR

Depuis le samedi 6 août, la centrale nucléaire de Blaye a l’autorisation de rejeter de l’eau plus chaude que la normale. C’est le cas pour quatre autres centrales en France. Mais peut-il y avoir des conséquences sur l’environnement ?

Depuis le samedi 6 août, la centrale de Blaye est autorisée à rejeter dans l’estuaire de la Gironde, de l’eau à une température plus élevée que ce qui la contraint en temps normal. Une dérogation prise par l’État à cause des fortes chaleurs qui touchent le pays. Quatre autres centrales sont concernées. Ces eaux prélevées sont utilisées pour refroidir les réacteurs des centrales, puis rejetée, à une température plus élevée qu’initialement. Avec la canicule, l’eau est plus chaude que la normale, et donc ressort également à une température plus élevée, et pourrait dépasser les seuils autorisés. Sans les dérogations prises par l’État, les centrales pourraient se retrouver obligées de réduire ou même d’arrêter leur activité afin de limiter l’échauffement des cours d’eau. Alors que le maintien à un niveau minimum de production est de « nécessité publique » selon l’État. La dérogation est valable jusqu’au 11 septembre. 

Des conséquences pour l’environnement ?

Le chercheur de l’INRAE (Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement) en Nouvelle-Aquitaine, Jérémy Flory, spécialiste de l’estuaire de la Gironde et des conséquences de la présence de la centrale de Blaye explique que pour l’instant, il n’existe que « des hypothèses » sur les conséquences du rejet de ces courants chauds en période de canicule. Les phénomènes n’ont pas été assez étudiés. Ce qu’il pourrait arriver est une dégradation des organismes fixes, comme les mollusques, au niveau de la rive sur laquelle est la centrale, s’ils ne sont pas adaptés aux vagues de chaleur. 

L’association de protection de l’environnement SEPANSO regrette de son côté que les limites définies par l’État ne soient pas respectées et qu’il faille y déroger : « on voit bien la limite du système » explique Patrick Maupin, en charge du dossier. 

Par Jeanne Maisiat, France Bleu Gironde, publié le mardi 23 août 2022 à 17h43

Photo en titre : La centrale nucléaire du Blayais vue depuis l’un des Diesels d’ultime secours. © Radio France – Yvan Plantey

https://www.francebleu.fr/infos/environnement/la-centrale-nucleaire-de-blaye-autorisee-a-rejeter-des-eaux-plus-chaudes-que-la-normale-a-cause-de-1659983136

NDLR : avec les énergies solaires ou éoliennes, ce problème n’existe pas ! Ne jamais oublier que le nucléaire crée de la chaleur qui n’existe pas sur notre planète et qu’il en rejette les 2/3 qui ne servent à rien !

« POUR APAISER LES MÉMOIRES, LE PRÉSIDENT MACRON DOIT APPORTER DES RÉPONSES À L’HÉRITAGE RADIOLOGIQUE FRANÇAIS EN ALGÉRIE »

Le président Emmanuel Macron se rend en Algérie ce 25 août pour rencontrer son homologue Abdelmadjid Tebboune pour notamment « poursuivre le travail d’apaisement des mémoires ».

Pour apaiser les mémoires et revitaliser les relations entre l’Algérie et la France, il faut des avancées concrètes. Il est donc temps pour les autorités françaises d’engager auprès des populations algériennes un véritable processus, égal à celui réalisé ces dernières années en Polynésie, d’aide à la reconnaissance et à l’indemnisation des victimes des essais nucléaires. Il est inconcevable de savoir que les explosions, réalisées il y a plus de 50 ans dans le sud du Sahara, engendrent toujours des conséquences humanitaires comme environnementales et font peser des risques transgénérationnels.

Le président Macron doit prendre ses responsabilités devant cet héritage radiologique pour avancer vers cette relation franco-algérienne apaisée.

Ainsi, devant les conséquences sanitaires et environnementales, toujours visibles, des 17 essais nucléaires réalisés par la France dans le Sahara entre 1960 et 1966, ainsi que de la présence de déchets nucléaires et non nucléaires laissés par la France, ICAN France appelle de façon urgente le président Français à agir pour :

1 – Faciliter, pour les populations algériennes, le dépôt de dossier de demandes d’indemnisation et notamment l’accès aux archives médicales détenues par le Service des archives médicales hospitalières des armées ;

2 – Remettre aux autorités algériennes la liste complète des emplacements où ont été enfouis les déchets avec leur localisation précise (latitude et longitude), un descriptif des matériels enterrés ;

3 – Publier les données relatives aux zones contaminées par des scories et laves radioactives et étudier avec les autorités algériennes les modalités d’un nettoyage de ces zones ;

4 – Remettre aux autorités algériennes les plans des installations souterraines du CEA sous la base militaire de Reggane plateau, ainsi que ceux des différentes galeries creusées dans la montagne du Tan Afella ;

5 – L’arrêté portant ouverture d’archives relatives à la guerre d’Algérie en date du 22/12/2021 ne concerne pas les essais nucléaires. Il faut que le processus de déclassification des archives sur les essais en Polynésie, soit élargi à la période algérienne pour permettre aux ONG et chercheur.e.s une pleine connaissance de l’histoire de ces essais.

De même, nous encourageons le président Tebboune à terminer le processus, engagé le 20 septembre 2017, de ratification au Traité sur l’interdiction des armes nucléaires (TIAN). Cela permettra, d’une part, de renforcer la non-prolifération et le désarmement nucléaires et, d’autre part, d’engager des actions pour réhabiliter les anciens sites d’essais et apporter assistance aux victimes des essais nucléaires, y compris en demandant l’aide (technique, humanitaire, financière, …) des autres États parties au TIAN.

Pour rappel, ICAN France et l’Observatoire des armements ont publié une étude, (disponible aussi en langue arabe), « Sous le sable la radioactivité : Les déchets des essais nucléaires français en Algérie. Analyse au regard du Traité sur l’interdiction des armes nucléaires », publiée par la Fondation Heinrich Böll, 2020.

Par ICAN France (relais national de la Campagne Internationale pour Abolir les Armes Nucléaires (ICAN).), publié le 23 août 2022

Photo en titre : Ludovic Marin / AFP

http://icanfrance.org/pour-apaiser-les-memoires-le-president-macron-doit-apporter-des-reponses-a-lheritage-radiologique-francais-en-algerie/

DÉTECTION TARDIVE D’UN ÉCART AFFECTANT LE FONCTIONNEMENT D’UN ÉBULLIOMÈTRE DU RÉACTEUR 1 DE LA CENTRALE NUCLÉAIRE DE NOGENT-SUR-SEINE

Le 12 août 2022, l’exploitant de la centrale nucléaire de Nogent-sur-Seine a déclaré à l’ASN un événement significatif pour la sûreté relatif à un défaut de câblage d’une sonde de température de l’ébulliomètre du réacteur 1.

Les ébulliomètres sont des dispositifs qui permettent de mesurer l’écart entre la température de l’eau de la cuve et la température d’ébullition à la pression correspondante. Ces mesures sont réalisées à partir de sondes de température (thermocouples) situées dans la cuve des réacteurs. Le résultat de ces mesures est une aide à la conduite du réacteur, notamment en situation accidentelle. Chaque réacteur dispose de deux ébulliomètres redondants (voie A et voie B). Les règles générales d’exploitation demandent la disponibilité des deux voies de l’ébulliomètre dès la fermeture effective de la cuve du réacteur.

En 2021, lors du précédent arrêt pour maintenance du réacteur 1, un défaut de connectique dans le raccordement d’un thermocouple au niveau de l’ébulliomètre de la voie A a conduit l’exploitant à condamner provisoirement le thermocouple et à le substituer par un autre.

Le 20 juillet 2022, lors du dernier arrêt pour maintenance de ce réacteur, le thermocouple défectueux a été reconnecté à la place de celui qui lui avait été substitué. Cette erreur a conduit à l’indisponibilité de l’ébulliomètre de la voie A, qui n’a été détectée que le 7 août 2022, alors que le réacteur était en cours de montée en puissance.

Le réacteur a ainsi redémarré et fonctionné pendant plusieurs jours avec une mesure erronée, sur l’ébulliomètre de la voie A, de l’écart entre la température de l’eau de la cuve et la température d’ébullition, ce qui aurait pu perturber la détection de la formation de bulles dans le réacteur. L’ébullition de l’eau dans le réacteur diminue en effet l’efficacité du refroidissement du cœur, ce qui peut conduire à l’endommagement du combustible.

Du fait du fonctionnement satisfaisant de l’ébulliomètre de la voie B, cet événement n’a pas eu de conséquence sur les installations, les personnes et l’environnement. Toutefois, il a affecté la fonction de sûreté liée au refroidissement du réacteur, et au regard de sa détection tardive, il a été classé au niveau 1 de l’échelle INES (échelle internationale des événements nucléaires et radiologiques, graduée de 0 à 7 par ordre croissant de gravité).

Dès détection de l’anomalie, l’exploitant a arrêté le réacteur pour pouvoir remettre en conformité le câblage des thermocouples concernés.

Publié le 23/08/2022

https://www.asn.fr/l-asn-controle/actualites-du-controle/installations-nucleaires/avis-d-incident-des-installations-nucleaires/detection-tardive-d-un-ecart-affectant-le-fonctionnement-d-un-ebulliometre4

EXCLUSIF : L’IRAN A ABANDONNÉ CERTAINES DEMANDES POUR L’ACCORD NUCLÉAIRE – UN FONCTIONNAIRE AMÉRICAIN

L’Iran a abandonné certaines de ses principales exigences concernant la reprise d’un accord visant à contrôler le programme nucléaire de Téhéran, notamment son insistance à ce que les inspecteurs internationaux mettent fin à certaines vérifications de son programme atomique, ce qui rapproche la possibilité d’un accord, a déclaré lundi un haut responsable américain à Reuters.

Les États-Unis ont l’intention de répondre bientôt à un projet d’accord proposé par l’Union européenne qui ramènerait l’accord nucléaire de 2015 avec l’Iran que l’ancien président Donald Trump a abandonné et que l’actuel président Joe Biden a cherché à relancer.

Le fonctionnaire, s’exprimant sous couvert d’anonymat en raison de la sensibilité de la question, a déclaré que, bien que Téhéran ait affirmé que Washington avait fait des concessions, l’Iran a abandonné certaines de ses principales exigences.

« Ils sont revenus la semaine dernière et ont essentiellement laissé tomber les principaux blocages à un accord« , a déclaré le fonctionnaire.

« Nous pensons qu’ils ont finalement franchi le Rubicon et se sont rapprochés d’une éventuelle reprise de l’accord dans des conditions que le président Biden peut accepter« , a ajouté le fonctionnaire. « Si nous sommes plus proches aujourd’hui, c’est parce que l’Iran a bougé. Ils ont concédé sur des questions auxquelles ils tenaient depuis le début. »

Le ministère iranien des Affaires étrangères n’a pas fait de commentaire immédiat.

L’Iran avait déjà largement cédé sur sa demande que les États-Unis lèvent leur désignation du Corps des gardiens de la révolution iranienne comme entité d’organisation terroriste étrangère (FTO), a déclaré le fonctionnaire.

« Nous avons dit qu’en aucun cas nous ne ferions cela. Ils ont continué à le pousser. Il y a un mois, ils ont commencé à assouplir leur demande principale et ont dit que vous pouviez conserver la désignation (FTO) mais que nous aimerions la lever pour un certain nombre de sociétés affiliées à l’IRGC. Nous avons dit ‘non, nous ne ferons pas cela‘ », a-t-il ajouté.

L’Iran voulait également obtenir la garantie que l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) clôturerait les enquêtes portant sur des traces inexpliquées d’uranium.

« L’Iran veut des garanties que l’AIEA les clôturerait toutes. Nous avons dit que nous n’accepterions jamais cela« , a déclaré le fonctionnaire.

En juin, le conseil des gouverneurs de l’AIEA a adopté à une écrasante majorité une résolution critiquant l’Iran pour ne pas avoir expliqué la présence de traces d’uranium sur trois sites non déclarés.

Le responsable a déclaré que des divergences subsistent entre les États-Unis et l’Iran et que « cela pourrait prendre un peu plus de temps » pour parvenir à un accord final, s’il est possible.

« Nous étudions actuellement la réponse de l’Iran et nous y reviendrons bientôt« , a déclaré le fonctionnaire.

Plus tôt, le porte-parole du département d’État, Ned Price, a déclaré qu’il n’y avait aucune garantie qu’un accord puisse être conclu, affirmant que « l’issue de ces discussions en cours reste incertaine car des lacunes subsistent. »

Washington devrait lever certaines sanctions aux termes de l’accord, mais les responsables américains affirment que le retour à l’accord est crucial pour éviter une crise nucléaire au Moyen-Orient.

« Si nous obtenons cet accord, oui, nous levons certaines sanctions, mais l’Iran doit démanteler son programme nucléaire« , a déclaré le responsable.

Tout ceci intervient à un moment où l’on pense que l’Iran possède suffisamment d’uranium enrichi pour – s’il est purifié davantage – construire plusieurs armes, et qu’il est plus proche que jamais de pouvoir les produire, a déclaré le fonctionnaire.

L’accord nucléaire entre l’Iran et les puissances mondiales semblait proche de la relance en mars après 11 mois de pourparlers indirects entre les États-Unis et l’Iran à Vienne.

Mais les négociations ont été interrompues par des obstacles tels que le désir de l’Iran de retirer les Gardiens de la révolution de la liste des FTO.

L’Iran a également exigé que les États-Unis garantissent qu’aucun futur président américain n’abandonne l’accord. M. Biden ne peut pas fournir de telles garanties à toute épreuve car l’accord est une entente politique plutôt qu’un traité juridiquement contraignant.

Un deuxième responsable a déclaré que dans le cadre de la mise en œuvre complète de l’accord, l’AIEA serait en mesure de reprendre un régime d’inspections complet qui pourrait détecter tout effort iranien visant à poursuivre secrètement une arme nucléaire. Une grande partie de cette surveillance resterait en place indéfiniment.

Ce responsable a également déclaré qu’il serait interdit à l’Iran d’enrichir et de stocker de l’uranium au-delà de niveaux très limités, ce qui le priverait du matériel nécessaire à la fabrication d’une bombe.

En outre, l’Iran ne serait pas autorisé à posséder de l’uranium enrichi à 20 et 60 %, comme il le fait actuellement. Les centrifugeuses avancées que l’Iran utilise seraient arrêtées et retirées, y compris toutes les centrifugeuses de son installation souterraine fortifiée de Fordow.

« Des limites strictes sur l’enrichissement iranien signifieraient que même si l’Iran quittait l’accord pour chercher à se doter d’une arme nucléaire, il lui faudrait au moins six mois pour y parvenir« , a déclaré le fonctionnaire.

Par © Zonebourse avec Reuters 2022, publié le 23/08/2022 à 09h23

https://www.zonebourse.com/cours/action/UNITED-PARCEL-SERVICE-INC-14758/actualite/Exclusif-L-Iran-a-abandonne-certaines-demandes-pour-l-accord-nucleaire-un-fonctionnaire-americai-41378752/

Article traduit automatiquement (vous pouvez retrouver l’article original en cliquant sur : https://www.marketscreener.com/quote/stock/UNITED-PARCEL-SERVICE-INC-14758/news/Exclusive-Iran-has-dropped-some-demands-for-nuclear-deal-U-S-official-41378752/

ONU : FACE À UN RISQUE NUCLÉAIRE ACCRU, GUTERRES PLAIDE EN FAVEUR DU DIALOGUE ET DE LA COOPÉRATION

Dans un contexte de risque nucléaire accru, le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a plaidé lundi en faveur du dialogue et de la coopération pour surmonter les divisions, les tensions et l’instabilité qui affectent le monde. 

« Notre monde est déchiré par les divisions géopolitiques, les conflits et l’instabilité », a constaté le chef de l’ONU dans un discours devant les membres du Conseil de sécurité lors d’une réunion consacrée à la promotion de sécurité grâce au dialogue et à la coopération.

« Les divergences persistantes entre les grandes puissances mondiales – y compris au sein de ce Conseil – continuent de limiter notre capacité à réagir collectivement. L’aide humanitaire est poussée jusqu’au point de rupture. Les droits de l’homme et l’État de droit sont attaqués. La confiance se fait rare », a-t-il ajouté. « Bon nombre des systèmes mis en place il y a des décennies sont désormais confrontés à des défis inimaginables pour nos prédécesseurs – la cyberguerre, le terrorisme et les armes létales autonomes. Et le risque nucléaire a atteint son point culminant depuis des décennies ».

Selon lui, il faut reforger un « consensus mondial autour de la coopération qui est nécessaire pour assurer la sécurité collective, y compris le travail des Nations Unies ».

Le chef de l’ONU a souligné qu’il revenait d’une visite en Ukraine, en Türkiye et en Moldavie, au cours de laquelle il a pu observer sur le terrain la mise en œuvre de l’Initiative céréalière de la mer Noire, qui permet notamment l’exportation des céréales ukrainiennes.

Selon lui, il s’agit d’un exemple concret de la façon dont le dialogue et la coopération peuvent apporter de l’espoir, même au milieu d’un conflit.

Lors d’une conférence de presse à Vienne, Rafael Mariano Grossi, directeur général de l’AIEA, indique la centrale nucléaire de Zaporizhzhia en Ukraine sur une carte. © IAEA/Dean Calma

Situation critique à la centrale nucléaire de Zaporijjia

« Le même engagement de dialogue et de résultats doit être appliqué à la situation critique de la centrale nucléaire de Zaporijjia. Je réaffirme que l’ONU dispose en Ukraine des capacités logistiques et de sécurité nécessaires pour appuyer une mission de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) de Kyïv à Zaporijjia », a déclaré M. Guterres.

Au-delà de la situation à Zaporijjia, le chef de l’ONU a appelé « à accélérer les efforts pour éliminer la menace nucléaire, une fois pour toutes ».

Selon lui, il faut que la dixième Conférence d’examen du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires qui se réunit ce mois-ci démontre que des progrès sont possibles.

Il a renouvelé son appel à tous les États parties « pour qu’ils fassent preuve de souplesse et d’une volonté de compromis dans toutes les négociations ». « Les pays dotés d’armes nucléaires doivent s’engager à ‘ne pas utiliser en premier’ ces armes », a-t-il dit. « Ils doivent également garantir aux États qui ne possèdent pas d’armes nucléaires qu’ils n’utiliseront pas – ou ne menaceront pas d’utiliser – des armes nucléaires contre eux, et qu’ils seront transparents d’un bout à l’autre ».

« Les rodomontades nucléaires doivent cesser. Nous avons besoin que tous les États s’engagent à nouveau en faveur d’un monde exempt d’armes nucléaires et n’épargnent aucun effort pour venir à la table des négociations afin d’apaiser les tensions et mettre fin une fois pour toutes à la course aux armements nucléaires », a ajouté le Secrétaire général.

Préserver les générations futures du fléau de la guerre

En conclusion, le chef de l’ONU a rappelé aux membres du Conseil de sécurité qu’en « cette période de risque maximal pour notre monde, il est temps de renouveler notre engagement envers la Charte des Nations Unies et les idéaux qu’elle représente ». Pour préserver les générations futures du fléau de la guerre, il a plaidé en faveur du dialogue et de la diplomatie.

« Ce Conseil et cette Organisation représentent les nations du monde entier – et constituent le meilleur espoir de l’humanité pour bâtir un avenir meilleur et plus pacifique. Alors que nous élaborons notre Nouveau programme pour la paix, à nous de prouver que nous avons tiré les leçons du passé. Réitérons notre engagement envers les instruments éternels de la paix – le dialogue, la diplomatie et la confiance mutuelle », a-t-il conclu. 

Publié le 22 août 2022

Photo en titre : Le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, lors d’un point de presse sur l’Ukraine. Photo ONU/Mark Garten

https://news.un.org/fr/story/2022/08/1125752

TÉHÉRAN : LES POURPARLERS SUR LE NUCLÉAIRE FONT DES « PROGRÈS RELATIFS »

AA / Téhéran – « Les pourparlers pour relancer l’accord nucléaire ont permis de réaliser des progrès relatifs« , a déclaré le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Nasser Kanaani.

C’est ce qui ressort de ses déclarations rapportées par le « Tehran Times« , lundi.

Le responsable iranien a déclaré que Téhéran n’annoncerait un accord sur le retour complet de l’accord nucléaire qu’après que « tout soit convenu » avec les parties concernées, en particulier les États-Unis.

« Nous sommes déterminés à poursuivre notre politique étrangère actuelle, si les États-Unis traitent négativement les propositions de l’Iran, et ce, indépendamment de toute négociation menée dans le cadre de la relance de l’accord nucléaire« , a-t-il ajouté.

Kanaani a expliqué que les Européens et les États-Unis « ont besoin de plus que Téhéran pour parvenir à un accord« .

Dans le même contexte, le responsable iranien a souligné que son pays est prêt à la conclusion « immédiate » d’un accord avec les États-Unis, pour l’échange de prisonniers entre les deux pays, dans une « perspective humanitaire » indépendamment de l’accord nucléaire, selon le Tehran Times.

Le chef de la politique étrangère de l’Union européenne, Josep Borrell, avait annoncé, lundi dernier, la remise du texte final de l’accord nucléaire avec l’Iran, appelant les pays concernés à prendre leur décision afin de le relancer.

Des diplomates d’Iran, des États-Unis et de cinq pays (la Chine, la Russie, la France, le Royaume-Uni et l’Allemagne) négocient, depuis des mois à Vienne, un accord visant à rétablir l’engagement de Téhéran à restreindre son programme nucléaire, en échange de la levée des sanctions économiques .

Les négociations ont été ponctuées d’une série d’interruptions dues aux principaux différends entre Téhéran et Washington.

En mai 2018, l’ancien président américain Donald Trump a rétabli les sanctions contre Téhéran, après avoir annoncé le retrait de Washington de l’accord nucléaire conclu sous son prédécesseur Barack Obama.

*Traduit de l’arabe par Hend Abdessamad

Par Mennatallah H. H. M. Said A., publié le 22 août 2022

Photo en titre : Le porte-parole du ministère iranien des AE, Nasser Kanaani a expliqué que les Européens et les États-Unis « ont besoin de plus que Téhéran pour parvenir à un accord »

https://www.aa.com.tr/fr/politique/t%C3%A9h%C3%A9ran-les-pourparlers-sur-le-nucl%C3%A9aire-font-des-progr%C3%A8s-relatifs-/2666522

ALLEMAGNE : LE GOUVERNEMENT EXCLUT DE PROLONGER LA DURÉE DE VIE DES TROIS CENTRALES NUCLÉAIRES DU PAYS

La coalition au pouvoir en Allemagne est divisée sur le sort de ces centrales, alors que le pays s’attend à une pénurie de gaz cet hiver.

Alors que la pénurie de gaz guette, le ministre allemand de l’Économie Robert Habeck a exclu ce dimanche toute prolongation de la durée de vie des trois centrales nucléaires encore actives dans le pays, rapporte Reuters.

« Le gain en énergie ne serait pas suffisant pour valoir la peine de rouvrir le débat sur la sortie du nucléaire compte tenu du consensus sur le sujet », a déclaré le ministre Vert lors de la journée portes ouvertes du gouvernement. Il a estimé que cela permettrait au mieux d’économiser seulement 2 % de la consommation de gaz cet hiver.

Ces trois dernières centrales nucléaires encore actives devaient s’arrêter cette année, comme l’avait annoncé l’ancienne chancelière Angela Merkel après l’accident de Fukushima en 2011. Mais depuis l’invasion russe de l’Ukraine et la chute des livraisons de gaz en provenance de Russie, certaines voix s’élèvent en Allemagne pour demander le prolongement de la durée de vie des centrales.

La coalition divisée sur le sujet

La coalition au pouvoir en Allemagne est elle-même divisée sur la question. Le ministre libéral des Finances Christian Lindner a par exemple déclaré qu’il ne fallait pas être « trop pointilleux, mais réserver toutes les possibilités », ajoutant qu’il serait ouvert à une prolongation des centrales de « plusieurs années » dans les circonstances actuelles.

Début août le chancelier allemand Olaf Scholz lui-même avait ouvert la porte à une conservation des centrales estimant que « cela pouvait quand même avoir du sens » de ne pas les couper du réseau comme prévu.

Robert Habeck s’est tout de même dit prêt à prolonger la durée de vie d’une centrale nucléaire en Bavière si un test de résistance montrait que cela était nécessaire pour assurer la stabilité et l’approvisionnement du réseau électrique cet hiver.

Par Le Parisien, publié le 21 août 2022 à 23h14

Photo en titre : La centrale nucléaire Isar 2 sur la rivière Isar à Eschenbach dans le sud de la Bavière pourrait être la seule à voir sa durée de vie prolongée. REUTERS/Christian Mang

https://www.leparisien.fr/environnement/allemagne-le-gouvernement-exclut-de-prolonger-la-duree-de-vie-des-trois-centrales-nucleaires-du-pays-21-08-P022-NSNUNBEIDVEADMMXM44TBM6RNQ.php

ACCIDENT DE RÉACTEUR, DÉCHETS RADIOACTIFS… QUELS RISQUES À LA CENTRALE UKRAINIENNE DE ZAPORIJJIA ?

La communauté internationale a le regard tourné vers Zaporijjia, où Russes et Ukrainiens s’affrontent depuis des semaines près de la plus grande centrale nucléaire d’Europe. Cette situation tendue fait courir plusieurs risques nucléaires que tous les belligérants et leurs soutiens souhaitent éviter. France 24 fait le point sur les scénarios possibles.

La centrale nucléaire de Zaporijjia est au centre des préoccupations ces dernières semaines en Ukraine. Les combats autour de ce site sous contrôle russe sont quotidiens, et plusieurs acteurs internationaux redoutent que la situation ne dégénère. Le dernier en date, Vladimir Poutine, a dit craindre vendredi 19 août que les bombardements sur place ne finissent par provoquer une « catastrophe (nucléaire) de grande envergure qui pourrait conduire à la contamination radioactive de vastes territoires« .

Le président russe et Emmanuel Macron ont convenu d’une inspection « dans les plus brefs délais » de la centrale de Zaporijjia par l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) afin d' »évaluer la situation sur place« . Le directeur de l’AIEA, Rafael Grossi, s’est « félicité » dans un communiqué « des récentes déclarations indiquant que l’Ukraine et la Russie soutiennent l’objectif de l’AIEA d’envoyer une mission« .

Le risque principal : un accident de fusion du cœur d’un réacteur nucléaire

Quand il est question d’une possible catastrophe nucléaire, d’autant plus en Ukraine, on pense naturellement à celle de Tchernobyl en 1986, qui reste à ce jour le plus gros accident de l’histoire – au moins une trentaine de morts, selon le comité scientifique de l’ONU, mais le bilan pourrait être bien plus lourd si on compte les morts indirects. En déplacement en Ukraine, le 18 août, le président turc, Recep Tayyip Erdogan, s’est d’ailleurs alarmé du danger d’un « nouveau Tchernobyl« , estimant que « tout dégât potentiel à Zaporijjia serait un suicide« .

Selon Emmanuelle Galichet, enseignante-chercheure au Conservatoire national des arts et métiers (Cnam), « ce n’est pas possible d’avoir un accident comme celui de Tchernobyl sur la centrale de Zaporijjia. Ce ne sera pas un accident avec un nuage radioactif au-dessus de l’Europe comme on a pu le voir par le passé« . Et la docteure en physique nucléaire de nuancer : « Cela ne veut pas dire qu’il n’y a aucun risque, le risque zéro n’existe pas. »

Le principal risque au centre des préoccupations est bien connu des experts en énergie atomique : un accident de fusion du cœur d’un réacteur nucléaire.

Un diplomate a expliqué vendredi à l’AFP que les Occidentaux s’inquiétaient surtout du maintien du refroidissement par eau des réacteurs nucléaires de Zaporijjia, plus que de l’impact d’un tir, car ils sont conçus « pour résister » au « pire ».

« Les cœurs des réacteurs ont besoin d’être refroidis, et pour cela il leur faut alors de l’eau et de l’électricité« , explique Bernard Laponche, ancien ingénieur nucléaire au Commissariat à l’énergie atomique (CEA). Le physicien nucléaire est moins inquiet par des bombardements sur la centrale – « protégée par un épais dôme de béton » – que par des missiles qui tomberaient à côté, que ce soit sur le réseau électrique qui alimente la centrale ou sur les conduites d’eau.

Sans eau et ou électricité, « il peut y avoir un accident de fusion du cœur comme à Three Mile Island (aux États-Unis en 1979) ou à Fukushima » (au Japon en 2011), précise Bernard Laponche.

Les déchets radioactifs, un autre risque nucléaire

L’autre risque identifié concerne les déchets nucléaires sur le site ukrainien.

« À la centrale de Zaporijjia, vous avez deux types d’entreposage« , explique Emmanuelle Galichet. « Il y a le vrai combustible usé qui sort du cœur du réacteur : il est stocké dans des piscines qui sont dans l’enceinte de confinement, et qui sont donc totalement protégées. Et il y a les combustibles usés à l’air libre.« 

Ce sont ces derniers combustibles qui suscitent aussi des craintes. Selon Bernard Laponche, « si un missile tombe sur ces déchets, il y a immédiatement soit un feu soit une explosion. Et comme un dépôt de déchets est un lieu où il y a une quantité de radioactivité considérable, cela peut produire un nuage radioactif qui peut aller en Russie, en Pologne ou en Europe de l’Ouest.« 

Le physicien nucléaire précise que ce nuage dépendrait de la quantité de déchets radioactifs qui seraient incendiés, ainsi que de l’orientation du vent.

L’enseignante-chercheur au Cnam nuance la menace que peuvent représenter ces déchets en expliquant qu’ils sont à l’air libre, « ce qui veut dire que leur radioactivité a beaucoup diminué« . Elle estime ainsi qu’en cas de bombardement, « leur risque de radioactivité dans l’environnement est très peu probable.« 

« Compliqué » de couper Zaporijjia du réseau électrique ukrainien

Voir Zaporijjia disparaître du réseau électrique ukrainien est un autre risque qui pèse sur la centrale nucléaire. Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, en visite en Ukraine le 19 août, a d’ailleurs demandé à la Russie de ne pas couper la centrale du réseau ukrainien.

« Le réseau électrique d’Ukraine était branché sur le réseau soviétique, puis russe. Et presque le jour du début de la guerre en Ukraine (fin février, NDLR) – parce que ça avait été préparé depuis longtemps –, le réseau ukrainien a été branché sur le réseau européen (…), ce qui est une opération très délicate à faire« , explique Bernard Laponche.

Alors refaire passer la centrale de Zaporijjia sur le réseau électrique russe est techniquement possible, mais ce ne serait pas chose aisée, selon Emmanuelle Galichet : « Tout est possible lorsque vous voulez couper une alimentation, mais ce sont des procédures industrielles qui sont tout de même extrêmement complexes. Les ingénieurs sur place savent faire ce genre de procédure industrielle, mais cela comporte toujours des risques (dont le risque de perte d’alimentation électrique si le courant n’est pas correctement coupé, NDLR)« .

Finalement, éviter que ces risques nucléaires et électriques ne deviennent réalité semble possible à condition d’arrêter les combats dans la zone de Zaporijjia. Antonio Guterres a ainsi appelé à « démilitariser la centrale« .

Le physicien nucléaire Bernard Laponche souhaite aussi cette issue, et il conclut : « C’est très étonnant que personne n’ait jamais considéré le risque de guerre durant la construction de ces centrales à partir des années 1970-1980. On était alors dans une période de paix perpétuelle, et on s’aperçoit aujourd’hui que ce sont des lieux de risques considérables. »

Par Jean-Luc MOUNIER, publié le : 20/08/2022 à 15h08

Photo en titre : Photo satellite de la centrale nucléaire de Zaporijjia dans la zone d’Enerhodar contrôlée par la Russie, dans l’est de l’Ukraine, distribuée par Maxar Technologies et publiée le 19 août 2022. © Handout, AFP

https://www.france24.com/fr/europe/20220820-accident-de-r%C3%A9acteur-d%C3%A9chets-radioactifs-quels-risques-%C3%A0-la-centrale-ukrainienne-de-zaporijjia

CÉLINE GUIVARCH : « ON CONTINUE À TROP INVESTIR DANS LES ÉNERGIES FOSSILES »

Entretien – « Chaleur Humaine » (5/5). Dans cet épisode du podcast du « Monde » consacré au défi climatique, l’économiste Céline Guivarch analyse les pistes suggérées par le dernier rapport du GIEC pour rompre avec le pétrole, le charbon et le gaz

Les énergies fossiles – pétrole, gaz et charbon – représentent toujours 80 % de l’énergie consommée dans le monde, une proportion qui n’a quasiment pas changé depuis trente ans. Elles sont aussi les principales responsables du changement climatique. Comment réduire notre dépendance à ces sources d’énergie ? Par quoi faut-il commencer ? Que faut-il éviter à tout prix ? Quelles technologies peut-on utiliser en priorité ? Ces questions sont au cœur du travail mené dans le dernier volet du dernier rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), paru en avril. Nabil Wakim, journaliste au Monde, échange avec l’économiste Céline Guivarch, directrice de recherches au Centre international de recherche sur l’environnement et le développement et coautrice de ce rapport de près de 3 000 pages, qui propose des centaines de trajectoires possibles pour décarboner l’économie.

Vous avez participé à la coordination et aux travaux du dernier rapport du GIEC, le groupe d’experts de l’ONU pour le climat, paru au mois d’avril 2022. Il est consacré à l’atténuation, autrement dit comment baisser les émissions de gaz à effet de serre et conserver une planète vivable pour les humains. Ce qu’explique ce gigantesque travail de collecte et d’analyse des études scientifiques au niveau mondial, c’est que nous disposons déjà des moyens pour faire baisser de moitié ces émissions entre maintenant et 2030. Quelle est la première des priorités pour rester sur la trajectoire fixée par l’accord de Paris sur le climat ?

La première chose à faire, c’est d’arrêter de faire ce qui va dans la mauvaise direction ! C’est-à-dire tout ce qui continue à nous enfermer dans une dépendance vis-à-vis des énergies fossiles, vis-à-vis d’activités qui sont néfastes. Par exemple – on le voit bien dans le rapport du GIEC –, ce que les connaissances scientifiques nous montrent, c’est que les infrastructures existantes qui nécessitent des énergies fossiles pour fonctionner ne doivent pas aller à la fin de leur durée de vie prévue – les centrales à charbon, les voitures thermiques, les bateaux du commerce international, etc. Si on les utilise jusqu’à la fin de leur durée de vie technique, on sature déjà en termes d’émissions le budget qui nous permet de rester sous 1,5 °C d’augmentation de la température du globe, ce qui est l’objectif qu’incite à tenir l’accord de Paris.

Lire aussi : Rapport du GIEC : « Chaque émission de gaz à effet de serre évitée réduit le changement climatique et ses effets »

Ce que cela veut dire, c’est qu’il faut arrêter un certain nombre d’installations bien avant la fin de la durée de vie qui est prévue par les États, les investisseurs et les entreprises. Il faut donc avancer la « date de péremption » de certaines centrales à charbon, de certains sites pétroliers ou gaziers ?

Cela nous enferme dans la mauvaise direction : continuer à investir dans des centrales à charbon, par exemple, mais aussi continuer à construire des villes très étalées, qui nous rendent dépendants de voitures thermiques polluantes, c’est ce qu’il faut cesser de faire. C’est vraiment la première chose : nous devons cesser de faire ce qui est contraire à nos objectifs. Cela devrait se traduire aussi sur la question des investissements : il y a un manque d’investissements vers les solutions, en particulier dans certains domaines comme le transport, l’agriculture ou la foresterie. Dans ces secteurs, l’écart est très grand par rapport aux besoins.

La deuxième brique pour suivre la bonne trajectoire et se débarrasser des énergies fossiles, c’est donc de mettre l’argent au bon endroit ?

Voilà. C’est un point important qu’on voit dans le rapport du GIEC : la question n’est pas de trouver de l’argent supplémentaire. Quand on regarde l’épargne mondiale disponible, les flux de capitaux disponibles sont là. C’est vraiment une question de réorientation des investissements vers les solutions. On continue à trop investir dans les énergies fossiles, qui sont la cause principale du réchauffement climatique, et il s’agit de réorienter vers les solutions, au plus vite.

Il y a d’ailleurs un autre point frappant dans ce rapport, c’est l’idée que, si les investissements sont faits de manière sérieuse, il est possible d’être sur la trajectoire de l’accord de Paris, mais aussi d’atteindre d’autres objectifs de développement…

Il ne s’agit pas de penser : « On fait tout le reste, comme d’habitude, et puis, par ailleurs, on réfléchit à réduire les émissions de gaz à effet de serre. » Au contraire, il nous faut regarder comment on peut le faire tout en atteignant des objectifs d’amélioration de la santé pour tous, de réduction des inégalités, de réduction de la faim dans le monde, etc. Ce que montre le rapport, c’est qu’il y a énormément de secteurs dans lesquels il y a des synergies qui sont très fortes. C’est particulièrement le cas sur les questions de santé, sur la combustion d’énergies fossiles. Elles donnent lieu à des émissions de gaz à effet de serre, le CO2 en particulier, mais aussi à des émissions de polluants locaux et de particules plus ou moins fines et cela génère des maladies respiratoires, cardio-vasculaires, certains cancers. Donc réduire la combustion d’énergies fossiles, c’est aussi améliorer notre santé.

C’est un premier exemple, mais il y en a d’autres, par exemple sur les mobilités actives. En France, la sédentarité est une question de santé publique et le déploiement de mobilités actives, donc le vélo ou la marche, est à la fois une solution par rapport à la question de santé publique qu’est la sédentarité et permet, quand c’est pertinent, de réduire les émissions de gaz à effet de serre du secteur des transports.

C’est certainement une perspective assez réjouissante, mais il faut bien reconnaître que ce chemin est pavé d’épines : rien dans cette trajectoire n’est simple. Renoncer aux énergies fossiles, c’est abandonner des secteurs entiers d’activité, des centaines de milliers d’emplois y sont liés, et c’est toutes nos sociétés qui sont bâties sur leur usage. Pour remplacer les énergies fossiles, le rapport du GIEC, comme les rapports, en France, de l’Ademe ou du Réseau de transport d’électricité, s’appuient sur un développement massif des énergies renouvelables, principalement du solaire et de l’éolien. Quel rôle jouent ces technologies dans le fait de rompre avec les énergies fossiles ?

Dans les possibilités dont nous disposons pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, il y a effectivement l’adoption de technologies, en particulier les énergies renouvelables. Si le solaire et l’éolien remplacent du charbon, du gaz et du pétrole, ils permettent de réduire les émissions de gaz à effet de serre mais aussi, dans certains pays, d’accéder à des services énergétiques, d’avoir accès à de l’électricité qui n’était pas là avant, sans nouvelles émissions de gaz à effet de serre ou presque – il y en a un tout petit peu pour la fabrication des éoliennes elles-mêmes sur l’ensemble de leur cycle de vie. Ce qu’on voit aussi, c’est que dans beaucoup de pays du monde, au niveau des villes, des territoires, des régions, il y a de plus en plus de mesures mises en place pour chercher à réduire les émissions. On a en main les éléments pour dire que ces actions ont réussi à éviter des émissions de gaz à effet de serre à l’échelle mondiale. Hélas, cela n’a permis que de ralentir l’augmentation des émissions mondiales, alors qu’il faut bien qu’elles baissent et qu’elles atteignent zéro en quelques décennies. Mais les actions commencent notamment en déployant ces solutions dont on parle.

Il faut aussi dire qu’on a appris énormément et que les coûts de ces technologies ont été beaucoup réduits. En dix ans, les coûts d’installation des panneaux solaires ont été divisés par dix environ. Les batteries pour les véhicules électriques ou pour le stockage d’électricité, c’est la même chose : leur coût en dix ans a été à peu près réduit de 85 %. Donc, on progresse au fur et à mesure qu’on déploie les solutions.

Il y a d’autres types d’actions qui sont menés et qui sont efficaces : investir dans l’isolation des bâtiments pour avoir un confort thermique, aussi bien l’hiver que l’été, avec une faible consommation énergétique et pas d’émissions de gaz à effet de serre. Plus généralement, ce qu’on voit, c’est que les options sont multiples. Mais on parle plus fondamentalement des transformations des modes de production et de consommation. Il s’agit bien de repenser notre urbanisme, nos infrastructures collectives, pour donner accès aux alternatives aux énergies fossiles à tout le monde.

Il y a une autre notion qui est présente pour la première fois dans le rapport du GIEC : la sobriété. Toutes les trajectoires sérieuses qui nous permettent de conserver une planète habitable imposent une réduction massive de la consommation d’énergie. Depuis trente ans, 80 % de notre énergie consommée au niveau mondial vient du gaz, du pétrole et du charbon. Donc, l’une des voies à prendre est d’en utiliser beaucoup moins. Que veut dire, dans l’esprit des rédactrices et des rédacteurs du dernier rapport du GIEC, cette notion de sobriété ?

La sobriété, c’est « l’ensemble des politiques, des mesures, des pratiques quotidiennes qui permettent d’éviter des demandes d’énergie, de matériaux, de biens, de terre, tout en assurant le bien-être de tous les humains dans les limites planétaires ». C’est une traduction du rapport qui est pour l’instant uniquement en anglais. Il faut bien noter que la question du bien-être est au cœur de cette notion, c’est important. On voit également en filigrane la question des inégalités : on vit dans un monde qui est extrêmement inégal entre pays et au sein des pays en termes de revenus, en termes d’émissions de gaz à effet de serre.

Mais on imagine bien qu’une définition comme celle-ci ne fait pas nécessairement l’unanimité au sein du GIEC. Le fait d’insister là-dessus engage l’ensemble des États signataires…

Quand on est auteur pour un rapport du GIEC, on est là au titre de notre expertise scientifique. On n’est pas là pour défendre les intérêts des pays dont on est originaire. Les débats sont davantage des débats sur les concepts, sur les définitions, sur le fait de savoir s’il y a un consensus scientifique ou pas sur un sujet ou un autre. Un élément qui me paraît important quand même, c’est que le résumé de référence du rapport, qu’on appelle « résumé pour décideurs », est examiné et approuvé mot à mot par l’ensemble des pays signataires. C’est à ce moment-là que les États entrent en jeu dans les rapports du GIEC. Ce qui veut dire que la définition que je vous ai donnée a été approuvée par l’ensemble des pays du monde. Je pense que c’est assez fort.

Quand on regarde de manière plus précise, tout ce qu’on appelle les potentiels d’action sur la demande – tout ce qui va réduire la demande d’énergie – est évalué comme étant de l’ordre de 40 % à 70 % de réduction d’émissions de gaz à effet de serre à l’horizon 2050. Derrière ces actions, il y a des éléments qui sont des éléments de sobriété ou d’évitement. Par exemple, dans les bâtiments, régler son thermostat 1 ou 2 °C en dessous ce qu’on aurait fait habituellement. Ça, c’est de l’évitement. On évite une demande de services énergétiques. On peut aussi éviter un déplacement de marchandises ou de personnes, éviter un déplacement international en le remplaçant par une réunion à distance, par un appel téléphonique. Réorganiser les chaînes de production et d’approvisionnement pour limiter les distances parcourues par les marchandises.

Après, il y a des actions portant sur la réduction de la demande d’énergie qui passent par de l’efficacité : quand on isole un bâtiment pour assurer un confort thermique avec moins d’énergie, on parle d’efficacité. De même, quand un industriel fait un investissement pour avoir des moyens de production plus efficaces. Mais les deux notions sont compatibles : par exemple, avoir des véhicules qui sont plus légers, c’est à la fois de la sobriété, parce que pour les produire on va utiliser moins de matériaux et de ressources, mais c’est aussi de l’efficacité énergétique, parce que pour les déplacer on va avoir besoin de moins d’énergie. Et puis enfin, il y a des actions qui sont plutôt de l’ordre de l’amélioration, comme dans les bâtiments, installer des panneaux solaires sur le toit pour avoir une production décentralisée d’énergie.

L’exemple du bâtiment est intéressant – en France, il s’agit d’environ 20 % des émissions de gaz à effet de serre –, puisqu’il montre qu’on peut mener toutes ces actions de front : baisser la température du chauffage, mieux isoler le bâtiment avec une rénovation d’envergure et installer des panneaux photovoltaïques…

Tout à fait, tout cela peut se conjuguer. Il y a un autre élément qui est extrêmement clair dans l’état des connaissances et dans le rapport du GIEC, c’est que ce potentiel d’action sur la demande pour aller attraper l’intégralité de ce potentiel, ce n’est pas la responsabilité du consommateur final, individuel et de petits gestes individuels. On parle ici en priorité d’actions collectives de transformation de nos villes, de nos infrastructures, de construction de ces alternatives et même de transformation de nos organisations sociales, de nos normes sociales, pour mettre en œuvre des solutions qui sont viables et qui sont compatibles avec le bien-être.

Mais cette notion de sobriété est comprise de manière différente par les États, les grandes entreprises ou les citoyens. Si on vous suit, et si on regarde la définition du GIEC, on a l’impression qu’il s’agit d’une remise en cause d’un modèle économique dans lequel il faut produire beaucoup pour consommer beaucoup. Cette sobriété, c’est quand même l’idée de produire moins d’objets, de consommer moins, de conserver les choses plus longtemps, de consommer moins d’énergie, de matériaux. Ce n’est pas très compatible avec la manière dont fonctionne l’activité économique aujourd’hui…

C’est vrai, les transformations dont on parle impliquent des changements majeurs des normes sociales, des organisations sociales, des infrastructures, des villes, etc. Sur les biens industriels manufacturés, il y a à la fois des leviers sur l’efficacité énergétique, pour avoir des produits qui utilisent moins de matériaux, moins de ressources, moins d’énergie. Il y a aussi finalement des questions plus fondamentales : qu’est-ce que c’est, ces biens-là ? Et est-ce qu’ils sont plus durables, plus réparables, recyclables ? Et puis, quels services ils nous rendent ? À quoi ils nous servent ?

Il y a une tentation de dire : l’État doit édicter des règles et des interdictions, par exemple pour dire aux industriels qu’ils n’ont plus le droit de faire des machines à laver qui durent moins de quinze ans et que les pièces de rechange soient facilement trouvables sur une longue période. Mais, d’un autre côté, on peut aussi défendre l’idée que le marché, les industriels vont trouver d’eux-mêmes un équilibre économique dans cette nouvelle donne, innover pour faire baisser les émissions et trouver d’autres modèles. Le GIEC donne-t-il une recette, une manière d’arriver à ces objectifs qui paraissent parfois hors de portée ?

Le rapport du GIEC fait l’état des connaissances scientifiques, il ne dit pas ce qu’il faut faire, je pense que c’est important de bien le comprendre ! La mise en œuvre nécessite des débats démocratiques au sein des États, les scientifiques ne peuvent pas s’y substituer. Évidemment, il y a des politiques publiques qui peuvent être efficaces pour réorienter les productions.

Lire aussi : Climat : les alertes ne suffisent plus

D’accord, mais on voit bien que certaines politiques publiques fonctionnent dans certains pays et peuvent servir d’exemple, et cela les scientifiques peuvent s’en saisir. Si on regarde la question de la baisse de la consommation d’énergie, on voit bien que c’est un objectif de longue date, mais qu’il est particulièrement difficile à atteindre en réalité. Ce qui donne l’impression que, sans volonté politique très forte, rien de tout cela n’arrivera…

Est-ce qu’une transition de cette ampleur va se passer toute seule ? La réponse est non. On est en train de parler de transformations majeures de tous les grands systèmes. Bien sûr, cela demande des politiques publiques ambitieuses, fortes, coordonnées à tous les échelons, depuis les territoires en passant par les régions, les pays, les organisations supranationales, etc. Pour la France, l’Europe est évidemment un niveau important pour toutes les réglementations. L’échelon international est essentiel pour la question de la solidarité internationale face au changement climatique, le transfert de technologies, le financement international des actions, etc. Et, évidemment, ces transformations ne vont pas se faire d’elles-mêmes, elles requièrent des politiques publiques pour permettre d’enclencher les investissements dont on parle, mais aussi pour s’assurer que personne n’est laissé sur le chemin.

Mais justement, sur ces politiques publiques, tout le monde n’est pas d’accord sur les priorités à déployer. L’un des exemples, c’est la place du gaz dans la transition : on le voit bien depuis le début de la guerre en Ukraine et l’utilisation par Vladimir Poutine et la Russie de l’arme du gaz. L’un des invités du podcast, le directeur du centre énergie de l’IFRI, Marc-Antoine Eyl-Mazzega, disait de manière assez pragmatique : si les Chinois achètent le gaz russe à notre place, cela va remplacer les centrales à charbon et faire baisser nos émissions de gaz à effet de serre au niveau mondial, donc ce ne serait pas forcément une mauvaise nouvelle. Certes, le gaz est fossile, mais il est moins émetteur que le charbon, et donc on y gagne quand même. Qu’en pensez-vous ?

La question qu’on peut se poser en permanence est la suivante : est-ce que les actions menées vont dans la bonne direction et sont compatibles avec le fait d’atteindre en quelques décennies zéro émission de CO2 ? À ce titre, un investissement nouveau dans une énergie fossile – par exemple, dans le gaz – risque de perpétuer des émissions sur une longue période. Une centrale qui produit de l’électricité à partir de gaz, ce sont des émissions pendant au moins une trentaine d’années. Les choix d’aujourd’hui peuvent nous « enfermer » dans des émissions, sauf si on décide d’abandonner certaines choses, de ne pas rentabiliser certains investissements. Remplacer du charbon par du gaz, ça réduit les émissions de gaz à effet de serre, c’est vrai, mais ça reste une énergie fossile et c’est plus difficile d’en sortir dans un deuxième temps.

C’est ce que les experts appellent le « verrouillage », le risque de se lier les mains pour longtemps en réinvestissant dans des énergies fossiles. On en comprend la logique, mais c’est incroyablement difficile, comme le montrent les débats sur l’augmentation du prix du carburant ou du gaz avec la flambée des cours de l’énergie, en particulier avec l’invasion de l’Ukraine par les troupes russes.

Cela montre, encore une fois, que c’est une question internationale et qu’on a bien besoin de coordination entre les États sur le sujet pour ne pas juste déplacer des émissions ou déplacer la propriété des émissions, comme lorsque certaines centrales à charbon sont vendues à une autre entreprise pour pouvoir afficher un meilleur bilan environnemental. Et, là encore, c’est une question de politique publique : pour que les investisseurs prennent en compte les risques liés à l’investissement dans les énergies fossiles qui ne sont pas pris en compte aujourd’hui, mais qu’il est pourtant nécessaire de prendre en compte.

En France, il y a un débat très vif sur le nucléaire : Emmanuel Macron défend l’idée de construire au moins huit nouveaux réacteurs de troisième génération EPR, la gauche (NDLR : sauf le PCF !) et les écologistes y sont majoritairement opposés. L’un des arguments pour reprendre le développement de l’énergie nucléaire est qu’elle émet peu de gaz à effet de serre. Quelle place occupe le nucléaire dans le dernier rapport du GIEC ? Est-ce que c’est une technologie qui peut jouer un rôle important ?

Dans le chapitre du rapport qui se penche sur l’énergie et les solutions d’atténuation, le nucléaire est évalué, et il est vrai qu’il génère peu d’émissions de gaz à effet de serre, même s’il pose d’autres questions. La construction émet du CO2, mais pas la production d’électricité en tant que telle. Il fait partie des solutions de production d’électricité bas carbone. Mais, à l’échelle mondiale, le potentiel le plus gros et en particulier à court terme, il est sur les énergies renouvelables, solaire et éolien. Notamment parce que, quand on regarde les objectifs de 2030, c’est très proche de nous, dans seulement huit ans. Or le nucléaire prend du temps pour être développé.

Pour 2030, on sait déjà qu’il n’y aura que très peu de nouveaux réacteurs raccordés au réseau au niveau mondial, parce qu’effectivement les travaux sont assez longs et peuvent durer entre cinq et quinze ans. C’est-à-dire que le nucléaire peut jouer un rôle mais plutôt à un horizon 2040. Est-il pour autant indispensable dans tous les scénarios du GIEC ?

Pour être plus précise, ce que fait le rapport du GIEC, c’est qu’il évalue des scénarios prospectifs sur les trajectoires de réduction d’émissions de gaz à effet de serre. C’est un travail important, produit par des chercheurs de différents endroits dans le monde : on a un peu plus de deux mille trajectoires qu’on a collectées et analysées – elles arrivent à des moyennes de températures différentes selon les options choisies. Si on regarde celles qui sont compatibles avec le fait de rester au-dessous de 2 °C d’augmentation de la température du globe ou de 1,5 °C, il y a quand même différentes combinaisons possibles, différents leviers d’action et de choix technologiques possibles. Certaines trajectoires ont été volontairement construites par les chercheurs en se passant de certaines technologies, par exemple en se passant de nouveaux réacteurs nucléaires. Donc, il existe dans la base de données des trajectoires mondiales qui se passent de la construction de nouveau nucléaire. Il y a également des trajectoires qui cherchent à se passer de technologies encore à l’état de prototype, comme la capture et la séquestration du CO2. Par contre, il n’y a pas de trajectoires qui se passent d’un déploiement massif des énergies renouvelables à l’échelle mondiale.

Céline Guivarch

Céline Guivarch est directrice de recherches à l’École des ponts, économiste au CIRED. Elle est co-autrice du dernier volet du sixième rapport d’évaluation du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC). Elle travaille à la fois sur les impacts économiques du changement climatique et sur les trajectoires de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Ses travaux ont contribué à l’analyse de ces trajectoires dans leurs composantes physiques et économiques. Elle est membre du Haut Conseil pour le climat et a reçu, en 2020, le prix Irène Joliot-Curie de la jeune femme scientifique.

Par Nabil Wakim, publié le 20 août 2022 à 12h00, mis à jour le 21 août 2022 à 03h10

https://www.lemonde.fr/series-d-ete/article/2022/08/20/celine-guivarch-on-continue-a-trop-investir-dans-les-energies-fossiles_6138551_3451060.html?random=1130477323https://www.google.fr

POUTINE ET MACRON D’ACCORD POUR L’ENVOI D’UNE MISSION DE L’AIEA À ZAPORIJJIA

PARIS/MOSCOU, 19 août (© Reuters) – Le président Vladimir Poutine a donné son accord pour l’envoi d’une mission de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) dans la centrale nucléaire ukrainienne de Zaporijjia lors d’un entretien téléphonique avec son homologue français Emmanuel Macron, rapporte vendredi l’Élysée.

La présidence française précise que les deux dirigeants se reparleront dans les prochains jours, à la suite d’échanges techniques, avant le déploiement de cette mission dans la plus grande centrale nucléaire d’Europe, située près de la ligne de front et théâtre de bombardements réguliers dont Moscou et Kyiv se rejettent la responsabilité.

« Le Président de la Fédération de Russie a indiqué au Président de la République son accord pour le déploiement de cette mission et les modalités évoquées« , indique l’Élysée dans un communiqué.

Selon le Kremlin, Vladimir Poutine a souligné lors de cet entretien qui a eu lieu à l’initiative de son homologue français que les bombardements ukrainiens près de la centrale occupée par l’armée russe depuis le mois de mars risquaient de provoquer une « catastrophe de grande ampleur qui pourrait conduire à la contamination radioactive de vastes territoires« .

En visite vendredi à Odessa, dans le sud de l’Ukraine, le secrétaire général de l’Onu, Antonio Guterres, a une nouvelle fois réclamé la démilitarisation du périmètre de la centrale nucléaire, une idée jusqu’à présent rejetée par Moscou.

Il a aussi demandé à la Russie de renoncer à son projet de connecter la centrale de Zaporijjia au réseau électrique russe pour alimenter la péninsule de Crimée voisine, qu’elle a annexée en 2014.

« Il est évident que l’électricité produite à Zaporijjia est de l’électricité ukrainienne et elle est indispensable au peuple ukrainien, en particulier l’hiver. Et ce principe doit être pleinement respecté« , a déclaré le secrétaire général des Nations unies.

Seuls deux des six réacteurs de la centrale sont encore en activité.

Selon le Kremlin, Vladimir Poutine s’est aussi plaint auprès d’Emmanuel Macron des difficultés rencontrées par la Russie pour exporter sa production alimentaire, notamment céréalière, et ses engrais en raison des sanctions occidentales.

Par Tangi Salaün, publié le 19/08/2022 à 16h48

https://www.zonebourse.com/cours/devise/US-DOLLAR-RUSSIAN-ROUBL-2370597/actualite/Poutine-et-Macron-d-accord-pour-l-envoi-d-une-mission-de-l-AIEA-a-Zaporijjia-41364778/

PYONGYANG REFUSE DE RENONCER À SON ARSENAL NUCLÉAIRE EN ÉCHANGE D’UN SOUTIEN ÉCONOMIQUE

L’offre d’aide, formulée par le président sud-coréen Yoon Suk-yeol, a été fermement rejetée par Kim Yo-jong, la sœur du dictateur Kim Jong-un. Cette dernière a qualifié le dirigeant sud-coréen de « simplet » et dénoncé la « malhonnêteté » de sa proposition.

C’est un « non » catégorique. Par la voix de Kim Yo-jong, la sœur de Kim Jong-un, Pyongyang a rejeté une proposition d’aide formulée par Séoul. Le président sud-coréen, Yoon Suk-yeol, était prêt à octroyer une aide économique à son voisin du Nord en échange de l’abandon de son programme nucléaire . Il aurait été « préférable pour son image qu’il ferme sa bouche », a lancé Kim Yo-jong dans un communiqué diffusé par l’agence de presse officielle KCNA.

La sœur de Kim Jong-un, qui dispose d’une grande influence à Pyongyang, a estimé que cette offre était un « sommet d’absurdité », aussi réaliste que de planter « des champs de mûriers dans l’océan bleu foncé ». Kim Yo-jong a qualifié Yoon Suk-yeol de « simplet » et « enfantin » pour avoir cru qu’il pouvait proposer de « troquer une coopération économique contre notre honneur, (nos) armes nucléaires ».

À Séoul, le ministère de l’Unification, chargé des relations avec la Corée du Nord, a exprimé son « profond regret » et décrit ces commentaires comme étant « très irrespectueux et indécents ». « Une telle attitude de la part de la Corée du Nord ne contribue ni à la paix et à la prospérité de la péninsule coréenne, ni à son propre avenir. Elle ne fait que promouvoir son isolement sur la scène internationale », a-t-il déclaré.

Une proposition « malhonnête »

Yoon Suk-yeol avait présenté cette offre pour la première fois en mai dernier avant de l’évoquer à nouveau mercredi, au 100ème jour de son mandat. Le président sud-coréen avait décrit un projet « audacieux » prenant la forme d’une fourniture d’aide en aliments, énergie et infrastructures, en concertation avec la communauté internationale, afin d’améliorer la qualité de vie de la population du pays. Le tout en échange d’une dénucléarisation.

Lire aussi : DÉCRYPTAGE – Comment l’économie nord-coréenne est retombée à son niveau d’il y a vingt ans

Le président sud-coréen avait toutefois souligné qu’en parallèle, Séoul renforcerait sa puissance de dissuasion militaire. Des manœuvres conjointes avec les États-Unis ont à ce titre déjà été relancées. 

En Corée du Nord, Kim Yo-jong a cité ces exercices militaires de Séoul et Washington comme preuves, selon elle, que la proposition de discussion sud-coréenne est « malhonnête ». « Il est clair que nous n’allons pas nous asseoir face à face avec lui », a-t-elle ajouté en parlant du président sud-coréen. « Nul ne troque son destin contre des galettes de maïs », a-t-elle averti.

Par Les Échos, publié le 19 août 2022 à 10h05

Photo en titre : Kim Yo-jong, la sœur de Kim Jong-un, dispose d’une grande influence à Pyongyang. (Jorge Silva/Pool/REUTERS)

https://www.lesechos.fr/monde/asie-pacifique/pyongyang-refuse-de-renoncer-a-son-arsenal-nucleaire-en-echange-dun-soutien-economique-1782728

BAISSE DU NIVEAU DE LA LOIRE : QUELLES RÉPERCUSSIONS À LA CENTRALE NUCLÉAIRE DE CHINON ?

À cause des fortes chaleurs et de la sécheresse qui sévissent en cet été 2022, la Loire va être placée en état de crise. Si la production d’électricité de la centrale nucléaire de Chinon ne sera pas impactée, le site n’est pas pour autant épargné.

Des bancs de sable à perte de vue. Face à la sécheresse qui frappe tout le territoire français, son plus grand fleuve, la Loire, n’en sort pas indemne, affichant des débits jamais vus depuis quarante ans.  Quelles répercussions, alors, sur le fonctionnement de la centrale nucléaire de Chinon, alors que certains sites dans le sud du pays voient leur production ralentie ?

« Aucun impact sur la production »

« Aucun impact sur la production« , assurait le service communication du site EDF d’Indre-et-Loire, contacté le 8 août dernier. « Il n’y a aucune raison de baisser la production de la centrale nucléaire de Chinon, confirme Arthur Neveu, chef de division de l’Autorité de sûreté nucléaire à Orléans. Si toutes les centrales puisent de l’eau dans la mer ou dans un fleuve pour refroidir leurs réacteurs, certaines rejettent ensuite cette eau chaude directement, explique Arthur Neveu. C’est le cas par exemple de celles en bord de Rhône, qui sont obligées de réduire leur production au risque de trop réchauffer le fleuve en aval.« 

« En 2020, 45 millions de mètres cubes ont été transformés en vapeur d’eau à la centrale. Quand on sait qu’il y a des restrictions de l’usage de l’eau… » (Pascal Hoyau, membre du Collectif chinonais environnement qui siège à la commission locale d’information de la centrale nucléaire de Chinon)

À Chinon, l’eau est puisée dans La Loire et s’évapore en partie. « Ce qui fait qu’on ne réchauffe pas la Loire en aval« , poursuit Arthur Neveu. Un fonctionnement que déplore néanmoins Pascal Hoyau, en cette période de sécheresse et de restriction d’usage de l’eau.

« Il faut savoir qu’un quart de l’eau qui est prélevée est transformée en vapeur d’eau, précise ce dernier, membre du Collectif chinonais environnement ainsi que de la commission locale d’information (CLI) du CNPE (1) de Chinon. En 2020, 45 millions de mètres cubes ont été transformés en vapeur d’eau à la centrale. Quand on sait qu’il y a des restrictions de l’usage de l’eau… Selon les projections, les débits des petits cours d’eau risquent de diminuer de 30 % à l’horizon 2060. Ça va poser de gros problèmes pour le fonctionnement de la centrale sur la période estivale.« 

0,3

C’est, en degrés et selon le service communication de la centrale nucléaire de Chinon, la hausse de température de l’eau de la Loire générée par les rejets du site EDF en juillet 2022. Sachant que le seuil à ne pas dépasser est d’un degré supplémentaire.

Pas d’impact sur la production… mais sur le fonctionnement

Car, si la production du CNPE de Chinon n’est pas impactée par la sécheresse (2), « il y a quand même un impact sur son fonctionnement« , rebondit Arthur Neveu. Au niveau des rejets dans la Loire, interdits si le débit du fleuve royal venait à descendre sous les 54 mètres cubes par seconde (m3/s).

Un seuil atteint un peu plus tôt dans le mois, selon Pascal Hoyau : « On était à 50 m3/s entre le 4 et le 6 août et à 54 m3/s entre le 11 et le 16 août, assure ce dernier. Dans ce cas-là, les effluents rejetés par les réacteurs sont stockés dans des réservoirs qui ont une capacité limitée à quelques semaines. Pour l’instant ça tient, mais on est limite. »

Loire : un niveau qui devrait baisser dans les prochains jours

Si avec l’épisode pluvieux du week-end du 15 août le débit de la Loire est remonté à 56 m3/s (3), le répit devrait être de courte durée. Une nouvelle vague de chaleur est annoncée sur l’ensemble du pays dans les prochains jours. Face au manque de précipitations, un étiage encore plus sévère devrait se mettre en place pour faire passer le débit du fleuve en dessous du seuil de crise.

Les barrages en amont de la Loire sont, depuis le début de l’été, ouverts mais de façon régulée pour maintenir le niveau de la Loire, explique Arthur Neveu. Aujourd’hui, l’objectif est de soutenir l’étiage à 38 m3/s. » Ce dernier annonce alors « un impact à moyen terme d’organisation pour EDF« . 

Une adaptation jugée nécessaire alors que plus de la moitié des 56 réacteurs du parc nucléaire français sont actuellement à l’arrêt. Comme l’unité de production n°3 à Chinon. Les réseaux B1, B2 et B4 tournent, eux, à plein régime.

NOTES

(1) Centrale nucléaire de production d’électricité.

(2) Il faut que le débit de la Loire soit inférieur ou égal à 26 m3/s pour que les réacteurs du CNPE de Chinon soient arrêtés.

(3) Débit calculé à la station de Langeais, vingt kilomètres en amont de la centrale nucléaire de Chinon.

Publié le 19/08/2022 à 14h00, mis à jour le 19/08/2022 à 16h20

Photo en titre : Malgré un niveau de la Loire historiquement bas en raison de l’épisode de sécheresse, la production de la centrale nucléaire de Chinon n’est pas impactée.
© (Photo NR)

https://www.lanouvellerepublique.fr/indre-et-loire/commune/avoine/baisse-du-niveau-de-la-loire-quelles-repercussions-a-la-centrale-nucleaire-de-chinon

POURQUOI FAUT-IL (RE)LIRE « LES RETOMBÉES » EN 2022 ?

En 1978, Jean-Pierre Andrevon écrit une nouvelle intitulée « Les retombées ». Rééditée en mai dernier par Le Passager clandestin dans la passionnante collection dyschroniques, et accompagnée d’une nouvelle préface de l’auteur, elle nous pose une question d’une actualité brûlante : et si demain nous étions touchés par une explosion atomique, comment réagirions-nous ? Une chronique de Julien Amic, rédacteur du site les-carnets-dystopiques.fr.

Le potentiel destructeur de l’énergie nucléaire a pris forme en juillet 1945 dans un désert du Nouveau-Mexique puis fut « mis à profit » le mois suivant pour détruire la ville japonaise d’Hiroshima. En France, la première centrale nucléaire vit le jour à Marcoule en 1956, et notre première bombe explosa en 1960 dans le désert saharien. Aujourd’hui notre pays compte 56 réacteurs, et nous sommes l’un des 5 pays détenteurs de « la bombe ».

À quoi ressemblerait le « jour d’après », si une explosion atomique frappait notre territoire ?

C’est la question que s’est posé Jean-Pierre Andrevon dès 1978, et voici quelques-unes des réflexions abordées dans « Les Retombées », chef d’œuvre de la littérature de science-fiction.

1. Le danger de mort engendre le déni de réalité

« Ce dont on ne parle pas existe moins, on fait en tous cas semblant de le croire »

Dès le début du récit, le lecteur se trouve plongé dans une situation sidérante : il y a eu une explosion nucléaire, et il faut fuir à pied le plus loin possible, le plus vite possible. On ne sait pas si c’est un accident dans une centrale, ou bien si le pays est en guerre. Tout autour le ciel s’assombrit et l’on se retrouve au milieu de « la cendre en gros flocons noirs sans poids, le sable en pluie crépitante qui harcelait la peau ».

Jean-Pierre Andrevon évoque dans Les retombées le risque nucléaire, sans faire de distinction entre ses composantes civiles et militaires. L’explosion arrive de nulle part, personne ne l’avait vue venir, car personne n’avait regardé la réalité du danger. Les personnages fuient les retombées radioactives mais ne les évoquent jamais. Ils sont envahis par la peur de la mort nucléaire. Pas celle qui détruit instantanément des millions de vies et vitrifie des villes entières, mais celle qui tue par irradiation : « la hideuse mort des retombées. ».

Combien d’entre nous croient réellement qu’il est possible qu’un nuage radioactif n’emplisse soudain nos poumons, ou que la Russie de Poutine nous expédie demain un missile à tête nucléaire ? Sommes-nous aussi dans le déni du risque nucléaire ?

2. De la gestion de crise au totalitarisme, il n’y a qu’un pas

« Nous ne sommes plus des enfants, quand même ! Nous avons le droit de savoir ! »

Un petit groupe solidaire de 5 compagnons se forme et finit par croiser la route d’un convoi militaire qui les prend en charge et les place « provisoirement » dans un camp de réfugiés. Mais aucune information ne filtre dans ce camp qui se mue doucement en prison. Sous prétexte de gestion de crise, hommes et femmes sont séparés, les biens sont confisqués « pour décontamination », et des treillis remplacent les vêtements personnels.

L’accaparement de l’information par les autorités plonge les réfugiés dans l’ignorance et l’incertitude. Pour le personnage principal, le camp de réfugiés n’est pas très différent d’un camp de concentration nazi : on y a un numéro, un baraquement, on est entourés de barbelés, et les militaires vous toisent avec dédain.

En gestion de crise, l’intérêt général prime sur les droits individuels, aboutissant inévitablement à une certaine déshumanisation. Pour l’auteur, le risque d’escalade est réel, depuis l’état d’alerte jusqu’à la loi martiale et l’état totalitaire.

Se pose alors la question : est-il acceptable qu’un gouvernement décide de limiter l’accès d’un peuple à l’information, au nom de l’intérêt général ?

3. Tout est relatif, même les Droits de l’Homme…

« Avez-vous des activités/des responsabilités dans un club, une association, un syndicat, un parti, etc. ? »

Déshumanisés, les réfugiés sont soumis à des tests médicaux et remplissent des questionnaires de renseignements. Ils sont séparés de leurs biens autant que de leurs proches, et sont tenus dans l’ignorance la plus totale quant à la situation générale. Ceux qui sont volontaires pour travailler semblent en outre bénéficier d’un traitement de faveur.

Les retombées, c’est aussi un récit sur l’absence d’informations. Chacun y va alors de son interprétation personnelle et, pour certains, cette rétention d’informations engendre la suspicion. Mais comment savoir si ce complotisme naissant relève de la paranoïa ou de la clairvoyance ? Et si l’intérêt général surpasse le respect de l’individu, les Droits de l’Homme sont-ils alors inféodés aux devoirs du Citoyen ?

4. Montrer les conséquences permet de parler des risques

« Cra-cracra-cra-cracracra… faisait la boîte sombre »

Jean-Pierre Andrevon est un militant anti-nucléaire de la première heure. Convaincu de la réalité du danger, il tente ici d’inciter le lecteur à réaliser une expérience de pensée par procuration, en se glissant dans la peau d’un réfugié ayant survécu à une explosion atomique.

Il fut publié pour la première fois en février 1979, un mois avant l’accident de Three Mile Island en Pennsylvanie.

Si le militantisme du changement climatique occupe enfin le devant de la scène, Les retombées nous rappelle qu’il ne faut pas oublier le sujet nucléaire. Au début de l’année 2022, le gouvernement français a annoncé son intention de construire plusieurs nouveaux réacteurs, « pour atteindre la neutralité carbone ». Pourtant le conflit en Ukraine réactualise le risque d’une guerre atomique et la centrale de Zaporijia est menacée de bombardements.

Il faut sans doute (re)lire Les retombées pour garder à l’esprit que le risque nucléaire n’est pas qu’un simple fantasme.

Par Julien Amic, publié le 19 août 2022

Photo en titre : Shutterstock

https://usbeketrica.com/fr/article/pourquoi-faut-il-re-lire-les-retombees-en-2022

EN CAS DE GUERRE NUCLÉAIRE LIMITÉE, MÊME LES POPULATIONS ÉPARGNÉES PAR LES BOMBES SERONT LOURDEMENT TOUCHÉES

Une récente étude a simulé les famines créées par un éventuel conflit atomique.

États-Unis, Russie, Chine… plus de trente ans après la guerre froide, les tensions et jeux d’alliances montent une nouvelle fois dangereusement en épingle entre des nations ayant accès à l’arme nucléaire. Évidemment, un conflit nucléaire total entre ces puissances aurait des conséquences dévastatrices pour la planète, mais même une guerre limitée serait catastrophique pour les populations ne se trouvant pas directement sous le feu nucléaire.

Une étude publiée dans le journal scientifique Nature Food le 15 août 2022 et repérée par Forbes a étudié les répercussions d’un conflit atomique sur la chaine d’approvisionnement alimentaire. Quel que soit le scénario, guerre mondiale ou conflit régional, des milliards de personnes mourraient de famine.

La principale raison à cela serait le fameux hiver nucléaire, y compris dans sa version réduite. Ce phénomène climatique hypothétique est une conséquence probable des immenses quantités de suie et de poussière soulevées dans l’atmosphère par un impact atomique. Bloquant les rayons du soleil et faisant baisser la température de plusieurs degrés, le nuage réduirait considérablement le rendement de l’agriculture.

2 à 5 milliards de morts

D’après les scientifiques, le scénario d’un échange de missiles nucléaires entre les États-Unis et la Russie ferait tellement plonger les récoltes mondiales qu’en deux ans seulement, les trois quarts de la planète seraient touchés par la famine. Seule l’Australie ainsi que quelques pays en Afrique et en Amérique du Sud seraient épargnés. Résultat: 5 milliards de morts environ.

Cette éventualité apocalyptique mise à part, même un conflit régional provoquerait une famine de masse. Pour arriver à cette conclusion, Deepak K. Ray, de l’université du Minnesota, a simulé une guerre entre l’Inde et le Pakistan dans le cadre d’une étude.

Dans l’éventualité d’un tel conflit, le nuage de suie frapperait surtout les cultures des latitudes moyennes de l’hémisphère nord, dont la Russie et les États-Unis. Cela causerait des restrictions sur les exports, qui pourraient être dramatiques pour les pays dépendants des imports de nourriture, en particulier en Afrique et au Moyen-Orient. Bilan: 2 milliards de morts.

D’après les scientifiques, il est théoriquement possible d’adapter l’agriculture à un hiver nucléaire, en se concentrant sur les plantes nécessitant peu de lumière et pouvant survivre au froid. Seulement, une telle transition aurait très peu de chance d’être suffisamment rapide pour limiter les dégâts.

Repéré par Barthélemy Dont sur Forbes, publié le 19/08/2022 à 07h05

https://korii.slate.fr/et-caetera/guerre-nucleaire-populations-bombes-hiver-famine

L’ARRÊT DU RÉACTEUR 3 DE LA CENTRALE NUCLÉAIRE DU TRICASTIN EST PROLONGÉ

Arrêté depuis début mars, le réacteur 3 de la centrale nucléaire du Tricastin (Drôme) ne va pas redémarrer début septembre contrairement au planning initial. Sollicité par Le Dauphiné libéré, EDF précise que, finalement, ce réacteur devrait de nouveau produire de l’électricité le 24 octobre.

Ce retard de près de deux mois s’explique par l’examen approfondi de la tuyauterie afin de savoir si elle est touchée ou non par le phénomène de corrosion sous contrainte. Il s’agit de microfissures qui ont été détectées sur des circuits de secours de plusieurs réacteurs en France, notamment à la centrale de Civaux dans la Vienne.

À Tricastin, un « échantillon » de tuyauterie a été prélevé pour être examiné dans un laboratoire spécialisé. Dans une note d’information datée du 27 juillet, EDF a indiqué que les réacteurs de 900 mégawatts, tels ceux de la centrale basée à Saint-Paul-Trois-Châteaux, n’étaient pas concernés, dans « l’état actuel des connaissances » de l’exploitant, par ces microfissures. Il s’agit désormais de remplacer la tuyauterie qui a été prélevée à Tricastin, d’où le prolongement de l’arrêt.

Outre ce contrôle spécifique, l’unité de production n° 3 a été examinée pendant des mois en détail lors de la quatrième visite décennale. Cet immense programme consiste à passer au peigne fin le bâtiment réacteur, dont la cuve et l’enceinte.

Par R.C., publié le 19 août 2022 à 16h55, mis à jour à 17h04

Photo en titre : Au sein de l’unité de production numéro 3 de la centrale nucléaire du Tricastin lors de la quatrième visite décennale. Photo Le DL/Stéphane MARC

https://www.ledauphine.com/economie/2022/08/19/l-arret-du-reacteur-3-de-la-centrale-nucleaire-du-tricastin-est-prolonge

LA RUSSIE CHERCHE À DÉCONNECTER LA CENTRALE NUCLÉAIRE DE ZAPORIJJIA DU RÉSEAU ÉLECTRIQUE UKRAINIEN

Selon l’opérateur nucléaire ukrainien Energoatom, les envahisseurs russes se préparent à arrêter la centrale nucléaire de Zaporijjia et à la déconnecter du système énergétique de l’Ukraine.

« Nous avons des informations selon lesquelles les forces d’occupation russes prévoient dans un proche avenir d’arrêter les unités de puissance en fonctionnement et de les déconnecter des lignes électriques alimentant le système électrique ukrainien. Actuellement, l’armée russe recherche des fournisseurs de carburant pour les générateurs diesel, qui devraient être allumés après l’arrêt des réacteurs en raison du manque d’alimentation externe pour les systèmes de refroidissement du combustible nucléaire », indique Energoatom sur Telegram.

On note que dans la soirée du 18 août, une équipe de tournage de propagande est arrivée à Energodar, la ville satellite de la centrale nucléaire. Ses membres ont tenu une réunion avec des agents russes du FSB.

Déjà à 00h15 le 19 août, les troupes russes ont ouvert le feu en direction du centre d’entraînement de la station. Il est rapporté que ces frappes ont été menées à partir de deux endroits : une gare routière et un canal de décharge.

Energoatom a appelé la communauté internationale à prendre toutes les mesures nécessaires pour la désoccupation de la centrale nucléaire de Zaporijjia dès que possible.

Par kh, publié le 19.08.2022 à 14h05

https://www.ukrinform.fr/rubric-ato/3553820-la-russie-cherche-a-deconnecter-la-centrale-nucleaire-de-zaporijjia-du-reseau-electrique-ukrainien.html

LA CHINE AUGMENTE SON ARSENAL NUCLÉAIRE, ET CONNAIT LE «PLUS GRAND DÉVELOPPEMENT MILITAIRE DE L’HISTOIRE», ALERTE UN COMMANDANT AMÉRICAIN

Le commandant américain pour la région Indo‑Pacifique a fait savoir que l’arsenal nucléaire croissant de la Chine constitue une menace pour la stabilité de la région, Pékin procédant au « plus grand développement militaire de son histoire » depuis la Seconde Guerre mondiale.

L’amiral John Aquilino, le commandant américain pour la région Indo‑Pacifique, a fait ces remarques à la suite de l’opposition de la Chine au pacte de défense réunissant l’Australie, le Royaume‑Uni et les États‑Unis (AUKUS), qui dotera l’Australie de sous‑marins à propulsion nucléaire. Selon Pékin, ce pacte présente des risques de prolifération nucléaire.

« Si vous voulez parler des armes nucléaires et de la crainte d’une course aux armements nucléaires, il suffit de regarder du côté de la République populaire de Chine », a déclaré l’amiral Aquilino lors d’une conférence de presse tenue en Indonésie.

« La seule nation qui augmente son arsenal nucléaire à l’heure actuelle est la République populaire de Chine », a‑t‑il déclaré, ajoutant lors de la conférence que la Chine comptait « 300 silos nucléaires en construction », selon le Washington Times.

Selon une fiche d’information (pdf) publiée l’année dernière par le département de la Défense, le rythme accéléré du développement nucléaire de la Chine pourrait lui permettre de disposer de 700 ogives nucléaires livrables d’ici 2027.

Le rapport indique que la Chine pourrait compter sur 1000 ogives d’ici 2030, dépassant ainsi la prévision initiale établie par les États‑Unis en 2020.

La République populaire de Chine a peut‑être déjà établi une « triade nucléaire » naissante avec le développement d’un missile balistique aérien (ALBM) à capacité nucléaire et l’amélioration de ses capacités nucléaires terrestres et maritimes.

En Indonésie, l’amiral Aquilino a participé à l’exercice Super Garuda Shield, un exercice militaire annuel interarmées dont le but est d’améliorer la coopération régionale. Plus de 5000 soldats des États‑Unis, d’Indonésie, du Japon, de Singapour et d’Australie ont participé à l’exercice, qui s’est déroulé du 1er au 14 août.

Le Canada, la France, l’Inde, la Malaisie, la Corée du Sud, la Papouasie‑Nouvelle‑Guinée, le Timor‑Leste et le Royaume‑Uni se sont joints à cette opération en tant que pays observateurs. Washington a déclaré que l’exercice ne visait aucune nation en particulier.

Pacte de défense AUKUS

Pour sa part, Pékin a accusé les pays de l’AUKUS de ne pas tenir compte des « risques sérieux de prolifération nucléaire », prévenant qu’ils pourraient compromettre « la paix et la sécurité dans la région ».

Le porte‑parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Zhao Lijian, a déclaré lors d’un point de presse tenu le 29 juillet que le partage d’informations nucléaires ne devait être autorisé que si toutes les parties prenantes de l’Agence internationale de l’énergie atomique étaient d’accord et si l’organisme supervisait l’accord.

Les commentaires formulés par Pékin surviennent alors que les Nations unies tiennent leur dixième conférence d’examen des parties au traité sur la non‑prolifération des armes nucléaires (du 1er au 26 août), qui procédera à l’examen de l’AUKUS après réception des demandes présentées par la Chine et l’Indonésie.

Les Australiens ont toutefois affirmé que leur engagement à l’égard du traité n’a pas faibli. C’est pourquoi le pays s’efforcera d’obtenir ces armes en toute transparence.

Le ministre adjoint de la Défense, Tim Ayres, a expliqué lors de la conférence du 2 août que l’Australie travaillait avec le régulateur et la communauté nucléaire internationale pour maintenir « un Pacifique indépendant et sans armes nucléaires ».

« Les trois partenaires [de l’AUKUS] se sont engagés à respecter leurs obligations légales et à renforcer l’intégrité du régime de non‑prolifération. Nous ne nous contenterons pas de respecter l’intégrité du régime, nous la renforcerons », a‑t‑il déclaré.

Par Aldgra Fredly, publié le 18 août 2022 à 10h55, mis à jour le 18 août 2022 à 11h20

Photo en titre : Missiles balistiques intercontinentaux à capacité nucléaire DF-41 chinois lors d’un défilé militaire sur la place Tiananmen à Pékin, le 1er octobre 2019. (Greg Baker/AFP via Getty Images)

Victoria Kelly‑Clark a contribué à cet article.

https://www.epochtimes.fr/la-chine-augmente-son-arsenal-nucleaire-et-connait-le-plus-grand-developpement-militaire-de-lhistoire-2092088.html

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GUERRE EN UKRAINE : CINQ QUESTIONS POUR COMPRENDRE LA SITUATION À LA CENTRALE DE ZAPORIJJIA

Occupée par l’armée russe, la centrale de Zaporijjia constitue l’un des enjeux du conflit ukrainien. Le plus grand site nucléaire d’Europe fait également planer une lourde menace sur tout le continent, en raison des bombardements qui la cernent.

Définie par le Kremlin comme un objectif majeur dès les premiers de l’invasion de l’Ukraine, la centrale de Zaporijjia est passée aux mains des Russes le 4 mars dernier, à l’issue d’intenses bombardements.

Depuis cette date, nul ne sait ce qui se déroule sur le site nucléaire et l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) s’inquiète. Les rapports quotidiens sur les combats dans la région font craindre une erreur de tir des belligérants.

Faut-il craindre une « catastrophe », selon les mots du président Zelensky ?

Voici cinq questions pour mieux comprendre la situation et les enjeux.

1 – Quelle est l’importance de la centrale nucléaire de Zaporijjia ?

Inaugurée lors des derniers feux de l’ère soviétique, en 1985 (soit un an avant la catastrophe de Tchernobyl), la centrale située près de la ville d’Enerhodar (55.000 habitants), sur la rive gauche du Dniepr, est devenue dix ans plus tard la plus puissante d’Europe, après la mise en service de son sixième réacteur.

D’une capacité totale de 6 000 mégawatts, elle est capable de produire jusqu’à 38 milliards de kWh (kilowattheure) par an et de fournir ainsi suffisamment d’électricité pour alimenter quatre millions de foyers.

2 – Pourquoi la Russie a-t-elle souhaité s’en emparer rapidement ?

Construite par l’URSS sur un territoire qui était alors le sien, la centrale nucléaire a toutefois changé de mains lors de l’indépendance de l’Ukraine en 1991, deux ans après la chute du mur de Berlin.

Mais selon Vladimir Poutine, le site de Zaporijjia revient de droit à la Russie et devrait alimenter la population russe.

En 2014, lors de la guerre du Donbass opposant les forces de Kiev aux séparatistes pro russes, ces derniers avaient envoyé un peloton afin qu’il s’empare de la centrale. Cette tentative avait rapidement été mise en échec.

Partie remise. Le 24 février dernier, dès le début de l’invasion de l’Ukraine, l’armée russe a progressé vers la centrale et mené d’intenses bombardements autour du site.

Huit jours plus tard, la centrale nucléaire de Zaporijjia était prise.

3 – Quel est l’objectif de Moscou ?

Le site se trouve stratégiquement placé entre le centre et le sud-est de l’Ukraine.

Depuis les conflits de 2014 dans le Donbass et en Crimée, le Kremlin souhaite relier les deux territoires et ainsi cerner l’Ukraine, tout en la privant de son accès à la mer d’Azov.

Située entre ces deux zones pro russes, la centrale nucléaire pourrait donc alimenter leurs populations en électricité, mais aussi affaiblir davantage la population ukrainienne.

Ces derniers jours, plusieurs médias américains ont d’ailleurs affirmé que les attaques russes contre Zaporijjia ont pour but de détourner l’électricité produite par la centrale vers la Russie.

« Ce serait le plus grand braquage d’électricité de l’histoire » affirme Thomas Popik, de l’ONG « Foundation for Resilience of Societies », « l’équivalent d’une annexion » ajoute Suriya Jayanti, ancienne responsable de l’énergie de l’ambassade des États-Unis en Ukraine.

4 – Pourquoi la situation est-elle dangereuse ?

48 heures avant la prise de contrôle par les hommes de Vladimir Poutine, les bombardements russes ont causé un important incendie sur le site nucléaire. Du fait de la violence des combats, les pompiers se sont trouvés dans l’incapacité d’intervenir. Ce n’est donc que le 4 mars, avec l’arrivée des troupes russes, que le sinistre a été maîtrisé.

La nature des dégâts est assez floue et les communications du Kremlin à ce sujet sont des plus laconiques. Les experts internationaux estiment cependant que la centrale est « fragilisée » et potentiellement dangereuse.

Selon le président ukrainien Volodymyr Zelensky la centrale fait office de « bombe à retardement » et une « catastrophe » menace l’Europe entière.

« Tout incident radioactif à la centrale nucléaire de Zaporijjia peut porter un coup aux pays de l’Union européenne, à la Turquie, à la Géorgie, et à des pays de régions plus éloignées. Tout dépend de la direction et de la force du vent », a précisé le président ukrainien.

Nettement plus puissante que Tchernobyl, Zaporijjia pourrait causer de terribles dégâts pour les populations et l’environnement, et ce pour plusieurs décennies. Le gouvernement ukrainien se prépare à toutes les éventualités et a même mené dans la ville voisine de la centrale, ce mercredi 17 août 2022, un exercice de simulation d’intervention en cas d’accident nucléaire.

Les secours ukrainiens se préparent à l’éventualité d’un incident nucléaire. © Dmytro Smolienko / REUTERS

En dépit de cette menace, les combats se poursuivent autour du site et les Ukrainiens tentent de reprendre possession de la centrale.

Moscou et Kiev s’accusent mutuellement de prendre le risque de déclencher un incident nucléaire.

5 – Un accord peut-il être trouvé pour sécuriser la centrale ?

Depuis fin juillet, plusieurs frappes Zaporijjia, faisant planer la crainte d’une catastrophe nucléaire.

La semaine dernière une réunion du Conseil de sécurité de l’ONU s’est tenue en urgence pour tenter de trouver une solution viable et inciter les belligérants à s’éloigner du site.

Les Nations unies ont affirmé être en mesure de préparer une mission de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) dans le complexe nucléaire, si Moscou et Kiev donnent leur accord.

Le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, a par ailleurs demandé l’arrêt immédiat des activités militaires près de la centrale. Les deux pays ont dit souhaiter qu’une mission de l’AIEA se rende sur place.

Stéphane Dujarric, porte-parole de Guterres, a expliqué que le secrétariat de l’ONU estimait avoir les capacités, en matière de logistique et de sécurité, pour permettre à une mission de l’AIEA de se rendre dans la centrale dans les plus brefs délais.

Le directeur général de l’AIEA, Rafael Grossi, s’est dit prêt à envoyer une mission à Zaporijjia et a appelé Moscou et Kiev à coopérer. « La situation à la centrale nucléaire est alarmante », a-t-il indiqué sur Twitter. « Les actions militaires mettent en péril la sûreté et la sécurité nucléaires. Elles doivent cesser immédiatement. Une mission de l’AEIA nous permettrait de mener à bien les activités techniques nécessaires et d’exercer une influence stabilisatrice ».

Mais depuis ces déclarations d’intentions, aucune mission n’a été mise sur pied et l’Otan s’impatiente. L’organisation a ainsi réclamé une « inspection » urgente de l’AIEA.

Par Ouest France avec AFP et Reuters, publié le jeudi 18 août 2022 à 04h00

Photo en titre : Les services de secours ukrainiens ont effectué des exercices de simulation d’une catastrophe nucléaire, à proximité de la centrale de Zaporijjia. © Dimitar DILKOFF / AFP

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ARMES NUCLÉAIRES : LES BOMBES PERDUES QUE PERSONNE NE PEUT RETROUVER

Les États-Unis ont perdu au moins trois bombes nucléaires qui n’ont jamais été localisées – elles sont toujours là à ce jour. Comment est-ce arrivé? Où pourraient-ils être ? Et les trouverons-nous un jour ?

C’était un doux matin d’hiver au plus fort de la guerre froide.

Le 17 janvier 1966, vers 10h30, un crevettier espagnol regarde un colis blanc difforme tomber du ciel… et glisser silencieusement vers la mer d’Alboran. Il y avait quelque chose qui pendait en dessous, bien qu’il ne puisse pas distinguer ce que c’était. Puis il a glissé sous les flots.

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Au même moment, dans le village de pêcheurs voisin de Palomares, les habitants ont levé les yeux vers un ciel identique et ont été témoins d’une scène très différente – deux boules de feu géantes, se précipitant vers eux. En quelques secondes, l’idylle rurale endormie a été brisée. Les immeubles ont tremblé. Shrapnel tranché vers le sol. Des morceaux de corps sont tombés au sol.

Quelques semaines plus tard, Philip Meyers a reçu un message via un téléimprimeur – un appareil un peu comme un fax qui pouvait envoyer et recevoir des e-mails primitifs. À l’époque, il travaillait comme démineur à l’installation aéronavale de Sigonella, dans l’est de la Sicile. On lui a dit qu’il y avait une urgence top secrète en Espagne et qu’il devait s’y présenter dans les jours qui suivent.

Cependant, la mission n’était pas aussi secrète que les militaires l’avaient espéré. « Ce n’était pas une surprise d’être appelé« , déclare Meyers. Même le public savait ce qui se passait. Lorsqu’il a assisté à un dîner ce soir-là et a annoncé son mystérieux voyage, sa confidentialité prévue est devenue une sorte de blague. « C’était un peu embarrassant« , dit Meyers. « C’était censé être un secret mais mes amis me disaient pourquoi j’y allais. »

« L’homme le plus dangereux du monde »?

Pendant des semaines, les journaux du monde entier avaient rapporté des rumeurs d’un terrible accident – deux avions militaires américains étaient entrés en collision en l’air, dispersant quatre bombes thermonucléaires B28 à travers Palomares. Trois ont été rapidement récupérés sur terre – mais une avait disparu dans l’étendue bleue étincelante au sud-est, perdu au fond de la bande voisine de la mer Méditerranée. Maintenant, la chasse était lancée pour la trouver – avec son ogive de 1,1 mégatonne, avec la puissance explosive de 1 100 000 tonnes de TNT.

Les bombes perdues à Palomares ont dispersé sept livres (3,2 kg) de plutonium dans la nature. Crédit photo, Getty Images

Un numéro inconnu

En fait, l’incident de Palomares n’est pas la seule fois où une arme nucléaire a été égarée. Depuis 1950, il y a eu au moins 32 accidents dits de « flèche brisée » – ceux impliquant ces dispositifs catastrophiques destructeurs et aplatissant la terre. Dans de nombreux cas, les armes ont été larguées par erreur ou larguées lors d’une urgence, puis récupérées plus tard. Mais trois bombes américaines ont complètement disparu ; elles sont toujours là à ce jour, tapies dans les marécages, les champs et les océans à travers la planète.

« Nous connaissons surtout les cas américains« , explique Jeffrey Lewis, directeur du programme de non-prolifération en Asie de l’Est au James Martin Center for Non-proliferation Studies, en Californie. Il explique que la liste complète n’est apparue que lorsqu’un résumé préparé par le département américain de la Défense a été déclassifié dans les années 1980.

Beaucoup se sont produits pendant la guerre froide, lorsque la nation a basculé sur le précipice de la destruction mutuelle assurée (MAD) avec l’Union soviétique – et a par conséquent gardé des avions armés d’armes nucléaires dans le ciel à tout moment de 1960 à 1968, dans une opération connue sous le nom de Dôme chromé.

Combien d’armes nucléaires la Russie possède-t-elle ?

« Nous n’en savons pas autant sur les autres pays. Nous ne savons vraiment rien sur le Royaume-Uni ou la France, ou la Russie ou la Chine« , déclare Lewis. « Donc, je ne pense pas que nous ayons quelque chose comme une comptabilité complète. »

Le passé nucléaire de l’Union soviétique est particulièrement trouble – elle avait amassé un stock de 45 000 armes nucléaires en 1986. Il existe des cas connus où le pays a perdu des bombes nucléaires qui n’ont jamais été récupérées, mais contrairement aux incidents américains, ils se sont tous produits sur des sous-marins et leurs emplacements sont connus, s’ils sont inaccessibles.

Le pays qui a volontairement détruit ses armes nucléaires

L’un a commencé le 8 avril 1970, lorsqu’un incendie a commencé à se propager dans le système de climatisation d’un sous-marin nucléaire soviétique K-8 alors qu’il plongeait dans le golfe de Gascogne – une étendue d’eau dangereuse dans le nord-est de l’océan Atlantique au large des côtes d’Espagne et de France, connue pour ses violentes tempêtes et où de nombreux navires ont trouvé la mort. Il avait quatre torpilles nucléaires à bord, et quand il a rapidement coulé, il a emporté sa cargaison radioactive avec lui.

Cependant, ces navires perdus ne sont pas toujours restés où ils étaient. En 1974, un K-129 soviétique a mystérieusement coulé dans l’océan Pacifique, avec trois missiles nucléaires. Les États-Unis l’ont vite découvert et ont décidé de monter une tentative secrète pour récupérer ce prix nucléaire, « ce qui était vraiment une histoire assez folle en soi« , dit Lewis.

Aujourd’hui, les défenses nucléaires des États-Unis se composent de missiles balistiques intercontinentaux terrestres (ICBM), d’avions bombardiers et de sous-marins lance-missiles balistiques. Crédit photo, Getty Images

L’excentrique milliardaire américain Howard Hughes, célèbre pour son large éventail d’activités, notamment en tant que pilote et réalisateur, a prétendu s’intéresser à l’exploitation minière en haute mer. « Mais en fait, ce n’était pas de l’exploitation minière en haute mer, c’était un effort pour construire cette griffe géante qui pourrait descendre jusqu’au fond de la mer, saisir le sous-marin et le ramener« , explique Lewis. C’était le projet Azorian – et malheureusement ça n’a pas marché. Le sous-marin s’est disloqué lors de son remontage.

« Et donc ces armes nucléaires seraient retombées au fond de la mer« , dit Lewis. Certaines personnes pensent que les armes y sont restées à ce jour, piégées dans leur tombe rouillée – bien que d’autres pensent qu’elles ont finalement été récupérées.

De temps en temps, des rapports indiquent que certaines des armes nucléaires perdues les États-Unis ont été retrouvées.

Comment la radioactivité a permis de découvrir le temps profond

En 1998, un officier militaire à la retraite et son partenaire ont été saisis d’une soudaine détermination à découvrir une bombe larguée près de Tybee Island, en Géorgie, en 1958. Ils ont interrogé le pilote qui l’avait initialement perdue, ainsi que ceux qui avaient recherché la bombe il y a toutes ces décennies – et a réduit la recherche à Wassaw Sound, une baie voisine de l’océan Atlantique. Pendant des années, le duo de non-conformistes a parcouru la région en bateau, traînant un compteur Geiger derrière eux pour détecter tout pic de rayonnement révélateur.

Et un jour, il était là, à l’endroit exact que le pilote avait décrit – une tache avec des radiations 10 fois plus élevées qu’ailleurs. Le gouvernement a rapidement dépêché une équipe pour enquêter. Mais hélas, ce n’était pas l’arme nucléaire. L’anomalie était due au rayonnement naturel des minéraux dans les fonds marins.

Ainsi, pour l’instant, les trois bombes à hydrogène perdues des États-Unis – et, à tout le moins, un certain nombre de torpilles soviétiques – appartiennent à l’océan, conservées comme des monuments aux risques de guerre nucléaire, bien qu’elles aient été largement oubliées. Pourquoi n’avons-nous pas encore trouvé toutes ces armes voyous ? Y a-t-il un risque qu’ils explosent ? Et les récupérerons-nous un jour ?

Un objet masqué

Lorsque Meyers est finalement arrivé à Palomares – le village espagnol où un bombardier B52 est tombé en 1966 – les autorités cherchaient toujours la bombe nucléaire manquante. Chaque nuit, son équipe dormait sous des tentes dans le village, qui était glacial et humide. « C’était comme un hiver anglais« , dit-il. Pendant la journée, ils ont fait très peu – c’était un jeu d’attente.

« C’est une chose militaire standard, dépêchez-vous et attendez« , dit Meyers. « Nous avons dû nous précipiter et puis nous n’avons rien fait pendant deux semaines. Et puis après cela, l’exploration sous-marine est devenue très sérieuse. »

Le submersible Alvin a failli être entraîné dans les profondeurs lorsqu’il a largué la bombe Palomares. Crédit photo, Getty Images

L’équipe de recherche a demandé l’aide de deux inventions ingénieuses. L’un était un théorème obscur du 18ème siècle inventé par un ministre presbytérien devenu mathématicien amateur, qui aide les gens à utiliser des informations sur des événements passés pour calculer la probabilité qu’ils se reproduisent. Ils ont utilisé cette technique d' »inférence bayésienne » pour décider où chercher la bombe, pour les aider à chercher de la manière la plus efficace possible et maximiser leurs chances de la trouver.

Le second était « Alvin« , un sous-marin océanique de pointe capable de plonger à des profondeurs sans précédent. Comme un requin blanc rond, chaque jour, il descendait dans les eaux bleues profondes de la Méditerranée avec un équipage humain dans le ventre et commençait une chasse à vue.

Le 1er mars 1966, le petit sous-marin a finalement repéré quelque chose : une trace laissée par la bombe lorsqu’elle a touché le fond marin pour la première fois. Des images ultérieures ont révélé une scène étrange – la pointe arrondie de l’arme nucléaire manquante, recouverte d’un linceul fantomatique – son parachute blanc, qui s’était partiellement déployé lors de sa chute, s’emmêlant avec sa précieuse cargaison. Ce tube de métal mortel avait en quelque sorte fini par ressembler à une personne habillée pour Halloween dans un drap de lit.

Arme nucléaire : quel pays en a et combien y en a-t-il ?

Mais la lutte n’était pas terminée. Maintenant, c’était le travail de Meyers de trouver comment retirer cette bombe du fond de l’océan – où elle se trouvait à 2 850 pieds (869 m) de profondeur. Ils ont improvisé une sorte de ligne de pêche à partir de quelques milliers de pieds de corde en nylon robuste et d’un crochet en métal – l’idée était de s’accrocher à l’appareil et de le tirer jusqu’à ce qu’il soit suffisamment proche de la surface pour qu’un plongeur puisse descendre et le sécuriser plus soigneusement. « C’était le plan. Ça n’a pas marché« , dit Meyers.

« Tout a été fait très délibérément, prudemment et lentement« , explique Meyers. « Alors nous avons juste attendu… nous étions anxieux, voulant voir ce que nous ferions ensuite quand cela arrivera. » Ils ont réussi à s’accrocher à la bombe nucléaire et ont commencé à la sortir de l’eau. Ils l’avaient soulevé du fond lorsque la catastrophe a frappé. Le parachute, ressuscité de son sommeil au fond de l’océan, a soudainement commencé à faire ce qu’il fait le mieux : ralentir la vitesse de sa cargaison et la rendre plus difficile à déplacer.

On pense que la bombe perdue sur le côté de l’USS Ticonderoga se trouve à 80 km au large d’Okinawa, au Japon. Crédit photo, Alamy

« Vous rendez-vous compte que les parachutes fonctionnent aussi bien dans l’eau que sur terre ? dit Meyers. Finalement, le parachute tirait si fort sur la ligne et le crochet qu’il s’est simplement cassé – envoyant la bombe nucléaire glisser lentement vers le bas. Cette fois, ça s’est terminé encore plus profondément qu’avant. (Le petit Alvin – avec son équipage humain – a tout juste réussi à éviter de s’emmêler et de se retrouver au fond avec lui.)

Meyers était dévasté. « C’était extrêmement décevant« , dit-il. La bombe étant désormais moins accessible que jamais, sa ligne improvisée ne serait pas assez longue pour l’attraper, alors la tâche a été confiée à une autre équipe, sur un autre bateau.

Un mois plus tard, ils ont utilisé un autre type de sous-marin robotique – un véhicule sous-marin commandé par câble – pour saisir directement la bombe par son parachute et la hisser. Il s’était déplacé dans son boîtier, de sorte qu’il ne pouvait pas être désarmé de la manière habituelle, via un port spécial sur le côté – de manière alarmante, les officiers ont plutôt dû couper dans l’arme nucléaire. « [Cela aurait été] une sorte d’angoisse de percer un trou dans une bombe à hydrogène« , déclare Meyers. « Mais ils l’ont fait. Ils étaient prêts à le faire. »

Un mystère marécageux

Malheureusement, les trois bombes perdues encore là-bas aujourd’hui n’ont pas rencontré d’efforts de récupération aussi fructueux. Cependant, le risque qu’ils provoquent une explosion nucléaire est considéré comme faible.

Pour comprendre pourquoi, il est utile de regarder comment fonctionnent les bombes nucléaires.

En septembre 1905, Albert Einstein a placé son stylo plume sur les pages de son article scientifique et a griffonné une idée qui allait devenir l’équation la plus célèbre du monde. E = mc2, ou l’énergie est égale à la masse d’un objet multipliée par la vitesse de la lumière au carré. Cela signifie que chaque atome qui compose le monde peut être échangé contre de l’énergie, et vice versa. Si vous pouvez comprendre comment faire cela, la libération d’énergie est si explosive que c’est ce qui alimente le Soleil.

Trente-quatre ans plus tard, Einstein écrivit au président américain, Franklin Roosevelt, pour l’avertir que les nazis travaillaient à transformer sa théorie en arme – et le reste appartient à l’histoire. Le projet Manhattan a été rapidement formé et, en 1945, les États-Unis ont largué leur première arme nucléaire.

L’explosion nucléaire sous-marine de l’atoll de Bikini dans les Îles Marshall a provoqué un champignon bas et plat d’eau et de débris radioactifs. Crédit photo, Getty Images

Les bombes utilisées sur les villes japonaises d’Hiroshima et – quelques jours plus tard – de Nagasaki, étaient du type original, atomique. Celles-ci impliquaient de briser les atomes d’éléments radioactifs les uns contre les autres, pour les faire se séparer et créer différents éléments. Cette réaction de « fission » libère tellement d’énergie qu’elle provoque la séparation d’autres atomes à leur tour, jusqu’à ce que vous vous retrouviez avec une réaction massive et incontrôlable. La première fois qu’ils ont été testés, les scientifiques n’étaient pas sûrs que la réaction s’arrêterait jamais – ils ont envisagé la possibilité très réelle que le monde puisse finir. (En savoir plus sur les moments qui auraient pu détruire l’humanité)

Pour réaliser la fission nucléaire, les bombes atomiques impliquaient généralement un engin semblable à un pistolet qui tirait une « balle » creuse d’atomes radioactifs tels que l’uranium-235 dans encore plus d’uranium 235, ou utilisait des explosifs conventionnels pour comprimer des atomes de plutonium-239, jusqu’à ce qu’ils commencent à se séparer. À Hiroshima et Nagasaki, ces premières armes ont nivelé le terrain sur des kilomètres et tué des centaines de milliers de personnes, dont certaines ont été vaporisées dans la zone de l’explosion et d’autres sont mortes de brûlures par rayonnement ou de maladie dans les jours, mois et années qui ont suivi.

La génération suivante – celle utilisée dans les années 1950 et 1960, lorsque la majorité des armes nucléaires perdues dans le monde étaient égarées – était des milliers de fois plus puissante. Il s’agissait de bombes thermonucléaires ou à hydrogène, et elles impliquaient une seconde réaction nucléaire.

Poutine met la dissuasion nucléaire en « alerte spéciale » – qu’est-ce que cela signifie ?

Il y avait d’abord l’étape de fission habituelle comme avec les bombes atomiques, qui libérait des quantités stupéfiantes d’énergie. Cela enflammerait alors un deuxième noyau, contenant cette fois des isotopes d’hydrogène – deutérium (hydrogène lourd) et tritium (hydrogène radioactif) – qui se fracasseraient et libéreraient encore plus d’énergie lorsqu’ils fusionneraient pour former de l’hélium et un neutron libre.

Ce système laissait place à un certain nombre de dispositifs de sécurité.

Prenez la bombe perdue de l’île de Tybee, qui repose toujours dans le limon quelque part dans le détroit de Wassaw. Le 5 février 1958, cette arme thermonucléaire Mark 15 de 7 600 livres (3 400 kg) a été chargée sur un bombardier B-47, qui était sur le point de rejoindre un autre B-47 pour une longue mission d’entraînement. L’idée était de simuler une attaque contre l’Union soviétique, en remplaçant Moscou par la ville américaine de Radford, en Virginie. Les pilotes sont partis de Floride et ont sillonné leur chemin vers leur cible, afin de tester leur capacité à voler avec les armes lourdes à bord pendant des heures à la fois.

Si elle est intacte, avec la capsule nucléaire insérée, la bombe qui se cache près de l’île de Tybee pourrait avoir un rendement explosif allant jusqu’à 1,7 mégatonnes de TNT. Crédit photo, Getty Images

Tout s’est bien passé, mais sur le chemin du retour à la base, les avions ont rencontré une mission d’entraînement distincte en Caroline du Sud. Le plan de ce groupe était d’intercepter l’un des B-47 – mais il y a eu une confusion et ils n’ont pas repéré le second, qui transportait l’arme nucléaire. Dans le crash qui a suivi, le B-47 transportant la bombe nucléaire a été endommagé.

Le pilote a décidé de jeter la bombe nucléaire dans l’eau, puis de faire un atterrissage d’urgence. La bombe est tombée à 30 000 pieds (9 144 m) dans l’eau au large de Tybee Island – et même cet impact ne l’a pas fait exploser. En fait, étonnamment, aucun des 32 accidents de flèche brisée n’a jamais conduit à une détonation de composants nucléaires – bien que deux aient contaminé une vaste zone avec des matières radioactives.

Un facteur possible dans cette évasion chanceuse est un système de séparation des matières nucléaires nécessaires à la réaction de fission de l’arme elle-même. La capsule ou « pointe » – qui dans ce cas était constituée de plutonium – pouvait alors être ajoutée à l’arme à la dernière minute, quand c’était nécessaire. Cela signifiait que, même si les explosifs conventionnels de l’arme explosaient lorsqu’elle était à bord, les matières radioactives ne deviendraient pas assez chaudes pour réellement diviser les atomes.

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Lewis souligne également que, malgré le long voyage de la bombe Tybee du ciel à l’océan, cette dernière aura amorti le coup – c’est la même raison pour laquelle les capsules spatiales ont généralement des atterrissages « éclaboussures » plutôt que de descendre sur terre.

Les bombes ultérieures comprenaient également des fonctionnalités telles que la « sécurité en un point » – un moyen de s’assurer que les dispositifs nucléaires n’explosaient pas sans être activés. Dans ces armes, les explosifs conventionnels d’une bombe pourraient exploser, mais ils ne feraient pas exploser les matières radioactives car elles sont expulsées avant d’être compressées. « Si l’explosif explose, vous voulez qu’il explose de manière inégale, si ce n’est pas votre objectif – vous voulez que ce plutonium jaillisse en quelque sorte« , explique Lewis.

Il se trouve qu’il est très nécessaire d’avoir autant de dispositifs de sécurité, principalement parce qu’ils ne fonctionnent pas toujours. Dans un cas en 1961, un B-52 s’est brisé alors qu’il survolait Goldsboro, en Caroline du Nord, laissant tomber deux armes nucléaires au sol. L’un était relativement intact après le déploiement réussi de son parachute, mais un examen ultérieur a révélé que trois des quatre garanties avaient échoué.

Au final, la bombe Palomares a été récupérée directement par un sous-marin robotique. Crédit photo, Getty Images

Dans un document déclassifié de 1963 , le secrétaire américain à la Défense de l’époque a résumé l’incident comme un cas où « par la moindre marge de chance, littéralement l’échec de deux fils à se croiser, une explosion nucléaire a été évitée« .

L’autre bombe nucléaire est tombée au sol, où elle s’est brisée et s’est retrouvée enfoncée dans un champ. La plupart des pièces ont été récupérées, mais une partie contenant de l’uranium reste coincée sous plus de 50 pieds (15 m) de boue. L’US Air Force a acheté le terrain qui l’entoure pour dissuader les gens de creuser.

Certains incidents sont si déconcertants qu’ils semblent presque inventés. L’un des plus extraordinaires s’est peut-être produit lorsqu’un exercice d’entraînement sur l’USS Ticonderoga a mal tourné en 1965. Un A4E Skyhawk était en train d’être roulé vers un ascenseur d’avion, alors qu’il était chargé d’une bombe nucléaire B-43. Ce fut un désastre au ralenti – l’équipage sur le pont réalisa rapidement que l’avion était sur le point de tomber et fit signe au pilote d’appliquer les freins. Tragiquement, il ne les a pas vus et le jeune lieutenant, l’avion et l’arme ont disparu dans la mer des Philippines. Ils sont toujours là à ce jour, sous 16 000 pieds (4 900 m) d’eau près d’une île japonaise.

Une image confuse

Malgré près de 10 semaines de recherches, la bombe de Tybee Island est déclarée irrémédiablement perdue le 16 avril 1958. Selon un reçu rédigé par le pilote qui l’a larguée, l’arme ne contenait pas la capsule – elle n’a pas été ajoutée avant l’entraînement. Cependant, certaines personnes craignent que cela ne soit pas correct. En 1966, l’assistant du secrétaire à la Défense de l’époque écrivit une lettre dans laquelle il décrivait la bombe comme « complète« , c’est-à-dire contenant son noyau de plutonium. Si cela était vrai, le Mark 15 pourrait encore être capable de provoquer une explosion thermonucléaire complète.

Aujourd’hui, on pense que la bombe est nichée sous 5 à 15 pieds (1,5 à 4,6 m) de limon sur le fond marin. Dans un rapport final sur l’arme publié en 2001, l’Air Force Nuclear Weapons And Counterproliferation Agency a conclu que si les explosifs conventionnels à l’intérieur sont toujours intacts, cela pourrait présenter un « risque d’ explosion grave » pour les personnes et l’environnement – et il est donc préférable de ne pas le perturber, même par une tentative de récupération.

Mais une arme nucléaire peut-elle exploser sous l’eau ?

Les navires coulés lors du Baker Test sont désormais des refuges pour la vie marine. Crédit photo, Getty Images

En l’occurrence, c’est possible. Le 25 juillet 1946, les États-Unis ont fait exploser une bombe atomique sur l’atoll de Bikini, une chaîne d’îles tropicales digne d’une carte postale entourée de récifs coralliens turquoise et, au-delà, du bleu profond de l’océan Pacifique. Ils ont suspendu l’appareil à 90 pieds (27 m) sous un assortiment de navires remplis de cochons et de rats, et l’ont déclenché. Plusieurs navires ont coulé instantanément et la grande majorité des animaux sont morts – soit de l’explosion initiale, soit plus tard d’un empoisonnement aux radiations. Une image frappante de ce jour-là montre le champignon blanc géant s’élevant comme une formation météo extraterrestre, devant une plage bordée de palmiers.

À la suite de ces tests et d’autres, la chaîne d’îles est devenue si radioactive que le plancton a brillé sur des plaques photographiques. Elle est encore contaminée à ce jour – les personnes qui y vivaient autrefois n’ont jamais pu y retourner, même si, comme Tchernobyl, elle est devenue une oasis pour la faune.

Une perte permanente

Lewis pense qu’il est peu probable que nous trouvions un jour les trois bombes nucléaires manquantes. C’est en partie pour les mêmes raisons qu’elles n’ont pas été trouvées en premier lieu.

La première est qu’ils sont généralement localisés via une recherche visuelle – et c’est extrêmement difficile.

Lorsque des avions s’écrasent dans l’océan, la boîte noire est souvent retrouvée des jours ou des semaines plus tard par des fonctionnaires qui cherchent à reconstituer ce qui s’est passé. Cela pourrait donner l’impression qu’il est facile de trouver de tels objets dans ces vastes étendues d’eau avec la technologie moderne. Mais ils ont un secret qui facilite ce processus – une « balise de localisation sous-marine« , qui guide les équipes de recherche vers eux avec une impulsion électronique répétitive.

Les armes nucléaires perdues sont venues sans un tel équipement. Au lieu de cela, les équipes doivent réduire une zone de recherche, puis parcourir l’océan petit à petit – un processus fastidieux et inefficace, qui nécessite des plongeurs humains ou des sous-marins.

Une alternative serait de rechercher des pics de radiation, comme l’a fait l’officier militaire à la retraite Derek Duke dans sa recherche de la bombe Tybee. Mais c’est aussi extrêmement délicat, en partie parce que les bombes nucléaires ne sont pas particulièrement radioactives.

« Ils sont conçus pour ne pas constituer une menace radioactive pour les personnes qui les manipulent« , explique Lewis. « Donc, ils ont une signature radioactive, mais ce n’est tout simplement pas très significatif – vous devez être assez proche.« 

Le sous-marin nucléaire USS Scorpion, qui a coulé avec deux torpilles Mark 45, est sous l’eau depuis 54 ans. Crédit photo, Getty Images

En 1989, un autre sous-marin nucléaire soviétique, le K-278 Komsomolets, a coulé dans la mer de Barents au large de la Norvège. Comme le K-8, il était également à propulsion nucléaire et transportait à l’époque deux torpilles nucléaires. Depuis des décennies, son épave repose sous 1,7 km d’eau arctique.

Mais en 2019, des scientifiques ont visité le navire – et ont révélé que des échantillons d’eau prélevés sur son tuyau de ventilation contenaient des niveaux de rayonnement jusqu’à 100 000 fois plus élevés que ce à quoi on pourrait normalement s’attendre dans l’eau de mer. Cependant, c’est inhabituel. On pense que des éléments radioactifs de son réacteur nucléaire – par opposition à ses torpilles nucléaires – s’échappent par cet évent, peut-être en raison d’une rupture survenue lors de son crash. À seulement un demi-mètre (1,6 pied) plus loin du tuyau, les isotopes étaient tellement dilués que les niveaux de rayonnement étaient normaux.

Pour Lewis, la fascination pour les armes nucléaires perdues n’est pas les risques potentiels qu’elles posent maintenant – c’est ce qu’elles représentent : la fragilité de nos systèmes apparemment sophistiqués pour gérer en toute sécurité des inventions dangereuses.

« Je pense que nous avons ce fantasme que les gens qui manipulent les armes nucléaires sont en quelque sorte différents de tous les autres que nous connaissons, font moins d’erreurs, ou qu’ils sont en quelque sorte plus intelligents. Mais la réalité est que les organisations que nous devons gérer le nucléaire les armes sont comme toutes les autres organisations humaines. Elles font des erreurs. Elles sont imparfaites« , déclare Lewis.

Même à Palomares, où toutes les bombes nucléaires qui ont été larguées ont finalement été récupérées, la terre est toujours contaminée par les radiations de deux qui ont explosé avec des explosifs conventionnels. Certains des militaires américains qui ont aidé aux premiers efforts de nettoyage – consistant à pelleter la surface du sol dans des barils – ont depuis développé de mystérieux cancers qui, selon eux, y sont liés. En 2020, un certain nombre de survivants ont déposé un recours collectif contre le secrétaire aux Anciens Combattants – bien que de nombreux demandeurs soient actuellement dans les 70 et 80 ans.

Pendant ce temps, la communauté locale fait campagne depuis des décennies pour un nettoyage plus approfondi. Palomares a été surnommée « la ville la plus radioactive d’Europe« , et les écologistes locaux protestent actuellement contre le projet d’une entreprise britannique de construire une station balnéaire dans la région.

La bombe Palomares perdue s’était déplacée dans son boîtier, il était donc risqué de la désactiver. Crédit photo, Alamy

Lewis est convaincu que les pertes du type de celles qui se sont produites pendant la guerre froide ne se reproduiront probablement pas, principalement parce que l’opération Chrome Dome a pris fin en 1968 et que les avions transportant des bombes nucléaires ne volent plus lors d’exercices d’entraînement réguliers. « Les alertes aériennes ont pris fin pour des raisons qui doivent être évidentes pour nous« , dit-il. « En fin de compte, la décision a été prise que c’était trop dangereux. »

L’exception à ces progrès est, bien sûr, les sous-marins nucléaires – et même aujourd’hui, il y a des quasi-accidents. Les États-Unis ont actuellement 14 sous-marins lance-missiles balistiques (SNLE) en service, tandis que la France et le Royaume-Uni en ont quatre chacun.

Pour fonctionner comme dissuasifs nucléaires, ces sous-marins doivent rester non détectés pendant les opérations en mer, ce qui signifie qu’ils ne peuvent envoyer aucun signal à la surface pour savoir où ils se trouvent. Au lieu de cela, ils doivent naviguer principalement par inertie – essentiellement, l’équipage s’appuie sur des machines équipées de gyroscopes pour calculer où se trouve le sous-marin à un moment donné en fonction de l’endroit où il se trouvait en dernier, de la direction dans laquelle il se dirigeait et de la vitesse à laquelle il se déplaçait. Ce système potentiellement imprécis a entraîné un certain nombre d’incidents, notamment en 2018 lorsqu’un SNLE britannique a failli heurter un ferry.

L’ère des armes nucléaires perdues n’est peut-être pas encore terminée.

Publié le 17 août 2022

Photo en titre : Crédit photo, Getty Images

https://www.bbc.com/afrique/monde-62457837

NUCLÉAIRE : UN SOUHAITABLE PRAGMATISME ALLEMAND

Sur la question de la prolongation des centrales nucléaires ou de l’augmentation du budget de la défense, une solide culture du compromis en Allemagne a permis de prendre des décisions douloureuses en évitant les surenchères démagogiques.

Censées fermer à la fin de l’année, les trois dernières centrales nucléaires encore en activité en Allemagne pourraient voir leur durée de vie prolongée du fait des tensions énergétiques liées à la guerre en Ukraine. Même si le nucléaire ne représente que 6 % de la production d’électricité outre-Rhin (contre environ 25 % à l’échelle de l’Union européenne et 70 % en France), exploiter ces centrales au-delà du 31 décembre « peut être pertinent », a déclaré le chancelier Olaf Scholz, le 3 août, précisant que le gouvernement trancherait dans les prochaines semaines à partir des résultats d’une expertise en cours.

Cette prolongation serait évidemment préférable à un recours encore plus important au charbon pour remplacer le gaz russe. Politiquement, le geste serait très fort, venant d’une coalition dirigée par un social-démocrate (SPD) et dont le vice-chancelier, Robert Habeck, chargé de l’économie et de l’énergie, est membre des Verts. En 2000, c’est un gouvernement rassemblant ces deux partis qui, sous la houlette de Gerhard Schröder, avait décidé de faire sortir l’Allemagne du nucléaire civil. Une décision que la conservatrice Angela Merkel (CDU) commença par remettre en cause, en 2010, avant de changer d’avis, moins d’un an plus tard, au lendemain de la catastrophe de Fukushima, au Japon.

« Un faux sentiment de sécurité »

« La politique commence par la contemplation de la réalité. Surtout quand celle-ci ne nous plaît pas », écrivait M. Scholz dans une tribune au Monde (le 22 juillet), avant de reconnaître : « L’état de notre Bundeswehr et des structures de défense civiles mais également notre dépendance trop forte vis-à-vis de l’énergie russe indiquent que nous nous sommes laissé berner par un faux sentiment de sécurité. »

Le 27 février, trois jours après l’invasion de l’Ukraine par la Russie, M. Scholz a proposé la création d’un « fonds spécial » de 100 milliards d’euros pour moderniser son armée. À l’exception des extrêmes, de droite et de gauche, tous les partis allemands ont voté pour, qu’il s’agisse des sociaux-démocrates et des écologistes, malgré leur culture pacifiste, ou des conservateurs, bien que dans l’opposition.

S’agissant des centrales nucléaires, la décision de les prolonger, si elle est adoptée, risque de provoquer de vifs débats, notamment chez les Verts. Mais plusieurs de leurs responsables ont déjà laissé entendre qu’ils ne s’y opposeraient pas par principe. Comme sur les 100 milliards d’euros pour la Bundeswehr, le gouvernement pourrait par ailleurs compter, une fois de plus, sur le soutien de la droite conservatrice.

Que ce soit sur l’énergie ou sur la défense, l’Allemagne paie cher ses erreurs passées, crûment mises en évidence par la guerre en Ukraine. Le pragmatisme de ses dirigeants ainsi qu’une solide culture du compromis lui ont toutefois permis, depuis le début de la crise, de prendre des décisions douloureuses en évitant les surenchères démagogiques et les affrontements de postures qui, in fine, décrédibilisent l’action publique et font le jeu des populistes.

Les prochains mois seront certes difficiles pour une Allemagne dont l’économie est au bord de la récession et qui pourrait redevenir l’« homme malade de l’Europe », comme au tournant des années 1990-2000. Mais, si un certain modèle allemand est aujourd’hui remis en cause, d’un point de vue économique ou géostratégique, son modèle politique, lui, pourrait à bien des égards rester exemplaire. D’autres démocraties européennes, à commencer par la France, semblent bien moins armées en la matière face aux tempêtes qui s’annoncent.

Par Le Monde, publié le 18 août 2022 à 11h30

Photo en titre : centrale de Gundremmingen, qui devrait être fermée d’ici fin 2022, comme l’ensemble des centrales allemandes. À Gundremmingen, le 26 février 2021.

https://www.lemonde.fr/idees/article/2022/08/18/nucleaire-un-souhaitable-pragmatisme-allemand_6138348_3232.html

NUCLÉAIRE : LA CHINE REMET EN SERVICE UN RÉACTEUR EPR, UN AN APRÈS UN INCIDENT

EDF : L’EPR de Taishan avait eu un léger souci d’étanchéité

Un réacteur EPR de la centrale nucléaire de Taishan, dans le sud de la Chine, est de nouveau opérationnel plus d’un an après sa mise à l’arrêt pour un problème d’étanchéité, a indiqué son exploitant.

Réalisée en partenariat avec le groupe énergétique français EDF, la centrale de Taishan, proche de Hong Kong, est la première installation EPR à avoir été mise en service dans le monde. Cette technologie est présentée comme le fleuron de la filière nucléaire française et une vitrine pour EDF.

EPR is back

En juillet 2021, l’un des deux réacteurs de Taishan avait été mis à l’arrêt, après la découverte d’un problème d’étanchéité de barres de combustibles, qualifié alors de « courant » par les autorités chinoises qui avaient écarté tout danger.

Après « inspection et maintenance », le réacteur en question a été reconnecté en début de semaine au réseau électrique chinois, a annoncé mardi l’exploitant local de la centrale de Taishan, le chinois CGN. Aucune anormalité sur la centrale et ses environs n’a été constatée, précise CGN qui assure faire de la sécurité une « priorité ».

Éloge du temps long

Associé au projet, EDF a fourni la technologie EPR de la centrale de Taishan mais est un actionnaire minoritaire (30 %), via une coentreprise fondée avec CGN. EDF a confirmé ce mercredi la remise en service du réacteur EPR incriminé.

« Après une enquête approfondie, l’autorité de sûreté chinoise a donné son accord pour le redémarrage du réacteur EPR (numéro 1) de Taishan », a indiqué une porte-parole. La technologie EPR (pour « European Pressurised Reactor » — « réacteur pressurisé européen ») est conçue pour offrir une puissance et une sûreté améliorées.

Mais elle a subi de nombreuses déconvenues, en France, en Finlande et dans une moindre mesure en Angleterre, où des réacteurs en construction ont accumulé les retards et les dépassements budgétaires. Lancée en 1992, la technologie EPR a été co-développée par le français Areva et l’allemand Siemens au sein de leur filiale commune — dont Siemens s’est depuis retiré. EDF a finalement pris le contrôle de cette activité lors de la réorganisation de la filière nucléaire française orchestrée par l’État.

Par J.-L.D. avec AFP publié le 17/08/22 à 15h10, mis à jour le 17/08/22 à 15h21

Photo en titre : Le chantier de construction d’une centrale nucléaire franco-chinoise à Taishan, le 8 décembre 2013 — PETER PARKS AFP

https://www.dw.com/en/french-nuclear-plants-break-a-sweat-over-heat-wave/a-62806646

INTERVIEW. GUERRE EN UKRAINE : « EN CAS D’ATTAQUE, LA MENACE NUCLÉAIRE EST UN LEVIER QUE LA RUSSIE VA UTILISER » AFFIRME UNE SPÉCIALISTE

Frappes ukrainiennes en Crimée, tensions autour de la centrale de Zaporijia, contre-offensive dans la région de Kherson… une nouvelle étape de la guerre en Ukraine débute. Carole Grimaud spécialiste de la géopolitique russe et ukrainienne, nous explique les enjeux de ce nouveau chapitre.

Depuis plusieurs jours, l’armée ukrainienne frappe les différents ponts de la ville de Kherson pour l’isoler. Occupée par les Russes depuis les premiers jours de la guerre, la ville tient une place hautement stratégique que les Ukrainiens aimeraient récupérer. Cette riposte est l’une des pièces du puzzle qui constitue la contre-offensive ukrainienne, Carole Grimaud professeur de géopolitique nous explique ses enjeux.

À quoi fait-on référence quand on parle de contre-offensive Ukrainienne ?

Au début de la guerre le président Ukrainien Zelensky ne voulait pas de cette contre-offensive car il avait déclaré qu’il y aurait trop de pertes humaines. Il est apparemment revenu sur sa décision puisque différentes actions ont été menées par l’armée ukrainienne en Crimée mais aussi dans la région de Kherson. Une possibilité envisageable grâce à l’aide internationale et plus particulièrement américaine qui a fourni de nombreuses armes, comme les Himars, qui permettent d’atteindre des cibles éloignées et ainsi de reprendre certaines villes. 

Quelle est la stratégie des Ukrainiens ?

Le but de cette contre-offensive est surtout d’assécher la capacité de la puissance russe pour qu’ils finissent à terme par se retirer. Pour cela, les Ukrainiens tentent de porter atteinte au réapprovisionnement des Russes en frappant et en détruisant les infrastructures. En Crimée ce sont des bases aériennes russes qui ont été la cible de l’armée pour la deuxième fois ce mardi 16 août.

Depuis plusieurs jours, l’armée ukrainienne frappe également certains ponts de la ville de Kherson pour empêcher un déploiement des troupes ennemies à partir de l’est. Des lieux cruciaux pour le ravitaillement des troupes d’occupation russes.

Est-ce que ça va suffire pour que les Russes se retirent ?

Le problème c’est qu’il faudrait anéantir toutes les munitions des Russes pour que cette stratégie marche. Or, on ne sait pas combien ils en ont, où elles sont, combien de temps ils peuvent tenir avec et s’ils peuvent résister à cette offensive ukrainienne. Côté Ukrainien il n’y a clairement pas assez d’hommes et d’armes pour mener une vraie contre-offensive.

La stratégie de destruction des ponts à Kherson porte par exemple atteinte au réapprovisionnement russe, mais en faisant cela les Ukrainiens annulent une possibilité de contre-offensive sur la ville car ils ne peuvent plus y accéder. 

Les Ukrainiens sont-ils pressés par le temps ?

La « russification » des régions occupées a déjà commencé depuis mars. Des passeports russes sont distribués, la monnaie d’échange est le rouble, les programmes scolaires ont été modifiés… L’étape suivante : la Russie souhaite annexer les régions occupées. Le pays prépare un référendum autour du 10 septembre, afin d’intégrer les régions de Kherson et de Zaporijjia dans la Fédération de Russie, comme Moscou l’avait déjà fait avec la Crimée quelques années plus tôt. Il y a de grandes chances pour que les Russes votent de la même manière qu’en 2014, même si le référendum ne sera encore une fois pas reconnu par l’Ukraine et les pays Occidentaux.

On peut s’attendre à une riposte de la part des Russes ?

Si l’Ukraine revendique, ce qu’elle n’a pas fait pour le moment, des attaques contre la Crimée on peut s’attendre à une forte riposte de la Russie. La plus simple ? Le chantage comme ils le font déjà avec la centrale de Zaporijia, dont ils se sont emparés le 4 mars. La menace nucléaire est bien sûr un levier qu’ils vont utiliser.

Par Margaux Munoz, publié le 17/08/2022 à 06h31, mis à jour à 08h13

Photo en titre : Une base russe de Crimée à été la cible d’une attaque / AFP illustration Marina Moyseyenko

Pour retrouver cet article ainsi que la vidéo (3mn11s par ETX Studio), cliquer sur : https://www.google.com/search?q=nucl%C3%A9aire+a&client=firefox-b&tbm=nws&sxsrf=ALiCzsauUIdWKlgQtmOAlxKwAZ_-J76BSg:1660742833473&ei=sez8YoynHNCNkgXuiY7QAw&start=60&sa=N&ved=2ahUKEwjMw5uV_c35AhXQhqQKHe6EAzo4MhDy0wN6BAgBEEk&biw=911&bih=410&dpr=1.5

GUERRE EN UKRAINE : À NIKOPOL, LA MENACE D’UNE CATASTROPHE NUCLÉAIRE

À Nikopol (Ukraine), ville proche de la centrale de Zaporijia, les habitants s’inquiètent d’une éventuelle catastrophe nucléaire provoquée par les combats. Une équipe de franceinfo a pu se rendre sur place. 

C’est un matin désormais ordinaire à Nikopol (Ukraine). Les habitants constatent les dégâts des bombardements de la nuit. Certains décident de fuir la ville. D’autant plus qu’ici, il faut faire face à la menace d’une catastrophe nucléaire. La centrale de Zaporijjia est située à seulement 7 kilomètres. Deux fois par jours, des habitantes reçoivent le relevé du niveau de radiation de la ville. « On suit toutes ces alertes car nous avons peur d’une fuite« , confie l’une d’elles. 

Une situation qui empire 

Malgré la menace, beaucoup d’habitants restent sans matériel de protection. « Ce n’est pas normal, on devrait être davantage préparés« , regrette un homme. Le maire de Nikopol assure avoir distribué des pastilles d’iode et des masques à chaque habitant. Un plan d’évacuation d’urgence est même prêt, mais il reste confidentiel. « Ces deux dernières semaines la situation empire. Il y a toujours plus de bombardements sur la centrale« , s’inquiète Dimitri Orlov, maire d’Energodar, ville où se trouve la centrale.

Par N. El Khaouafi, V. Lucas – franceinfo, France Télévisions, publié le 17/08/2022 à 15h03

Photo en titre : Ukraine, Nikopol se prépare à un accident nucléaire

Pour retrouver cet article et voir la vidéo (2mn29s), cliquer sur: https://www.francetvinfo.fr/monde/europe/manifestations-en-ukraine/guerre-en-ukraine-a-nikopol-la-menace-d-une-catastrophe-nucleaire_5312617.html

CENTRALE NUCLÉAIRE DE ZAPORIJJIA : EMMANUEL MACRON APPELLE AU RETRAIT DES FORCES RUSSES

Le président français et son homologue ukrainien ont discuté pendant plus d’une heure ce mardi matin de cette centrale ukrainienne aux mains des Russes, et régulièrement visée par des frappes malgré le risque nucléaire.

L’inquiétude au bout du fil. Le président français Emmanuel Macron s’est entretenu mardi avec son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky de la situation à la centrale nucléaire de Zaporijjia, sous contrôle russe dans le sud de l’Ukraine et cible récurrente de frappes. À l’issue de cette conversation, le chef de l’État a appelé les forces russes à quitter la zone.

Dans ses échanges avec Zelensky, il a ainsi souligné « sa préoccupation quant à la menace que font peser la présence, les actions des forces armées russes et le contexte de guerre avec les conflits en cours sur la sûreté et la sécurité des installations nucléaires ukrainiennes, et a appelé au retrait de ces forces », a indiqué l’Élysée.

À lire aussi : Guerre en Ukraine : «Les risques augmentent chaque jour» à la centrale nucléaire de Zaporijjia

L’entretien téléphonique est intervenu « dans la matinée » et a « duré 1h20 », a indiqué la présidence française. Dans un tweet en début d’après-midi, le président ukrainien a remercié son homologue français pour « l’aide tangible à la défense » et a indiqué avoir discuté avec Macron de « l’aide macro-financière à l’Ukraine et des défis de sécurité alimentaire. »

La centrale, la plus grande d’Europe, a été prise début mars par les troupes russes, au début de leur invasion de l’Ukraine lancée le 24 février. Depuis fin juillet, plusieurs frappes, dont les deux parties s’accusent mutuellement, ont visé le site, faisant craindre une catastrophe nucléaire et provoquant la semaine dernière une réunion du Conseil de sécurité de l’ONU.

Menace pour l’Europe

Une « catastrophe » à la centrale menacerait l’Europe tout entière, a averti lundi Volodymyr Zelensky en accusant l’armée russe de « bombarder les villes et communautés des environs » depuis ce site nucléaire.

VIDÉO. « Une catastrophe nucléaire à Zaporijjia menacerait l’Europe entière », alerte Zelensky

Le dernier échange téléphonique entre les deux responsables remonte au 1er août. Le président Macron, en vacances depuis le 29 juillet au fort de Brégançon (Var), avait alors salué la reprise des transports de céréales par mer depuis le sud de l’Ukraine, bloqués en raison de l’offensive russe.

Par Le Parisien avec AFP, publié le 16 août 2022 à 13h56, modifié le 16 août 2022 à 17h19

Photo en titre : Le dernier appel entre les deux chefs de L’État datait de début août. AFP/POOL/Ludovic MARIN

Pour retrouver cet article et voir la vidéo de Volodymyr Zelensky (« Une catastrophe nucléaire à Zaporijjia menacerait l’Europe entière », alerte Zelensky, durée1mn13s), cliquer sur : https://www.leparisien.fr/international/centrale-nucleaire-de-zaporijjia-emmanuel-macron-sest-entretenu-avec-volodymyr-zelensky-16-08-2022-INVZUU3YS5DABKI47PFRS4TEUQ.php

INFOS FESTIVAL LES BURE’LESQUES

Vous n’êtes pas venu (e) au festival Les Bure’lesques ? Dommage ! Ce 3ème festival est une superbe réussite de l’avis des participant.es. Très important, de nombreux habitant.es de Meuse en particulier et des environs de Bure sont venus s’informer sur le projet « Cigéo et son monde« , se réjouir de spectacles et de musique, boire une bière locale… De quoi donner envie d’une prochaine édition !

Coloré, convivial, informé, festif, artistique, chaud, plein de saveurs aux cuisines, ombragé par ses cinq magnifiques chapiteaux, ce festival – sur le thème de l’eau- a tenu toutes ses promesses et au-delà ! Plus de 3000 personnes sont passées au cours des 3 jours…

Des collectifs militants locaux, aux artistes, musiciens, conférenciers, cuisiniers, techniciens, monteurs de chapiteaux, gestionnaires des parkings et nombreux bénévoles, chacune et chacun a mis ses compétences et ses talents au service de cette troisième édition. 1000 mercis à toutes celles et ceux qui ont permis sa superbe réussite ! 

Lire vite la suite du petit résumé en photos de l’équipe des Bure’lesques > Le festival au top

INFOS

L’utilité publique pour Cigéo est déclarée, mais l’autorisation de création est loin d’être déposée et acquise. Si on a perdu une bataille, on n’a pas perdu la guerre ! Cigéo a été décrété d’Utilité Publique et Opération d’Intérêt National le 07 juillet 2022.

Pour l’Andra, la DUP tient lieu de déclaration de projet; en l’état, elle pourra plus facilement  acquérir les terres qui lui manquent encore et les décisions d’urbanisme échapperont désormais aux élus locaux ou départementaux.

Mais les opposants au projet CIGÉO et en particulier des habitants proches ne sont pas décidés à se laisser berner : ils comptent déposer un recours contre la DUP et l’OIN début septembre.

Outre les lacunes importantes du dossier Andra déposé à l’enquête publique, on sait maintenant que le projet, en catimini, a déjà tout prévu pour doubler sa capacité de stockage en profondeur et donc son emprise en surface. Ce dont l’Andra ne s’est pas vanté…Pourquoi ce doublement et quelles terribles conséquences négatives pour le territoire? L’Andra est sommée de s’expliquer!

Pour en savoir plus : « Cigéo, août 2022, où en est-on ?« 

VIGILANCE ? 

Des forages en forêt de Velaines, dans quel but ?
Un court article paru dans l’Est Républicain le 11/08/2022 expliquait qu’« afin d’analyser les voies de circulation de l’eau à travers les massifs calcaires du Barrois, entre Bure et Trémont-sur-Saulx, un géologue missionné par l’ANDRA a présenté les besoins de réalisation de forages sur la vallée de l’Ornain et notamment en forêt velainoise. Afin de pouvoir exercer les recherches programmées en 2023/2024, le conseil municipal a validé la demande de création de deux forages verticaux d’une profondeur de 92 m et 151 m (…) ». Velaines accueille déjà un centre de pièces de rechange des centrales nucléaires françaises géré par EDF, et va encore s’étendre le long de la route nationale.

Pour suivre l’actualité concernant Burestop, cliquer sur : www.burestop.eu

Publié le 16 août 2022

http://burestop.free.fr/spip/spip.php?article1041

Et pour un résumé en images, cliquer sur : https://burefestival.org/Edition-2022-que-du-bonheur-on-resume

AU 174ème JOUR DU CONFLIT, DE NOUVELLES EXPLOSIONS SE SONT FAIT ENTENDRE DANS LES ENVIRONS DE LA CENTRALE NUCLÉAIRE DE ZAPORIJIA

Face au risque d’incident nucléaire, le président ukrainien a appelé la communauté internationale à réagir.

Les faits marquants de ces dernières 24 heures.

La situation à la centrale nucléaire de Zaporijia, où des échanges de tirs nourris se font de nouveau entendre, est toujours au centre des préoccupations internationales. Après une réunion du Conseil de sécurité de l’ONU jeudi dernier, son secrétaire général, Antonio Guterres s’est entretenu avec le ministre russe de la Défense sur le sujet. Pendant ce temps, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a appelé à ne pas céder au « chantage russe » et à prendre de nouvelles sanctions à l’encontre de son adversaire. Retour sur la situation de cette invasion russe en Ukraine, en ce 174ème jour de guerre.

Discussions autour de Zaporijia

Nouveaux tirs d’artillerie près de la centrale de Zaporijia. Lundi, des responsables ukrainiens et russes ont fait état de nouvelles frappes dans les alentours du plus grand site nucléaire d’Europe, détenus par les forces russes depuis début mars. Les deux camps se rejetaient à nouveau mutuellement la faute.

Zelensky alerte sur le risque de « catastrophe ». Revenant sur la situation à la centrale nucléaire de Zaporijia, le président ukrainien a prévenu qu’en cas d’« incendie radioactif », les pays de l’Union européenne, mais aussi la Turquie, la Géorgie et « des pays de régions plus éloignés » seraient menacés. « Tout dépend de la direction et de la force du vent », a alerté le chef de l’État, qui a donc appelé la communauté internationale à adopter « de nouvelles sanctions dures contre la Russie » et à ne pas « céder au chantage nucléaire ». 

Une situation discutée entre le ministère de la Défense russe et le chef de l’ONU. La question de la sûreté nucléaire de la centrale de Zaporijia a également été discutée entre Sergueï Choïgou et Antonio Guterres lors d’un appel lundi en fin de soirée. Selon un communiqué du ministre, « des négociations téléphoniques » ont été menées « concernant les conditions d’un fonctionnement sécurisé de la centrale nucléaire de Zaporijia ».

Des combats toujours nourris à l’Est

Des étrangers pro-Kiev jugés par les séparatistes pro-russes. Le procès des cinq Européens, accusés d’avoir combattu avec l’armée ukrainienne, s’est ouvert dans la région séparatiste de Donetsk. John Harding, Andrew Hill, Dylan Healy, originaires du Royaume-Uni, ainsi que du Croate Vjekoslav Prebeg et du Suédois Mathias Gustafsson pourraient écoper de la peine de mort pour avoir pris part au conflit côté ukrainien.

Le groupe paramilitaire russe Wagner visé. Selon le gouverneur de la région de Lougansk, Serguiï Gaïdaï sur Telegram, la base de la société militaire privée, dans la ville de Propasna, a été « détruite par une frappe de précision » dimanche. Ce groupe privé est accusé de combattre aux côtés des troupes russes. 

Les autorités ukrainiennes ont également affirmé que des saboteurs pro-Kiev sont parvenus à faire sauter un pont ferroviaire près de la ville de Melitopol (région de Zaropijjia, sud), occupée par l’armée russe, dans un nouvel effort pour perturber la logistique des troupes de Moscou.

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Un débat sur l’interdiction d’octroyer des visas touristiques aux Russes.

Lundi se tenait une réunion de discussions entre les chefs des gouvernements nordiques et allemand. L’occasion de constater une division sur le sujet de l’interdiction des visas touristiques pour les Russes comme nouvelle sanction à l’encontre des Russes. Alors que la Finlande pousse pour une interdiction totale de ces visas, l’Allemagne est plus réservée, jugeant « que ce n’est pas la guerre du peuple russe, c’est la guerre de Poutine »

Vladimir Poutine vante les armes russes, testées « dans des conditions de combats réelles ». Au premier jour d’un salon international de l’armement organisé pendant une semaine à Koubinka, dans la région de Moscou, le président russe a eu l’occasion de mettre en avant les armes de fabrication russe auprès de ses alliés étrangers. Le chef du Kremlin a même assuré qu’elles avaient fait leur preuve sur le champ de bataille, en pleine intervention militaire en Ukraine. « Partout dans le monde, (ces armes) sont appréciées par les professionnels pour leur fiabilité, leur qualité et, surtout, pour leur haute efficacité. Elles ont quasiment toutes été employées à maintes reprises dans des conditions de combat réelles », a-t-il affirmé.

Par Aurélie Loek, publié le 16 août 2022 à 8h34, mis à jour à 9h00

Photo en titre : Centrale nucléaire de Zaporijia, mise en ligne par TF1 Info le 7 août 2022

https://www.tf1info.fr/international/guerre-russie-ukraine-le-chantage-de-la-centrale-nucleaire-de-zaporijia-les-visas-touristiques-pour-les-russes-en-debat-le-point-sur-la-situation-2229443.html

WASHINGTON ET SÉOUL PRÉVOIENT DES EXERCICES MILITAIRES CONJOINTS LA SEMAINE PROCHAINE

La Corée du Nord avait effectué plusieurs essais de missiles, l’année dernière, en réponse à des exercices similaires menés par Washington et Séoul

AA / Ankara : Le Comité des chefs d’état-major interarmées sud-coréens a annoncé ce mardi que Séoul et Washington envisagent de mener des exercices militaires conjoints à grande échelle, la semaine prochaine, dans un contexte de tension persistante dans la péninsule coréenne.

Certains analystes estiment que les exercices militaires annuels entre Washington et Séoul pourraient accroître la tension dans la région, la Corée du Nord avait, en effet, effectué plusieurs tirs d’essais de missiles l’année dernière, en réponse à des exercices similaires.

« Les exercices militaires annuels entre les États-Unis et la Corée du Sud doivent commencer à partir de lundi prochain, et se poursuivre jusqu’au 1er septembre« , a déclaré l’agence de presse sud-coréenne Yonhap, citant le Comité des chefs d’état-major sud-coréens.

Le Comité a expliqué que « ces exercices annuels réguliers sont de nature défensive et visent à améliorer la préparation au combat conjointe des Alliés« .

Cette année, les deux alliés prévoient également de mener une série d’exercices de terrain, dont des exercices de tir, rapporte la même source.

Plus tôt au cours de la semaine, les forces américaines, sud-coréennes et japonaises ont également mené des exercices trilatéraux de défense antimissile, dans les eaux proches de l’île américaine d’Hawaï.

À ce propos, le ministère sud-coréen de la Défense a déclaré ce mardi que « les marines de la Corée du Sud, des États-Unis, du Japon, de l’Australie et du Canada ont mené les exercices » Pacific Dragon « au large de la côte pacifique d’Hawaï« .

Le président sud-coréen, Yoon Seok-youl, avait déclaré précédemment que son voisin du Nord était prêt à effectuer un essai nucléaire à tout moment.

Yoon a ordonné à l’armée de punir Pyongyang « rapidement et sévèrement » en cas de provocation.

Depuis l’année 2021, les tensions sont montées d’un cran dans la péninsule coréenne, Séoul et Pyongyang ont, en effet, intensifié leurs exercices dans la région, dans le but de démontrer leur puissance militaire.

*Traduit de l’arabe par Mounir Bennour

Par Raşa Evrensel, publié le 16.08.2022

https://www.aa.com.tr/fr/monde/washington-et-s%C3%A9oul-pr%C3%A9voient-des-exercices-militaires-conjoints-la-semaine-prochaine/2662340

UNE GUERRE NUCLÉAIRE ENTRE DEUX PAYS SUFFIRAIT À ENTRAINER UNE FAMINE MONDIALE

Alors que le conflit entre la Russie et l’Ukraine a récemment perturbé l’approvisionnement alimentaire au niveau mondial (entraînant des ruptures de stock d’huile de tournesol, de pâtes ou de farine), une nouvelle étude avertit qu’une guerre nucléaire entre deux nations pourrait provoquer une famine à l’échelle mondiale. Un tel événement entraînerait en effet une chute notable et durable des températures de surface, menaçant les cultures sur l’ensemble du globe.

Si deux pays s’affrontaient au moyen d’armes nucléaires, les effets au niveau local seraient évidemment dramatiques : les explosions causeraient l’élimination directe des populations et provoqueraient des retombées radioactives dangereuses et persistantes. Mais une équipe internationale de chercheurs s’est intéressée aux conséquences d’un tel conflit à plus grande échelle : ils ont ainsi modélisé plusieurs scénarios de guerre nucléaire pour observer leurs effets sur le climat et sur les productions alimentaires.

Il ressort de leur étude que les quantités de suie générées par les armes nucléaires et répandues dans la stratosphère seraient telles qu’elles bloqueraient une partie du rayonnement solaire, entraînant une chute des températures (de 1 à 16 °C) pendant au moins une décennie, qui à son tour, provoquerait une baisse significative des rendements agricoles. « Un grand pourcentage de la population sera affamé. C’est vraiment mauvais », résume Lili Xia, climatologue à l’Université Rutgers de New Brunswick, dans le New Jersey, qui a dirigé les recherches. Plus de 5 milliards de personnes pourraient mourir de faim suite à une guerre nucléaire entre les États-Unis et la Russie, selon l’étude.

Une réduction drastique de la production mondiale de calories

L’effet serait comparable à ceux des grandes éruptions volcaniques, que notre planète a connues par le passé. L’éruption du Laki en 1783, en Islande, ou encore l’éruption du Tambora en 1815, en Indonésie, ont toutes deux provoqué une baisse globale des températures, de par les aérosols d’acide sulfurique éjectés dans la stratosphère, entraînant de graves famines. L’équipe rappelle que plus récemment, les grands incendies survenus au Canada en 2017 et en Australie en 2019 et 2020, ont généré eux aussi d’importantes quantités de suie, transportées dans le monde entier pendant plusieurs mois — ce qui confirme que le même phénomène se produirait dans le cas d’une guerre nucléaire.

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Les conséquences dépendront toutefois de plusieurs facteurs, tels que le nombre d’armes utilisées, la nature des cibles et les conditions atmosphériques. Pour cette étude, les chercheurs ont examiné six scénarios de guerre différents, durant une semaine et produisant plus ou moins de suie stratosphérique. Ils estiment qu’une guerre entre l’Inde et le Pakistan — qui disposent tous deux d’un arsenal nucléaire à haut rendement — pourrait produire une charge stratosphérique de 5 à 47 Tg (téragrammes, soit 1012 grammes) de suie. Une guerre entre les États-Unis, leurs alliés et la Russie — qui représentent plus de 90% de l’arsenal nucléaire mondial — pourrait quant à elle produire plus de 150 Tg de suie.

Ils ont chaque fois tenu compte du nombre total de calories alimentaires disponibles dans chaque nation après la guerre, une fois les aliments stockés consommés. Leur conclusion fait froid dans le dos : « Nous démontrons que des injections de suie supérieures à 5 Tg entraîneraient des pénuries alimentaires massives, et que la production de nourriture animale et aquatique serait incapable de compenser la réduction de la production végétale, dans presque tous les pays ».

a) Composition du régime alimentaire humain moyen au niveau mondial. Les pourcentages représentent la proportion de calories disponibles. b) Composition du régime protéique moyen de l’Homme dans le monde. Les pourcentages sont exprimés en % de la production de matière sèche. © L. Xia et al.

Les impacts locaux seraient évidemment les plus importants : les infrastructures seraient détruites, tandis que les sols et l’eau de la zone ciblée seraient immédiatement contaminés par les matières radioactives. Dans le cas du pire scénario (impliquant la production de 150 Tg de suie), la production moyenne mondiale de calories provenant des cultures diminuerait d’environ 90%, 3 à 4 ans après la guerre nucléaire — ce qui provoquerait une grave perturbation des marchés alimentaires. Et les chercheurs soulignent que ces pertes ne pourront être compensées ni par la pêche (qui ne contribue actuellement que très peu à l’approvisionnement moyen mondial en protéines) ni par l’élevage de bétail (qui nécessite lui-même une alimentation à base de cultures végétales).

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Moins de 25% de survivants dans la plupart des pays

« La lumière réduite, le refroidissement mondial et les restrictions commerciales probables après les guerres nucléaires seraient une catastrophe mondiale pour la sécurité alimentaire », résument les chercheurs. Même dans le scénario le moins catastrophique — soit une guerre entre l’Inde et le Pakistan impliquant une centaine d’armes nucléaires, produisant 5 Tg de suie au total — la production de calories à travers la planète pourrait chuter de 7% au cours des cinq premières années suivant le conflit ; plus de 250 millions de personnes pourraient mourir de faim à l’issue des deux premières années, selon les chercheurs. L’étude suppose que le commerce alimentaire international serait suspendu, chaque pays préférant subvenir en priorité aux besoins de sa population plutôt que d’exporter ses ressources.

Apport alimentaire (kcal par habitant et par jour) en année 2 après l’injection de 150 Tg de suie dans la stratosphère. À gauche, le cas où l’élevage du bétail se poursuit dans les conditions actuelles ; au milieu, le cas où l’élevage n’est que partiel, 50% de l’alimentation du bétail étant utilisée pour l’alimentation humaine ; à droite, le scénario qui n’implique aucun élevage, où 50% des aliments initialement dédiés au bétail sont redistribués aux humains. Toutes les cartes supposent qu’il n’y a pas de commerce international et que les calories totales sont réparties uniformément au sein de chaque nation. En vert, les régions où la consommation alimentaire peut soutenir l’activité physique du pays ; en jaune, les régions où l’apport calorique disponible ferait perdre du poids ; en rouge, les régions où l’apport calorique quotidien est inférieur aux besoins métaboliques, entraînant progressivement la mort des individus. © L. Xia et al.

Les données révèlent des disparités régionales : les pays les plus impactés (ayant la plus forte réduction de calories) seront ceux situés sur les hautes latitudes de l’hémisphère nord — qui doivent déjà composer avec une saison relativement courte pour les cultures terrestres et pour lesquels un refroidissement rendrait l’agriculture quasi impossible. De même, les pays qui dépendent actuellement fortement des importations seraient gravement touchés. « Dans le cas de 150 Tg, la plupart des pays auraient moins de 25% de la population survivante à la fin de l’année 2 », constatent les chercheurs. Seule l’Australie, qui dépendrait principalement du blé, semble tirer son épingle du jeu, quel que soit le scénario.

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Les données montrent par ailleurs qu’une réduction des déchets alimentaires des ménages pourrait aider dans les cas d’une « petite » guerre nucléaire, mais qu’elle serait insuffisante dans les pires scénarios, ne parvenant pas à compenser la forte réduction de la production globale induite par le climat.

Un nombre réduit d’armes nucléaires aurait moins d’impact, mais les auteurs de l’étude soulignent qu’une fois la guerre commencée, « il peut être difficile de limiter l’escalade »… On compte à ce jour neuf États possédant des armes nucléaires : les États-Unis, la Russie, le Royaume-Uni, la France, la Chine, Israël, l’Inde, le Pakistan et la Corée du Nord. Le risque d’une guerre nucléaire est faible, selon les experts, mais cette étude montre qu’un tel événement affecterait l’ensemble de la planète — ce qui souligne l’importance de la coopération mondiale pour prévenir la guerre nucléaire.

Source : L. Xia et al., Nature Food

Par Fleur Brosseau, publié le 16 août 2022

Photo en titre : Shutterstock

https://trustmyscience.com/guerre-nucleaire-entre-deux-pays-pourrait-entrainer-famine-mondiale/

NUCLÉAIRE IRANIEN: TÉHÉRAN EXIGE DE NOUVELLES CONCESSIONS DES ÉTATS-UNIS

L’Iran a envoyé sa réponse sur le dossier nucléaire à Josep Borell, le chef de la diplomatie européenne, tout en posant ses conditions. Ceci alors que l’UE avait affirmé que le texte présenté était « définitif » et que c’était à prendre ou à laisser.

La réponse de Téhéran, envoyée avant minuit, exige de nouvelles concessions de la part des États-Unis. « L’Iran a exprimé ses préoccupations à propos de plusieurs questions toujours en suspens. Ce ne sont pas des questions que les Occidentaux ne pourraient pas régler. Nous sommes plus près d’un accord, mais tant que ces problèmes n’auront pas été réglé, le travail n’est pas achevé », a affirmé Seyed Mohammad Marandi, le conseiller de l’équipe de négociateurs iraniens, rapporte notre correspondant à Téhéran, Siavosh Ghazi.

Dès hier, le chef de la diplomatie iranienne Hossein Amir Abdollahian avait précisé que les Américains avaient fait preuve de souplesse oralement sur deux des trois questions en suspens, mais que l’Iran voulait des garanties que Washington ne quittera pas de nouveau –comme il l’a fait en mai 2018– l’accord nucléaire de juillet 2015. En clair, cela signifie que rien n’est encore définitif. D’autant plus que le porte-parole du département d’État, Ned Price, a réagi en affirmant que Téhéran devait renoncer à ses demandes « superflues ».

Avec la guerre en Ukraine, la crise de l’énergie alors que l’hiver approche et les progrès considérables dans son programme nucléaire, Téhéran estime être en position de force et veut obtenir le maximum de concessions de la part des États-Unis et des pays européens avant tout accord. De son côté, l’Union européenne « étudie » la réponse de l’Iran au « texte final » élaboré par l’UE pour sauver l’accord de 2015 sur le dossier nucléaire iranien, « en consultation avec ses partenaires », a annoncé mardi une porte-parole de la Commission européenne.

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Après plusieurs mois de blocage, les discussions ont repris le 4 août dans la capitale autrichienne pour une énième tentative de sauver, sous l’égide de l’UE, l’accord international conclu en 2015 entre d’une part l’Iran et de l’autre les États-Unis, la Grande-Bretagne, la Chine, la France, l’Allemagne et la Russie. Le 26 juillet, le chef de la diplomatie européenne et coordinateur pour le dossier du nucléaire iranien, Josep Borrell, a soumis un projet de compromis et a appelé les parties engagées dans les pourparlers à l’accepter pour éviter une « dangereuse crise ».

Par RFI, publié le 16/08/2022 à 08h22, modifié le 16/08/2022 à 08h25

Photo en titre : Le drapeau iranien flottant à Vienne, en Autriche, où se sont déroulées les négociations sur le nucléaire iranien. © AP Photo/Florian Schroetter, FILE

https://www.rfi.fr/fr/moyen-orient/20220816-nucl%C3%A9aire-iranien-t%C3%A9h%C3%A9ran-exige-de-nouvelles-concessions-des-%C3%A9tats-unis

GUERRE EN UKRAINE : POURQUOI LA CENTRALE NUCLÉAIRE DE ZAPORIJJIA CATALYSE-T-ELLE LES TENSIONS ?

Occupée par les Russes depuis début mars, la centrale nucléaire de Zaporijjia, la plus grande d’Europe, est devenue un enjeu de la guerre en Ukraine. Emmanuel Macron doit s’entretenir avec son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky à ce sujet ce mardi 16 août.

Une cocotte-minute au cœur de l’Europe ? Selon le président ukrainien Volodymyr Zelensky, le risque nucléaire à Zaporijjia est bien réel. « Tout incident radioactif à la centrale nucléaire de Zaporijjia peut porter un coup aux pays de l’Union européenne, à la Turquie, à la Géorgie, et à des pays de régions plus éloignées. Tout dépend de la direction et de la force du vent », a-t-il prévenu ce lundi 15 août avant de demander à la communauté internationale de nouvelles sanctions contre Moscou. Emmanuel Macron doit s’entretenir avec son homologue ukrainien ce mardi en fin de matinée « notamment pour aborder la situation autour de la centrale de Zaporijjia », précise l’Élysée.

Au sud-est de l’Ukraine, la centrale installée au bord du Dniepr est devenue un point névralgique de la guerre. Occupée par les Russes depuis début mars, elle constitue un sujet de crispation ces dernières semaines alors que des frappes ont visé le site. Dmytro Orlov, le maire de la ville d’Energodar, où est installée la centrale, dénonce des tirs de mortier devenus quotidiens.

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Les deux pays s’accusent mutuellement de ces attaques qui pourraient déclencher une catastrophe nucléaire. Prenant la menace au sérieux, le Conseil de l’Onu s’est réuni la semaine dernière. Le directeur de l’Agence internationale à l’énergie atomique (AIEA) a alors demandé une mission d’expertise pour inspecter le site « dans les plus brefs délais ».

La plus grande centrale d’Europe

Dans les premières semaines de l’invasion de l’Ukraine, la communauté internationale craignait déjà une catastrophe nucléaire à Tchernobyl. Les soldats russes s’étaient alors emparés de l’infrastructure tristement célèbre. L’AIEA avait invité « à un maximum de retenue pour éviter toute action qui mettrait les sites nucléaires du pays en danger ». Un ingénieur en fonctionnement accidentel d’installations nucléaires, interrogé par Marianne avait alors tempéré les inquiétudes, jugeant impossible la reproduction de la catastrophe de 1986, alors que les réacteurs sont à l’arrêt depuis 22 ans. « Les matières radioactives étaient à ce moment-là très concentrées, il s’agissait de centaines de tonnes d’uranium au même endroit : le cœur. Aujourd’hui, elles sont stockées sur l’installation et n’ont plus la même composition ni configuration qu’en 1986. » Cela n’excluait toutefois pas des conséquences dramatiques au niveau local.

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Avec près de 6 000 mégawatts de puissance, Zaporijjia est la centrale nucléaire la plus importante d’Europe. Et les équipes techniques sur place continuent de faire fonctionner le site malgré la présence de 500 militaires russes, selon les autorités ukrainiennes. Un site en fonctionnement, contrairement à Tchernobyl, qui a davantage de quoi inquiéter. Le 11 août dernier, Paris a appelé la Russie à retirer ses soldats de la centrale. « La France est très préoccupée par la menace grave que fait peser la Russie sur la sûreté et la sécurité des installations nucléaires ukrainiennes. »

Par Marius François, publié le 16/08/2022 à 12h09

Photo en titre : Volodymyr Zelensky craint une catastrophe nucléaire à la centrale de Zaporijia. UKRINFORM AGENCY / SIPA

https://www.marianne.net/monde/europe/guerre-en-ukraine-pourquoi-la-centrale-nucleaire-de-zaporijjia-catalyse-t-elle-les-tensions

LA MOITIÉ DES RÉACTEURS NUCLÉAIRES SONT ACTUELLEMENT À L’ARRÊT EN FRANCE

À l’heure actuelle, 28 des 56 réacteurs nucléaires que compte la France sont à l’arrêt. Il s’agit pour une part de questions de maintenance, mais douze d’entre eux pourraient être paralysés plusieurs années en raison de problèmes de corrosion.

Alors que l’Europe traverse une crise énergétique qui fait craindre de grosses difficultés durant l’hiver, la France dépend à 70% du nucléaire pour l’électricité.

Dans ce contexte, le fait que seule la moitié des centrales soit en activité inquiète, et ce d’autant plus que la moitié d’entre elles tournent au ralenti en raison de la sécheresse.

Des tuyaux trop longs et trop tortueux

L’un des problèmes constatés est la corrosion qui affecte les réacteurs de nouvelle génération, une donne connue depuis quelques mois. Lors d’un contrôle de routine dans la centrale de Civaux en octobre 2021, les ingénieurs ont remarqué des microfissures sur des tuyaux en acier inoxydable.

Cinq mois d’enquête et de contrôles plus tard, le groupe énergétique EDF a conclu que le problème ne venait pas d’un vieillissement des tuyaux, car il touche au contraire les réacteurs les plus récents.

Pour faire des économies d’échelle, EDF a construit des centrales de plus en plus grandes, avec des tuyaux de plus en plus longs et tortueux. Et ceux-ci sont nettement plus sensibles à ce problème de corrosion.

La France désormais importatrice d’électricité

Les réparations sur les douze réacteurs concernés pourraient prendre plusieurs années. Cet imprévu de taille vient s’ajouter à la baisse des approvisionnements en gaz russe.

Plus largement, le ralentissement du parc nucléaire français est déjà acté: première exportatrice d’électricité eu Europe, la France est passée au statut d’importatrice l’hiver passé.

Par La Matinale (RTS), publié le 15 août 2022 à 06h17

Des cours d’eau trop chauds

Plusieurs réacteurs nucléaires d’EDF ont été contraints d’abaisser leur production en raison des températures élevées des cours d’eau utilisés pour leur refroidissement, a indiqué l’entreprise vendredi.

L’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a par ailleurs prolongé ou délivré jusqu’au 11 septembre la dérogation environnementale délivrée à cinq centrales, pour qu’elles puissent continuer à fonctionner.

Un arrêté publié samedi au Journal officiel fixe « de nouvelles limites de rejets thermiques applicables aux réacteurs de la centrale nucléaire du Bugey, du Blayais, de Saint-Alban-Saint-Maurice, de Golfech et du Tricastin ».

Chaque centrale a ses propres limites réglementaires de température de rejet de l’eau à ne pas dépasser, afin de ne pas échauffer les cours d’eau environnants et d’en protéger la faune et la flore.

Et en Suisse?

Dans ce contexte, la Suisse doit-elle s’inquiéter pour son parc nucléaire? Tout d’abord, la corrosion touche les centrales de nouvelle génération en France alors que les réacteurs suisses sont plus anciens: aucune nouvelle centrale nucléaire n’a été mise en service depuis 1984.

Toutefois, la plus récente des centrales pourrait poser problème: Leibstadt est pratiquement de la même génération que le réacteur français de Penly, qui est à l’arrêt depuis le début de l’année pour cause de corrosion sous contrainte.

Pour anticiper ces avaries, les centrales suisses subissent des contrôles étendus tous les dix ans, comme en France, mais elles continuent de fonctionner pendant ces check-up, alors qu’en France elles sont arrêtées pour un contrôle en profondeur.

Les découvertes françaises devraient toutefois avoir des conséquences en Suisse. Selon la loi, les exploitants des centrales sont tenus de s’informer des expériences faites dans des installations comparables et ils ont l’obligation d’adapter leurs centrales en conséquence.

Pour sa part, l’Inspection fédérale de la sécurité nucléaire n’a pas encore communiqué sur les incidents survenus en France, ni sur les mesures qui seront prises.

>> Les explications de La Matinale:

Ces problèmes inquiètent aussi la Fondation suisse de l’énergie (SES), qui est l’une des principales associations anti-nucléaires de Suisse.

Pour Simon Banholzer, chef de projet au sein de la SES, les problèmes de corrosion sous contrainte sont loin d’être anodins.

« Cela montre encore une fois que l’exploitation à long terme est extrêmement dangereuse et met en danger la sécurité de l’approvisionnement en Suisse« , a-t-il souligné lundi dans La Matinale de la RTS.

« On s’est demandé si les mêmes problèmes sont possibles chez nous« , a-t-il précisé. « On a posé la question à l’autorité de la sécurité pour savoir ce qu’ils avaient fait, mais ils n’ont pas encore répondu« .

Avec Ariane Hasler, publié le 15 août 2022 à 07h08, modifié le 15 août 2022 à 09h46

Photo en titre : La Matinale (Radio Télévision Suisse)

Pour retrouver cet article ainsi que l’interview de Simon Bandholzer (1mn07s) sur la Sécurité des centrales nucléaires en Suisse, cliquer sur : https://www.rts.ch/info/monde/13306968-la-moitie-des-reacteurs-nucleaires-sont-actuellement-a-larret-en-france.html

EN UKRAINE, LES COMBATS AUTOUR DE LA CENTRALE NUCLÉAIRE RAVIVENT LES SOUVENIRS DE TCHERNOBYL

Anastasia Roudenko serre la médaille en or que son mari Viktor a reçue pour avoir travaillé comme « liquidateur » après la catastrophe nucléaire de Tchernobyl. Il est mort en 2014, d’un cancer de la vessie, conséquence selon elle des radiations.

Dans son village de Vychtchetarassivka, à une poignée de kilomètres de la centrale nucléaire de Zaporijjia, Mme Roudenko s’emploie maintenant à faire reconnaître le rôle des radiations dans le décès de son époux.

De l’autre côté du fleuve, à 14 kilomètres à peine, impossible de ne pas voir la silhouette imposante de la centrale. 

Depuis le 5 août, Kiev et Moscou s’y accusent mutuellement de bombardements. Les frappes ont atterri une fois près d’un bâtiment de stockage radioactif, et ont une autre fois provoqué l’arrêt automatique du réacteur n°3 de la plus grande centrale nucléaire d’Europe.

L’Ukraine affirme que Moscou lance des attaques et stocke armes et soldats près de la centrale, profitant de l’impossibilité pour l’armée ukrainienne de riposter.

« Nous pourrions connaître le même sort que les habitants de Tchernobyl », soupire Mme Roudenko, 63 ans. « Il ne se passe rien de bon et nous ne savons pas comment ça va se terminer ».

Dans « la zone »

L’Ukraine reste profondément marquée par la catastrophe nucléaire de Tchernobyl, dans le nord de l’Ukraine, en avril 1986. Un réacteur a explosé, provoquant le plus important accident nucléaire civil de l’histoire et dégageant un nuage radioactif qui s’est propagé sur toute l’Europe. 

En quatre ans, 600.000 « liquidateurs » ont été dépêchés sur les lieux avec une faible, voire aucune, protection pour éteindre l’incendie et nettoyer les territoires alentour.

Le bilan humain de la catastrophe fait toujours débat. L’ONU ne reconnaît qu’une trentaine de morts chez les opérateurs et pompiers tués par des radiations aiguës juste après l’explosion, quand l’ONG antinucléaire Greenpeace a évalué en 2006 à 100.000 le nombre de décès. 

Viktor Roudenko a conduit un camion dans « la zone » pendant 18 jours. Un ruban en or lui a été décerné par l’Union soviétique, montrant des atomes tournant autour de la « cloche de Tchernobyl », un symbole des lieux.

Un document en mauvais état, provenant des archives du ministère ukrainien de la Défense, certifie le travail de Viktor et la dose de radiation qu’il a absorbée: 24,80 roentgens.

« Quand je vois les papiers de mon mari, je ressens de la douleur« , explique Anastasia Roudenko: « De nombreuses personnes sont mortes ou ont été blessées pour toujours ».

Évoquant les bombardements sur le terrain de la centrale, visibles de chez elle, elle affirme que « les gens disent qu’il y a des fuites, mais ils évitent de l’avouer publiquement ».

« Liquidateurs » vivants

Au début de l’invasion de l’Ukraine, les troupes russes se sont aussi emparées de la centrale de Tchernobyl, toujours en activité, mais les lieux ont été abandonnés quelques semaines plus tard, quand l’échec de la prise de Kiev a poussé Moscou à replier ses soldats.

La centrale de Zaporijjia a elle aussi été occupée dès les premiers jours de la guerre, au terme de brefs combats ayant déjà créé la peur. Elle est depuis restée aux mains des Russes: le fleuve Dnipro trace la limite des territoires occupés par Moscou et ceux aux mains de Kiev.

Vassyl Davidov affirme que trois « liquidateurs » vivent encore à Vychtchetarassivka, un ensemble bucolique de petites cabines ayant une vue imprenable sur le fleuve, immense à cet endroit, et au loin sur les tours de refroidissement de la centrale.

Il est l’un d’eux: il a passé trois mois et demi à travailler à la décontamination de Tchernobyl, effectuant 102 voyages dans la « zone », utilisant un dosimètre pour mesurer les niveaux de radiation tandis qu’il rasait les maisons contaminées.

Dans son jardin, sur un congélateur transformé en table de fortune, l’homme de 65 ans déballe ses médailles. L’une d’elles représente la figure mythologique d’Atlas tenant le monde, l’image du globe terrestre remplacée par la centrale de Tchernobyl.

Il y a aussi des photos. De Vassyl Davidov en uniforme militaire, posant avec des camarades devant un panneau déclarant « Soldat! Nous allons redonner vie au sol de Tchernobyl. »

« J’étais là. J’ai tout vu, et j’ai vu l’ampleur » des dégâts, assure M. Davidov. 

Il en faut plus pour l’effrayer. Quelques jours après la prise de la centrale par les troupes russes en mars, des comprimés d’iode ont été distribués dans le village en cas d’urgence mais le temps passé dans « la zone » semble l’avoir habitué à la menace.

« Si vous croyez tout ce qu’on vous dit, il y a de quoi devenir fou », sourit-il: « Alors vous utilisez votre expérience comme un filtre. Qu’est-ce que la peur va me faire? Comment pourrait-elle m’aider? »

Par jts/tbm/mm et AFP, publié le 14 août 2022 à 13h14 dans France/Monde,

Photo en titre : Vassyl Davidov, ancien « liquidateur » après la catastrophe nucléaire de Tchernobyl, et son épouse lors d’un entretien avec l’AFP, le 13 août 2022 à Vychtchetarassivka (Ukraine). AFP

https://www.corsematin.com/articles/en-ukraine-les-combats-autour-de-la-centrale-nucleaire-ravivent-les-souvenirs-de-tchernobyl-129429

NUCLÉAIRE IRANIEN : TÉHÉRAN PRÊT À SIGNER L’ACCORD FINAL MAIS DEMANDE DES ASSURANCES

Après quatre jours de négociations entre les diplomates iraniens, russes, français, anglais et allemands, un texte a finalement été mis sur la table. Et si le chef de la diplomatie européenne, Josep Borrell s’est montré pressant et a déclaré que ce texte final était à prendre ou à laisser, Téhéran a, de son côté, indiqué que « les propositions de l’Union européenne étaient acceptables à condition qu’elles fournissent des assurances à l’Iran sur divers points ».

Pour écouter cet article (3mn), cliquer sur ETX Studio

Le dossier du nucléaire iranien avance doucement, mais sûrement. Le 8 août, après quatre jours de négociations à Vienne entre les diplomates de l’ensemble des parties (Iran, Russie, Chine, France, Royaume-Uni et Allemagne), un texte a été mis sur la table, sous l’égide de l’Union européenne. Une énième tentative pour sauver l’accord conclu en 2015 et torpillé par le retrait unilatéral des États-Unis en 2018 sous Donald Trump. Le pacte, connu sous son sigle anglais JCPOA, vise à garantir le caractère civil du programme nucléaire de l’Iran, accusé de chercher à se doter de l’arme atomique malgré ses démentis.

L’objectif des pourparlers, auxquels les États-Unis participent de manière indirecte, était donc de remettre le processus sur les rails. Mardi, le porte-parole du chef de la diplomatie européenne Josep Borrell a exhorté Téhéran et Washington à prendre une «décision rapide» sur le compromis final, indiquant qu’il s’agissait d’une proposition à prendre ou à laisser. «Tout ce qui pouvait être négocié a été intégré dans la version finale du texte et il appartient désormais aux pays signataires de prendre des décisions politiques», a-t-il expliqué. «C’est oui ou c’est non», a-t-il insisté, affirmant qu’«il n’y a plus d’espace pour d’autres compromis». «En sa qualité de coordinateur des négociations, Josep Borrell attend des décisions politiques décisives. Il n’a fixé aucune date limite, mais nous attendons de tous les participants qu’ils prennent cette décision très rapidement», a, encore, précisé son porte-parole.

Lire aussi : Accord sur le nucléaire iranien : après plus d’un an de discussions, un texte final mis sur la table

L’Iran demande «des assurances» à l’UE

De son côté, l’Iran indique que «les propositions de l’Union européenne sont acceptables à condition qu’elles fournissent des assurances à l’Iran sur divers points», selon l’agence officielle Irna, citant un diplomate iranien, sans révéler son nom. Et de citer les « sanctions» internationales, des «garanties» que les États-Unis ne vont pas remettre en cause l’accord et les affaires en suspens avec l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA). L’Iran est en effet sous le coup de plusieurs sanctions notamment depuis le retrait des États-Unis de l’accord de 2015. Le pays a, notamment, été écarté de la plateforme de messagerie bancaire Swift, comme cela a été le cas pour la Russie dernièrement suite à l’invasion en Ukraine.

Lire aussi : Après SWIFT, Visa et Mastercard suspendent leurs opérations en Russie

Autre point de blocage, l’Iran réclame à l’AIEA la clôture de la question des sites non déclarés, où des traces d’uranium enrichi avaient été retrouvées. Dimanche, le ministre iranien des Affaires étrangères Hossein Amir-Abdollahian avait appelé l’AIEA à régler «complètement» cette affaire «par la voie technique», et abandonner des« questions politiques non pertinentes».

Par latribune.fr avec AFP, publié le 12 août 2022 à 17h24

Photo en titre : Le 8 août, un texte a été mis sur la table, sous l’égide de l’Union européenne, dans l’espoir de sauver l’accord sur le nucléaire iranien de 2015. (Crédits : Reuters)

https://www.latribune.fr/economie/international/nucleaire-iranien-teheran-pret-a-signer-l-accord-final-mais-demande-des-assurances-928017.html

SAINTES 6 AOÛT, CÉRÉMONIE PUBLIQUE POUR ABOLIR LES ARMES NUCLÉAIRES ET RADIOACTIVES

Communiqué de presse, ACDN, 15 août 2022

Alors que la guerre en Ukraine signe la faillite de la « dissuasion nucléaire », il est temps d’exiger un désarmement nucléaire multilatéral, universel et intégral, c’est-à-dire l’élimination négociée, planifiée et dûment contrôlée de toutes les armes nucléaires et radioactives, conformément à l’article 6 du Traité de Non-Prolifération, à la Charte des Nations-Unies et au droit international.

Comme chaque année à Saintes depuis 2001, la Flamme du désarmement nucléaire a été rallumée le 6 août (anniversaire d’Hiroshima 1945) pour brûler jusqu’au 9 août (Nagasaki).

Les messages des maires d’Hiroshima et de Nagasaki sont lus en premier. Puis Marie-Line Cheminade, 1ère Adjointe, prend la parole au nom du maire de Saintes pour expliquer l’adhésion de la Ville au réseau « Abolition 2000 » et aux « Maires pour la Paix ». Benoît Biteau, député européen, explique pourquoi il participe régulièrement à cette cérémonie.

Deux gerbes sont déposées au pied du monument aux morts, pour la Ville et pour ACDN : « Hiroshima, Nagasaki, plus jamais ça !« 

La Flamme du désarmement nucléaire est alors rallumée.

Drapeaux des Anciens Combattants en berne, une minute de silence est observée par l’assistance, en mémoire des victimes des deux bombes atomiques, mais aussi de leurs survivants, les hibakusha, dont le sort ne fut guère plus enviable, et des victimes anonymes des 2000 essais nucléaires qui suivirent, dont plus de 500 en atmosphère.

Des poèmes inédits de Carole Le Kouddar sont prononcés.

En conclusion, « la Rouge vagabonde » entonne des chants de paix, d’humour, d’amour et de fraternité repris par l’assistance, qui se sépare en allumant des lumignons au pied du porte-flamme.

Le président d’ACDN l’a rappelé, ce moment de mémoire est aussi une affirmation de la vie et un acte préventif : refus de la guerre et refus du crime nucléaire contre l’humanité, programmé et préparé avec nos impôts sans que le peuple français ait jamais été consulté.

Cette situation intolérable ne peut plus durer.

Plus aucune arme nucléaire ni radioactive ! Ni ces armes monstrueuses, ni celles dites conventionnelles ne résoudront les problèmes de l’humanité. Au contraire, elles les rendent insolubles. Pour vivre, il faut donc désarmer. C’est un impératif catégorique.

Comme l’écrivait déjà Albert Camus le 8 août 1945, ce n’est plus une prière, c’est un ordre qui doit monter des peuples vers leurs dirigeants : désarmez !

C’est pourquoi ACDN appelle chaque député, chaque sénateur à signer une Proposition Parlementaire de Loi visant à organiser un référendum sur la participation de la France à l’abolition des armes nucléaires et radioactives, et chaque citoyen(ne) à le leur demander.

Cf. documents en PJ.

Action des Citoyens pour le Désarmement Nucléaire (ACDN)
31, Rue du Cormier – 17100 – SAINTES
Tel : +33 (0)6 73 50 76 61, www.acdn.net

Par ACDN, publié le 15 août 2022

Pour retrouver cet article ainsi que :

. la proposition Parlementaire de Loi visant à organiser un référendum sur la participation de la France à l’abolition des armes nucléaires et radioactives (JUIN 2022)

. le formulaire de soutien à nous retourner 

. l’article de Séverine Joubert, Sud Ouest, 6 août 2022 

cliquer sur : https://www.acdn.net/spip/spip.php?article1299&lang=fr

 

AGRICULTURE, EAU POTABLE, CENTRALES NUCLÉAIRES… COMMENT L’EAU EST CONSOMMÉE EN FRANCE EN QUATRE GRAPHIQUES

Alors que la France vit une sécheresse historique, franceinfo se plonge dans les chiffres de la consommation d’eau.

L’été 2022 sera probablement le plus sec que la France ait jamais connu. C’est en tout cas un constat déjà vérifié pour le mois de juillet. Dans certaines zones, économiser l’eau est urgent et les préfectures prennent des mesures de restriction de la consommation. D’après le site Propluvia, au mercredi 10 août, le seuil de « crise« , le plus élevé en matière de sécheresse, était atteint dans une soixantaine de départements, sur tout ou partie de leur territoire. À ce niveau d’alerte, il est interdit d’arroser sa pelouse, de remplir sa piscine, de laver sa voiture ou ses façades et toitures, mais aussi d’irriguer les cultures. 

Mais que pèsent l’agriculture, l’utilisation domestique ou le refroidissement des centrales nucléaires dans la consommation de l’eau en France ? Franceinfo fait le point, graphiques à l’appui.

32,3 milliards de m3 d’eau prélevés

Chaque année en France métropolitaine, il pleut en moyenne (calculée sur la période 1990-2018) 512 milliards de mètres cubes d’eau, soit 932 mm, selon les données du ministère de la Transition écologique (fichier PDF). De ces précipitations, 60% s’évaporent. Les 40% restants forment la « pluie efficace« , c’est-à-dire l’eau qui alimente les cours d’eau ou les nappes phréatiques, et reste donc disponible.

Dans ces eaux superficielles et souterraines, la France pompe 32,3 milliards de m3, d’après les données de 2018. C’est l’eau dite « prélevée« , qui comprend l’eau consommée et celle restituée directement après utilisation, comme c’est le cas pour les centrales nucléaires en circuit ouvert, par exemple. La moitié (16 milliards de m3) de cette eau douce est effectivement utilisée pour refroidir les centrales de production d’électricité, et 5,4 milliards (16,8%) pour l’alimentation des canaux. Les 30% restants sont prélevés à des fins de production d’eau potable, agricole ou industrielle.

La totalité de l’eau prélevée pour le refroidissement des centrales et l’alimentation des canaux provient des eaux de surface. Pour l’eau potable, l’agriculture ou l’industrie, les prélèvements sont réalisés autant dans les eaux superficielles que souterraines, plus propres.

Du côté des usages industriels, des données fournies par la Banque nationale des prélèvements quantitatifs en eau (BNPE) permettent de connaître les volumes d’eau utilisés par chaque installation en France. D’après ces données, les industries qui ont le plus prélevé d’eau en 2018 sont l’usine Alsachimie près de Mulhouse (100,8 millions de m3), une usine de valorisation des déchets du Grand-Quevilly près de Rouen (79,4 millions de m3) et une autre située à Issy-les-Moulineaux, près de Paris (79,3 millions de m3).

5,3 milliards de m3 d’eau consommés

L’eau consommée, c’est-à-dire celle qui n’est pas restituée aux milieux aquatiques après utilisation, représente en moyenne 5,3 milliards de m3 chaque année, soit environ 16% de l’eau prélevée. Cela représente 82 m3 par habitant, précise le ministère de la Transition écologique. 

L’agriculture est la première consommatrice, avec 45% du total, devant le refroidissement des centrales électriques (31%), la production d’eau potable (21%) et les usages industriels (4%). 

Contrairement à l’industrie, l’agriculture consomme la quasi-totalité de l’eau prélevée. Si elle utilise 45% de l’eau consommée en France sur une année, cette part monte à 80% sur la période de juin à août, note le ministère. Limiter l’irrigation l’été devient donc d’autant plus stratégique.

L’eau à usage agricole sert principalement à alimenter le bétail et irriguer les cultures. En 2020, 7,3% de la surface agricole était irriguée, contre 5,8% en 2010, principalement dans la moitié sud de l’Hexagone. Les cultures irriguées sont d’abord le maïs (41% de la surface irriguée), devant le blé ou le sorgho (17%), d’après des chiffres datant de 2010. 

Mais la répartition de l’eau consommée est très variable selon les bassins. La zone la plus consommatrice pour la production d’électricité est le bassin Rhône-Méditerranée. Concernant l’agriculture, le bassin Adour-Garonne est le plus gourmand. À noter que ces décomptes n’intègrent pas la consommation d’eau de mer pour les centrales nucléaires localisées le long de la Manche (Gravelines, Paluel, Penly et Flamanville). 

3,7 milliards de m3 d’eau potable consommée

En tout, 4,9 milliards de m3 d’eau potable ont été mis en circulation en 2020, d’après des données de l’Office français pour la biodiversité (OFB). Mais environ 20% de ce volume est perdu chaque année, à cause de fuites dans les réseaux de distribution. Résultat, 3,7 milliards de m3 d’eau potable ont été consommés. En d’autres termes, chaque Français consomme 149 litres d’eau potable par jour en moyenne, d’après l’Observatoire des services publics d’eau et d’assainissement. Un chiffre globalement stable depuis une dizaine d’années. 

Quelle est la répartition de la consommation de cette eau potable par usage au sein d’un foyer ? Des données publiées par le Centre d’information sur l’eau montrent que le premier poste de consommation est la douche et le bain (39%), devant les sanitaires (20%) ou le linge (12%). L’eau utilisée pour l’alimentation ne représente que 7%, entre la cuisine (6%) et la boisson (1%).

Ces données permettent d’avoir une idée des lieux de la maison où il est le plus utile de réduire sa consommation d’eau. Mais ces chiffres n’ont pas été mis à jour depuis… 1995. En 27 ans, il est aisé d’imaginer des changements dans les pratiques et l’équipement des foyers, par exemple. Contacté par franceinfo, le Centre d’information sur l’eau estime que des variations ont pu avoir lieu à la marge, et espère pouvoir actualiser cette estimation.

Par Brice Le Borgne, (France Télévisions), publié le 14/08/2022 à 07h07, mis à jour le 14/08/2022 à 10h41

Photo en titre : Alors que des pénuries d’eau sont observées en France au mois d’août, le 19/20 de France 3 s’est penché sur le vrai coût de l’eau. Explications. (FREDERIC SCHEIBER / HANS LUCAS / AFP)

https://www.francetvinfo.fr/meteo/secheresse/infographies-agriculture-eau-potable-centrales-nucleaires-comprendre-comment-l-eau-est-consommee-en-france-en-quatre-graphiques_5302522.html#comments

VOSGES ET PRÉVENTION NUCLÉAIRE : LA PRÉFECTURE DISTRIBUE DES PASTILLES D’IODE

Faut-il s’inquiéter de la missive reçue dans leur boîte aux lettres par les habitants des Vosges ? Depuis quelques jours en effet, les maires des communes du département avertissent chacun de leurs administrés d’un plan de distribution « d’iode stable » et cela inquiète. Car en France, l’iode stable peut être distribué gratuitement par les autorités compétentes ou par les pharmacies, mais uniquement aux populations exposées à un risque nucléaire c’est-à-dire localisées dans un rayon de 20 km autour d’une centrale nucléaire. Ce qui n’est pas le cas des Vosges.

Or à la demande du préfet, un plan de distribution de comprimés d’iode stable est prévu pour l’ensemble des communes vosgiennes. « Ce plan est destiné à faire face à un éventuel incident entraînant des rejets radioactifs. »

« Priorité aux femmes enceintes »

Il est précisé en outre que la distribution se fera « en priorité aux femmes enceintes, nourrissons, adolescents et adultes de moins de 44 ans », l’ingestion étant déconseillée au-delà de 60 ans. « Le message d’alerte et d’information à la population sur les événements sera transmis par les médias et tous les autres moyens locaux », est-il écrit. « À ce moment, poursuit le courrier, les personnes dites prioritaires ou leur représentant légal devront se présenter » en un lieu défini de la commune. Enfin, il est demandé de remplir un coupon à remettre en mairie avec ses coordonnées numériques, numéro de téléphone, nom, prénom et date de naissance des autres membres du foyer. Devant les inquiétudes de la population liées à la situation de la guerre en Ukraine et les combats autour de la centrale nucléaire de Zaporijia où la situation est jugée très grave par la communauté internationale depuis plusieurs jours, les services de la préfecture des Vosges veulent se montrer rassurants : « Il s’agit d’une procédure normale » précisent les services de l’État.

« Il s’agit d’un plan qui a lieu tous les cinq ans. Les événements en Ukraine ne sont en rien liés avec ce plan de distribution. À Fessenheim, la fréquence de ce type de plan de distribution est plus rapprochée encore. »

C’est que trente-six ans après la catastrophe de Tchernobyl, les Vosgiens n’ont pas oublié et du côté de Zaporijia, la situation semble « hors de contrôle ».

Par Olivier JORBA, publié le 14 août 2022 à 05h00, mis à jour  à 09h42

Photo en titre : Les Vosgiennes et les Vosgiens commencent à recevoir un courrier dans leur boîte aux lettres.  Photo VM /Olivier JORBA

https://www.vosgesmatin.fr/defense-guerre-conflit/2022/08/14/prevention-nucleaire-la-prefecture-distribue-des-pastilles-d-iode

GUERRE NUCLÉAIRE : L’ÎLE LONGUE SERA DÉTRUITE EN PRIORITÉ

Le général britannique Sir Richard Barrons a confié au journal The Sun, le 7 août, qu’il est probable qu’au printemps 2023, après une offensive ukrainienne qui aboutirait à une expulsion de l’armée russe de certains territoires conquis en 2022, Poutine utiliserait un ou plusieurs missiles nucléaires tactiques.

Ces missiles tactiques d’une portée de 500 kms ont un pouvoir de destruction limité mais permettent de détruire une concentration de troupes et de matériel ennemis. Elles font partie de la doctrine de défense de l’armée russe. Elles font moins de 10 Kt (kilo ou 1000 tonnes équivalent de TNT). 15 Kt est la charge qui a détruit Hiroshima.

Bien sûr, Rennes ou Nantes sont à 3000 km du front en Ukraine mais ce qui peut nous affecter c’est le nuage radioactif. Celui de l’accident de Tchernobyl est allé jusqu’en Corse – et les Russes s’assureront que les vents seront tournés vers l’Ouest. Il n’est pas question pour eux de voir un nuage radioactif se diriger vers Moscou ! Ne pas oublier non plus que la centrale nucléaire de Zaporijia occupée par l’armée russe peut être l’objet d’un accident nucléaire grave, voire un melt-down. (NDLR : une fusion du cœur)

Il est probable que ces frappes nucléaires locales de l’armée russe n’entraineront pas une réponse nucléaire des États-Unis et la fin du monde, d’autant plus que l’Ukraine ne fait pas partie de l’OTAN (merci Merkel et merci Sarkozy) Mais les radiations ionisantes colportées par les poussières du nuage radioactif peuvent très bien atteindre la France.

L’Île longue

Même si une guerre nucléaire est peu probable en Europe, elle est dans le domaine du possible. Il est évident que la première frappe de l’armée russe sera, non pas une grande ville comme Paris, mais la base des sous-marins Nucléaires Lanceurs d’Engins (SNLE) de l’Ile Longue et en annexe l’usine d’assemblage des missiles juste à côté à Trévenez. Cette cible est d’autant plus un premier choix que normalement, trois des quatre SNLE, sont au repos dans leur alcôve à l’Ile longue. Une bombe de 10 Kt est largement suffisante pour endommager les 300 000 m3 de béton des alcôves et PC de l’Ile Longue. Si le missile balistique russe doit aussi détruire la fabrique de missiles nucléaires à Trévenez, au cœur de la presqu’île de Crozon, selon la carte américaine interactive des dégâts causés par une frappe nucléaire sur un endroit et une charge choisis il faudrait de 200 à 300 Kt pour détruire les deux sites. Les dégâts seraient considérables et atteindraient Brest. Il est plus probable que deux charges de 10kt maximum soit utilisées, l’une sur l’ile longue et une autre sur le site de Trévenez. Toujours est-il que, avec les vents d’Ouest dominants, une ou deux frappes sur la presqu’île de Crozon auraient des conséquences sur tout le reste de la Bretagne et au-delà.

Prévoir le pire : se prémunir contre les radiations ionisantes

La première menace en cas d’explosion nucléaire à proximité est l’iode 135. Dans un premier stade, la radioprotection est dominée par le problème de l’iode radioactif ce qui n’est pas le cas du nuage radioactif dû à un accident car l’iode 135 n’a une période que de 6,6 heures. Cet élément n’est pas présent dans un réacteur, où il a le temps de se transformer pratiquement entièrement en xénon 135.

Dans les jours suivants l’explosion, la radiotoxicité est dominée par l’iode 131, de durée 8,02 jours. Durant cette période (voir la NDLR en fin d’article) l’iode radioactif des retombées peut être ingéré et se fixer sur la thyroïde, où il peut entraîner le cancer surtout chez l’enfant. Pour se protéger de ces isotopes, il est donc important de saturer la thyroïde avec de l’iode non-radioactif, pour qu’elle ne laisse pas passer l’iode radioactif qui se trouverait dans l’air, l’eau ou la nourriture.

Vous pouvez vous procurer des pastilles d’iode de 50mg chez votre pharmacien. Sauf que, en France, il n’y a que si vous habitez à proximité d’une centrale nucléaire que vous pouvez obtenir de l’iode chez votre pharmacien.

Vous pouvez aller ramasser des algues brunes et les faire sécher (un temps idéal en ce moment faire sécher les algues). l’algue qui a le plus d’iode est la laminaria digitata (le kombu breton) soit 4860 µg/g séché mais aussi la laminaria saccharina (le kombu royal). Ben oui, 10g de kombu breton a autant d’iode qu’une pastille de la pharmacie. Attention l’iode s’évapore quand vous faites bouillir les algues brunes pour les attendrir ! Il serait plutôt préférable de se munir de l’Himanthalia elongata (le haricot de mer qui est partout sur le littoral breton) ou l’algue rouge palmaria palmata (la dulse). Les deux peuvent se manger fraiches ou juste réhydratées, donc conservent leur teneur en iode.

Selon Wikipédia, dans une deuxième période, la contamination dominante est le strontium 90 de période 28,8 ans, celle du césium 134 de demi-vie 2,06 ans, et celle du césium 137, de période 30,2 ans. Le strontium 90 est moins présent dans un accident de réacteur, parce que moins volatil, mais c’est l’un des éléments les plus dangereux des retombées d’explosions atomiques. Il se fixe dans les os et remplace le calcium avec toutes les conséquences que l’on peut imaginer. A noter que selon le spécialiste des algues Yves Le Borgne, les docteurs japonais ont utilisé la molécule laminarine, extraite des laminaires, pour traiter après coup les irradiés d’Hiroshima

Par Philippe Argouarch, publié le 13/08/22 à 15h51, mis à jour le 14/08/22 à 12h13

Image en titre : Dégâts causés par un missile nucléaire ballistique de 10 kilo tonne sur la base navale de l’Ile Longue selon Nuclear Secrecy (voir le site)

https://abp.bzh/guerre-nucleaire-l-ile-longue-sera-detruite-55788

NDLR : contrairement à ce qu’on peut penser, la période d‘un élément radioactif ne correspond pas à la durée de vie mais  à la durée nécessaire pour que sa radioactivité initiale soit réduite de moitié. Il faut donc 10 périodes soit environ 80 jours pour que la radioactivité initiale de l’iode 131 soit divisée par 1024 et que sa dangerosité devienne enfin négligeable. Les termes «durée» ou «demi-vie» sont donc à éviter car ils laissent croire qu’au bout de la durée (ou de 2 demi-vies) il ne reste plus de radioactivité donc plus de danger ce qui est archi-faux puisqu’il en reste encore la moitié ou le quart selon le terme employé!  

NUCLÉAIRE : GUERRE ET PAIX (COMMUNIQUÉ DU CAN84)

Communiqué du CAN84/Collectif antinucléaire de Vaucluse

Les médias officiels (France-Info, Le Monde, Libération, CNews, BFM,…) moulinent des informations à tout va sur l’Ukraine et les risques ou atteintes aux installations nucléaires. Toujours dans l’émotionnel et rarement dans la vérité.

Par-delà les aspects de propagande de guerre menée sur les populations occidentales par l’OTAN et les gouvernements affiliés d’un côté, et celle du pouvoir russe sur sa population: il faut rappeler que, déjà en temps dit de paix dans les pays concernés, toute installation nucléaire est une atteinte au vivant et à l’environnement et une monstruosité, productrice de radioactivité artificielle délétère, de déchets mortels et aussi de bombes atomiques. Et le dérèglement climatique en accentue la menace.

En temps de guerre les menaces et risques atomiques s’en trouvent démultipliés.

Il est impératif de mettre à l’arrêt et de désamorcer immédiatement toutes les installations nucléaires des quelques pays nucléarisés qui menacent ainsi la planète entière. Il faut que la France sorte de l’illégalité, rejoigne et signe enfin le Traité d’Interdiction des Armes Nucléaire (TIAN) adopté par l’ONU et qui a force de loi internationale.

Plus un seul euro pour le nucléaire civilo-militaire, plus une seule implantation d’installation nucléaire sur le territoire, plus une seule dérogation gouvernementale/préfectorale au mépris de l’environnement et de la sécurité des populations. Arrêt immédiat, inconditionnel et définitif du nucléaire, inscription dans la Constitution (comme en Autriche et d’autres pays) de l’interdiction de recourir au nucléaire.

Pays ayant des centrales nucléaires

En août 2022, 31 pays sur 202 pays au niveau mondial ont implantés 438 réacteurs nucléaires dont plus de 297 sont vétustes
. durée de fonctionnement prévue des réacteurs nucléaires entre 30 et 40 ans (durée calculée soit à partir du 1er béton coulé soit lors du raccordement/divergence au réseau)
. réacteurs nucléaires ayant plus de 30 ans de fonctionnement : 297 dont :
128 réacteurs nucléaires de 31 à 35 ans
72 réacteurs nucléaires de 36 à 40 ans
63 réacteurs nucléaires de 41 à 45 ans
34 réacteurs nucléaires de 46 à 50 ans

1) Pays ayant des réacteurs atomiques et centrales nucléaires en activités ou à l’arrêt et qui menacent leurs populations et la planète entière

États-Unis (99 réacteurs nucléaires répartis dans 62 centrales atomiques hors installations nucléaires militaires secrètes)
France (56 réacteurs nucléaires répartis dans 19 centrales atomiques hors installations nucléaires militaires secrètes) NB: le pays le plus nucléarisé par nombre d’habitant-es, la moitié des réacteurs est à l’arrêt pour défauts techniques et pannes.
Chine (55 réacteurs nucléaires répartis dans 14 centrales atomiques hors installations nucléaires militaires secrètes)
Russie (37 réacteurs nucléaires répartis dans 10 centrales atomiques hors installations nucléaires militaires secrètes)
Corée du Sud (24 réacteurs nucléaires répartis dans 4 centrales atomiques)
Inde (22 réacteurs nucléaires répartis dans 7 centrales atomiques)
Canada (19 réacteurs nucléaires répartis dans 4 centrales atomiques)
Ukraine (15 réacteurs nucléaires répartis dans 4 centrales atomiques)
Royaume-Uni (15 réacteurs nucléaires répartis dans 7 centrales atomiques hors installations nucléaires militaires secrètes)
Finlande (5 réacteurs nucléaires répartis dans 2 centrales atomiques)
Afrique du Sud (2 réacteurs nucléaires)
Argentine (3 réacteurs nucléaires répartis dans 2 centrales atomiques)
Mexique  (2 réacteurs nucléaires sur 1 site atomique)
Bangladesh (2 réacteurs nucléaires sur 1 site atomique)
Iran (1 réacteur nucléaire sur 1 site atomique)
Israël (1 réacteur nucléaire sur 1 site atomique à des fins uniquement militaires)
Pakistan (7 réacteurs nucléaires sur 2 sites atomiques)
Taïwan (6 réacteurs nucléaires sur 3 sites atomiques)
Hongrie (4 réacteurs nucléaires sur 1 site atomique)
Roumanie (2 réacteurs nucléaires sur 1 site atomique)
Slovaquie (4 réacteurs nucléaires sur 2 sites atomiques)
République tchèque (6 réacteurs nucléaires sur 2 sites atomiques)

. Pays nucléarisés avec arrêt définitif de réacteur

Bulgarie (6 réacteurs nucléaires dont 4 arrêtés sur 1 site atomique)
Arménie (2 réacteurs nucléaires sur 1 site atomique dont 1 définitivement arrêté)
Estonie (2 réacteurs nucléaires militaires démantelés sur 1 site atomique)
Pays-Bas (2 réacteurs nucléaires dont 1 en arrêt définitif sur 1 site atomique)
Suède (8 réacteurs nucléaires sur 3 sites atomiques, 5 arrêtés définitivement )
Japon (33 réacteurs nucléaires répartis dans 15 centrales atomiques, 27 en arrêt définitif) NB: catastrophe atomique de Fukushima Daiichi, centrales définitivement à l’arrêt : Fukushima Daiichi et Fukushima Daini

. Pays nucléarisés en cours de sortie du nucléaire ou déjà sorti

Autriche (1 centrale qui n’a jamais été mise en service et sert de lieu de spectacle) NB: en 1978 loi sur le non-recours au nucléaire
Philippines (1 site atomique construit de 1976 à 1984, abandonné et qui n’a jamais servi)
Suisse (5 réacteurs nucléaires répartis dans 4 centrales atomiques) NB : 1 réacteur nucléaire arrêté, référendum du 21 mai 2017 d’interdiction de construction de centrale nucléaire et sortie de l’énergie nucléaire
Espagne (7 réacteurs nucléaires, 3 arrêtés définitivement sur 5 site atomique) NB: moratoire sur le nucléaire en 1983, sortie du nucléaire depuis 2008
Allemagne (7 réacteurs nucléaires répartis dans 7 centrales atomiques) NB: sortie totale du nucléaire décidé en 2011
Belgique (7 réacteurs nucléaires répartis dans 2 centrales atomiques) NB : 1 réacteur nucléaire arrêté,  loi de 2003 de sortie du nucléaire en 2025
Italie (5 réacteurs nucléaires à l’arrêt définitif) NB: décision de sortie du nucléaire en 1977 confirmée par référendum à 95% en 1978
Kazakhstan (1 réacteur nucléaire sur 1 site atomique à l’arrêt depuis 1999)
Corée du Nord (2 réacteurs nucléaires sur 1 site atomique qui n’a jamais été mis en service hors installations nucléaires militaires secrètes)

. Pays en cours de nucléarisation

Turquie (1 réacteur nucléaire sur 1 site atomique toujours en cours de construction depuis 5 années)
Émirats arabes unis (2 réacteurs nucléaires sur 1 site atomique en construction depuis plus de dix années, toujours pas en service)
Biélorussie (2 réacteurs nucléaires sur 1 site atomique toujours en cours de construction depuis 10 années)

. Pays possédant la bombe atomique et menaçant toute la planète

En 2021, environ 13 000 têtes nucléaires entre les mains de 7 pays :
États-Unis
(1700 ogives nucléaires installées + 3800 en réserve), Russie (1600 ogives nucléaires installées + 2897 en réserve) , Chine (350 ogives nucléaires non déployées), France (280 ogives nucléaires installées + 20 en réserve), Royaume-Uni (120 ogives nucléaires installées + 75 en réserve), Pakistan (165 ogives nucléaires non déployées), Inde (160 ogives nucléaires non déployées), + Israël (non communiqué), Corée du Nord (non communiqué)

5 Membres du Conseil de Sécurité de l’ONU qui régentent le monde (et refusent de signer le TIAN)
États-Unis, Russie, Chine, France, Royaume-Uni
Autres pays refusant de signer le TIAN : Inde, Pakistan, Israël, Corée du Nord

. Dépenses des puissances nucléaires pour leur arsenal nucléaire
sur la décennie 2010-2020 : 1000 milliards de dollars, Dépenses des puissances nucléaires pour moderniser leur arsenal atomique : 82,4 milliards de dollars (+ 9% en 2021)
France
. budget du ministère des Armées : 34,2 milliards d’euros en 2018. (24 fois plus que celui de la Santé de 1,42 milliard d’euros)
. renouvellement de l’arme nucléaire :  6 milliards d’euros prévus en 2025 (4,04 milliards en 2018)

. Pays dénucléarisés ou opposés aux centrales nucléaires

Autriche (anticonstitutionnel depuis 1978), Nouvelle-Zélande (dénucléarisé depuis 1987), Irlande, Costa-Rica, Italie (sortie par référendum en 1987 et 2011), Norvège, Pérou, Cambodge, Lettonie, Australie (mais détenant 23% des ressources mondiales d’uranium), Pologne, Grèce, Portugal, Danemark, Lituanie, Chypre, Luxembourg, Malte, Cuba.

. Pays de l’Union européenne ayant prévu de sortir du nucléaire

Allemagne (82,4 millions d’habitants), Espagne (40,2 millions d’habitants), Belgique (10,3 millions d’habitants), Suisse (8,9 millions d’habitants)

. Pays qui ne possèdent pas d’armée

Andorre, Îles Cook, la Dominique, Grenada, Kiribati, Liechtenstein, Îles Marshall, États fédérés de Micronésie, Nauru Nauru, Palaos, Saint-Christophe-et-Niévès, Niue Niue, Saint-Vincent-et-les-Grenadines, Samoa, Îles Salomon, Tuvalu

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Par admin, publié le samedi 13 août 2022 à 11h09

http://coordination-antinucleaire-sudest.net/2012/index.php?post/2022/08/13/Nucleaire-%3A-guerre-et-paix_communique-du-CAN84

LE MANDAT DE PERQUISITION CHEZ TRUMP RENDU PUBLIC, L’EX-PRÉSIDENT AVAIT DONNÉ SON FEU VERT

La publication du mandat de perquisition de la résidence de Mar-a-Lago révèle que l’enquête du FBI sur Trump concerne une possible violation de la loi sur l’espionnage.

ÉTATS-UNIS – La police fédérale américaine a saisi des documents marqués « top secret » lors de sa perquisition au domicile de l’ancien président Donald Trump, en possible violation d’une loi sur la sécurité nationale, selon des documents judiciaires publiés ce vendredi 12 août.

Les enquêteurs du FBI soupçonnent le républicain d’avoir violé une loi américaine sur l’espionnage qui encadre très strictement la détention de documents confidentiels liés à la sécurité nationale dont certains ne doivent être consultés ou vus que dans des bâtiments sécurisés.

Plusieurs documents judiciaires ont été rendus publics ce vendredi par un juge fédéral de Floride : le mandat autorisant la perquisition qui s’est déroulée lundi dernier et un long inventaire des documents saisis par les agents du FBI.

Dans cette liste est mentionné un ensemble de documents classés « top secret » ou « secret » ou « confidentiel », ainsi qu’un document « 1A Info re : président de la France », sans autres précisions.

« Pour une raison inconnue, ce document « Info President of France » semble avoir été étiqueté comme une sous-section… https://t.co/4y1FZU3CMH »

— Philippe Berry (@ptiberry), Voir le tweet

Une trentaine de cartons ont été saisis, ainsi que des classeurs avec des photos et une note manuscrite, selon cet inventaire.

D’après des experts, le fait d’invoquer cette loi ne signifie pas que l’ancien président risque d’être accusé d’espionnage. « La loi sur l’espionnage comprend un tas de crimes qui n’ont rien à voir avec l’espionnage », a déclaré l’avocat spécialiste de ces questions Bradley Moss, sur Twitter.

58 chambres

L’opération, conduite dans la luxueuse résidence de Donald Trump à Mar-a-Lago en Floride – 58 chambres et 33 salles de bains selon le mandat de perquisition -, avait provoqué la fureur de ses partisans évoquant une « persécution politique », ainsi que de nombreux ténors républicains.

Jeudi, le ministre de la Justice Merrick Garland avait, dans une prise de parole exceptionnelle, demandé qu’un juge rende public ce mandat autorisant la perquisition afin que ses motifs soient connus de tous. Cette demande – très inhabituelle – avait été favorablement accueillie par Donald Trump dans un tweet jeudi soir.

Et ce vendredi, peu avant la publication des documents, l’ex-président a assuré, dans un communiqué, que les documents récupérés par le FBI avaient tous été « déclassifiés ». « Ils n’avaient pas besoin de saisir quoi que ce soit », a-t-il dit. « Ils auraient pu les obtenir quand ils le voulaient sans faire de la politique ou cambrioler Mar-a-Lago », a-t-il ajouté.

Au cours de sa brève allocution télévisée, Merrick Garland a assuré avoir « personnellement approuvé » cette perquisition et dit qu’une telle décision n’était jamais « prise à la légère ». Il a ajouté que l’affaire revêtait un « intérêt public important », à trois mois des élections législatives de mi-mandat.

La loi oblige les présidents américains à transmettre l’ensemble de leurs e-mails, lettres et autres documents de travail aux Archives nationales américaines.

Or Donald Trump avait emporté, lors de son départ de la Maison Blanche en janvier 2021, quinze cartons de documents, que des agents des Archives avaient dû récupérer en janvier, déjà à Mar-a-Lago.

La perquisition de lundi était la première ayant jamais visé un ancien président des États-Unis.

Les placards de Melania Trump fouillés

Outré, Donald Trump a raconté lundi sur Truth Social que ses avocats coopéraient « pleinement » avec les autorités lorsque « soudain et sans prévenir, Mar-a-Lago a été perquisitionnée, à 6h30 du matin, par un TRÈS grand nombre d’agents ».

Il s’est notamment plaint du fait que les agents du FBI aient « fouillé les placards de la Première dame » Melania Trump. Mercredi, il a même suggéré que la police fédérale ait pu avoir « placé » de fausses preuves contre lui lors de cette opération.

Des sympathisants républicains, pourtant connus pour leur soutien aux forces de l’ordre, ont fustigé l’intervention du FBI, à tel point qu’une association d’agents a dénoncé des appels « inacceptables (…) à la violence contre la police ».

Le ministre de la Justice a dénoncé des « attaques infondées » contre son ministère et les agents de la police fédérale.

Jeudi, un homme armé qui avait tenté de pénétrer dans des bureaux du FBI dans l’Ohio a été tué par les forces de l’ordre après une longue confrontation.

Après la perquisition, les ténors républicains avaient fait bloc avec leur ancien président, qui conserve une forte emprise sur le parti conservateur et envisage d’être de nouveau candidat à la présidentielle en 2024.

L’ex-magnat de l’immobilier, au cœur de l’actualité judiciaire aux États-Unis, a aussi été soumis mercredi à une audition sous serment face à la procureure générale de New York, qui enquête au civil sur des soupçons de fraudes financières fiscales au sein du groupe familial Trump Organization. Mais il a refusé de répondre aux questions.

À voir également sur Le HuffPost : Un tournoi de golf saoudien chez Donald Trump crée la polémique

Par Le HuffPost avec AFP, publié le 12/08/2022 à 22h13, actualisé le 13/08/2022 à 00h13

Photo en titre : Donald Trump, le 10 août 2022 à New York. DAVID DEE DELGADO / REUTERS

https://www.huffingtonpost.fr/international/article/le-mandat-de-perquisition-chez-trump-rendu-public-l-ex-president-avait-donne-son-feu-vert_206530.html

ÉTATS-UNIS : DONALD TRUMP A-T-IL CONSERVÉ DES DOCUMENTS RELATIFS À DES ARMES NUCLÉAIRES ?

Le ministre américain de la Justice a affirmé jeudi 11 août avoir « personnellement approuvé » la perquisition spectaculaire du FBI lundi chez l’ancien président Donald Trump en Floride.

Aux États-Unis, quatre jours après la perquisition de la villa de Donald Trump, le ministre américain de la Justice prend la parole et affirme avoir personnellement approuvé l’opération. Il dénonce des attaques infondées contre son ministère de la part de l’ancien président et des Républicains.

C’est dans ce contexte que le Washington Post révèle ce vendredi 12 août que le F.B.I. a cherché pendant l’opération des documents relatifs à des armes nucléaires. Si l’information est confirmée, ce serait un nouvel épisode dans le feuilleton déjà mouvementé pour l’ex-président. Et c’est ce qui pourrait expliquer l’exceptionnelle perquisition de lundi.

Selon le quotidien américain, de hauts responsables étaient « inquiets« . Inquiets quant à la sensibilité des dossiers que Donald Trump aurait pu emporter, à commencer par des documents nucléaires. Le Washington Post cite des sources proches de l’enquête. On ne sait pas s’il s’agit d’armes nucléaires américaines ou d’un autre pays, ni si le FBI a trouvé ce qu’il cherchait. 

Si l’information est exacte, c’est une faute très grave, qu’il s’agisse de négligence ou qu’il y ait intention, quelle qu’elle soit. On en saura sans doute plus ce vendredi. En effet, pour répondre aux attaques de Donald Trump, le ministre de la Justice va rendre public le mandat, c’est-à-dire révéler le motif de la perquisition. C’est rare. Donald Trump a jusqu’à ce vendredi soir pour s’y opposer. S’il le fait, ses adversaires lui demanderont forcément ce qu’il a à cacher.

Publié le 12 août 2022 à10h55

Photo en titre : Donald Trump, en février 2022, crédit : CHANDAN KHANNA / AFP

Pour retrouver ou écouter (1mn13s) cet article, cliquer sur :

https://www.rtl.fr/actu/debats-societe/etats-unis-donald-trump-a-t-il-conserve-des-documents-relatifs-a-des-armes-nucleaires-7900176512

CENTRALE DE ZAPORIJJIA : « ON NE POURRA PAS AVOIR » LES MÊMES DÉGÂTS QU’À TCHERNOBYL, MAIS LE RISQUE D’UNE CATASTROPHE NUCLÉAIRE « AUGMENTE » SELON UN EXPERT

Pour les autorités, la priorité est de « démilitariser la zone » autour de la centrale, et de permettre aux salariés de « travailler dans de bonnes conditions, avec des équipements fonctionnels. »

« On ne pourra pas avoir » les mêmes dégâts à Zaporijjia qu’à Tchernobyl « parce que ce ne sont pas du tout les mêmes réacteurs », mais « plus le temps passe, plus le risque » qu’une catastrophe nucléaire « se réalise augmente », a déclaré vendredi 12 août sur franceinfo Bruno Chareyron, directeur du laboratoire du CRIIRAD (Commission de recherche et d’information indépendantes sur la radioactivité). La centrale de Zaporijia, en Ukraine, est en effet à nouveau la cible de frappes ces derniers jours.

franceinfo : Ces nouveaux bombardements sur la centrale de Zaporijjia vous inquiètent-ils ?

Bruno Chareyron : Bien sûr. On est tous inquiets depuis les premières frappes sur Zaporijjia en mars. Celles de ces derniers jours ont atteint une ligne à haute tension, et plus on dégrade les moyens, plus le risque de ne plus avoir d’électricité pour refroidir la centrale augmente. Elles ont aussi touché la caserne de pompiers, donc la capacité de réagir à un risque d’incendie diminue. Certaines de ces frappes ont également abîmé un système qui permet de traiter les effluents radioactifs, ce qui augmente les risques de fuite d’hydrogène. Cette situation augmente donc très fortement le risque de rejets radioactifs, voire de catastrophe nucléaire.

Quelle est la priorité sur le site, selon vous ?

La priorité est de démilitariser la zone, et de faire en sorte que les salariés puissent travailler dans de bonnes conditions, avec des équipements fonctionnels. L’accès aux mesures en temps réel est aussi évidemment très important, pour pouvoir alerter ou réagir en cas de fuite radioactive voire pire.

Les éventuels dégâts dans la centrale de Zaporijjia pourraient-ils conduire à une situation similaire à celle de Tchernobyl ?

On ne pourra pas avoir la même chose qu’à Tchernobyl, parce que ce ne sont pas du tout les mêmes réacteurs : il y a des enceintes de confinement, donc technologiquement c’est a priori plus sûr. Mais Fukushima nous l’a montré : même avec une technologie plus sûre, on peut rencontrer des conditions qui conduisent à la catastrophe. Donc oui, elle est possible. Et plus le temps passe, plus le risque qu’elle se réalise augmente.

Que peut-on faire dans ces conditions ?

Plusieurs réacteurs sont déjà stoppés, deux seulement semblent fonctionnels. Mais ça ne résout pas tout, parce que même sur un réacteur à l’arrêt, il faut en permanence refroidir son cœur et la piscine de combustibles irradiés. Donc il faut avoir accès en permanence à de l’électricité et à de l’eau, mais cela nécessite des équipements fonctionnels et du personnel formé et capable d’agir.

La situation autour des autres centrales nucléaires ukrainiennes est-elle plus calme ?

Oui, parce que l’Agence internationale de l’énergie atomique a pu effectuer des inspections. Le cas particulier de Zaporijjia, c’est que depuis l’occupation russe, il n’y a pas eu de contrôle particulier par l’AIEA.

Par franceinfo (Radio France), publié le 12/08/2022 à 17h14, mis à jour le 12/08/2022 à 17h19

Photo en titre : Des véhicules militaires russes devant la centrale nucléaire de Zaporijjia (Ukraine), le 1er août 2022. (ANDREY BORODULIN / AFP)

https://www.francetvinfo.fr/monde/europe/manifestations-en-ukraine/centrale-de-zaporijjia-on-ne-pourra-pas-avoir-les-memes-degats-qu-a-tchernobyl-mais-le-risque-d-une-catastrophe-nucleaire-augmente-selon-un-expert_5305807.html

Note de Paolo S. à l’article ci-dessus :

Un seul réacteur de Zaporizijhe – 66 tonnes de combustible Mox irradié à 24 GwJ/t, 6,5 mille milliards de Sievert potentiels par inhalation – contient presque 4 fois la radiotoxicité du réacteur déchiqueté de Tchernobyl – 192 tonnes d’Uox irradié à 11 GwJ/t, 1,7 mille milliards de Sievert -.

Quant aux déchets de Zaporizijhe irradiés à 42 GwJ/t (plusieurs milliers de tonnes) après 10 ans de décroissance, 66 tonnes de ceux-ci équivalent à 5,4 mille milliards de Sievert soit 3 fois la radiotoxicité de Tchernobyl au moment de l’explosion.

_________________

GUERRE EN UKRAINE : UN NOUVEAU BOMBARDEMENT VISE LA CENTRALE NUCLÉAIRE DE ZAPORIJJIA, PLUSIEURS CAPTEURS DE RADIATION ENDOMMAGÉS

Plus tôt dans la journée de jeudi, les autorités russes et ukrainiennes ont évoqué cinq frappes touchant le site de la centrale et se sont mutuellement accusées d’en être responsables.

« La situation s’aggrave, des substances radioactives sont situées à proximité et plusieurs capteurs de radiation ont été endommagés », a alerté, jeudi 11 août,  l’opérateur ukrainien, Energoatom, sur la messagerie Telegram. Ces dommages ont été créés dans un nouveau bombardement qui a frappé jeudi le site de la centrale de Zaporijjia, près d’un réacteur nucléaire. 

« À l’heure actuelle, aucune contamination n’a été relevée à la station et le niveau de radioactivité est normal », a toutefois affirmé Evguéni Balitski, le chef de l’administration civile et militaire mise en place dans cette région du sud-est de l’Ukraine occupée par les Russes. Il a également souligné que « plusieurs tonnes » de déchets radioactifs sont stockées sur place.

Moscou et Kiev s’accusent mutuellement

« Cinq nouvelles frappes ont été signalées à proximité directe d’un dépôt de substances radioactives », a déclaré plus tôt dans la journée de jeudi Energoatom, pointant du doigt les forces russes, qui se sont emparées le 4 mars de la centrale de Zaporijjia, la plus grande de l’Europe.

Un responsable prorusse, Vladimir Rogov, membre de l’administration régionale installée par Moscou, a pour sa part mis en cause « les combattants (du président ukrainien Volodymyr) Zelensky », évoquant cinq tirs de lance-roquettes multiples et de pièces d’artillerie lourde de la rive droite du Dniepr, le grand fleuve qui traverse la région, au même endroit et dans des termes identiques.

Par franceinfo avec AFP, publié le 11/08/2022 à 19h06, mis à jour à 19h19

Photo en titre : La centrale nucléaire de Zaporijjia (Ukraine), le 27 avril 2022. (ED JONES / AFP)

https://www.francetvinfo.fr/monde/europe/manifestations-en-ukraine/guerre-en-ukraine-un-nouveau-bombardement-vise-la-centrale-nucleaire-de-zaporijia-plusieurs-capteurs-de-radiation-endommages_5304259.html

77 ANS APRÈS L’EXPLOSION ATOMIQUE SUR HIROSHIMA ET NAGASAKI, LA GUERRE DES GANGS NUCLÉAIRES EST-ELLE ENCLENCHÉE ?

Avec le nucléaire, c’est un système d’omerta, de corruption et de mafia internationale qui s’est construit et instauré après l’explosion des bombes atomiques larguées sur les villes de Hiroshima et Nagasaki, respectivement le 6 août puis 9 août 1945, laissant plus de 200 000 morts et des dizaines de milliers de victimes qui ont témoigné de l’enfer vécu.

La propagande américaine s’est empressée de justifier son méfait en affirmant que cela avait mis fin à la deuxième guerre mondiale. La France ainsi que 3 autres pays en mal d’hyperpuissance (Royaume-Uni, Russie et Chine) emboîtèrent le pas aux États Unis pour posséder eux-aussi l’arme de terreur suprême «  la bombe atomique ». Ce qui leur permettra de constituer un clan de 5 états-parrains s’autoproclamant « Conseil de sécurité de l’ONU ». Ils tolèreront quelques filleuls-voyous (Israël, Pakistan, Inde, Corée du Nord). Ils masqueront leurs criminelles activités en développant le programme « atome for peace » par la construction de centrales nucléaires dit « nucléaire civil » autorisée pour tout pays se rangeant sagement sous leur parrainage et celui de l’AIEA (Agence Internationale de l’Énergie Atomique).

La signature par les 5 parrains du mémorandum de Budapest en 1994 concernant l’Ukraine, a laissé espérer la fin de la guerre froide et un début de désarmement nucléaire. L’Ukraine acceptait en échange de son respect territorial de renvoyer en Russie les ogives nucléaires implantées sur son sol du temps de l’URSS. Le mémorandum précisait aussi que ses centrales nucléaires de technologie soviétique restaient sous tutelle russe tant pour la fourniture du combustible, la gestion des combustibles usés, la maintenance que la sûreté.

La Russie a fait éclater au grand jour cette guerre sourde des gangs nucléaires le 24 février 2022, «  jour du test d’isolement » du réseau électrique ukrainien jusque-là rattaché sur le réseau russe, avant basculement sur le réseau européen. Cela s’ajoutait à l’accord de coopération américano-ukrainien signé en août 2021 avec Westinghouse pour la construction de deux réacteurs ainsi que la fourniture de combustibles à la place de la société russe Rosatom. De nombreux faits ont fait monter l’escalade depuis au moins la révolution orange de 2004. Insidieusement le mémorandum n’était plus respecté par ses parrains. Aussi l’objectif du chef de guerre Poutine a été de s’emparer de la centrale de Zaporijjia dès le 4 mars 2022 après celle de Tchernobyl dont les réacteurs de type RBMK sont plutonigènes (peuvent fournir du plutonium pour les bombes atomiques). Le Collectif anti-nucléaire Ouest avait mis en garde en 2018** sur le risque de conflit suite à la signature du contrat d’Orano pour le combustible usé ukrainien. Les bombardements sur la centrale de Zaporijjia ces jours derniers ** font redouter le pire pour l’Ukraine et Europe.

Poutine menace actuellement de représailles sous la forme de feu nucléaire en cas de frappes sur la centrale, menace nucléaire brandie dès le début du conflit.

Si les sanctions sur les oligarques russes et le gaz font l’objet de nombreux commentaires, la cause nucléaire du conflit russo-ukrainien est passé sous silence dans de nombreux médias ainsi que les liens étroits de la filière nucléaire française avec la Russie***. Les États Unis sont vent debout contre la Chine : le dysfonctionnement du réacteur EPR franco-chinois de Taïshan en 2021 a été révélé par l’agence américaine Cnews et les tensions autour de Taïwan entre Chine et États-Unis montent d’un cran.

77 ans après l’explosion d’Hiroshima et Nagasaki, 36 ans après la catastrophe de Tchernobyl et 11 ans après celle de Fukushima, si l’humanité ne veut pas disparaître, le monde doit se libérer du joug du nucléaire. Cela ne se fera pas sans la mobilisation active de tous les citoyens conscients du danger, notamment en France où les centrales sont dans un piteux état et la relance du nucléaire « quoi qu’il en coûte » se prépare. La guerre en Ukraine démontre que le nucléaire civil et le nucléaire militaire sont indissociables comme armes de terreur et de destruction massive. Le secrétaire américain à l’Énergie a reconnu début juillet lors du forum de l’énergie à Sydney que le passage à l’éolien et au solaire « pourrait être le plus grand plan de paix de tous ».

*https://www.can-ouest.org/nucleaire-inquietants-contrats-ukraine-orano-la-hague/

**http://balises.criirad.org/pdf/Guerre_Ukraine_2022/2022-08-08_Zaporijjia.pdf

*** voir le livre « guerres cachées, les dessous du conflit russo-ukrainien » du journaliste d’investigation Marc Endeweld paru en juin 2022

Contact presse : Didier Anger 06 80 23 39 45 / Chantal Cuisnier 06 84 14 58 87 / Martial Château 06 45 30 74 66 /

Par Chantal CUISNIER, publié le 9 août 2022

https://www.can-ouest.org/77-ans-apres-lexplosion-atomique-sur-hiroshima-et-nagasaki-la-guerre-des-gangs-nucleaires-est-elle-enclenchee/

NUCLÉAIRE : CANICULE, MAINTENANCE, FISSURES… COMMENT LE PARC DE CENTRALES SE RETROUVE SOUS TENSION

Plusieurs réacteurs nucléaires ont été contraints d’abaisser leur production en raison des températures élevées des cours d’eau utilisés pour leur refroidissement. Une situation qui s’ajoute aux retards des maintenances, au vieillissement des centrales, à des fissures récemment découvertes ou aux retards des EPR dans un contexte de crise énergétique mondiale.

À l’heure où le monde est plongé dans une crise énergétique déclenchée par la guerre en Ukraine, le nucléaire français – capital dans la production d’électricité puisqu’il représente environ 67 % de la production totale – suscite des inquiétudes.

Covid et fissures

Depuis plusieurs mois maintenant, le parc des 56 réacteurs nucléaires, qui vieillissent, est sous tension. Les inquiétudes ont commencé avec l’épidémie de Covid-19 qui a bousculé le calendrier habituel de maintenance des centrales (visites décennales). Conséquences : la disponibilité du parc nucléaire a été plus faible que la moyenne puisque les confinements successifs ont décalé sur la période hivernale la maintenance de certains réacteurs, contraints de s’arrêter.

Les centrales nucléaires françaises DDM – Philippe Rioux

Autre déboire, la découverte de fissures en octobre 2021 dans un circuit de refroidissement de secours du réacteur n° 1 de la centrale de Civaux. Cette découverte a conduit EDF à arrêter ce réacteur puis onze autres par sécurité pour des contrôles (Civaux 2, Chooz B1 et B2, Penly 1, Chinon B3, Bugey 3 et 4, Cattenom 3, Flamanville 1 et 2, Golfech 1). L’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) a qualifié ce phénomène de « pernicieux » car difficilement détectable à un stade précoce, et l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a jugé qu’il « s’agit d’un événement sérieux et inédit dont le traitement complet nécessitera plusieurs années »…

EDF, l’ASN et l’IRSN estimaient que ce phénomène de corrosion sous contraintes de l’acier inoxydable austénitique était inédit mais l’association Global Chance, dans un rapport publié le 15 juin dernier, a révélé qu’un tel phénomène s’était déjà produit en 1998 et que des précédents avaient même eu lieu sur des centrales américaines en 1975. L’ASN rétorque que les fissures de 1998 et 2021 sont de natures différentes.

Ces fissures rappellent aussi celles, d’un autre type, qui affectent les futurs réacteurs de nouvelle génération EPR dont celui de Flamanville. Ces problèmes pourraient-ils à terme contraindre à revoir la prolongation de dix ans de 32 réacteurs de 900 mégawatts -MW), initialement conçus pour durer 40 ans ?

L’impact de la canicule

À côté de ces problèmes qui ont conduit à mettre à l’arrêt 48 % du parc et donc à prévoir une baisse des prévisions de production d’électricité, EDF doit faire face cet été à la canicule. La semaine dernière, plusieurs réacteurs nucléaires d’EDF ont été contraints d’abaisser leur production en raison des températures élevées des cours d’eau utilisées pour leur refroidissement. Chaque centrale a ses propres limites réglementaires de température de rejet de l’eau à ne pas dépasser, afin de ne pas échauffer les cours d’eau environnants et d’en protéger la faune et la flore. Les centrales pompent en effet l’eau pour le refroidissement des réacteurs, avant de la rejeter. Les arrêtés fixant les limites de rejet prévoient également des seuils plus élevés « en conditions climatiques exceptionnelles », comme c’est le cas actuellement à Golfech.

À lire aussi : Hausse de la température de l’eau: « La centrale de Golfech, c’est un faux problème » selon Migado qui assure le suivi piscicole

« Les conditions climatiques exceptionnelles actuelles se traduisent par une montée de la température de la Garonne qui a atteint 28 degrés », indiquait EDF le 5 août. « À la demande du gestionnaire de réseau d’électricité national (RTE), l’unité de production n° 2 de la centrale de Golfech reste en production (puissance minimale) » (300 MW, contre 1 300 MW), poursuivait EDF ; le 1er réacteur étant en maintenance…*

« RTE identifie le besoin de maintenir jusqu’au 21 août les centrales nucléaires de Blayais, Bugey, Golfech, Saint-Alban et Tricastin à un niveau minimum de production électrique pour assurer la sécurité du réseau électrique », explique l’ASN qui a donc adopté le 4 août une décision modifiant temporairement les limites des rejets thermiques de ces centrales jusqu’au 11 septembre 2022 « accompagnée d’une surveillance renforcée de l’environnement aquatique, en particulier de la vie piscicole. »

À lire aussi : Nucléaire : la Garonne et ses poissons surveillés comme le lait sur le feu en aval de la centrale nucléaire de Golfech

Car ces rejets d’eau des centrales inquiètent les associations halieutiques et de défense de l’environnement. « Ça ne veut pas dire que ça empêche les dégâts. C’est sur le long terme qu’on va le voir », s’inquiète ainsi Roland Desbordes, porte-parole de la Criirad.

Par Philippe Rioux (@technomedia), publié le 11/08/2022 à 05h01, mis à jour à 07h51

Photo en titre : La centrale de Golfech DDM – DDM JEAN MICHEL MAZET

Pour retrouver et écouter cet article (4mn06s), cliquer sur :

https://www.ladepeche.fr/2022/08/11/maintenance-canicule-fissures-le-nucleaire-sous-tension-10482516.php

LES OBSTACLES D’EDF POUR DÉVELOPPER LE NUCLÉAIRE

Deux projets, français et britannique, illustrent les difficultés de l’entreprise publique sur ce sujet.

EDF à la peine pour développer le nucléaire… En France, c’est un projet de piscine nucléaire à la Hague (Manche) qui montre ces difficultés. En cause notamment, un « défaut de confiance (d’une partie de la population, NDLR) envers le porteur du projet », notent les garants de la concertation publique. Dans leur bilan rendu public le 8 août, ces derniers estiment qu’il faudra en tenir compte dans l’élaboration des modalités de concertation continue, « si le projet est poursuivi, […] afin de conduire à une évolution du projet favorable à son insertion locale ».

Il est également demandé à l’entreprise publique de « mettre à disposition et/ou préciser » différents points, dont le suivant : « en fonction des évolutions de la politique nucléaire, les besoins et les hypothèses de dimensionnement du projet (type de combustibles usés, quantité…) ».

EDF est par ailleurs invitée à préciser « le déroulement de l’évaluation environnementale, l’avancement de l’étude d’impact » dont l’ « état initial » et le « périmètre du projet ». Les garants demandent aussi à Orano (ex-Areva) de faire connaître « de façon périodique la quantité de produits radioactifs détenus par Orano et EDF sur le site de La Hague et les échéanciers de traitement et/ou d’évacuation de ces produits ».

Livraison prévisionnelle en 2034

Entamée le 22 décembre, cette concertation publique a pris fin le 8 juillet, après avoir été suspendue entre début février et le 20 juin. Souvent houleuse, elle se situait en amont d’un projet de vaste piscine d’une capacité de 6 500 T, pour stocker les combustibles nucléaires usagés, qu’EDF envisage de construire sur le site où les piscines actuelles, menacées de saturation, stockent déjà environ 10 000 T de combustibles similaires, soit l’équivalent de 100 cœurs de réacteurs. Ces combustibles doivent être retraités en vue de la fabrication d’un nouveau combustible appelé le Mox, utilisé dans 22 réacteurs français.

Parmi les opposants au projet, certains font valoir qu’il existe d’autres moyens pour stocker ces déchets quand d’autres déplorent que la pointe du Cotentin soit un concentré de nucléaire : outre la Hague, on y trouve en effet la centrale de Flamanville ainsi que l’EPR en construction, et l’usine de sous-marins nucléaires de Cherbourg. S’il est validé, le projet estimé à 1,25 Md€ doit voir le jour en 2034, selon EDF.

Une plainte pour annuler l’autorisation d’un EPR

Au Royaume-Uni, pour l’entreprise française, c’est un projet de centrale nucléaire EPR baptisé Sizewell C qui est contesté. L’organisation Together Against Sizewell C (TASC, ensemble contre Sizewell C) invoque notamment un approvisionnement en eau insuffisant pour refroidir la centrale sur le lieu prévu de construction, dans le Suffolk, à l’est du pays.

Le ministre de l’Énergie a donné son feu vert au projet fin juillet sans avoir obtenu « d’informations environnementales complètes sur les effets de la construction proposée » sur les réserves en eau, notamment potable, de la région, selon une lettre envoyée par TASC au gouvernement. Le document demande au ministre Kwasi Kwarteng « l’annulation de la décision accordant l’autorisation de développement », intimant à l’exécutif de répondre avant le 16 août. « Si la réponse n’est pas satisfaisante, la prochaine étape est de déposer une plainte auprès du tribunal » chargé des questions d’aménagement à la Haute Cour de justice, a précisé à l’AFP Rowan Smith, avocat de TASC dans cette procédure.

Envolée des coûts

L’exécutif avait donné son feu vert le 20 juillet à ce projet alors que la guerre en Ukraine et une vague historique de chaleur ont remis l’atome au centre de la politique énergétique du pays. Le Royaume-Uni, qui s’est engagé à atteindre la neutralité carbone en 2050, veut ainsi accélérer le développement de l’énergie nucléaire, qui ne diffuse pas de CO2 dans l’atmosphère, alors que beaucoup de ses 15 réacteurs actuels sont en fin de vie.

Mais la seule centrale actuellement en construction, Hinkley point C, projet lui aussi porté par EDF, a vu ses coûts s’envoler et n’ouvrira pas avant 2027, ce qui alimente un peu plus les critiques des opposants à ces projets pharaoniques. De son côté, Sizewell C est un projet de centrale évalué par la presse britannique à 20 Mds de livres, comportant deux réacteurs EPR d’une puissance de 3,2 GW, dont EDF détient 80%, aux côtés du chinois CGN qui possède le reste.

Par Cyril Peter avec AFP, publié le 10/08/2022

Photo en titre : La centrale nucléaire de Nogent-sur-Marne (Val-de-Marne).- © EDF

https://www.lemoniteur.fr/article/les-obstacles-d-edf-pour-developper-le-nucleaire.2218377#

LE PROJET DE RACCORDEMENT DE LA CENTRALE NUCLÉAIRE DE ZAPORIJJIA AU RÉSEAU RUSSE INQUIÈTE L’UKRAINE

Au sud de l’Ukraine, l’ombre d’une catastrophe nucléaire plane toujours. En fin de semaine, des tirs de missiles étaient tombés à quelques pas des réacteurs, mais l’origine de ces frappes n’a toujours pas pu être déterminée. L’agence du nucléaire ukrainien s’inquiète d’un potentiel raccordement de la centrale à la Crimée, région annexée par Moscou en 2014. Le processus de raccordement pourrait être risqué et les responsables du nucléaire ukrainien tirent sur la sonnette d’alarme.

 Située dans le sud de l’Ukraine, au bord du fleuve Dniepr la centrale nucléaire de Zaporijjia est la plus grande d’Europe. Avec une capacité de 6 000 mégawatts, elle fournit 20% de l’électricité de l’Ukraine. 

Inaugurée il y a 37 ans, la centrale possède six des 15 réacteurs ukrainiens, la construction du premier a débuté en 1979, alors que l’Ukraine faisait encore partie de l’Union soviétique. Trois des six réacteurs étaient toujours opérationnels début août, et l’un d’entre eux est à l’arrêt suite à des bombardements qui ont endommagé une ligne à haute tension. 

La centrale de Zaporijjia est considérée comme l’un des plus sûrs de sa génération. Dotée d’une technologie plus moderne que celle de Tchernobyl, son bâtiment réacteur est protégé par une enceinte en béton, doublée à l’intérieur de plusieurs parois en béton, et prévu pour résister à des chocs extrêmes, comme des explosions. Toutefois, le ministre ukrainien des Affaires étrangères a prévenu que si les bombardements provoquent l’explosion de la centrale, ce sera 10 fois pire que Tchernobyl, quant à l’agence internationale de l’énergie atomique, elle met en garde contre « le risque très réel de catastrophe nucléaire ».

Une connexion dangereuse

Pour raccorder la centrale de Zaporijjia aux territoires occupés par les Russes, il faudrait couper toutes les lignes à haute tension qui l’alimentent avant de pouvoir la reconnecter. En fin de semaine dernière, des frappes de missiles auraient déjà endommagé deux des trois lignes à haute tension de la centrale et priverait deux régions ukrainiennes d’électricité.

Cette situation rappelle celle de Fukushima au Japon en 2011. Là-bas, le tremblement de terre avait privé la centrale de son alimentation, ce qui avait fait exploser les réacteurs. La centrale de Zaporijjia s’est rapprochée de ce cas selon certains experts de l’énergie atomique. La situation pourrait devenir très incertaine, selon l’agence ukrainienne, parce que les Russes seraient temporairement obligés de brancher la centrale à des générateurs alimentés par du diesel avant de pouvoir la raccorder.

Pour réduire ces risques de catastrophes nucléaires, Kiev s’en remettait à l’Agence internationale de l’énergie atomique en début de semaine. L’Ukraine voudrait qu’une zone démilitarisée soit mise en place autour de la centrale.  L’agence internationale a tout de même assuré qu’il n’y avait pour l’instant pas de menace immédiate pour la sûreté nucléaire, mais a réitéré sa profonde inquiétude concernant la situation de la centrale.

Par RFIpublié le 10/08/2022 à 14h59

Photo en titre : L’agence du nucléaire ukrainien s’inquiète d’un potentiel raccordement de la centrale de Zaporijjia à la Crimée. © ALEXANDER ERMOCHENKO/REUTERS

https://www.rfi.fr/fr/europe/20220810-le-projet-de-raccordement-de-la-centrale-nucl%C3%A9aire-de-zaporijjia-au-r%C3%A9seau-russe-inqui%C3%A8te-l-ukraine

SELON UNE ÉTUDE, SI LE MONDE PASSAIT À 100% D’ÉNERGIES RENOUVELABLES, SON INVESTISSEMENT SERAIT AMORTI EN SEULEMENT 6 ANS

L’énergie et le carburant ayant atteint des coûts jamais atteints auparavant, le monde cherche plus que jamais des solutions rentables pour s’éloigner du pétrole et du gaz.

En France en augmentation depuis plusieurs années, les énergies renouvelables représentent seulement 13,1 % de la consommation d’énergie primaire et 19,1 % de la consommation finale brute d’énergie en 2020.

 Mais une étude de l’Université de Stanford aurait trouvé une solution, et il serait même plus simple que nous le pensons de passer à des énergies renouvelables. Les chercheurs, ont examiné 145 pays à travers le monde, et ont montré que le passage à une énergie propre ainsi que l’électrification de tous les secteurs de l’énergie ne mènerait pas à des pannes générales ni à une augmentation de prix.

Selon cette même étude, de tels changements induiraient une chute des prix et les coûts initiaux du passage aux 100% renouvelables seraient atténués au bout de 6 ans d’utilisation.

Mark Z. Jacobson, est professeur de génie civil et environnemental à l’Université de Stanford et directeur de son programme Atmosphère/énergie .

Défenseur des énergies 100% renouvelables, il a fait une étude et publié un livre sur le sujet, en 2020 (Énergie et stockage 100 % propres et renouvelables pour tout).

 Selon Jacobson, “Nous n’avons pas besoin de technologies miracles pour résoudre ces problèmes. En électrifiant tous les secteurs de l’énergie […] nous pouvons créer partout une énergie sûre, bon marché et fiable

L’une des multiples raisons est que les systèmes énergétiques de combustion nécessitent beaucoup d’énergie pour fonctionner. Passer à 100% d’énergie renouvelable, permettrait la diminution de 56% de l’énergie mondiale. En effet, l’efficacité de l’énergie par rapport à la combustion amène une économie. En plus de cela, il ne serait plus utile de dépenser de l’argent pour obtenir des combustibles fossiles.

Nous pouvons aussi relever le fait qu’un système d’énergie renouvelable réduit le coût par unité d’énergie de 12% soit un coût annuel inférieur à 63%.

Cela a aussi de nombreux avantages pour notre santé.

Pour faire l’étude, ils ont examiné entre autres l’énergie éolienne, terrestre et offshore, l’énergie et la chaleur solaire, l’énergie et la chaleur géothermique, hydroélectrique, marémotrice et houlomotrice. La solution de stockage est elle aussi réduite, les batteries utilisées ne dépasseraient pas les 4 heures de stockage.

Avec environ 62 milliards de dollars pour mettre à jour les systèmes dans les 145 pays produisant 99,7 % du dioxyde de carbone mondial, le prix est conséquent. Cependant, cette tournure que pourrait prendre le monde entraînerait des économies de 11 000 milliards de dollars par an. C’est-à-dire que les coûts de changement pourront être neutralisés en seulement six ans.

C’est d’ici 2035, que le professeur et son équipe recommandent le passage à l’énergie renouvelable. Ils ont aussi établi une date limite, 2050 !

Même si ces changements semblent infaisables d’ici 2050, il est en réalité à la portée de beaucoup de pays. Si certains comme l’Islande, l’Albanie ou la Paraguay fonctionnent dorénavant avec uniquement des énergies renouvelables, ce n’est pas impossible pour davantage de pays.

Même le Brésil utilise 80% d’énergie renouvelable malgré son bilan environnemental. Cela nécessite seulement que les gouvernements s’intéressent plus à la question afin de permettent les grands groupes de changer leurs manières de procéder !

 Par Cyril Renault , publié le mardi 9 août 2022 à 6h56

https://sain-et-naturel.ouest-france.fr/selon-une-etude-si-le-monde-passait-a-100-denergies-renouvelables-son-investissement-serait-amorti-en-seulement-6-ans.html

PISCINE NUCLÉAIRE DE LA HAGUE : EDF DOIT APPORTER DES PRÉCISIONS

Les garants de la consultation publique sur la piscine nucléaire d’EDF à La Hague (Manche) veulent des précisions tous azimuts.

Les garants de la consultation publique organisée par la Commission nationale du débat public (CNDP) avaient jusqu’au 8 août pour livrer le bilan de leur expérience dans le Nord-Cotentin.

La plupart des réunions organisées dans le Cotentin ont été très houleuses, par le fait d’un collectif citoyen farouchement opposé au projet d’EDF d’implanter sur le site d’Orano La Hague une nouvelle piscine destinée à recevoir ses déchets nucléaires (6 500 tonnes de capacité, une seconde déjà envisagée). Au moins, la position des anti a-t-elle permis de montrer les carences de l’électricien en matière d’information.

« Défaut de confiance »

Ainsi, dans leur compte-rendu à l’autorité de tutelle, Pascal Brerat et Jean-Daniel Vazelle, qui constatent un « défaut de confiance envers le porteur du projet », lui demandent de préciser plusieurs points. Le principal porte sur le dimensionnement du projet « en fonction des évolutions de la politique nucléaire, les besoins et hypothèses » en la matière – type de combustibles usés entreposés, quantité, périmètre. Ils veulent encore qu’EDF se montre plus transparente dans le « déroulement de l’évaluation environnementale » et « l’avancement de l’étude d’impact ».

« Débattre de l’avancée des études »

Plus ouvert, aussi, vis-à-vis des élus, des institutions, du public. Les garants recommandent « un dialogue constant pour mettre à disposition et débattre de l’avancée des études, en particulier sur l’étude environnementale, la sûreté des installations, les impacts sociaux, environnementaux et économiques ». C’est dire si les débats conduits jusqu’ici l’ont été à sens quasi unique, pour mener un projet dont le parc nucléaire français a besoin d’urgence sous peine de mettre des réacteurs à l’arrêt, faute de moyens d’évacuation des combustibles.

Si EDF maintient son optique de nouvel équipement, il a jusqu’au 8 octobre pour se prononcer. S’ouvrira ensuite une phase de concertation continue, là encore avec deux garants, jusqu’à l’enquête publique prévue en 2025.

Par Ouest-France et Olivier CLERC, publié le 09/08/2022 à 19h37

Photo en titre : Les piscines de stockage d’Orano n’y suffisent plus, EDF projette un nouvel équipement… Mais s’affranchit de précisions. | OUEST-FRANCE ARCHIVES

Pour retrouver et écouter cet article, cliquer sur : https://www.ouest-france.fr/environnement/nucleaire/piscine-nucleaire-de-la-hague-edf-doit-apporter-des-precisions-931a129e-17ff-11ed-b983-aa206fd41485

EDF RÉCLAME 8 MILLIARDS D’EUROS À L’ÉTAT, SON ACTIONNAIRE

Paris (awp/afp) – Très remonté contre les modalités du « bouclier tarifaire« , EDF passe à la vitesse supérieure et réclame une indemnité de plus de 8 milliards d’euros auprès de l’État, son principal et bientôt unique actionnaire.

« EDF a déposé ce jour un recours contentieux auprès du Conseil d’État, et une demande indemnitaire, pour un montant estimé à date de 8,34 milliards d’euros, auprès de l’État« , indique mardi le producteur d’électricité dans un communiqué.

C’est afin de contenir comme promis la hausse des tarifs réglementés de l’électricité à 4% en 2022 que le gouvernement a contraint EDF à augmenter de 20% le quota annuel d’électricité vendu à prix réduit à ses concurrents, à 120 TWh (contre 100 TWh auparavant).

Cette vente se fait dans le cadre du mécanisme baptisé « Accès régulé à l’électricité nucléaire historique » (Arenh), régulièrement dénoncé par EDF. Le groupe est ainsi contraint de vendre sa production à prix cassé, au moment où l’électricité atteint des sommets sur les marchés de gros.

« L’État continuera à défendre le dispositif de rehaussement de l’Arenh devant le Conseil d’État, qui a encore rappelé en juillet dernier l’intérêt général associé à cette décision« , a-t-on commenté mardi soir à Bercy, qui estime que les démarches d’EDF « ne constituent pas une surprise« .

La même source a défendu l’importance du « bouclier tarifaire« . « Sans ces mesures, en particulier le volume d’Arenh supplémentaire, les factures des ménages auraient augmenté de 35% TTC« , a-t-on fait valoir.

Le projet d’OPA confirmé

La décision de l’État avait été formalisée dans un décret le 11 mars puis deux arrêtés. EDF indique mardi que sa démarche s’appuie sur « une analyse juridique approfondie » et « eu égard aux dommages subis » au titre de ces textes.

« Le président-directeur général d’EDF avait indiqué lors de son assemblée générale annuelle avoir adressé à l’État un recours administratif préalable pour demander le retrait du décret et des arrêtés du mois de mars 2022 relatifs à cette attribution » de volumes nucléaires supplémentaires, rappelle le groupe.

Jean-Bernard Lévy, dont l’État veut désormais accélérer la succession dans le cadre de la renationalisation prévue d’EDF, avait en effet annoncé un recours gracieux au mois de mai, auquel l’État n’avait pas donné suite. « Tant le prix que les conditions de ces attributions nous pénalisent considérablement« , avait fait valoir le PDG.

EDF, qui doit acheter les volumes d’électricité à prix d’or sur les marchés pour les revendre à ses concurrents, estime que la mesure amputera son excédent brut d’exploitation (Ebitda) de quelque 10 milliards d’euros cette année.

Une facture qui s’ajoute à un autre déboire de taille: la baisse de sa production nucléaire, liée à des problèmes de corrosion sur certains réacteurs, lui coûtera pas moins de 24 milliards d’euros supplémentaires, selon les dernières estimations publiées fin juillet.

Le groupe ainsi fragilisé financièrement, par ailleurs lourdement endetté, doit pourtant mettre en œuvre un ambitieux programme de construction de nouveaux réacteurs nucléaires EPR en France en parallèle du développement des renouvelables. Cette stratégie au cœur de la politique climatique française est devenue encore plus prioritaire avec l’invasion de l’Ukraine, qui a souligné le problème de la dépendance aux énergies fossiles.

Pour avoir les coudées franches, le gouvernement a décidé en juillet de renationaliser à 100% le groupe, dont il possède aujourd’hui 84%. Cette opération doit être réalisée via une offre publique d’achat (OPA) à 9,7 milliards d’euros, que le gouvernement envisage de lancer d’ici début septembre.

Les annonces d’EDF mardi « ne modifient en rien le principe, les modalités et le calendrier » de l’OPA, assure Bercy.

Par afp/rp (© AWP 2022), publié le 09/08/2022 à 19h49

https://www.zonebourse.com/cours/action/ELECTRICITE-DE-FRANCE-4998/actualite/EDF-reclame-8-milliards-d-euros-a-l-Etat-son-actionnaire-41255508/

GRAVELINES : DÉTECTION TARDIVE DE L’INDISPONIBILITÉ D’UN CAPTEUR DU CIRCUIT D’INJECTION DE SÉCURITÉ NÉCESSAIRE À LA CONDUITE POST ACCIDENTELLE

Le 29 juillet 2022, EDF a déclaré à l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) un événement significatif pour la sûreté relatif à l’indisponibilité d’un capteur du circuit d’injection de sécurité du réacteur 5 de la centrale nucléaire de Gravelines, détectée de manière tardive, ayant conduit à un non-respect des règles générales d’exploitation.

Le circuit d’injection de sécurité (RIS) permet, en cas d’accident causant une brèche importante au niveau du circuit primaire du réacteur, d’introduire de l’eau borée sous pression dans celui-ci. Le but de cette manœuvre est d’étouffer la réaction nucléaire et d’assurer le refroidissement du cœur. Le capteur permet à l’opérateur, en salle de commande, d’identifier la nécessité de réaliser un appoint manuel en eau borée en conduite post accidentelle.

Les règles générales d’exploitation (RGE) sont un recueil de règles approuvées par l’ASN qui définissent le domaine autorisé de fonctionnement de l’installation et les prescriptions de conduite associées. Elles prescrivent notamment des conduites à tenir et des délais d’intervention en cas d’indisponibilités fortuites de matériels, en fonction de leur importance pour le maintien en état sûr du réacteur, et de leur éventuel cumul.

Le 21 juillet 2022, le réacteur 5 de la centrale nucléaire de Gravelines était à l’arrêt pour intervention, domaine d’exploitation préalable au redémarrage du réacteur. Le 22 juillet, un capteur du circuit de l’injection de sécurité a été identifié comme défaillant ; celui-ci a été immédiatement réparé et un nouveau contrôle a permis de confirmer sa disponibilité. Cependant, ce capteur avait déjà montré des valeurs anormales les 9 et 16 juillet et des interventions avaient déjà alors été menées. De manière conservatoire, il est donc considéré que le capteur était indisponible depuis ces interventions et jusqu’à sa nouvelle remise en service. La durée d’indisponibilité a donc été supérieure au délai de 24 heures prévu par les RGE.

Cet événement n’a pas eu de conséquence pour les personnes et l’environnement. Néanmoins, en raison de la détection tardive de l’indisponibilité ayant conduit au non-respect des règles générales d’exploitation, cet événement a été classé au niveau 1 de l’échelle internationale des événements nucléaires INES.

Publié le 08 août 2022

https://www.asn.fr/l-asn-controle/actualites-du-controle/installations-nucleaires/avis-d-incident-des-installations-nucleaires/detection-tardive-de-l-indisponibilite-d-un-capteur-du-circuit-d-injection-de-securite

CRUAS-MEYSSE : NON-RESPECT DE LA CONDUITE À TENIR PRÉVUE PAR LES RÈGLES GÉNÉRALES D’EXPLOITATION DU RÉACTEUR 2

Le 2 août 2022, EDF a déclaré à l’ASN un événement significatif pour la sûreté relatif au non-respect de la conduite à tenir prévue par les règles générales d’exploitation (RGE) en cas cumul d’indisponibilités d’équipements de protection du réacteur.

Les RGE sont un recueil de règles approuvées par l’ASN qui définissent le domaine autorisé de fonctionnement de l’installation et les prescriptions de conduite des réacteurs associées. Elles prescrivent notamment les délais maximums de réparation en cas d’indisponibilité des systèmes requis pour assurer la sûreté des réacteurs.

Sur un réacteur à eau sous pression, la réaction nucléaire au sein du cœur est surveillée par un système de mesure, appelé RPN, constitué de quatre capteurs de mesure indépendants situés autour de la cuve. Ce système permet de connaître en continu le niveau et la distribution de puissance le long des assemblages de combustible et autour du cœur.

Les réacteurs sont également équipés d’une série de sondes de températures qui sont situées dans le cœur du réacteur et qui permettent de mesurer la répartition de la puissance dans le cœur.

Le 26 juillet 2022, une panne est survenue sur l’un des quatre capteurs de mesure du système RPN. Le capteur a alors été déclaré indisponible et mis en position sûre, le temps d’intervenir pour traiter la panne. La conduite à tenir préconisée par les RGE a bien été respectée.

Le 27 juillet 2022, alors que l’intervention était en cours, un signal d’alarme est apparu en salle de commande, concernant un capteur de mesure de la répartition de la puissance thermique dans le cœur. Les intervenants ont considéré que ce signal était dû à l’intervention en cours sur le système RPN car celle-ci devait générer des alarmes sur les calculateurs du système de surveillance du cœur du réacteur.

Dans la soirée du 27 juillet 2022, les opérateurs ont identifié que le signal d’alarme sur la mesure de la répartition de la puissance dans le cœur était toujours présent, malgré la fin de l’intervention initiale sur le système RPN. Les investigations conduites à ce moment-là ont mis en évidence que ce signal provenait d’une défaillance, indépendante de la première panne, de la mesure de la répartition de la puissance dans le cœur et qu’il rendait donc partiellement indisponible ce système. Ce capteur a été remis en fonction dans la nuit du 27 au 28 juillet 2022.

Toutefois, en cas d’indisponibilités concomitantes sur les deux systèmes de surveillance de la réaction nucléaire, les RGE imposent un repli du réacteur dans les 8 heures. Or, la 2ème indisponibilité n’ayant été détectée qu’après le traitement de la première, la conduite à tenir n’a pas été respectée.

Cet événement n’a pas eu de conséquence sur les installations, sur l’environnement ou sur les travailleurs. Toutefois, en raison du non-respect des règles générales d’exploitation, cet incident a été classé au niveau 1 de l’échelle INES.

Publié le 08/08/2022

https://www.asn.fr/l-asn-controle/actualites-du-controle/installations-nucleaires/avis-d-incident-des-installations-nucleaires/non-respect-de-la-conduite-a-tenir-prevue-par-les-regles-generales-d-exploitation-du-reacteur-25

LUXEMBOURG : « DE JANVIER A MARS, LA SITUATION SERA DIFFICILE »

Entretien avec Claude Turmes, Secrétaire d’État au Développement durable et aux Infrastructures du Luxembourg.

Interview: Paperjam.lu (Jeremy Zabatta)

Paperjam: Le Luxembourg, comme l’ensemble de l’Europe, va devoir réduire sa consommation d’énergie cet hiver. Avez-vous identifié là où il sera possible de le faire?

Claude Turmes: Nous avons évidemment regardé où se trouvent les potentiels de réduction de consommation d’énergie. Une bonne partie de cette réduction va venir de l’industrie, soit grâce à des processus d’optimisation, soit en migrant vers une autre énergie. Il faut comprendre que de janvier à mars la situation sera difficile. C’est-à-dire quand l’hiver sera le plus froid et que les stockages de gaz risquent d’être moins conséquents. C’est aussi en février et en mars que la consommation des bâtiments sera importante. Après l’industrie, toutes les habitations et les grands bâtiments de banques devront également réduire leur consommation. Et si je veux être crédible aux yeux des acteurs de la place financière et des citoyens, le secteur public doit donner le bon exemple.

Paperjam: Justement, concrètement, qu’est-ce que vous allez faire pour que l’État, les ministères et les administrations réduisent cette consommation d’énergie cet hiver?

Claude Turmes: Avec François Bausch, Vive-premier ministre, ministre de la Défense et ministre de la Mobilité et des Travaux publics, une campagne de sensibilisation ayant pour cible les bâtiments publics sera lancée. Les communes sont en train de recevoir une circulaire avec les recommandations à suivre et un workshop pour les communes sera organisé en septembre. La main publique fera ce qu’elle doit faire pour réduire sa consommation d’énergie cet hiver. Une des premières mesures à prendre, et qui est assez efficace, c’est de vérifier les installations de chauffage et s’assurer d’un bon réglage. Il faut aussi mettre en place des consignes pour éviter le gaspillage au niveau du chauffage et de l’éclairage.

Paperjam: Et les familles?

Claude Turmes: Pour les particuliers, la principale consommation d’énergie provient du chauffage et de l’eau chaude. Là aussi, une campagne de sensibilisation débutera en septembre afin d’inciter la population à chauffer les pièces à la bonne température et de façon modérée, ou encore de faire vérifier les installations des chaudières au gaz et au fioul afin de s’assurer qu’elles sont bien réglées. Le second poste de consommation se trouve au niveau de l’eau chaude. On peut prendre une douche de 3 minutes et l’on peut prendre une douche de 30 minutes. Mais il faut comprendre que nous sommes face à deux hivers qui seront tendus au niveau de l’approvisionnement de l’énergie à cause de la guerre que Poutine nous mène. Chacun peut être plus modéré quant à sa consommation d’eau chaude, car cela va aussi réduire la facture énergétique du particulier.

Paperjam: Mais le particulier qui a investi dans des panneaux solaires, une maison passive, une voiture électrique, peut se dire qu’il a déjà fait des efforts pour réduire la consommation d’énergie, alors pourquoi devrait-il encore en faire?

Claude Turmes: Je crois qu’avoir une voiture électrique ne veut pas dire qu’on doit rouler deux fois plus. Cet été montre que l’on est en urgence climatique et la voiture électrique est mieux que la voiture brûlant de l’énergie fossile. Il y a encore mieux, c’est de ne pas rouler en voiture électrique et de prendre les transports publics et le vélo. Je crois que le plus important est d’avoir un geste citoyen responsable.

Paperjam: Passons donc aux industriels. C’est eux qui vont devoir faire le plus grand effort. Les processus sont déjà souvent optimisés et gaspiller de l’énergie n’est pas dans les habitudes des industriels. Comment vont-ils réussir à réduire leur consommation d’énergie en l’espace de quelques mois?

Claude Turmes: Nous sommes dans une démarche volontariste et nous avons encore eu récemment des discussions avec la Fedil. Nous regardons ce que nous pouvons faire, notamment concernant les 30 industriels les plus énergivores du pays. Pour le moment, les nouvelles sont bonnes puisqu’ArcelorMittal va être capable de réduire de 15% sa consommation, Goodyear pourra aussi réduire sa consommation, Guardian est à l’arrêt et ne reprendra sans doute pas cet hiver. On a identifié des potentiels de réduction mais on ne peut pas faire porter cette réduction uniquement à l’industrie. Je répète: il faut un effort collectif.

Paperjam: Dans le cas contraire, l’industrie devra mettre en oeuvre un plan de délestage. La Fedil ne semble pas ravie de devoir travailler sur un tel plan et l’éventualité de voir des usines privées d’énergie du jour au lendemain…

Claude Turmes: Personne n’est ravi de mettre en place un plan de délestage, qui est la solution quand on ne peut plus faire autrement. Si l’on baisse de 15% la consommation d’énergie, notamment de gaz, il n’y aura pas de pénurie, et donc pas de plan de délestage.

Paperjam: Certains peuvent aussi se dire qu’au vu de la taille du pays, les efforts du Luxembourg auront peu d’incidence sur la réduction de consommation d’énergie â l’échelle européenne…

Claude Turmes: Oui, mais cette attitude ne mène nulle part. Le Luxembourg est petit par rapport à l’Europe et l’Europe est petite par rapport à la Chine. Cela fait 35 ans que l’on trouve des excuses pour ne pas aller vers une efficacité énergétique et les énergies renouvelables, aujourd’hui nous n’avons plus d’excuses. Nous sommes face à une vraie urgence, notamment climatique, en plus d’être face à des prix qui explosent. D’autant plus qu’il existe des alternatives. On peut installer des pompes à chaleur, il existe des aides pour la rénovation énergétique. Nous avons mis en place un transport public performant et gratuit. Je crois que dans ce pays, il n’y a vraiment plus d’arguments pour ne pas être vertueux.

Paperjam: Pourtant, pour le moment, l’éventualité d’une pénurie d’énergie en hiver ne semble pas préoccuper les acteurs économiques, alors qu’en France, en Espagne, en Italie et en Allemagne, les grandes entreprises et la grande distribution ont annoncé la mise en place de mesures pour réduire leur consommation cet hiver. N’est-ce pas décevant?

Claude Turmes: Il y a un facteur géographique à ne pas négliger. L’Italie et l’Espagne sont des pays où la climatisation joue un énorme rôle du fait de la chaleur qui est plus élevée que chez nous. Les climatisations tournent et consomment beaucoup d’électricité, donc beaucoup de gaz, et cela ne permet pas de remplir les stocks de gaz en été, ce qui est un problème. Nous, en été, nous avons peu de consommation de gaz, car nous ne chauffons pas et une bonne partie de nos citoyens partent en vacances. Le moment important pour nous est donc en septembre et en novembre. Cela ne sert absolument à rien de lancer une campagne de sensibilisation maintenant, à un moment où tout le monde a la tête ailleurs.

Paperjam: Mais les entreprises ne semblent pas prendre, actuellement, la mesure de l’ampleur de l’effort demandé…

Claude Turmes: La bonne nouvelle, c’est que I’UEL et son président, Michel Reckinger, ont annoncé vouloir travailler sur des mesures volontaires de la part de leurs membres, dont font partie la grande distribution et les supermarchés.

Paperjam: La rénovation énergétique est une des solutions pour réduire sa consommation d’énergie. Mais cela coûte cher. Ne faut-il pas accélérer encore un peu plus sur l’aide à ce niveau?

Claude Turmes: C’est vrai que c’est parfois difficile, mais on essaie d’améliorer et de faciliter le système en place. On a réformé et simplifié administrativement le Klimabonus. Nous sommes le pays qui donne les aides les plus élevées en matière de rénovation énergétique. Pour les personnes les plus fragiles financièrement, nous subventionnons jusqu’à 100% les coûts de l’installation d’une pompe à chaleur ou l’installation de nouvelles fenêtres. D’un autre côté, nous avons donné un rôle plus important aux artisans.

C’est un ensemble de choses qui commence à produire des résultats. On voit déjà que les gens se rendent de plus en plus compte de l’urgence climatique, notamment en voyant les factures d’énergie augmenter. La Klima-Agence a vu le nombre de demandes de conseil doubler, et même tripler. Les artisans sont de mieux en mieux formés et avec nos objectifs climatiques ambitieux, ils ont devant eux au moins 30 ans de travail. On sent véritablement que la société est en train de prendre conscience de la situation, mais c’est aussi le résultat de la mise en place de notre stratégie politique.

Paperjam: En Belgique et en Allemagne, les écologistes ont accepté un retour du nucléaire pour aider à supporter la crise énergétique à venir et aider la transition écologique. Est-ce également votre cas? Êtes-vous un peu plus en faveur de l’énergie nucléaire?

Claude Turmes: On vit une période complètement absurde. Le nucléaire français n’a jamais été aussi mal avec 27 des 54 réacteurs à l’arrêt, car il n’y a pas assez d’eau pour les refroidir et parce que 12 à 15 de ces réacteurs ont un grand problème de corrosion. La situation est absurde, car la Belgique doit relancer son nucléaire parce que les réacteurs français sont en défaut. L’Allemagne n’a pas besoin de relancer le nucléaire pour sa consommation intérieure, mais bien en raison de la défaillance du nucléaire français. Je trouve cela hallucinant que la presse en Europe écrive sur deux réacteurs en Belgique et trois réacteurs potentiels en Allemagne, mais aucun article sur les réacteurs défaillants en France.

Le nucléaire français est en faillite en ce moment. La politique nucléaire de la France a empêché de construire entre 15.000 à 20.000 mégawatts de solaire qui nous manquent cruellement aujourd’hui. La France a beaucoup de chauffage électrique, et chaque hiver, les pays voisins doivent la sauver du black-out. C’est une situation hallucinante. J’attire aussi l’attention sur le fait que la sûreté nucléaire a décidé de faire des compromis sur la sécurité de certains réacteurs afin de permettre leur retour dans le parc français cet hiver. Ce qui me laisse assez dubitatif.

Ce n’est pas une question idéologique, mais un problème systémique au cœur du parc nucléaire français, comme le problème de corrosion. Les promesses du nucléaire du parc français ne tiennent pas debout. Quand: manuel Macron dit vouloir faire 6×2 nouveaux réacteurs pour sauver le climat et pour faire baisser les factures énergétiques de ses citoyens, il promet quelque chose pour 2038, 2040 et 2042. Mais c’est un mensonge, car cela veut dire qu’ils ne vont rien faire pendant 15 ans. La politique de la France est d’une grande tiédeur concernant les énergies renouvelables, mais chaude pour le nucléaire.

De son côté, le nucléaire allemand risque d’être relancé, mais le pays va aussi accélérer le déploiement du solaire et de l’éolien en mer. L’Allemagne souffre d’une grippe énergétique en raison du chantage de la Russie et de la politique des anciens gouvernements allemands, mais la France a un cancer. Encore une fois, on va devoir sauver la France pendant tous les hivers à venir, car la promesse du nucléaire français n’est pas tenue. Mais on préfère parler de deux réacteurs nucléaires en Belgique.

Paperjam: Pour revenir au Luxembourg, une étude de l’Université de Stanford estime à.121 milliards d’euros les investissements nécessaires pour faire fonctionner le pays avec 100% d’énergie renouvelable. Est-ce réalisable?

Claude Turmes: Cette étude est très macro. Elle est assez bien faite et elle prend en compte les dernières données en la matière. Mais sur l’Europe, l’étude fait l’erreur suivante: elle considère chaque pays européen comme une île, alors que notre politique eu Europe est de construire ensemble un espace 100% renouvelable. C’est ce que nous essayons de construire au Luxembourg, où notre optimum énergétique et économique ne se résume pas à 100% d’autonomie sur l’île Luxembourg, mais bien 100% d’énergie renouvelable en Europe de l’Ouest en faisant 40 à 50% de notre production un mix entre le solaire, l’éolien sur terre et la biomasse à Luxembourg, et en faisant des coopérations avec, par exemple, le Danemark sur de grosses éoliennes en mer du Nord.

Ces dernières seront aussi une bonne solution pour les pays européens. Ce système intégré et transfrontalier est beaucoup moins cher que d’aller vers un système avec une autonomie 100% renouvelable par pays européen. En 2030, en Europe de l’Ouest, on sera à 70% d’énergie renouvelable, l’Allemagne sera à 80%. Si l’on regarde avec la France et le Benelux, on arrivera à 70% d’électricité verte d’ici 2030, et vers 2035, on sera proche des 100% grâce à l’infrastructure transfrontalière.

Par Jeremy Zabatta, publié le 08 août 2022

Photo en titre :

https://gouvernement.lu/fr/actualites/toutes_actualites/interviews/2022/08-aout/08-turmes-paperjam.html

NDLR: Claude Turmes n’est pas tendre avec la France mais ô combien réaliste!